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21/08/2016

Le christianisme est-il néfaste ?

Dimanche 21 août 2016

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Matthieu 22.15-46

Alexandre Sarran | 37 min

 

01/02/2015

C'est quoi un bon chrétien ?

Dimanche 1er février 2015

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Matthieu 15.1-28

Alexandre Sarran | 30 min

 

16/11/2014

Jésus et le zèle religieux

Dimanche 16 novembre 2014

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Matthieu 12.1-21

Alexandre Sarran | 35 min

 

29/11/2010

Jésus : le Temple de Dieu

Dimanche 28 novembre 2010

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Jean 2.13-25

(Jonah Haddad)

 

23/11/2010

"Venez à moi"

Dimanche 14 novembre 2010

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Matthieu 11.25-30

(Michaël DiGena)

 

04/09/2010

"Je crois... la rémission des péchés"

Le Symbole des Apôtres - 6/6

Dimanche 29 août 2010

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1 Corinthiens 15.17-28

(Alexandre Sarran)

"Je crois... la rémission des péchés, la résurrection de la chair, et la vie éternelle."

 

02/03/2010

Sur la corde raide

Dimanche 28 février 2010

AUDIO

Amos 3 : 12 - 15

(Alexandre Sarran)

09/07/2009

"La Promesse faite par Dieu à nos pères" (5 juillet 2009)

 

Actes 26 : 1 – 8

 

Introduction

À quoi pensez-vous lorsque vous entendez ces mots : « l’espérance chrétienne » ? J’ai tapé « l’espérance chrétienne, c’est… » dans Google, et voici quelques exemples de ce que j’ai trouvé : « L'essence même de l'espérance chrétienne, c'est de faire que tout attachement à une chose comme bien à posséder soit reporté sur Dieu seul… », « L'espérance chrétienne, c'est l'appel le plus fort à l'exercice de notre responsabilitéGoogle.jpghumaine, à notre intelligence et à notre liberté », « L'espérance chrétienne, c'est de pouvoir déceler dans notre vie des signes positifs qui ne sont pas toujours évidents », « L'espérance chrétienne c'est la certitude de la présence agissante de Dieu au cœur de l'humanité »… Je crois qu’il règne un certain flou autour de cette idée de l’espérance chrétienne. Je ne vous apprends rien, d’ailleurs, en vous disant que lorsque les médias parlent des chrétiens aujourd’hui, on entend un peu tout et n’importe quoi. La raison de cette confusion ? C’est que nous vivons, en France en tout cas, dans une culture post-chrétienne, une culture qui, globalement et pour faire simple, a pris ses distances avec la Bible. « L’espérance chrétienne » devient donc une expression à la fois folklorique et fourre-tout, souvent même une valeur humaniste tout-à-fait détachée de son origine et de sa définition bibliques. Et vous, donc, à quoi pensez-vous lorsque vous entendez ces mots : « l’espérance chrétienne » ? Le texte que nous avons lu arrive à un moment-clef du récit des Actes. Depuis le chapitre 21, Paul est arrivé à Jérusalem, et il a eu l’occasion de présenter sa cause successivement devant le peuple, devant le Sanhédrin, devant le gouverneur Félix à Césarée, et devant le gouverneur Festus. Maintenant, Paul va présenter sa cause au roi lui-même, Agrippa. Paul s’apprête à lui donner le témoignage de sa conversion spectaculaire sur la route de Damas, mais avant cela, il lui fait ce petit discours introductif dans lequel Paul va mettre le doigt, très précisément, sur ce qui constitue l’objet de son ministère d’apôtre, la raison pour laquelle il est accusé, cette fameuse espérance chrétienne qu’il est chargé d’annoncer et de propager. La ligne de défense de Paul est simple, et elle n’est pas nouvelle : il affirme ici que l’espérance chrétienne ne consiste en rien d’autre qu’en l’espérance millénaire de l’Ancien Testament. Regardons le texte, et voyons en quoi cela peut changer notre propre perspective sur la foi chrétienne.

