16.11.2009

La Parité des sexes sous le règne de Christ (15 novembre 2009)

AUDIO

1 Corinthiens 11 : 2 – 16

 

Introduction

Parité.jpgIl y a cinq ans, la ministre déléguée à la parité et à l’égalité professionnelle (Nicole Ameline) remettait au Premier Ministre un document intitulé « Charte de l’égalité – Pour l’égalité des hommes et des femmes, la France s’engage ». Dans l’introduction de cette charte, qui est censée orienter la législation de notre pays pour les années à venir, on peut lire les affirmations suivantes : « La réalisation de l’égalité entre les sexes signifie que les droits et possibilités auxquels aspire tout individu ne sont pas tributaires du fait d’être un homme ou une femme. » Ou encore : « L’idée de parité est, au sens strict, l’expression de la volonté de représentation, à nombre égal, dans les lieux de décision, des femmes et des hommes. » Le document propose quatre axes d’action, dont le premier consiste à réaliser « la parité ou l’accès des femmes à la prise de décision ». Cette charte ne concerne pas seulement la vie professionnelle, la vie politique et la vie scolaire, mais aussi la vie associative. Tout cela paraît très juste et très logique : non au sexisme, non à la discrimination, oui à l’égalité des droits et des chances ! Le problème, c’est que les Chrétiens doivent prendre en compte un paramètre supplémentaire, la révélation spéciale, infaillible et objective de Dieu qui, par endroits, nous livre des affirmations telles que : « Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre autorité sur l’homme mais qu’elle demeure dans le silence » (1 Tm 2.12). Alors quel doit être notre regard de Chrétiens, sous le règne de Christ, sur le principe de la parité, notamment là où le règne de Christ se déploie en tout premier lieu, c’est-à-dire dans nos familles et dans l’Église ? Le texte que nous avons lu va nous apporter des éléments de réponse. Les Corinthiens ont voulu connaître l’avis de Paul concernant une situation dans l’Église, où des hommes et des femmes, sous prétexte de liberté, estimaient qu’ils pouvaient renoncer à ce qui était propre à leur sexe, notamment en termes d’habillement et de rôles. Mais nous allons voir que pour Paul, cela consiste en un genre de désordre ou de confusion qui ne convient pas aux Chrétiens. Et la leçon que nous pourrons en tirer, c’est que la parité des sexes telle qu’elle est communément prônée aujourd’hui entre en contradiction avec l’ordre que Dieu compte restaurer, par Jésus-Christ, dans les rapports entre hommes et femmes, notamment dans le cadre de la famille et de l’Église.

 

1. Une dignité égale mais des rôles distincts

a)      L’ordre créé reflète un ordre éternel

Féminisme.jpgLa première affirmation que nous pouvons tirer du texte, c’est que la différenciation des sexes répond à un ordre créationnel en vertu duquel les hommes et les femmes ont une dignité égale mais des rôles distincts. En bon pédagogue, Paul souligne tout d’abord la bonne volonté de ses lecteurs, qui ont désiré lui soumettre cette question (v. 2). Ensuite, la première chose qu’il fait, c’est d’affirmer un principe fondamental concernant la différence entre les hommes et les femmes : il dit que cette différence ressemble à celle qui existe entre Dieu et Christ (v. 3), et ce n’est pas une différence de valeur, mais une différence de rôle. Il va rappeler un peu plus loin que l’homme et la femme ont été créés dans des circonstances quelque peu différentes (v. 8-9), mais que néanmoins, ils sont totalement interdépendants et complémentaires (v. 11-12). Une dignité égale, mais des rôles distincts ; c’est inscrit dans notre ADN.

b)      Le marteau et la clé à molette

Imaginez que vous devez enfoncer un clou dans un mur, et qu’on vous présente un marteau et une clé à molette. Si vous choisissez le marteau, est-ce parce que le marteau est supérieur en dignité à la clé à molette ? Et si le marteau et la clé à molette sont égaux en dignité,Outils.jpg pourquoi ne pas choisir la clé à molette ; n’arriveriez-vous pas à enfoncer le clou avec ? La clé à molette ferait sans doute très bien l’affaire, mais la logique même veut que vous choisissiez le marteau, car un marteau, c’est fait pour enfoncer des clous, tandis qu’une clé à molette, c’est fait pour serrer des écrous. Les deux outils valent la même chose en termes de prix, mais ils ont été conçus pour des rôles différents.

c)       Accepter ce principe

Ce texte affirme que cela est vrai pour les hommes et les femmes aussi. La charte de l’égalité affirme que les possibilités auxquelles aspire tout individu ne doivent pas être tributaires du fait d’être un homme ou une femme ; mais vous voyez que cela contredit le principe fondamental de la différenciation des sexes selon la Bible. Les hommes et les femmes ont une dignité égale mais des rôles distincts qui répondent à l’intention créatrice de Dieu, et qui reflètent un ordre éternel qui existe au sein de la Trinité elle-même.

Acceptons-nous de croire à ce principe ? Quelqu’un dira que ce n’est pas juste, parce qu’on ne choisit pas d’être un garçon ou une fille. Peut-être auriez-vous préféré avoir le rôle du sexe opposé. Mais Paul précise que le sexe d’une personne vient de Dieu (v. 12) ; il nous faut donc accepter avec joie la condition que Dieu nous a donnée, et la vocation spécifique que Dieu nous adresse. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, vous êtes égaux en dignité, mais Dieu vous a conçus, selon votre sexe, pour des rôles différents. Quels sont ces rôles ?

 

2. Une question d’autorité et de responsabilité

a)      Dieu a conçu l’homme pour qu’il soit le responsable

En réponse à cette question, le texte n’entre pas dans tous les détails, mais il y a au moins une affirmation claire que nous pouvons en tirer, c’est que c’est à l’homme que Dieu a confié la responsabilité d’exercer l’autorité de sa part, dans les structures sociales que sont l’Église et la famille en particulier. Encore une fois, ce n’est pas une question de valeur ou de dignité, mais une question d’ordre, un ordre voulu par Dieu, qui reflète l’ordre existant en Dieu lui-même. Dans les versets 4-5, Paul exhorte les hommes et les femmes à « honorer leur tête », c’est-à-dire à respecter la place que Dieu leur a attribuée, selon leur sexe, dans la structure de la famille et de l’Église en particulier ; et Paul précise que dans cette structure, ici-bas, c’est l’homme, et non la femme, qui est conçu pour exercer l’autorité de la part de Dieu (v. 10). Voilà quelle est la différence déterminante entre les rôles de l’homme et de la femme.

b)      Le représentant / le lieutenant

Pour bien comprendre quel est le rôle que Dieu confie à l’homme par rapport à la femme, Calvin propose une illustration. Il dit que l’homme est comme un lieutenant auquel le prince a confié une autorité à exercer de sa part. Le lieutenant est soumis au prince, mais cette soumission exige du lieutenant qu’il assume courageusement, dignement et fidèlement son rôle de représentant. Le lieutenant n’est pas supérieur aux autres en termes de qualité ou de valeur intrinsèque. Et pourtant, il a un rôle particulier parce que le prince l’a décidé. Faire semblant d’être un lieutenant alors qu’on ne l’est pas, c’est une usurpation d’autorité. Mais agir comme un simple sujet alors qu’on est lieutenant, c’est déshonorer le prince.

c)       Ce que cela veut dire pour la famille et pour l’Église

Famille 2.jpgPaul appelle donc les hommes et les femmes à assumer courageusement, dignement et fidèlement la place que Dieu leur a donnée selon leur sexe. Je crains qu’il y ait une idée mensongère qui circule, selon laquelle la valeur d’une personne dépend de l’autorité qu’elle est en position d’exercer. Le principe de la parité des sexes se nourrit de cette idée, mais cette idée est fausse bibliquement parlant. Si Dieu a conçu les hommes pour exercer l’autorité de sa part, ce n’est pas parce qu’il est macho, mais parce qu’il est ordonné.

