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01/02/2015

C'est quoi un bon chrétien ?

Dimanche 1er février 2015

Matthieu_moyen.jpg

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Matthieu 15.1-28

Alexandre Sarran | 30 min

 

26/01/2014

Le royaume des cieux est proche !

Dimanche 26 février 2014

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Matthieu 3.1-17

(Alexandre Sarran) | 34 min

 

05/01/2014

Qu'en est-il de votre premier amour ?

Dimanche 5 janvier 2014

Battement.jpg

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Apocalypse 2.1-7

(Florent Varak) | 41 min

 

22/03/2010

Le Caractère vital de la repentance

Dimanche 21 mars 2010

Amos2.jpg

AUDIO

Amos 4 : 4 – 13

(Alexandre Sarran)

 

Introduction

Dictionnaire.jpgSi vous cherchez le mot « repentance » dans la plupart des dictionnaires de la langue française aujourd’hui, et que vous avez la chance de le trouver, vous découvrirez probablement qu’il s’agit d’un mot « vieilli » ou « littéraire ». La repentance ne fait pas partie du langage courant, sauf peut-être, et depuis peu de temps, dans le contexte de la politique où cette notion a un caractère plutôt péjoratif, comme en témoigne par exemple cette affirmation faite par Nicolas Sarkozy il y a trois ans ici-même à Lyon, pendant la campagne présidentielle : « Je déteste la repentance ». Puisque le mot « repentance » évoque soit un autre temps, soit quelque chose de néfaste, soit rien du tout, et bien un certain nombre de traductions plus récentes de la Bible ont fait le choix de ne plus (ou presque plus) utiliser le mot « repentance », ni le verbe « se repentir », et de leur préférer des expressions telles que « changer de comportement », « changer d’attitude », ou tout simplement « changer ». Je sais que dans la plupart des cas, ces choix de traduction ont été mûrement réfléchis, et ce n’est pas mon intention, ici, de décrier telle ou telle traduction de la Bible. Mais je constate une chose : c’est que la repentance est une notion qui nous est de plus en plus étrangère. Sur le site mediadico.com, la définition de la repentance est la suivante : « nom féminin ; regret de ses fautes ». Moi je préfère la définition de Calvin, qui dit que quand la Bible invite à la repentance, il s’agit de mener les hommes « à ce point, qu’étant confus de leurs péchés et navrés de la crainte du jugement de Dieu, ils s’humiliassent et prosternassent devant sa majesté qu’ils avaient offensée, et se retirassent en la droite voie » (1560). Même le Concile de Trente (1563) a réussi à formuler une bonne définition de la repentance (ou « contrition ») : « Une douleur de l’âme, et une détestation du péché commis, avec le propos de ne plus le commettre à l’avenir ». L’apôtre Paul lui-même dit que la repentance provient d’une « tristesse selon Dieu », qui est censée produire l’indignation devant nos péchés, et le désir ardent de suivre les voies de Dieu (2 Co 7.10-11). Il me semble que si nous ne sommes pas souvent peinés dans notre âme par la conscience de nos péchés, c’est parce que nous avons élaboré des stratégies de défense contre la repentance. Nous avons développé, peut-être sans le savoir, une espèce de système immunitaire qui nous rend résistants à la contrition, et dont les effets, en réalité, sont de nous tromper, de nous endurcir, de nous éloigner de Dieu, et de produire, plutôt que la repentance, l’impénitence qui est une maladie mortelle pour l’homme. C’est exactement ce problème que Dieu veut traiter chez son peuple, dans le texte que nous allons lire. Et vous savez quel est le traitement de l’impénitence ? L’électrochoc. Dieu ne va pas y aller avec des pincettes, pour nous ramener les pieds sur terre et nous faire mesurer le caractère vital de la repentance. Pour cela, il va nous mettre face à face avec la réalité. Êtes-vous prêts à ce que votre vision du monde, et a fortiori de votre propre vie, soit toute chamboulée ? Lisons le texte.