 

1. Paul va faire une annonce solennelle (v. 1-3)

a)      Une occasion, et des interlocuteurs, uniques

La première chose que fait le texte, c’est de nous préciser le caractère unique de cette confrontation entre Paul et Agrippa. C’est un véritable paroxysme dans le récit des Actes. Il se passe quelque chose de solennel. Tous les dignitaires de la ville sont réunis. Le roi Agrippa est attentif. Paul se réjouit de l’occasion, et reconnaît la compétence unique d’Agrippa, ce roi judéo-romain qui réunit dans sa personne une formidable connaissance de la religion juive et de la culture romaine, et une autorité à la fois civile et religieuse. Quelle occasion !

b)      Le conseil des ministres

Imaginez que vous militiez pour une cause quelconque. Vous faites un blog, vous distribuez des tracts, les médias commencent à s’intéresser àMinistres.jpg vous, vous passez quelques fois au journal télévisé, et voici qu’un jour vous êtes convoqué au conseil des ministres pour présenter vos idées. La crème du pouvoir politique s’intéresse à vous. Quelle occasion pour présenter exactement, mais succinctement, vos revendications !

Ici aussi, Paul va saisir l’occasion pour présenter exactement, mais succinctement, sa cause. Il annonce la couleur (v. 3-4) et lance une invitation : Je te prie donc de m’écouter patiemment. Paul va faire une annonce solennelle. Et très solennellement, il va préciser à quoi se résume son ministère d’Apôtre. Nous puisons beaucoup de notre théologie chrétienne dans les lettres de Paul, et c’est très bien. Mais je crois qu’il faut aussi considérer avec beaucoup d’attention ce que Paul nous dit ici, et dans d’autres textes de ce type, pour comprendre dans quelle perspective Paul plaçait son propre ministère et tout son enseignement. Regardons la suite.

 

2. Paul a toujours été un Juif exemplaire (v. 4-5)

a)      L’insistance de Paul sur ce point

Le premier point de Paul, pour sa défense, c’est de rappeler, avec insistance, qu’il a toujours été un Juif exemplaire. Il a grandi à Jérusalem, « dès [sa] jeunesse et depuis le commencement » ; il a toujours pleinement fait partie du peuple saint ; non seulement cela, mais sa vie était celle d’un Pharisien ; et tout le monde le sait très bien. Paul est en train de dire qu’avant d’être « chrétien », il était un spécialiste du judaïsme.

b)      Être bien placé pour parler de quelque chose

Paul insiste là-dessus pour montrer qu’il est très bien placé pour parler de religion. Comme Obélix, il est tombé dans la marmite quand il étaitLivre.jpgpetit. Imaginez que vous empruntiez la thèse de Nubia en sciences de l’éducation, et que vous lisiez un passage sur le système éducatif au Brésil et que vous ne soyez pas d’accord avec son analyse. Vous vous mettez à attaquer Nubia sur son travail. Qu’est-ce qu’elle va vous répondre ? Sans doute qu’elle connaît très bien son sujet parce qu’elle y a passé des heures et des années. Non seulement cela, mais elle a grandi au Brésil et elle a enseigné au sein du système.

c)       Le salut vient des Juifs

Paul, de la même façon, est en train de montrer qu’il connaît mieux le sujet que ses détracteurs. Ce qui est incroyable, c’est que pour défendre son témoignage chrétien, Paul insiste avant tout sur le fait qu’il a toujours été un Juif exemplaire. Paul ne renie pas son judaïsme, mais le revendique, et cela, dans le cadre de son ministère d’Apôtre chrétien, et non seulement cela, mais en tant qu’Apôtre « des païens » (Ga 2.7-8).

Paul est en train de dire qu’il est un spécialiste du christianisme parce qu’il est un spécialiste du judaïsme. Pour Paul, la foi en Christ ne s’oppose pas au judaïsme, et pour cause, Jésus lui-même était Juif, et tous les apôtres aussi. C’est Jésus qui a dit : « Le salut vient des Juifs » (Jn 4.22). Paul écrira : « L’Évangile est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec » (Rm 1.16). Les disciples de Jésus continuaient à se rendre au Temple pour adorer, en compagnie des Juifs. Paul insiste donc sur le fait que sa formation, son zèle et son expérience au sein du judaïsme fondent son ministère d’Apôtre chrétien ! Paul est en train de dire qu’en tant que Juif aguerri, il est bien placé pour témoigner de l’espérance chrétienne. Comment cela se fait-il ? N’y a-t-il pas une profonde dichotomie entre l’espérance juive et l’espérance chrétienne ? La suite du texte va nous montrer tout le contraire.