Je vous pose une question : votre tête vaut-elle davantage que votre corps ? Si quelqu’un vous donnait le choix, vous préféreriez qu’on vous coupe la tête, ou qu’on vous coupe le corps ? Votre personne peut-elle plus facilement se passer de l’un, ou de l’autre ? Paul compare la relation entre l’homme et la femme à la relation entre la tête et le corps (cf. Ép 5.28) pour nous faire comprendre quelle est l’égalité, l’unité et la complémentarité entre les sexes, mais aussi quelle est la différence en termes de rôles. Cela veut dire notamment que c’est le mari, et non la femme, qui est conçu pour être le chef de famille. Cela veut dire que ce sont les hommes, et non les femmes, qui sont conçus pour être pasteurs et anciens (les responsables) dans les églises. Il n’y a pas de parité, selon la Bible, en ce qui concerne l’exercice de l’autorité, de la part de Dieu, dans ces structures notamment. Mais Paul ne se limite pas à la question de la place de l’un ou de l’autre dans ces structures, il aborde aussi la question du comportement des hommes et des femmes, notamment en ce qui concerne le port du voile dans les assemblées chrétiennes. Il nous faut nous arrêter là-dessus un moment.

 

3. L’application culturelle d’un principe universel

a)      Le voile, et le contexte de la lettre aux Corinthiens

Pour bien comprendre ce que Paul est en train de dire, je crois qu’il faut considérer la place de ce passage dans le contexte global de la lettre aux Corinthiens. Paul est en train de répondre à des questions qui lui ont été posées par l’intermédiaire d’une lettre que nous n’avons pas,La Bible.jpg et il a traité successivement de questions précises qui portaient sur le mariage (7.1), sur les vierges (7.25), sur les viandes sacrifiées aux idoles (8.1) et maintenant, sur le culte. Tout au long de ses réponses, Paul a martelé un principe de base, c’est celui de la bienséance et de l’intérêt du plus grand nombre (6.12, 10.23, 10.31-33). Juste avant d’aborder la question de la tenue des femmes dans le culte, il dit : « Ne soyez une pierre d’achoppement [pour personne], comme moi aussi je me rends agréable en tout et à tous, cherchant non mon avantage, mais celui du plus grand nombre, afin qu’ils soient sauvés. Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ » (10.32-11.1). Au moment d’aborder la question épineuse du port du voile, Paul va donc énoncer un principe universel, mais quant à la mise en pratique de ce principe, il en appelle au bon sens de ses lecteurs et à la bienséance propre à leur culture. C’est pour cela qu’il dit à ses lecteurs d’en juger eux-mêmes (v. 13), et de considérer ce qui leur paraît naturel et normal (v. 14-15).

b)      Regarder un Japonais dans les yeux

Essayons d’illustrer ce point. Nous insistons souvent auprès de nos enfants qu’ils nous regardent dans les yeux lorsque nous leur parlons, afin qu’ils montrent leur respect. La Bible dit aux enfants de respecter leurs parents : c’est un principe universel. Mais au Japon, si vous regardez quelqu’un dans les yeux, cela veut dire que vous le méprisez et que vous cherchez à l’intimider ! L’application d’un principe biblique, absolu, universel, dépend concrètement de la bienséance propre à chaque culture.

c)       Le principe à retenir et les applications présentes

Voile.jpgDe la même façon, Paul insiste sur un principe absolu, non-négociable : c’est que c’est l’homme, et non la femme, qui a été conçu pour occuper une position d’autorité et de responsabilité dans la famille et dans l’Église. Dans la culture des Corinthiens, le voile était un habit de femme, qui exprimait très visiblement la différence de rôles entre les sexes. Paul dit qu’il est important de maintenir visiblement cette différence de rôles dans les assemblées publiques afin d’honorer publiquement l’ordre établi par Dieu. Pour insister sur ce point, Paul rappelle à ses lecteurs, que même les anges assistent à leurs réunions (v. 10) ! À combien plus forte raison l’ordre voulu par Dieu doit-il être manifestement maintenu et honoré, sans oublier de prendre en considération les circonstances propres à chaque culture.

La question qui se pose, c’est donc : « À quoi ça ressemble aujourd’hui, en France, d’honorer publiquement l’ordre établi par Dieu entre les sexes » ? Serait-ce que les hommes se découvrent la tête à l’église, et que les femmes se la couvrent (v. 4, 5, 10) ? Ou bien serait-ce plutôt que les hommes cherchent plus courageusement et plus fidèlement à assumer publiquement les responsabilités que Dieu leur a confiées, et que les femmes acceptent plus joyeusement de montrer publiquement leur respect et leur soutien de leur mari ? Jugez vous-mêmes de ce qui est convenable (v. 13), selon vos circonstances particulières, mais compte tenu de l’ordre universel que Dieu a établi entre les sexes, et qui ne change pas. Mais nous touchons du doigt un dernier point, et un problème fondamental lié à toute cette question : c’est qu’au fond, nous rejetons l’idée que nous sommes tributaires d’un Créateur qui nous a façonnés et qui est en position de nous dire ce pour quoi il nous a conçus, hommes d’une part et femmes d’autre part.

 

4. Christ restaure l’ordre créationnel

a)      L’œuvre rédemptrice de Christ

Le dernier point que je veux relever de ce passage, c’est que l’œuvre rédemptrice de Jésus a notamment pour effet de restaurer l’homme à sa vraie masculinité, et la femme à sa vraie féminité. Est-ce que je vous apprends quelque chose si je vous dis que toute personne a en elle le désir de définir elle-même les normes de son existence ? La Bible appelle cela le péché ; c’est cette quête d’indépendance qui nous destine à être séparés de Dieu pour l’éternité. Mais la Bible nous dit que Dieu nous a tellement aimés qu’il a fait porter à son propre Fils, innocent etCroix sombre.jpgparfait, le poids de nos fautes afin que nous en soyons libérés, que nous puissions être pardonnés de nos péchés, et que nous soyons destinés à la vie éternelle. Tout cela, Dieu l’offre gratuitement à tous ceux qui placent leur confiance en Jésus à cause de ce qu’il a accompli. Jésus n’est pas resté sur la croix, ni dans le tombeau, mais il est ressuscité pour le bénéfice de tous ceux qui se confient en lui, et il compte maintenant nous restaurer, nous réparer de tous les dégâts que le péché a occasionnés dans notre existence.