 

1. Une religion détestable (v. 4-5)

a)      Dieu rejette le culte de son peuple

La première chose que fait Dieu dans ce texte, c’est de dénoncer la religion de son peuple comme lui étant détestable. Dieu fait usage d’une ironie cinglante en ordonnant au peuple de pécher ! Où ça ? À Béthel, à « la maison de Dieu » ! Et en quoi le peuple pèche-t-il lorsqu’il se rend à Béthel ? Il pèche en rendant un culte à Dieu, un culte zélé, généreux et démonstratif. Dieu est en train de dire que le culte plein d’empressement rendu par son peuple est un péché ! Quel choc ! Mais Dieu explique pourquoi la pratique religieuse de son peuple lui est détestable ; il dit : « Car c’est là ce que vous aimez, fils d’Israël ». Le problème des Israélites, c’est qu’ils aiment la pratique religieuse au lieu d’aimer Dieu.

b)      Aimer le culte au lieu d’aimer Dieu

Shema.jpgSouvenez-vous de cette injonction propre au langage de l’alliance, que Dieu emploie à plusieurs reprises dans cette prophétie : « Écoutez cette parole » (3.1 ; 4.1 ; 5.1). Cet ordre est censé renvoyer le peuple à ses obligations, notamment à la plus importante d’entre elles (Mc 12.28-30), le fameux Shéma Israël que l’on trouve au tout début de la Loi : « Écoute, Israël ! L’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est un. Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » (Dt 6.4-5). Cette obligation d’aimer Dieu, nous la trouvons aussi en clôture de la Loi : « Je te commande aujourd’hui d’aimer l’Éternel, ton Dieu » (Dt 30.16). Dieu est donc en train de dénoncer la religion de son peuple comme lui étant détestable parce que cette religion a usurpé la place qui revenait à Dieu. Cette religion zélée, généreuse et démonstrative ne procède pas d’un amour pour Dieu. En fait, cette superbe religion est devenue une excuse pour ne pas aimer Dieu.

c)       Le bouquet de fleurs piétiné

Imaginez un homme qui rentre du travail un soir avec un immense bouquet de fleurs. Il sonne à la porte de chez lui, et lorsque sa femme lui ouvre, il pose un genou à terre, lui tend le bouquet, la regarde droit dans les yeux avec un grand sourire aux lèvres et lui récite un magnifique poème d’amour qu’il a répété dans sa tête toute la journée. Et là, sa femme lui met une grosse gifle, jette le bouquet parGifle.jpg terre, piétine sauvagement les fleurs et rentre chez elle en claquant la porte. Pourquoi ? Peut-être parce qu’en faisant la lessive ce jour-là, elle a découvert dans la poche d’une des chemises de son mari un mot d’amour écrit par son mari, mais destiné à la secrétaire. Vous voyez ce qui peut rendre un beau geste détestable ?

d)      Quand la religion devient une excuse

Dans le texte, Dieu dénonce la religion de son peuple comme lui étant détestable, pour la même raison. Parce que Dieu n’a pas besoin de découvrir un mot d’amour dans la poche de notre chemise pour connaître nos véritables motivations. Est-ce que nous avons conscience que parfois, Dieu déteste le culte que nous lui rendons ? Il déteste le culte que nous lui rendons lorsque nous pensons pouvoir compenser, par notre culte, pour un péché auquel nous refusons de renoncer. Il déteste le culte que nous lui rendons lorsque le signe compte plus pour nous que la réalité. Il déteste le culte que nous lui rendons lorsque ce culte est centré sur nous plutôt que sur lui, et motivé par nos propres intérêts. Il déteste le culte que nous lui rendons lorsque le culte devient une excuse pour ne pas aimer Dieu. C’est pour cette raison qu’un peu plus loin dans la prophétie d’Amos, Dieu dit : « Je hais, je méprise vos fêtes, je ne puis sentir vos cérémonies. […] Éloigne de moi le bruit de tes cantiques » (Am 5.21, 23).