 

3. Paul témoigne de l’espérance de l’Ancien Testament (v. 6-7)

a)      Paul affirme la continuité de l’histoire du salut

Paul insiste sur le fait qu’il a toujours été un Juif exemplaire, précisément pour donner du poids à ce qu’il dit ensuite. Et ce qu’il dit ensuite, c’est que ce dont on l’accuse, c’est justement de croire en l’espérance des Juifs (v. 6) ! Paul dit que dans le cadre de son ministère, tout ce qu’il a fait, c’est de maintenir la foi des « douze tribus » (v. 7), c’est-à-dire du peuple juif dans toute son histoire depuis les patriarches. Paul est en train d’affirmer la parfaite continuité de l’histoire du salut, la continuité de l’espérance du peuple de Dieu.

b)      La différence entre une nouvelle branche et un nouvel arbre

Ailleurs dans le Nouveau Testament, Paul utilise une image très forte pour illustrer le rapport des chrétiens au peuple juif de l’Ancien Testament. Paul dit que les Chrétiens sont comme des branches qui ont été prises à un arbre et greffées à un autre arbre, et cet arbre, c’est le peuple juif de l’Ancien Testament (Rm 11.16-24). Paul dit que les Chrétiens participent « à la racine et la sève » de cet arbre, et il dit à tous lesOlivier.jpgChrétiens d’origine non-juive : « sache que ce n’est pas toi qui portes la racine, mais que c’est la racine qui te porte » (Rm 11.18). Les Chrétiens ne sont pas un nouvel arbre, planté à côté de l’arbre du judaïsme de l’Ancien Testament. Les Chrétiens sont, depuis Jésus-Christ et les Apôtres, les branches de cet arbre unique.

c)       Le christianisme n’est pas une révolution ou une secte

Parfois on entend parler du christianisme évangélique comme d’un mouvement nouveau, qui serait apparu soit au 20ème siècle avec le pentecôtisme, soit au 19ème siècle avec les mouvements de réveil, soit au 16ème siècle avec la réforme, soit au 12ème siècle avec les Vaudois, soit au 1er siècle avec Jésus et les Apôtres. En réalité, d’après Paul, le christianisme évangélique, c’est-à-dire le mouvement de croyants caractérisé par la foi en Dieu, et dont la foi est fondée sur la révélation de Dieu, remonte à beaucoup plus longtemps que ça ! Pour Paul, professer la foi chrétienne, c’est professer la foi des pères du peuple juif. Pour Paul, l’espérance chrétienne consiste en l’espérance millénaire de l’Ancien Testament.

Ne vous imaginez pas que le christianisme soit une révolution religieuse, ou une secte plus ou moins nouvelle. La foi chrétienne biblique c’est la foi du peuple de Dieu depuis au moins quatre millénaires. Étienne dit la même chose dans Actes 7. Ailleurs, Paul dit que « si vous êtes à Christ, alors vous êtes la descendance d’Abraham » (Ga 3.29). Dans Hébreux 11, l’auteur remonte encore plus haut, jusqu’à Abel, pour décrire ce que c’est que la foi chrétienne. Dans l’Évangile de Luc, c’est Jésus lui-même qui résume, à partir de l’Ancien Testament exclusivement, la substance de la foi et de la mission chrétiennes : « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour et que la repentance en vue du pardon des péchés serait prêchée en son nom à toutes les nations à commencer par Jérusalem » (Lc 24.46-47). Alors si c’est vrai, que l’espérance chrétienne consiste en l’espérance millénaire de l’Ancien Testament, pourquoi les Juifs s’opposent-ils à Paul avec tant de véhémence ?

 

4. Paul soulève le véritable problème (v. 8)

a)      Les détracteurs ont sous-estimé la promesse

C’est Paul qui va soulever le véritable problème. Ce problème, c’est que les Juifs ne croient pas à la résurrection de Jésus (v. 8). L’espérance de l’Ancien Testament se portait vers un personnage, celui du Messie. La fameuse promesse faite aux pères devait se réaliser à travers l’œuvre d’un envoyé de Dieu. Le problème des détracteurs de Paul, c’est qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme cet envoyé de Dieu. Pourquoi ? Parce qu’il est venu comme un serviteur, qu’il s’est humilié, qu’il est mort comme un bandit, alors que les Juifs voulaient un chef de guerre, un libérateur politique qui chasserait les romains de la terre sainte et qui redonnerait au peuple juif intégrité, puissance et prospérité.