b)      La gloire est restaurée

Jésus veut déployer son règne bienveillant dans la vie de tous ceux qui se confient en lui. C’est pour cette raison que Paul réfère ses lecteurs à Christ (v. 3) et au « Seigneur » (v. 11) pour qu’ils trouvent (ou plutôt, qu’ils retrouvent) en lui le sens de leur masculinité ou de leur féminité originelles. C’est aussi pour cette raison que Paul dit que la gloire de l’homme, comme de la femme, se trouve dans le fait qu’ils assument, chacun selon leur sexe, le rôle auquel Dieu les appelle : l’homme à exercer l’autorité de la part de Dieu, la femme à honorer l’homme dans ce rôle, et à respecter ce rôle dans l’homme (v. 7, 15).

c)       Le puzzle retrouve sa beauté

Puzzle.jpgImaginez un puzzle de 2,000 pièces toutes mélangées, dont vous avez perdu le modèle. Vous savez bien, en théorie, que ce puzzle représente une image magnifique, mais la beauté de cette image est perdue, et il vous est impossible de la retrouver sans le modèle. « Ichabod » : la gloire a disparu ! Mais la Bible dit que Jésus est venu de la part de Dieu comme le second Adam, le modèle retrouvé, celui qui seul a lacapacité de recouvrer pour le puzzle, ou plutôt, pour l’être humain, sa beauté et sa gloire originelles. Cette beauté et cette gloire, entre autres, sont liées à la restauration en nous les hommes, de notre vraie masculinité telle que Dieu l’a conçue, et en nous les femmes, de notre vraie féminité telle que Dieu l’a conçue.

 

Conclusion

Une dernière réflexion, pour terminer. Vous aurez sans doute compris que toute cette question des rôles différents conçus par le Créateur pour l’homme d’une part et pour la femme d’autre part est intimement liée, pour vous personnellement, à votre relation avec ce Créateur. Avez-vous, avant toute autre considération, déjà pris le temps de réfléchir au sens de votre existence ? Reconnaissez-vous en Jésus-Christ le seul capable de réaliser le pardon de vos fautes, et de redonner à votre vie sa raison et sa beauté originelles ? Toutes les autres questions sont dépendantes de celle-ci. Mais pour le sujet qui nous a intéressés, nous pouvons au moins retenir l’idée que nous avons formulée au départ, et qui est clairement exprimée dans le texte que nous avons lu : c’est que la parité des sexes telle qu’elle est communément prônée aujourd’hui entre en contradiction avec l’ordre que Dieu compte restaurer, par Jésus-Christ, dans les rapports entre hommes et femmes, notamment dans le cadre de la famille et de l’Église. Saviez-vous qu’en 2003, le Parlement norvégien a voté une loi qui impose un quota de 40% de femmes minimum dans les conseils d’administration des grandes entreprises, sous peine de dissolution ? L’Église et la famille ne doivent pas calquer leur modèle là-dessus, ni sur l’air du temps, ni sur les « chartes de l’égalité » qui circulent dans le gouvernement de notre pays, ni sur les bons sentiments véhiculés par nos médias, mais sur la révélation universelle, objective et infaillible de Dieu : la Bible. Nous n’aimons pas entendre ça ; l’idée que même la masculinité et la féminité sont définies par le Créateur. Nous préférerions définir nous-mêmes ces termes. Est-ce uneSartre De Beauvoir.jpg simple coïncidence si la mère du féminisme (Simone de Beauvoir) était liée avec le père de l’existentialisme (Jean-Paul Sartre) ? Au-delà du féminisme et même de l’homosexualité, considérez le phénomène de la transsexualité : n’est-ce pas la manifestation extrême de la confusion des genres et des rôles qui règne en-dehors d’une relation de dépendance avec le Créateur ? En Jésus, Dieu veut nous faire faire le chemin exactement inverse ; celui, en Jésus, du retour vers la masculinité et la féminité authentiques et originelles, parce que c’est là, en Jésus, que se trouve la gloire de l’être humain, et en fin de compte la gloire de Dieu lui-même.

 

13.11.2009

"Abigaïl" (8 novembre 2009)

AUDIO

1 Samuel 25

(Pasteur Michaël DiGena)

06.11.2009

Certifié conforme (1er novembre 2009)

AUDIO

Actes 28 : 17 – 31

 

Introduction

Gutenberg.jpgQuel est votre rapport à l’Ancien Testament ? Vous savez, ce livre qui parle d’un Dieu légaliste et intolérant… Êtes-vous de ceux qui prennent leurs distances avec l’Ancien Testament ; qui, comme moi, ont beaucoup plus abîmé (par la lecture) les pages du troisième tiers de leur Bible que celles des deux premiers ; qui pensent que le Dieu cruel des Juifs a cédé sa place au Dieu d’amour des chrétiens ? On a bien l’impression, parfois, même si ce n’est pas ce que nous disons explicitement, que la foi chrétienne de par sa nature s’inscrit en opposition avec la foi de l’Ancien Testament. On dirait que Jésus et les apôtres, à leur époque, sont les fondateurs d’une religion nouvelle. Aujourd’hui, les chrétiens croient au Dieu du Nouveau Testament… quant au Dieu de l’Ancien, on ne sait pas vraiment où le mettre. Mais très clairement, je crois que le texte que nous avons lu va nous montrer que cette idée selon laquelle la foi du Nouveau Testament s’opposerait de par sa nature à la foi de l’Ancien Testament est une idée reçue. Et ce texte, tout en détruisant cette idée reçue, va nous aider à prendre la mesure de notre lien avec l’espérance de l’Ancien Testament, un lien qui est très fort. En racontant cet épisode final du livre des Actes, l’auteur veut nous montrer quelque chose, et il veut insister là-dessus : c’est que le témoignage de Paul, et de tout le Nouveau Testament, est absolument conforme au témoignage de l’Ancien Testament. Et pour nous ce matin, cela veut dire que l’Ancien Testament est constitutif de la foi chrétienne. Quel devrait donc être notre rapport à l’Ancien Testament ? Et bien regardons comment le texte en parle.