La première chose que fait Dieu dans ce texte, c’est donc de dénoncer la religion de son peuple comme lui étant détestable, et il nous invite aujourd’hui à examiner nous-mêmes quelle est la raison de notre culte, car lui le sait, et il veut que notre culte ne procède de rien d’autre quePrière sombre.jpg d’un amour pour lui. Alors quel est ce péché pour lequel vous essayer de compenser ? Quel est cet aspect du culte auquel vous vous attachez plus qu’à Dieu lui-même ? Quelles sont vos motivations pour venir à l’église ? Ces premiers versets nous mettent déjà face à face avec la réalité, en nous montrant dans quel genre d’illusion nous pouvons facilement tomber. C’est un premier électrochoc pour nous ramener les pieds sur terre et nous faire mesurer le caractère vital de la repentance. Mais que recherche Dieu de notre part ? Nous avons déjà commencé à en parler, mais regardons la suite.

 

2. Un Dieu fidèle (v. 6-11)

a)      Dieu invite le peuple à relire son histoire

La deuxième chose que fait Dieu dans ce texte, c’est de rappeler à son peuple qu’il est un Dieu fidèle à ses promesses de grâce. C’est-à-dire qu’il n’a jamais abandonné son peuple mais qu’il a toujours cherché à le faire revenir à lui. Pour montrer à son peuple qu’il est un Dieu fidèle, Dieu invite son peuple à relire son histoire, et il lui montre tout ce qu’il a fait, dans son histoire, pour l’avertir contre les dangers de son impénitence, et inviter les Israélites à revenir à lui. Dieu leur a envoyé la famine (v. 6), la sécheresse (v. 7-8), des maladies agricoles (v. 9),Sécheresse.jpg la peste (v. 10), et un bouleversement général (v. 11) comme des châtiments destinés à faire revenir le peuple à Dieu. Et à cinq reprises, le même constat : « Malgré cela, vous n’êtes pas revenus à moi, – Oracle de l’Éternel ».

b)      Dieu est fidèle à l’alliance

Dieu a déjà renvoyé le peuple aux termes du contrat d’alliance qui avait été établi à la sortie d’Égypte, au Mont Sinaï. Et tous ces châtiments que Dieu a envoyés à son peuple sont expressément mentionnés dans cette fameuse partie finale du Deutéronome où Dieu avait dit au peuple : « Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal » (Dt 30.15), et où Dieu avait averti le peuple concernant les bénédictions qui leur étaient réservés en cas de fidélité à l’alliance, et les malédictions en cas d’infidélité (Dt 28 – 30). Mais ces châtiments devaient être des corrections destinées à provoquer la repentance et le retour à Dieu. Même dans la Loi, après avoir énoncé toutes ces terribles malédictions (Dt 29), Dieu avait dit à son peuple qu’il aurait quand même compassion de lui, en annonçant à l’avance son intention d’accomplir quelque chose d’incroyable pour le peuple : « L’Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta descendance, pour que tu aimes l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme afin que tu vives » (Dt 30.6). Dieu a promis d’accomplir l’exigence de la Loi à la place du peuple et pour le peuple.

c)       Remercier la police pour les amendes

Dieu est donc en train de rappeler à son peuple qu’il est un Dieu fidèle à ses promesses de grâce, et il veut faire comprendre au peuple que les châtiments qu’il a envoyés dans l’histoire de son peuple sont des signes de sa fidélité et de sa grâce. Dites-moi : comment réagissez-vousGendarmerie.jpg lorsque vous recevez une amende de la part de la police ? Si vous êtes comme moi, vous devez râler. Vous vous dites que ce n’est pas juste, que ce n’était pas grand-chose. Il y a des gens qui en veulent à la police, qui se mettent en colère contre eux. Il y en a d’autres qui ont tellement l’habitude de prendre des amendes qu’ils se disent que ça fait partie de la vie. Mais combien d’entre nous pensons à remercier la police pour les amendes que nous recevons ? Ils ne nous donnent pas des amendes parce qu’ils aiment nous faire souffrir ! En fait, c’est une bonne chose de recevoir une amende : c’est la preuve que la police est en train de faire son travail, qui est de nous protéger.