b)      Se tromper de traitement

Le problème des détracteurs de Paul, c’est qu’ils ont sous-estimé le véritable problème, et donc, la véritable promesse. Je connais quelqu’unMédicament.jpg qui a appris, lors d’un examen quelconque, qu’elle avait un cancer du sein. Elle se portait très bien à part ça. Sur les conseils pressants du médecin, elle a subi une opération, puis plusieurs mois de chimiothérapie et de radiothérapie. Je peux vous dire qu’elle se sentait bien mieux avant son traitement, avec sa tumeur, que pendant son traitement, sans la tumeur ! Elle aurait pu se dire : « Flûte, je laisse tomber le traitement car je me sens mieux sans ». Combien il eût été facile, et dangereux, pour elle de sous-estimer le véritable problème et donc, de passer à côté du véritable traitement.

c)       La croix et la résurrection accomplissent la promesse

Les détracteurs de Paul ont pensé que le véritable problème du peuple juif c’était l’occupation ennemie de la terre sainte, et la dispersion du peuple. Alors qu’en fait, le véritable problème du peuple c’était le péché du peuple (sa rébellion contre Dieu) qui avait entraîné, comme un jugement, cette occupation et cette dispersion. Le Messie est venu régler ce problème. Non pas en libérant le peuple d’un ennemi politique, mais en le libérant du véritable ennemi, le péché lui-même, et pour offrir au peuple le pardon de Dieu. Pour faire cela, le Messie s’est substitué au peuple pour accomplir l’obéissance parfaite que Dieu attendait du peuple ; il s’est substitué au peuple pour prendre sur lui le châtiment que le peuple méritait ; il s’est substitué au peuple pour subir à sa place non pas un exil géographique, mais un exil spirituel, le fait d’être séparé de Dieu par un abîme infranchissable ; il s’est substitué au peuple, enfin, en vainquant à sa place l’ennemi ultime, la mort, et en ressuscitant le premier pour ouvrir la voie à tous ceux qui se confieraient en lui. La croix et la résurrection de Jésus accomplissent parfaitement la promesse faite aux pères ; cette promesse est plus grande, plus définitive, plus glorieuse que ce que les détracteurs de Paul imaginaient.

 

Conclusion

Alors à quoi pensez-vous lorsque vous entendez ces mots : « l’espérance chrétienne » ? L’espérance chrétienne, c’est l’espérance de la réalisation de la promesse faite par Dieu à nos pères, c’est-à-dire à Abraham et aux patriarches : la promesse d’un peuple innombrable, dans un territoire béni, en relation intime et perpétuelle avec Dieu. Cette promesse est réalisée, dans tout son potentiel, à travers la croix de Jésus et sa résurrection. Le règne de Christ a été établi, et tous ceux qui se confient en lui participent à ce règne dès maintenant. Toutefois, comme le dit l’Écriture, nous attendons encore la révélation de sa gloire (Rm 8.18-25), qui viendra lors du retour de Jésus, et de l’inauguration des nouveaux cieux et de la nouvelle terre (Ap 21). On a donc pu voir que la ligne de défense de Paul, contre ses accusateurs, est simple : selon lui, l’espérance chrétienne ne consiste en rien d’autre qu’en l’espérance millénaire de l’Ancien Testament. Le saviez-vous ? Cela peut changer notre perspective sur la foi chrétienne, notamment sur la mission de l’Église dans le monde, sur notre idée du paradis et de la vie éternelle, sur le rapport de nos enfants à l’alliance de grâce, et même sur l’histoire tout entière : création, chute, rédemption. Je finis avec ces paroles que Pierre a adressées à des Chrétiens non-Juifs : "Vous, par contre, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple racheté, afin d'annoncer les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ; vous qui, autrefois, n'étiez pas un peuple et qui, maintenant, êtes le peuple de Dieu ; vous qui n'aviez pas obtenu miséricorde et qui, maintenant avez obtenu miséricorde" (1 Pierre 2.9-10).