 

1. La sollicitude de Paul pour le peuple d’Israël

a)      L’Évangile est un message juif pour les Juifs (v. 17-20)

La première chose qui frappe dans cet épisode, c’est le souci que Paul a pour la population juive de Rome. « L’apôtre des païens » cherche rapidement, et en tout premier lieu, à rencontrer les responsables juifs (v. 17) pour leur expliquer qu’il n’a en rien trahi la foi des Juifs (v. 17-19), et que s’il a été arrêté, c’est en fait à cause de sa fidélité au judaïsme (v. 20) ! L’auteur fait donc cette première affirmation : c’est que Paul, en tant que témoin de l’Évangile, est porteur d’un message juif pour les Juifs.

b)      Le colis Fedex (Seul au monde)

Seul au monde.jpgLe film Seul au monde raconte l’histoire d’un employé de la société Fedex qui se retrouve naufragé sur une île pendant quatre ans. Pendant tout ce temps, il y a un paquet avec lui, qu’il refuse d’ouvrir. Le personnage est déterminé à livrer ce paquet à son destinataire. Finalement, il va réussir à quitter l’île et à retrouver la civilisation. Et une des premières choses qu’il va faire, c’est de livrer en personne ce fameux paquet à l’adresse indiquée sur l’étiquette.

c)       L’Évangile mérite notre attention

Paul aussi a été naufragé sur une île (ch. 27), avec du « courrier ». Jésus lui avait dit : « Il faut que tu rendes témoignage à Rome » (Ac 23.11). Jésus lui avait confié un message important, le message de l’Évangile, et sitôt rescapé, Paul s’empresse de remettre le courrier à son destinataire légitime. Et nous découvrons que ces destinataires sont les Juifs. Mais nous voyons aussi combien Paul est consciencieux par rapport au message qu’il est chargé de transmettre. Il a conscience que ce courrier, ça fait longtemps que les Juifs l’attendent (v. 20).

De ce premier point, nous devons tirer une première application. L’Évangile n’est pas une invention de Jésus ou des apôtres, mais c’est la réponse à une attente millénaire, l’attente de tout l’Ancien Testament. Le témoignage de Paul, et de tout le Nouveau Testament, c’est le couronnement de plusieurs millénaires d’histoire de la révélation (et pas un remplacement de cette révélation). Le courrier a enfin été livré, dans son intégralité, de manière diligente et consciencieuse. Et sur la petite étiquette qui indique le contenu du paquet, il est écrit : « Réponse à l’attente millénaire de l’humanité » ! Alors quel genre d’attention devrions-nous porter à ce message si précieux ?

 

2. L’Évangile répond à l’attente du peuple d’Israël

a)      Les Juifs reconnaissent qu’ils sont concernés (v. 21-24)

Regardons la suite. La deuxième chose qui nous est indiquée dans le récit, c’est la bonne disposition des responsables juifs à entendre Paul. Ils n’ont pas de préjugés vis-à-vis de lui (v. 21). Ils s’intéressent la foi chrétienne qu’ils considèrent comme étant une branche du judaïsme (v. 22). Ils vont écouter Paul du matin jusqu’au soir (v. 23), et quelques-uns vont recevoir positivement son témoignage (v. 24).

b)      Ils reconnaissent l’adresse sur le paquet

Ce que l’auteur est en train de nous montrer, c’est que les responsables juifs, a priori, reconnaissent qu’ils sont les premiers concernés par le message de Paul. C’est comme, justement, lorsque vous recevez un colis et que vous reconnaissez votre nom et votre adresse sur l’étiquette, et que l’écriture vous dit quelque chose… C’est bien pour vous !

c)       L’Évangile répond à une attente millénaire

L’auteur est en train de confirmer par là que l’Évangile constitue bien la réponse tant attendue à l’espérance millénaire de l’Ancien Testament.Texte hébreu.jpg Depuis tant de siècles, Dieu avait promis qu’il rachèterait l’humanité (Gn 3.15), et pour ce faire, qu’il se constituerait un peuple (Gn 12.1-3), qu’il effectuerait pour ce peuple le pardon de leurs péchés (Éz 36.25-27), et qu’il donnerait à ce peuple un Roi dont le règne serait éternel (1 Ch 17.11-14), et que tout cela servirait à déployer la connaissance de Dieu dans le monde entier (Ps 2).

Et que fait Paul pendant une journée entière ? Il déclare aux responsables Juifs que tout cela se réalise en Jésus-Christ, le Messie attendu. Jésus, la descendance promise à Ève puis à Abraham, le prophète promis à Moïse (Dt 18.18), le roi promis à David, le médiateur et le prêtre annoncés par le Tabernacle. Jésus a réalisé le pardon des péchés de son peuple en mourant sur la croix pour son peuple. Il a vaincu tous les ennemis de son peuple en sortant du tombeau pour son peuple. Il a établi le règne de son peuple en montant au ciel à la droite de Dieu, au-dessus de toute la création, pour son peuple. Aujourd’hui, les hommes sont invités à se confier en Jésus pour entrer au bénéfice de tout ce qu’il a réalisé. Alors de ce deuxième point, nous devons tirer une deuxième application : avez-vous déjà considéré quelle était véritablement l’invitation de l’Évangile ? Il ne s’agit pas d’une invention du premier siècle, ni du Nouveau Testament, mais il s’agit de tout ce dont vous, et toute l’humanité, avez toujours eu besoin, et cela vous est offert en la personne de Jésus-Christ.

 

3. Le refus de l’Évangile est dû à un aveuglement

a)      Le peuple a un problème de cœur (v. 25-27)

Mais regardons la suite. La troisième chose qui nous est montrée dans ce récit, c’est que les Juifs, bien qu’ils reconnaissent leur nom sur l’étiquette, refusent pour la plupart de recevoir le paquet (v. 25). Paul constate ce refus, et en citant une prophétie de l’Ancien Testament, il attribue cette attitude à un aveuglement irrationnel (v. 26) et à un problème de cœur (v. 27).

b)      « Il doit y avoir une erreur »

Les Juifs reconnaissent leur nom sur le paquet, mais une fois ouvert, ils en refusent le contenu. Un paquet tant attendu ! Un contenu si précieux ! Une telle bonne nouvelle ! L’auteur nous montre ici que ce refus est vraiment irrationnel. C’est comme si on vous offrait un chèque à votre nom, d’1 million d’euros tirés sur le compte de Bill Gates, et que vous disiez : « Non, merci, ça ne m’intéresse pas ». Totalement irrationnel !

c)       Nier l’Évangile est une attitude irrationnelle

Aveuglement.jpgCes quelques versets nous montrent ici que le refus des Juifs ne tient pas au manque de crédibilité de l’Évangile, mais à leur propre aveuglement. L’invitation de l’Évangile est tellement cohérente, tellement évidente, tellement bonne, tellement bien ancrée dans toute l’histoire de l’humanité et dans toute l’histoire de la révélation et dans toute l’histoire d’Israël, que le fait de nier cette bonne nouvelle ne peut tenir qu’à des raisons vraiment profondes : « Le cœur de ce peuple est devenu insensible » (v. 27).

De ce troisième point, nous tirerons donc une troisième application. Il y a là, dans cette citation du prophète Ésaïe, une mise en garde concernant la disposition de notre cœur. À quoi notre cœur est-il le plus sensible ? Est-il sensible à la voix de Dieu, à l’invitation de l’Évangile et au règne bienveillant qu’il compte déployer dans notre vie ? Ou bien notre cœur est-il plus sensible à la voix du monde ? Ou encore à la voix de nos propres désirs ? Attention à ce que la disposition de notre cœur n’entraîne chez nous l’obstruction de nos yeux et de nos oreilles devant la parole de Dieu, Ancien et Nouveau Testaments ! Paul cite ces versets en rapport avec l’aveuglement des Juifs, mais il dit ailleurs que tout le monde est susceptible de tomber dans le même aveuglement (Ép 4.18).