d)      Apprécier les épreuves à leur juste valeur

De la même façon, Dieu est en train d’inviter son peuple, dans le texte, à reconnaître le pourquoi des épreuves qu’il a traversées. Qui est à la manœuvre dans l’histoire ? Dieu ! C’est Dieu qui envoie la famine, la sécheresse, la maladie, les calamités. Dieu ne cherche pas à se dérober à sa propre souveraineté (« Moi, je vous ai envoyé la famine », « J’ai tué vos jeunes gens », etc.) ! Mais en tout cela, Dieu rappelle qu’il a été parfaitement fidèle aux termes de l’alliance, et c’est une alliance de grâce, en vertu de laquelle le retour à Dieu est non seulement possible, mais il est promis, et c’est Dieu qui l’accomplira. Dieu veut donc que nous reconnaissions non seulement sa totale souveraineté derrière toutes les épreuves qui nous touchent, mais aussi quel est son dessein bienveillant.

Est-ce que c’est comme ça qu’on a l’habitude de penser ? Dieu dit : « Moi, j’ai fait tomber ta voiture en panne », « Moi, je t’ai mis au chômage », « Moi, je t’ai fait rater ton concours », « Moi, je t’ai fait tomber malade », « Moi, je t’ai fait toucher le fond dans ta vie », et : « Malgré cela, tu n’es pas revenu à moi ». Qui est à la manœuvre ? Dieu. Mais c’est un Dieu bienveillant. C’est le Dieu de l’alliance de grâce, et si vous doutez de sa fidélité ou de son amour, regardez à quel point il s’est engagé en notre faveur. Conformément à sa promesse, il a envoyéCouronne d'épines.jpg son propre Fils, son Fils unique, Jésus-Christ, subir à notre place le jugement de nos fautes, pour nous en délivrer. Dieu a payé un prix inimaginable pour que tous ceux qui se confient en lui puissent recevoir son pardon et la promesse de la vie éternelle. Dieu veut donc que nous prenions conscience qu’il est un Dieu fidèle à ses promesses de grâce, et que tout ce qu’il fait dans nos vies, ce qui est agréable et ce qui est désagréable, répond à un dessein bienveillant. C’est un deuxième électrochoc pour nous ramener les pieds sur terre et nous faire mesurer le caractère vital de la repentance. Mais Dieu va en rajouter une couche.

 

3. Un rendez-vous important (v. 12-13)

a)      Dieu convoque son peuple

La dernière chose que fait Dieu dans ce texte, c’est de faire prendre conscience à son peuple qu’il est redevable au Créateur de l’univers. Encore une fois, Dieu utilise un langage très évocateur, qui est censé rappeler des choses à son peuple. « Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu, ô Israël », c’est une réminiscence de ce qui s’est passé au pied du Mont Sinaï lorsque Dieu s’apprêtait à se révéler depuis la montagne pour donner au peuple les Dix Commandements. Le peuple, ce jour-là, a dû se préparer à rencontrer Dieu (Ex 19.14-19). L’expérience de cette rencontre a été terrible pour le peuple : « Tout le peuple observait le tonnerre, les éclairs, le son du cor et la montagne fumante. À ce spectacle, le peuple tremblait et se tenait dans l’éloignement » (Ex 20.18). Et par la bouche du prophète Amos, de nouveau, Dieu dit au peuple de se préparer à le rencontrer, et il lui précise de nouveau combien il est un Dieu terrifiant. Il est le Maître du cosmos, le Créateur du ciel et de la terre, le souverain Régisseur de l’univers.