 

17/10/2006

Se souvenir de Dieu (17 septembre 2006)

Psaume 50 : 1 - 6


Introduction

medium_adam.jpgQuelle idée avons-nous de Dieu ? Quand nous pensons à Dieu, qu’est-ce que cela évoque en nous ? L’idée que nous avons de Dieu (selon qu’il existe ou non, qu’il est personnel ou impersonnel, qu’il est infini ou limité, qu’il est bon ou cruel, qu’il est patient ou intransigeant…) a des conséquences concrètes et importantes dans la manière dont nous vivons notre vie, et dans notre rapport avec la religion. Ce matin, vous avez peut-être un rapport désenchanté avec la religion. Vous vous dites que la religion c’est intéressant, mais que c’est avant tout une béquille pour les faibles. Vous avez peut-être été blessé, ou brûlé, par la pratique d’une religion dans le passé. Ou peut-être que vous avez pratiqué une religion pendant des années sans y avoir trouvé un sens, une pertinence pour votre vie, face aux besoins et aux interrogations medium_pape.jpgqui étaient les vôtres. Peut-être qu’aujourd’hui encore, vous pratiquez votre religion, et vous êtes peut-être venu à l’église ce matin comme tous les dimanche matins, pour célébrer un culte bien sophistiqué, avec des chants, des prières, des lectures bibliques, mais au fond, vous avez cette drôle d’impression que tout cela sonne creux. Dans notre église, comme dans d’autres églises réformées, on a parfois l’impression que c’est un peu mort, que le culte est machinal, que les gens ne sont pas dedans. Qu’est-ce qui cloche ? Le Psaume 50 est un poème écrit par quelqu’un qui avait une responsabilité importante dans l’organisation du culte des Juifs vers l’an 1000 av. J-C. Il adresse ce psaume à des gens qui ont une religion bien établie, mais il veut leur montrer qu’il manque à leur religion quelque chose de primordial, sans laquelle toute leur religion est dénuée de sens. Et ce n’est pas un hasard si la première chose que fait le psalmiste, c’est de replacer son auditoire dans la bonne perspective, à partir d’un rappel de comment Dieu est. Nous allons voir en effet, qu’avoir une idée juste de Dieu, de ce à quoi il ressemble, c’est la première étape vers une religion qui soit pertinente, vers un culte qui soit vivant, et surtout, vers une vie qui ait du sens.


1. Dieu est saint (v. 2, 3)

a) Il resplendit de pureté et l’imperfection ne supporte pas sa présence
Le poète aborde son sujet en exprimant une première chose concernant la nature de Dieu. Dieu est immense, par définition (voir l’insistance : Dieu, Dieu, l’Éternel, v. 1), il est parfait, il est pur, sa sainteté dépasse tout ce qu’on pourrait imaginer. Dieu resplendit (v. 2) ; Devant lui est un feu dévorant, autour de lui une violente tempête (v. 3). Pourquoi un feu dévorant, pourquoi une violente tempête ? Car aucune impureté ne peut supporter la présence de Dieu. Aucune imperfection ne peut subsister dans la sainte présence de Dieu.

b) Illustration : le soleil
medium_soleil.gifNous avons tous les jours, à disposition, une représentation de la sainteté de Dieu. Le soleil fait environ 15 millions de degrés en son noyau. À 1 millions de km de la surface du soleil il fait encore 1 million de degrés. Sur terre (à 150 millions de km du soleil), sans l’atmosphère pour nous protéger de son rayonnement, la vie serait impossible. Le soleil est tellement éclatant qu’on ne peut ni s’en approcher, ni le regarder en face sans se faire mal. L’Éternel Dieu est un soleil (Ps 84 : 12). Ce n’est pas par hasard que le psalmiste commence son poème avec ces noms de Dieu : Dieu, Dieu, Yahweh, soit, Dieu, Dieu, celui qui porte le nom très saint, et qui a révélé ce nom à Moïse depuis un feu (Ex 3 : 5 – 14). Ce nom que les Juifs n’osent pas prononcer tellement ils le considèrent comme saint.

c) Application : nous ne pourrions pas nous tenir en sa présence
Nous ne sommes même pas dignes de prononcer le nom de Dieu ! Moïse sur le Mont Horeb dut rester à une certaine distance du buisson ardent, enlever les sandales de ses pieds, et se cacher le visage. Il avait une compréhension de la parfaite sainteté de Dieu et il savait qu’il ne supporterait pas de regarder Dieu, encore moins de s’approcher de lui. Moïse voulut voir la face de Dieu, mais Dieu lui répondit : L’homme ne peut me voir et vivre (Ex 33 : 20).