 

4. L’espérance millénaire est offerte au monde entier

a)       L’invitation est maintenant pour tous (v. 28-31)

Regardons la suite et la fin de l’histoire. Paul fait une affirmation scandaleuse, c’est que le message destiné en premier aux Juifs est également offert au monde entier (v. 28), ce qui ne manque pas de susciter une vive réaction de la part des Juifs (v. 29). Ayant fait cette déclaration solennelle, le récit se termine positivement, avec les portes grandes ouvertes sur le monde non-Juif. Mais notez bien que ce que Paul prêche aux non-Juifs consiste exactement en ce qu’il avait annoncé aux Juifs (comparez v. 31 et v. 23) !

b)      La parabole des invités (Lc 14.15-24)

C’est Jésus lui-même qui nous donne l’illustration de ce point. Il raconte l’histoire d’un homme qui organise une grande fête et qui envoie son serviteur pour dire aux invités de venir, mais ceux-ci trouvent tous une excuse pour ne pas venir. Finalement, le maître dit à son serviteur d’inviter tous les gens qu’il rencontrera sur les chemins !

c)       Humilité, crainte et vigilance

Ce qui est frappant, et qui nous échappe parfois, c’est que c’est le même maître, la même maison, le même serviteur, la même invitation, la même fête et le même menu. Ce n’est que la liste des convives qui change. Les derniers versets du livre des Actes nous montrent la même chose : c’est que l’invitation de l’Évangile adressée aux non-Juifs, c’est exactement la même que celle qui était adressée, en premier, aux Juifs.

Quelle application pouvons-nous tirer de ce quatrième et dernier point ? Humilité, crainte et vigilance. Humilité, car en tant que non-Juifs, si nous sommes croyants, nous avons été greffés par pure grâce et par élection souveraine à un arbre séculaire qui ne nous portait pas àOlivier.jpg l’origine (Rm 11.18). Crainte, car c’est par la foi que nous y subsistons, et « si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, il ne t’épargnera pas non plus » (Rm 11.21). Vigilance, enfin, car nous sommes enclins, en tant que non-Juifs, à sous-estimer l’ancrage de notre espérance chrétienne dans l’Ancien Testament et donc, à cause de l’influence des philosophes grecs, des philosophes des Lumières, et plus récemment, des philosophes existentialistes, à avoir une compréhension quelque peu tronquée de ce que cela veut dire d’être un chrétien.

 

Conclusion

Comment peut-on résumer tout cela pour terminer ? Ce que ce texte a voulu nous montrer aujourd’hui, et en conclusion au livre des Actes, c’est que l’Ancien Testament est constitutif de la foi chrétienne. Dès le deuxième siècle, il y a quelqu’un du nom de Marcion qui est apparu, etMarcion.jpg qui a déclaré que le Dieu cruel, légaliste, rigide de l’Ancien Testament et des Juifs avait été remplacé par le Dieu d’amour et de grâce de Jésus et du Nouveau Testament. Il a milité pour la suppression dans la Bible de l’Ancien Testament et de certaines parties du Nouveau Testament, sur cette base. Heureusement, il a rapidement été déclaré hérétique. Le problème, c’est que même si nous ne sommes pas des marcionistes dogmatiques, nous tombons parfois dans un marcionisme pratique : nous négligeons l’apport de l’Ancien Testament, nous manifestons une forme de dualisme pas du tout biblique entre le spirituel et le matériel, nous montrons parfois un visage antijudaïque, comme si la foi chrétienne s’inscrivait en opposition à la foi juive de l’Ancien Testament. J’ai pu lire récemment sur un blog hébergé par le site internet du magazine Le Monde l’affirmation suivante : « L’antijudaïsme est constitutif de l’identité de l’Église chrétienne ». Cette affirmation est représentative d’un préjugé assez commun vis-à-vis de la foi chrétienne, et qui s’explique assez facilement : ne disons-nous pas que ce sont les Juifs de l’époque qui sont responsables de la crucifixion de Jésus (Mt 27.25) ? Ne disons-nous pas que le vrai peuple de Dieu, aujourd’hui, c’est l’Église chrétienne (1 Pi 2.10) ? Mais pour autant, cela veut-il dire que la révélation du Nouveau Testament se substitue à la révélation de l’Ancien Testament, que la foi chrétienne depuis Jésus s’inscrit en opposition à la foi juive d’avant Jésus, au point où nous pourrions, aujourd’hui, nous permettre, par exemple, de posséder comme « Bible » un livre qui ne contiendrait que les écrits évangéliques et apostoliques ? La réponse à ce problème se trouve dans l’étude biblique du jeudi (Survol de l’Ancien Testament) ! Mais plus largement, dans une étude assidue de l’Ancien Testament pour mieux prendre la mesure des racines profondes et caractéristiques de la foi chrétienne. Ce texte nous a montré que l’Évangile était certifié conforme à l’Ancien Testament et qu’en tant que chrétiens, comme Paul, nous confessons l’espérance d’Israël (v. 20). « Si vous êtes à Christ, alors vous êtes la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse » (Ga 3.29).

26.10.2009

Dieu décide, Dieu exécute (25 octobre 2009)

Actes 28 : 11 – 16

 

Introduction

Terre.jpgDieu est en mission, et sa mission consiste à se faire connaître dans tous les recoins du monde. Je ne parle pas de n’importe quel Dieu, mais je parle du Dieu qui s’est révélé dans la Bible et dans la personne de Jésus-Christ. Je parle du seul et véritable Dieu vivant, le Dieu de l’Ancien et du Nouveau Testament, le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, de Moïse, de David et des Apôtres. « La connaissance de l’Éternel remplira la terre, comme les eaux recouvrent le fond de la mer » (És 11.9). L’histoire court vers ce but. Le saviez-vous ? La portée de l’Évangile est radicale et elle est universelle. Jésus a dit : « Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations » (Mt 24.14). Voilà la prétention de l’Évangile. Il n’y a pas un centimètre-carré de toute la surface de la planète qui ne soit pas concerné par la bonne nouvelle du pardon des péchés et de la réconciliation des hommes avec leur Créateur par la foi en Jésus, sur la base de son œuvre unique et suffisante à la croix. « Allez dans le monde entier et prêchez la bonne nouvelle à toute la création » (Mc 16.15). Comment réagissez-vous à ces affirmations ? À mon avis, il y a deux réactions naturelles possibles : soit l’indignation, soit l’intimidation. L’indignation, d’une part, devant l’idée que l’Évangile ait un tel caractère expansionniste : « Les évangéliques, la secte qui veut conquérir le monde », selon le Nouvel Observateur (26/02/2004). L’intimidation, d’autre part, pour les chrétiens qui croient à la portée universelle de l’Évangile, mais qui constatent la difficulté de la tâche. « Comment l’Évangile prendra-t-il jamais racine en Corée du Nord, au Soudan, au Pakistan… ou en France ? » Dans le texte que nous avons lu, Paul arrive à Rome, où une page importante va se tourner pour la propagation de l’Évangile. La « conquête » du monde païen va commencer ! Jésus avait dit à ses disciples : « Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1.8). Au moment où cette page va se tourner, le récit des Actes va faire comprendre à tous ceux qui sont soit indignés par la prétention universelle de l’Évangile, soit intimidés par la difficulté de la tâche, que la progression de l’Évangile dans le monde entier répond au plan d’un Dieu qui est à la fois le Maître de l’histoire, et le Maître du message. L’idée que nous pourrons retenir ce matin, c’est que la mission des chrétiens s’inscrit dans la mission du Dieu souverain, qui a non seulement un plan, mais aussi les moyens de l’exécuter. Regardons comment le texte en parle.