b)      Quand le président veut vous voir

Imaginez qu’un jour, vous receviez dans votre boîte aux lettres une convocation à un rendez-vous personnel avec, disons, le maire deAgenda.jpg Lyon, Gérard Collomb. Comment allez-vous vous sentir à l’approche de ce rendez-vous, comment allez-vous vous habiller, est-ce que vous allez passer du temps à réfléchir à la raison de ce rendez-vous, etc. ? Imaginez maintenant que vous receviez une convocation à un rendez-vous personnel… avec Nicolas Sarkozy. Ou avec Johnny Halliday. Ou avec Zidane. Ou avec Barak Obama. Ou avec le Pape Benoît XVI. Combien de temps à l’avance est-ce que vous allez mettre de côté les vêtements que vous allez porter ce jour-là ? Est-ce que vous arriveriez à bien dormir la nuit avant le rendez-vous ? Combien de temps est-ce que vous allez passer à répéter dans votre tête les gestes et les paroles que vous emploierez le moment venu ?

c)       Vivre dans un monde qui est suspendu à Dieu

De la même façon, dans ce texte, Dieu veut que le peuple mesure l’importance du rendez-vous qui lui est donné. « Prépare-toi à la rencontre du souverain Créateur et Maître de l’univers ». À travers ces versets, Dieu veut nous redonner la bonne perspective sur le monde, sur l’histoire, et sur notre propre condition. Est-ce que nous pensons souvent à Dieu comme àAube.jpg celui qui nous fait connaître nos propres pensées ? Est-ce que nous regardons le soleil se lever en nous disant : « C’est Dieu qui fait ça » ? Si la nuit tombe, le soir, ce n’est pas parce que la terre est en train de tourner sur elle-même mais c’est d’abord parce que Dieu l’a décidé. L’univers entier est suspendu à ses lèvres. Vous imaginez le changement de perspective que cela doit entraîner dans notre vie ? Le cosmos tout entier, jusqu’aux recoins les plus éloignés de l’espace, est redevable à Dieu.

Et vous et moi, nous lui sommes redevables en particulier, parce que Dieu a créé l’être humain comme le couronnement de toute sa création. Et Dieu a fixé un jour où tout le monde devra comparaître devant lui. Et ce jour-là, il y aura deux types de personnes : les repentants et les impénitents. Il y aura ceux qui auront reconnu leur totale dépendance de Dieu, qui auront reconnu qu’ils sont indignes de l’amour de Dieu, et qui se seront confiés en Jésus-Christ pour le pardon de leurs fautes ; et il y aura les autres. Dans quelle catégorie vous trouvez-vous ce matin ? Dieu veut donc nous faire prendre conscience que nous sommes redevables au Créateur de l’univers. C’était le troisième et dernier électrochoc pour nous ramener les pieds sur terre et nous faire mesurer le caractère vital de la repentance.

 