Je n’ai pas besoin de vous convaincre que l’homme n’est pas parfait, que notre cœur à chacun est rempli de mauvais penchants. La Bible appelle cela le péché, le péché qui est à l’intérieur de chacun de nous et qui nous prive, nous coupe, de la gloire de Dieu (Rm 3 : 23). C’est à cause du mal qui est en nous, que Dieu a dit que l’homme ne pouvait le voir et vivre. Si nous étions exposés à l’éclat intense de la parfaite sainteté de Dieu, nous serions consumés instantanément. Quelle perspective cela devrait-il donner à notre vie et à notre culte ? Est-ce qu’on ne devrait pas aborder la question avec un peu plus d’attention et de crainte ? Mais le psalmiste ne s’arrête pas là, et son discours nous en dit plus au sujet de Dieu.


2. Dieu est proche (v. 1, 3, 5)

a) Dieu s’intéresse à tous les hommes, et à toute sa création
Le psalmiste dit que Dieu parle et convoque la terre, depuis le soleil levant jusqu’au couchant (v. 1). a) Dieu n’est pas silencieux, secret, retiré dans un coin du cosmos, b) mais il s’intéresse à toute la terre, à tous les hommes, c) et pas juste à un moment donné de l’histoire, de façon ponctuelle, mais en permanence. Non seulement cela, mais Dieu vient, il ne reste pas en silence (v. 3). Dieu n’est ni silencieux, ni lointain. Il est engagé de toute sa personne dans une relation avec sa création, et avec l’humanité en particulier.

b) Contre-exemple : l’horloge
Dieu n’a pas créé la terre, et l’humanité, pour s’en désintéresser ensuite. Voltaire et d’autres ont mis en avant cette idée que Dieu était un grand horloger qui, une fois son travail terminé, laisse l’horloge tourner sans medium_horloge.jpgintervenir. Mais la Bible dit que Dieu s’intéresse aux hommes et à ce qui se passe sur terre. Même en dépit de nos imperfections, et peut-être à plus forte raison à cause d’elles, Dieu se préoccupe de nous et de ce qui se passe ici-bas. Une horloge qui tourne mal nécessite encore plus l’attention de l’horloger.

c) Application : Dieu s’intéresse à nous, mais sommes-nous à son écoute ?
Même en France où 1 personne sur 3 se dit athée et a tourné le dos à Dieu, Dieu n’a pas tourné le dos aux français et continue de s’intéresser à nous. Dieu nous parle, Dieu nous appelle (nous convoque, v. 1). Est-ce que nous sommes à son écoute ? Peut-être que nous ne nous étions jamais imaginé que Dieu pouvait s’intéresser personnellement à nous et donc, nous n’avons jamais vraiment tendu l’oreille. Peut-être que Dieu est beaucoup plus proche de sa création que vous ne le croyez, et peut-être qu’il a le désir d’être beaucoup plus impliqué dans votre vie que vous ne le pensez.

Il s’agit toujours de ce Dieu parfait, pur, trois fois saint, plus resplendissant que nous ne pourrions le supporter. C’est ce Dieu-là, le créateur tout-puissant, infini, omniscient, qui s’intéresse à nous. Et nous ne nous intéresserions pas à lui ? Si vous croyez que Dieu existe ce matin, ou si vous admettez au moins la possibilité qu’il existe, quelle folie serait-ce de ne pas chercher à savoir ce que Dieu veut vous dire, et quelle folie serait-ce de ne pas répondre à son appel ? Mais voici le problème, et l’inquiétude : Dieu est tellement engagé dans sa relation avec la création et avec l’humanité, qu’il ne parle pas seulement, et ne convoque pas seulement, mais la Bible dit aussi qu’il vient. Il veut se révéler entièrement ; il veut être au plus proche de nous. Mais qui sera capable de supporter la venue du Dieu saint, de ce feu dévorant en présence duquel tout ce qui est empreint de mal sera consumé, de ce juge parfait (v. 6) qui ne tiendra pas le coupable pour innocent ?


3. Dieu est juge (v. 4, 6)

a) Dieu va éprouver l’humanité
Dieu est saint, et Dieu est proche, et le résultat de cette combinaison, c’est qu’il est aussi juge (v. 4, 6). « Sainteté + proximité = jugement ». En métallurgie on pratique l’affinage : on met dans le feu un métal brut, medium_affinage.jpget le feu agit comme un « juge », qui départage le métal de la saleté. C’est inévitable. De même en présence du Dieu saint et parfait : seulement ce qui est juste pourra supporter sa présence. Mais on l’a dit : les hommes sont tous empreints de mal (L’Éternel, du haut des cieux, se penche sur les êtres humains… il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul, Ps. 14 : 2, 3). Serons-nous donc tous déclarés coupables ?