 

1. Dieu est le Maître de l’histoire

a)      Un contraste saisissant

Rappelons-nous que tout le chapitre précédent était occupé par des contretemps de taille au voyage de Paul à Rome : tempête, naufrage, et ensuite, au début du chapitre 28, un séjour forcé de 3 mois dans l’île de Malte (v. 11). Mais maintenant, tout d’un coup, en six versets, Paul va arriver à Rome sans aucun empêchement ! L’effet de style, et le contraste avec ce qui a précédé, est saisissant. Comme par hasard, un navire qui devait se rendre en Italie avait hiverné dans cette même île ; comme par hasard, le vent est devenu favorable (v. 13) ; comme par hasard, le voyage va aller très vite ; comme par hasard, une fois arrivé à Rome, Paul va recevoir la faveur du commandant (v. 16). Tout se passe maintenant comme sur des roulettes !

b)      La providence de Dieu est manifeste

Dans cet épisode, la providence de Dieu est manifeste. L’auteur nous montre que toutes ces circonstances favorables répondent à la volonté souveraine de Dieu, comme la tempête et le naufrage dans le chapitre précédent. On ne sait pas exactement pourquoi Dieu a voulu retarder l’arrivée de Paul à Rome, mais ce qu’on peut retenir, c’est que quand c’est le bon moment, c’est le bon moment ! Dieu décide que c’est le bon moment pour Paul d’arriver à Rome, et plus rien ne peut faire obstacle à cette décision souveraine. Les portes sont grandes ouvertes.

c)       Les décisions souveraines

Dans la vie, nous faisons parfois l’expérience de décisions « souveraines », des décisions qui viennent « d’en-haut », vis-à-vis desquelles nous n’avons aucun contrôle, et qui entraînent des conséquences pour notre vie. Récemment, le monde entier, en tout cas le monde sportif, attendait devant son poste de télévision ou de radio, la décision « souveraine » du CIO (Comité International Olympique) pour savoir quelle ville accueillerait les JO de 2016. Madrid ? Chicago ? Tokyo ? Et bien non, ce sera Rio de Janeiro. Déception pour les espagnols, pour les américains, pour les japonais, mais quelle bonne nouvelle pour les brésiliens. Quel choix avons-nous devant cette décision « souveraine », sinon de l’accepter ?

d)      Dieu décide quand les circonstances doivent être favorables

De la même façon, ce texte nous rappelle que Dieu est le Maître de l’histoire, et c’est lui qui décide quand les circonstances doivent être favorables à la propagation de l’Évangile. L’Évangile doit être diffusé (Mt 28.19), mais tantôt Dieu met un frein à cette diffusion, tantôt il appuie sur le champignon. Rien ni personne ne peut contrecarrer sa volonté, et devant ses décisions souveraines et parfois mystérieuses, nous n’avons d’autre choix que de les attendre, et de les accepter. « Que toute la terre craigne l’Éternel ! Que tous les habitants du monde tremblent devant lui ! Car il dit, et la chose arrive ; il ordonne, et elle existe. L’Éternel renverse le conseil des nations, il anéantit les projets des peuples ; le conseil de l’Éternel subsiste à toujours, et les projets de son cœur, de génération en génération » (Ps 33.8-11).

Nous vivons dans le cadre d’un scénario dont Dieu est l’auteur. C’est cela que le texte veut rappeler dans un premier temps à tous ceux qui sont peut-être indignés à l’idée que l’Évangile doit être diffusé dans le monde entier, ou peut-être intimidés devant cette même idée. En réalité, nous devons nous incliner devant le Maître de l’histoire, celui qui décide de ce qui doit se passer, et de quand et comment cela doit se passer. Humilité, mais aussi fidélité et patience, voilà ce qu’une telle posture doit entraîner chez tous ceux qui reconnaissent que le plan de Dieu c’est de se faire connaître, par l’Évangile, dans tous les recoins du monde. Mais il y a un deuxième élément.

 

2. Dieu est le Maître du message

a)      L’Évangile a précédé Paul

Dans le texte, nous découvrons que Paul est accueilli et encouragé, pendant le voyage, par des chrétiens qu’il rencontre sur le chemin : les chrétiens de Pouzzoles lui proposent de rester avec eux une semaine (v. 13-14), puis les chrétiens de Rome eux-mêmes vont aller au-devant de Paul pour l’accueillir (v. 15). Le texte nous montre ici quelque chose de très important et significatif, c’est que l’Évangile est arrivé en Italie, et à Rome, avant Paul. Le message a précédé le messager ! Et cela, nous dit le texte, a fortement encouragé Paul. Il a vu les fruits de l’Évangile à Rome, et il a rendu grâces à Dieu (v. 15).

b)      Les fleurs et les fruits qui poussent tous seuls

Nous vivons dans une maison depuis deux ans, et nous avons un bout de terrain qui est loin d’être aménagé. Jusqu’à récemment, notre jardin ressemblait à quelque chose entre une jungle et un terrain vague. Pourtant, nous avons été très étonnés de voir pousser, une année, de magnifiques rudbéckias de plus de 2 mètres de haut que nous n’avions pas plantés ! Nous avons aussi pu, en deux ans, cueillir des framboises, des mûres, des fraises des bois, des griottes et des châtaignes, que nous n’avions pas plantés. Tous les ans, nous nous demandons ce que la nature va encore nous offrir : des courgettes ? Des melons ? Des ananas ?

c)       C’est l’œuvre de Dieu, et il nous y fait participer

De la même façon, ce texte nous rappelle que Dieu est le Maître du message, et il n’a pas besoin de nous pour le diffuser, bien qu’il nous appelle solennellement à participer à son œuvre. Dans les Évangiles, Jésus est présenté comme celui qui « moissonne où il n’a pas semé, et qui récolte où il n’a pas répandu ». Ce n’est pas pour dire qu’il n’est pas l’auteur de cette semence, mais c’est pour dire qu’il est le Maître de la moisson, en tout temps et en tout lieu. Jésus convoque ses disciples et les envoie dans le monde entier moissonner son champ : « La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le Seigneur de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson » (Mt 9.37-38).

Nous vivons donc dans le cadre d’un scénario dont Dieu est l’auteur, mais nous vivons aussi dans le cadre d’un domaine dont Dieu est le propriétaire. Cela aussi, le texte veut le rappeler à tous ceux qui sont soit indignés à l’idée que l’Évangile doit être diffusé dans le monde entier, soit intimidés devant cette même idée. Le Maître du message nous invite à participer à son œuvre. Ce que nous annonçons, c’est sa Parole. L’invitation de l’Évangile, c’est son invitation. La mission chrétienne, c’est sa mission. Voilà pourquoi Paul a été encouragé en approchant de Rome : il a pu constater que l’œuvre a laquelle il était appelé, c’était l’œuvre de Dieu, et que Dieu non seulement avait un plan, mais qu’il avait aussi les moyens et le pouvoir de le mettre à exécution. Quel soulagement et quelle assurance pour Paul !