Conclusion

Alors pour conclure : on disait en introduction que la repentance était une notion qui nous était de plus en plus étrangère ou lointaine. Cette « douleur de l’âme », et cette « détestation du péché commis », avec l’intention « de ne plus le commettre à l’avenir », ce n’est pas une expérience qui nous paraît très fréquente ou familière. Pourquoi ? Parce qu’on a développé une espèce de système immunitaire qui nous rend résistants à la contrition et dont les effets, on l’a dit, sont de nous tromper, de nous endurcir, de nous éloigner de Dieu, et de produire, plutôt que la repentance, l’impénitence qui est une maladie mortelle pour l’homme. Pour nous guérir de cette maladie, Dieu a voulu nous administrer quelques électrochocs. Il nous a mis face à face avec la réalité ; la réalité d’un culte qui lui est parfois détestable parce que nous lui apportons comme une excuse pour ne pas l’aimer. La réalité de ses appels persistants et parfois douloureux, par lesquels il nous invite à revenir à lui, et qui sont des signes de sa fidélité à ses promesses de grâce, des signes qui pointent, en réalité, vers l’amour incommensurable qu’il nous porte et qu’il a manifesté par Jésus-Christ, mais auxquels nous répondons souvent avec indifférence. La réalité, enfin, que nous lui sommes redevables, avec toute la création, et que nous devrons un jour comparaître devant lui pour recevoir de sa part, soit le jugement destiné aux impénitents, soit la vie éternelle destinée à ceux qui se repentent et qui croient à l’œuvre du Messie, Jésus-Christ, qui a versé son sang, « leCroix paysage.jpg sang de l’alliance, qui est répandu pour beaucoup, pour le pardon des péchés » (Mt 26.28). Dieu a voulu faire éclater la bulle dans laquelle nous vivons peut-être ; il a voulu chambouler notre vision du monde, et à fortiori de notre propre vie, pour nous ramener les pieds sur terre et nous faire mesurer le caractère vital de la repentance. « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice. […] Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le Juste. Il est lui-même victime expiatoire pour nos péchés » (1 Jn 1.8, 9 ; 2.1, 2).

 

20/04/2006

Amour et dépendance (23 octobre 2005)

Luc 7 : 36 – 50


Introduction

On a souvent eu l’occasion de parler de l’importance de vivre dans la dépendance de Dieu. On entend souvent parler de cette dépendance, mais on ne sait pas forcément ce que ça veut dire concrètement. Si je veux revenir sur cette question, c’est parce que c’est une question cruciale qui concerne non seulement le développement de notre propre vie spirituelle, mais aussi la viabilité de l’Église. Peu avant de quitter ses disciples, Jésus leur a dit : Moi, je suis le cep ; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruit, car sans moi, vous ne pouvez rien faire (Jn 15 : 5). Il ne s’agit pas d’un coup de pouce à notre vie spirituelle, ou une façon de favoriser la croissance de l’église ; il s’agit plutôt de la condition sine qua non de la production du moindre fruit, dans notre vie personnelle ou dans l’Église. Sans moi, vous ne pouvez rien faire ! Si j’ai choisi ce texte de Luc, c’est parce que c’est une superbe illustration, ou plutôt, un exemple réel, d’une attitude vis-à-vis du Seigneur, qui fait terriblement défaut dans notre vie personnelle et dans celle de notre église. Les maîtres mots de ce passage sont amour et dépendance, et nous allons voir ce matin de quoi il s’agit précisément ; d’où cette attitude peut-elle venir ; et ce qu’elle entraînera concrètement dans notre vie et dans la vie de notre église.


1. Quelle est cette attitude ?

a) Une attitude bizarre
Quelle est cette attitude ? La première chose qu’on peut dire, c’est que c’est une attitude bizarre. Le Pharisien se dit sans doute « Qu’est-ce qu’elle a encore fumé, celle-là ? ». Elle pleure, elle essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux, elle embrasse ses pieds, et elle verse un vase plein de parfum sur eux. Elle n’est pas dans un état « normal ».

b) Une attitude d’affliction / tristesse
Elle ne peut pas se contrôler. Elle est submergée par les émotions qui l’habitent. Et c’est une tristesse, une affliction extrême. Elle pleure, tellement que ses larmes mouillent les pieds de Jésus et qu’ils ont besoin d’être essuyés. Elle est affligée car elle connaît son péché, et elle déteste son péché.

c) Une attitude de repentance
Elle est tellement submergée par l’horreur de son péché, qu’elle ne se tient plus debout, mais elle est aux pieds de Jésus, désespérée. Elle n’ose même pas le regarder, mais elle garde ses joues contre ses pieds, ses cheveux traînent par terre, et elle sanglote. Cette attitude a un nom : c’est la repentance. La repentance, c’est connaître son péché, détester son péché, et reconnaître qu’on ne peut rien faire pour se racheter de son péché.