b) Le sacrifice nécessaire : Christ le parfait sacrifice
Mais le psaume parle de certains comme étant les « fidèles » de Dieu. L’humanité en présence de Dieu est départagée entre ceux qui sont les fidèles de Dieu et ceux qui ne le sont pas. Et voici en effet le verset-clef de ce passage : Rassemblez-moi mes fidèles, ceux qui concluent une alliance avec moi par le sacrifice (v. 5). Qu’est-ce qui assure le statut des fidèles, et leur relation avec Dieu ? Un sacrifice. En alpinisme ou en escalade, on est parfois amené à sacrifier du matériel afin de se sortir d’une situation medium_rappel.jpgproblématique ; une corde, par exemple. Il y a des situations désespérées qui exigent qu’un prix soit payé, que quelque chose soit perdu. Notre situation devant la sainteté absolue de Dieu est telle que nous ne pouvons pas nous en sortir tous seuls. Cette situation exige qu’un prix soit payé pour satisfaire la parfaite justice de Dieu. Mais quel sacrifice serait suffisant ? Pour satisfaire la perfection de Dieu, il faudrait un sacrifice parfait, un sacrifice dont la valeur serait à la mesure de la sainteté éblouissante de Dieu ! Mais quelle corde serait assez longue pour nous sortir de là ?

c) Application : Christ, notre justification
La Bible dit que Dieu a pourvu lui-même à ce sacrifice ; un sacrifice d’une valeur parfaite, suffisant pour régler, selon les exigences de sa parfaite sainteté, la dette d’une multitude innombrable d’hommes et de femmes imparfaits, dont le cœur est empreint de mal. Il ne pouvait y avoir d’autre sacrifice que Jésus-Christ, non seulement le seul homme à avoir vécu sans commettre le mal, mais encore Dieu lui-même fait homme, Dieu le Fils, dont la Bible dit qu’il est le rayonnement même de la gloire de Dieu le Père (voir Colossiens 1 : 15 – 20). Voici bien le message central de la Bible. Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier (1 Jn 2 : 1, 2). Il est le seul sacrifice suffisant, qui puisse satisfaire à notre place la parfaite sainteté de Dieu.


Conclusion

Le psalmiste voulait montrer à son auditoire qu’il manquait à leur culte et à leur religion quelque chose de primordial. La première chose qu’il a voulu leur rappeler, c’est comment est Dieu. Toute pratique religieuse, en effet, n’a de sens qu’à partir d’une idée juste de qui est Dieu et de ce à quoi il ressemble. Ce psaume nous a rappelé que Dieu est parfaitement saint. Il nous a rappelé que Dieu est proche et qu’il veut avoir une relation avec les êtres humains. Il nous a montré enfin que cette relation n’est possible que grâce au seul sacrifice de medium_couronne.jpgJésus à la croix, le seul sacrifice qui peut satisfaire à notre place les exigences de la parfaite justice de Dieu, face à laquelle nous ne pourrions subsister. Cela nous fait dire que le point de départ d’une religion pertinente, d’un culte vivant, et d’une vie qui ait du sens, c’est Jésus-Christ. En-dehors de Jésus-Christ, notre religion est vaine. En-dehors de lui, notre culte est mort. En-dehors de lui, notre vie est dépourvue de sens. Alors la question la plus importante que l’on puisse se poser ce matin, c’est : quelle est ma relation à Jésus ? Est-ce que j’ai reçu de la part de Dieu le pardon et le salut qu’il m’offre à travers le sacrifice parfait et suffisant de Jésus à la croix ? La Bible dit que ce salut est offert gratuitement ; que nous n’avons rien à faire pour le mériter ; qu’il nous suffit de placer notre entière confiance en Jésus et de lui céder notre vie. Le premier reproche que fait le psalmiste à son auditoire, c’est que son auditoire oublie Dieu (voir v. 22). Nous aussi, n’avons-nous pas tendance à oublier comment Dieu est, et ce qu’il a fait pour nous ? Mais si nous prenons le temps, comme nous l’avons fait ce matin à travers ce psaume, de nous souvenir de Dieu, alors notre culte et notre vie ne sonneront pas creux, mais devant sa sainteté, nous aurons une crainte respectueuse, devant sa proximité, nous aurons une attention humble, et devant son jugement, nous aurons une assurance bien fondée.