 

Conclusion

Et vous ce matin, comment réagissez-vous à l’affirmation de la Bible selon laquelle l’intention de Dieu, du Dieu de la Bible et de Jésus-Christ, c’est de se faire connaître par l’Évangile dans tous les recoins du monde ? Même en Corée du Nord, même au Soudan, même au Pakistan, même chez les tribus les plus reculées d’Amazonie, et même en France. Est-ce que cela vous choque ? C’est vrai que ce n’est pas très œcuméniquement correct, ni très tolérant des autres religions et des autres cultures. Ou bien êtes-vous intimidés devant l’ampleur de la tâche ? C’est vrai que le message de l’Évangile est subversif, et que toute l’histoire nous montre à quel genre d’opposition, et à quel genre de découragement, les chrétiens ont dû faire face. Mais ce texte nous a rappelés, d’une part que Dieu est le Maître de l’histoire, et c’est lui qui décide quand les circonstances doivent être favorables à la propagation de l’Évangile ; d’autre part, que Dieu est le Maître du message, et il n’a pas besoin de nous pour le diffuser, bien qu’il nous appelle solennellement à participer à son œuvre. Tout cela pour que nous puissions retenir l’idée suivante, en fin de compte : c’est que la mission des chrétiens s’inscrit dans la mission du Dieu souverain, qui a non seulement un plan, mais aussi les moyens de l’exécuter. Dans le livre de l’Apocalypse, Jésus est présenté comme « le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre et personne ne fermera, celui qui ferme et personne n’ouvrira » (Ap 3.7). Nous disions en introduction que la portée de l’Évangile était radicale et universelle. Il n’y a pas un centimètre-carré de toute la surface de la planète qui ne soit pas concerné par la bonne nouvelle du pardon des péchés et de la réconciliation des hommes avec leur Créateur par la foi en Jésus, sur la base de son œuvre unique et suffisante à la croix. Cela inclut votre cœur, votre vie personnelle à vous aussi. Alors quelle est votre relation à Jésus-Christ ? Quelle est votre relation à celui qui a donné sa vie pour vous, pour que vous puissiez être pardonné de vos péchés et réconcilié, pour l’éternité, avec Dieu votre Créateur ? Est-ce aujourd’hui, le moment que Dieu a déterminé d’avance, pour que vous vous confiiez en lui ? Est-ce aujourd’hui, le jour que Dieu a déterminé d’avance, pour que l’Évangile éclose dans votre cœur et commence à porter du fruit pour sa gloire ? « Nous vous exhortons à ne pas recevoir la grâce de Dieu en vain. Car il dit : Au temps favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru. Voici maintenant le temps vraiment favorable, voici maintenant le jour du salut » (2 Co 6.1-2).

19.10.2009

Dieu conforte l'appel de son Apôtre (18 octobre 2009)

 

Actes 28 : 1 – 10

 

Introduction

Paul.jpg« Saint Paul était misogyne, antisémite, intolérant, colérique, complètement illuminé, arrogant, et très désagréable. Il fut l’inventeur malin d’un christianisme différent de celui des Évangiles. C’était un homme dont le prosélytisme hystérique lui a valu d’être chassé partout où il allait. C’est quelqu’un qui a su, par ambition personnelle, retourner sa veste quand il le fallait, et qui a attiré sur tout le christianisme une bien mauvaise image. » N’est-ce pas là, souvent, le regard que notre culture post-chrétienne porte sur cet apôtre controversé ? Vous-mêmes, parfois, je suis sûr que vous lisez certains passages du Nouveau Testament écrits de la main de l’apôtre Paul, qui condamnent sans appel les pratiques homosexuelles, le concubinage, l’impudicité, le féminisme, et vous vous dites : « Mais c’est pas possible d’être aussi intolérant ! C’est d’un autre temps tout ça ! ». L’apôtre Paul, en tout cas, était déjà décrié de son propre temps, même par certains croyants (1 Co 9.2-3 ; Ga 4.16-17 ; 2 Tm 1.15…). Et c’est en partie pour cette raison que l’auteur nous raconte ce nouvel épisode dans les pérégrinations de Paul en Mer Méditerranée. Dans le récit, Paul est sur le point d’arriver à Rome, où le livre des Actes va se terminer, mais où une nouvelle ère va commencer pour la propagation de l’Évangile. Au moment d’entrer dans cette nouvelle ère, comme en préambule, l’auteur va raconter comment Dieu, de manière providentielle, a voulu conforter l’appel de son apôtre Paul. Ce texte s’adresse particulièrement à tous ceux qui ont du mal à accepter certains enseignements du Nouveau Testament (dont une grande partie est due au ministère de Paul). L’idée à retenir est celle-ci : un cœur bien disposé doit s’incliner devant l’enseignement de l’Écriture sainte, car celle-ci nous vient de la part d’un Roi suprême et bon. Voyons comment cette idée est développée dans le texte.

 

1. Une population bien disposée (v. 1, 2, 4, 6, 7, 10)

a)      L’auteur décrit la gentillesse des barbares

La première chose que fait l’auteur, c’est de nous surprendre. Les passagers du navire se sont échoués sur l’île de Malte, et là, les habitants sont très gentils avec eux. Ce sont des étrangers, d’une culture et d’une langue différentes, mais ils font preuve de bienveillance (v. 2), de sollicitude (v. 2, 6), d’un certain sens moral (et d’un sens du divin, v. 4), et d’une grande reconnaissance (v. 10). Il faut se souvenir que Paul, jusque là, partout où il est allé, a surtout subi la persécution et les épreuves. Alors c’est une bonne surprise ! L’auteur est en train de décrire ces barbares sous leur plus beau jour, pour montrer que leur cœur est bien disposé.

b)      Quand la terre est meuble

Bande.jpgCe petit épisode constitue un genre de « teaser » (un petit extrait qui est censé vous donner envie d’assister à la suite). Ces barbares représentent la population qui est sur le point d’être particulièrement concernée par la propagation de l’Évangile dans cette nouvelle ère. Ce petit teaser sert à nous donner un sentiment enthousiaste d’anticipation à l’idée de ce qui doit se passer dans la suite de l’histoire. Ce teaser nous montre une terre qui est prête à recevoir la semence de l’Évangile. Une terre meuble, souple, fertile. Des cœurs bien disposés.Terreau.jpg

c)       Notre cœur est-il bien disposé ?