L’attitude extravagante, très malpolie de cette femme, c’est une attitude de repentance. Remarquez que la repentance, ce n’est pas une action que l’on fait, mais c’est une position que l’on prend. C’est la position de la dépendance absolue. Cette femme est aux pieds de Jésus comme un toxicomane gravement en manque serait aux pieds de son dealer. Cette position de dépendance est la seule position dans laquelle l’amour pour Dieu peut s’exprimer véritablement. Il est inutile de chercher des moyens pour adorer Dieu, pour le servir, pour grandir dans notre foi, pour bâtir cette église, si nous ne le faisons pas dans cette position de repentance, ou de dépendance absolue. Ayant dit cela, il faut maintenant se demander d’où une attitude semblable peut venir.


2. D’où vient cette attitude ?

a) Comprendre l’étendue du péché
Il est impossible de connaître une telle repentance si nous ne comprenons pas ce que c’est que le péché, et quelle est l’horreur du péché. Le péché, c’est tout ce qui n’est pas conforme au caractère de Dieu, autrement dit, tout ce qu’on fait, dit, pense qui est contraire à sa volonté, et tout ce qu'on ne fait pas, ne dit pas et ne pense pas qu'on devrait faire, dire, et penser ! Ca fait beaucoup de choses ; en fait, à la lumière de la volonté révélée de Dieu, ça fait énormément de choses !

b) Comprendre l’horreur du péché
Maintenant, pensez à la personne qui vous a le plus fait du mal dans votre vie (cambriolage, agression, infidélité, paroles blessantes...). Comment vous sentez-vous par rapport à cette personne ? Aimeriez-vous l’inviter à manger chez vous, ou plutôt, lui mettre votre poing dans la figure ? Voire un couteau dans le ventre ? Maintenant, considérez ceci : l’offense dont vous êtes coupable envers Dieu est bien pire que celle dont cette personne est coupable envers vous. La blessure que vous avez causée à Dieu par votre péché, est bien plus profonde que celle que cette personne vous a causée. En fait, vous êtes plus coupable aux yeux de Dieu que ne pourrait jamais l’être à vos propres yeux le pire des meurtriers, des violeurs, des terroristes ou des pédophiles.

c) La repentance, c’est la compréhension de l’Évangile
C’est pourquoi j’en viens à cette affirmation : la repentance, c’est une position qui s’impose à nous lorsque nous comprenons vraiment l’Évangile. Parce que l’Évangile, c’est une personne infiniment blessée, qui accepte de prendre sur elle. C’est Dieu, qui nous aime tellement, malgré notre infinie culpabilité, qu’il a préféré sacrifier son Fils plutôt que de nous laisser subir un châtiment juste. C’est un père qui invite à dîner le meurtrier de son enfant.

Jésus dit que l’attitude de la femme vient du fait qu’elle a été pardonnée de beaucoup de péchés. Mais cela ne veut pas dire que le Pharisien est moins coupable aux yeux de Dieu que la femme. Cela veut dire plutôt que la femme avait beaucoup plus conscience de sa culpabilité devant Dieu que le Pharisien. Ayant conscience de l’étendue de son péché, et de l’horreur de son péché aux yeux de Dieu, la femme ne peut pas s’empêcher de s’aplatir aux pieds de Jésus, dans une position de dépendance absolue, consciente qu’il n’y a que lui qui peut l’aider. On l’a dit ; cette position est la seule position dans laquelle l’amour de Dieu peut vraiment s’exprimer et se vivre. Concrètement, comment cela va-t-il se traduire ?


3. Qu’entraîne cette attitude ?

a) L’humilité
Une des plus importantes applications concrètes de la repentance, c’est l’humilité. L’humilité vient du fait de croire véritablement qu’on ne mérite pas d’être bien traité par notre prochain. Nous n’avons aucun droit à revendiquer d’être bien traité par notre prochain. Ce que nous méritons, au fond, c’est la condamnation éternelle. Qui sommes-nous pour oser nous offusquer d’une parole maladroite, d’une critique, d’un regard de travers ?? En fait, si on vit dans cette position de repentance, on est amené, dans nos relations avec d’autres, à se considérer comme étant le pire des pécheurs. Dans l’humilité, estimez les autres supérieurs à vous-mêmes (Ph 2 : 3). Quand on est par terre, à serrer la joue contre les pieds de Jésus, et qu’on regarde autour de soi, les gens sont tous plus grands. Remarquez que la femme, dans l’histoire, n’ouvre pas la bouche. Elle est indifférente au jugement des autres. Elle s’écrase.

b) La disponibilité
Une autre application concrète de la repentance, c’est la disponibilité pour Dieu. Un toxicomane ne regarde pas à la dépense ; il est prêt à tout donner pour se procurer son petit rail de coke. De même, quand on comprend vraiment l’Évangile, son besoin désespéré de Jésus-Christ, on est prêt à tout céder entre ses mains. La femme lui verse un vase de parfum sur les pieds. La disponibilité pour Dieu, c’est le désir de faire tout ce qu’on peut, sans regarder à la dépense, pour l’honorer : à travers notre obéissance, à travers notre adoration, à travers notre engagement à son service, à travers le temps passé dans la prière, à travers l’argent que l’on contribue pour le travail de l’Église, à travers le mal que l’on se donne pour persévérer dans notre engagement malgré les inconvénients pratiques parfois... Et c’est ainsi, précisément, que notre amour pour Dieu se manifeste, dans cette position de dépendance.

c) L’action de Dieu
Cette position de dépendance absolue entraîne une attitude d’humilité et de disponibilité manifeste chez le chrétien, mais elle a aussi pour conséquence l’action de Dieu dans notre vie et dans celle de l’Église. La conséquence de l’humilité, de la crainte de l’Éternel, c’est la richesse, la gloire et la vie (Pr 22 : 4). Il n’y a pas un réveil dans l’histoire de l’Église qui ne se soit pas produit dans la prière et la repentance.


Conclusion

Alors il faut terminer avec cette question : quelle va être, à partir d’aujourd’hui, notre relation à Jésus ? Sera-t-elle la même que pour le Pharisien ? Jésus va-t-il être pour nous un luxe, un gadget, une philosophie sympathique qui peut aider dans les mauvais jours, un gars gentil qu’on inviterait bien à dîner un soir pour discuter ? Ou bien notre relation à Jésus va-t-elle plutôt être la même que pour la femme pécheresse ? Allons-nous nous effondrer à ses pieds, submergés par la conscience de notre culpabilité devant Dieu et de notre besoin désespéré d’un pardon que lui seul peut nous donner, dans sa grâce ? Allons-nous vivre chaque jour dans cette position de dépendance absolue, allons-nous déposer aux pieds de Jésus ce que nous avons de plus cher, allons-nous chercher à lui exprimer notre amour par tous les moyens à notre disposition, allons-nous enfin arrêter de regarder à ce que cela nous coûte ? Il n’y a pas de secret ; Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne sa grâce aux humbles (Jc 4 : 6). Nous voulons voir des transformations dans notre vie ; nous voulons voir des œuvres magnifiques dans cette Église ; il n’y en aura pas, si nous ne vivons pas dans cette position de repentance. Si nous avons du mal à connaître cette repentance, alors prions Dieu pour qu’il ouvre nos yeux un peu plus à l’Évangile, à combien le péché nous rend détestables à ses yeux et pourtant, à combien il nous aime malgré tout et à comment il a bien voulu prendre sur lui cette offense infinie dont nous sommes coupables, et à comment il a préféré sacrifier son Fils bien-aimé plutôt que de nous laisser subir un châtiment parfaitement mérité. Alors, amour et dépendance pourront commencer à devenir les maîtres mots de notre relation à Dieu, en Jésus-Christ notre Sauveur.