La leçon à tirer de ce premier point, c’est que la Parole de Dieu prend racine là où les cœurs sont prêts à la recevoir. Dans quel état est votre cœur ? À moins que nous soyons juifs, grecs ou romains, cette population barbare nous représente nous aussi. C’est nous qui sommes concernés par cette nouvelle avancée de l’Évangile. Mais notre cœur est-il devenu hautain et insensible ? La terre est-elle devenue toute sèche et dure ? Comment votre cœur est-il disposé, au moment où vous ouvrez la Bible pour la lire, et quel accueil allez-vous réserver à ces passages qui dérangent, qui contredisent votre sagesse toute humaine et qui menacent votre autonomie et peut-être le confort de votre vie ?

La Parole de Dieu prend racine là où les cœurs sont prêts à la recevoir. Mais ce n’est pas nous qui pouvons préparer le terrain : c’est Dieu qui assouplit les cœurs par son Esprit. C’est pourquoi nous pouvons prier avec le psalmiste : « Incline mon cœur vers tes préceptes et non vers le gain ! » (Ps 119.36). Le premier point à retenir, pour ceux qui ont du mal à accepter certains enseignements de la Bible, c’est donc l’importance d’avoir un cœur bien disposé ; le deuxième point, nous le voyons dans la suite du texte.

 

2. L’autorité de Paul appuyée (v. 5, 6, 8, 9)

a)      Les miracles confortent l’autorité apostolique de Paul

Les naufragés ont donc été très bien accueillis par les habitants de l’île. Mais voilà qu’il se passe un événement curieux qui va vraiment marquer les esprits (v. 5-6) : Paul se fait mordre par une vipère, mais rien de mal ne lui arrive. Les barbares sont très impressionnés. Ensuite, le texte raconte comment Paul a commencé à guérir les malades de l’île, d’abord le père de Publius, jusqu’au dernier (v. 8-9). Remarquez que Luc est avec Paul, que c’est Luc le médecin, mais que c’est à Paul qu’est accordé le don de pouvoir guérir les malades ! Cela pour une raison toute simple : c’est que le don de pouvoir accomplir ce genre de miracle était donné par Dieu à des gens particuliers pour un but particulier.Surligneur.jpg Les miracles servaient à appuyer, à renforcer, à « surligner » l’enseignement apostolique ; c’est pourquoi le don d’opérer des miracles (notamment des guérisons) est souvent donné aux apôtres, dans le livre des Actes, pour manifester l’autorité dont ils sont investis pour l’accomplissement de leur mandat particulier, qui est la proclamation et la diffusion des vérités aujourd’hui contenues dans le Nouveau Testament. Parlant de la diffusion de l’Évangile dans les premiers temps de l’ère chrétienne, Jésus avait justement dit : « Voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : En mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents ; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris » (Mc 16.17-18).

b)      Le tampon sur le document

Tampon.JPGVous avez sans doute déjà reçu un document officiel, par exemple de la Préfecture. Vous savez que ce document fait autorité à cause du tampon qui se trouve dessus. Mais ce n’est pas le tampon qui doit retenir l’attention : c’est le contenu de ce document. Le tampon sert à authentifier les informations contenues dans le document. De même, lorsque vous lisez un livre scientifique, il y a souvent, au dos du livre, une petite biographie de l’auteur mentionnant son expérience et ses diplômes. Mais ce n’est pas cela qui est important : c’est le contenu du livre. Mais la petite biographie sert à appuyer l’autorité et la crédibilité des thèses contenues dans le livre. De la même façon, les miracles accomplis par les apôtres ont une utilité précise : c’est d’appuyer l’autorité que Dieu leur a donnée, et d’authentifier leurs enseignements.

c)       Quelle autorité reconnaissons-nous à l’Écriture ?

La leçon à tirer de ce deuxième point, c’est donc que l’autorité des enseignements de l’Écriture est attestée par Dieu. La Bible n’est pas un document anodin, à mettre sur la même étagère que le dernier best-seller de chez Gallimard. Même les meilleures encyclopédies ne portent pas sur elles le tampon de Dieu. Mais la Bible oui. Ceci nous fait donc poser une question : nous sommes prompts à croire et à accepter ce que nous trouvons dans le Petit Larousse et dans Wikipédia, mais sommes-nous encore plus prompts à croire et à accepter ce que nous lisons dans la Parole de Dieu ?

L’autorité des enseignements de l’Écriture est attestée par Dieu. Si nous avons du mal à accepter certains enseignements de la Bible, à nousBible.jpg de prendre le temps de considérer par quels moyens absolument uniques et extraordinaires Dieu a authentifié sa Parole. La Bible porte le tampon de Dieu ! Les miracles opérés par Paul révèlent donc aux yeux de ces barbares l’autorité dont il est investi par Dieu, et ces miracles sont censés pointer vers le « contenu » du ministère de Paul : son témoignage à l’Évangile. Et justement, les miracles accomplis dans ce texte sont très significatifs.

 

3. Des miracles significatifs (v. 3, 5, 6, 8, 9)

a)      Jésus manifeste sa suprématie

Il faut comprendre que si ces gens sont appelés des « barbares », ce n’est pas parce qu’ils sont incivilisés, c’est tout simplement parce qu’ils ne parlent ni le grec, ni le latin, qui sont les langues communes de l’époque. Vous voyez pourquoi il est si important que le témoignage à l’Évangile passe par des prodiges concrets et visibles. Les barbares observent ces choses et en tirent des enseignements concernant la nature du message véhiculé par les chrétiens. Et les miracles qui sont mentionnés sont très significatifs. D’abord, l’invulnérabilité de Paul face à la vipère pointe vers la suprématie toute divine de Jésus sur l’ordre de la nature (cf. v. 6), sur toute la création, même sur les plus vils et les plus dangereux animaux, même sur le diable, même sur la mort. Cette suprématie, la Bible nous explique qu’il l’a gagnée en mourant lui-même surCroix sombre.jpg la croix pour les péchés de tous ceux qui se confient en lui, et en ressuscitant pour eux : « Il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Ph 2.8-9). Jésus a vaincu tous les ennemis, et il règne sur la création toute entière.

b)      Jésus manifeste sa bonté

L’autre miracle qui est mentionné, c’est la guérison des malades. Ce miracle pointe vers la bonté et la sollicitude de Jésus envers nous. Jésus est un Roi suprême, mais son règne est bienveillant : il compatit à nos souffrances, il compte nous délivrer de la mort, il veut nous consoler, nous redresser et nous faire du bien, et en fin de compte, il essuiera toute larme de nos yeux (Ap 21.4). Voilà comment Dieu, à travers ces miracles, appuie et illustre le message véhiculé par son apôtre. Le règne du Messie est suprême et bienveillant.

c)       Des cadeaux diplomatiques

Imaginez que vous êtes un explorateur au service d’un pays puissant, et que vous débarquez avec tout votre équipage sur un territoire inconnu, et que vous faites la connaissance des indigènes. Impossible de communiquer avec eux par le langage. Alors vous leur offrez sans doute des cadeaux, pour leur manifester vos intentions pacifiques. Mais pas n’importe quels cadeaux : pas des fusils qu’ils pourraient utiliser pour se faire du mal, pas des noix de coco dont ils n’ont pas besoin parce qu’elles poussent déjà à foison sur leur territoire, pas des manteaux de fourrure alors qu’ils vivent dans un pays tropical, mais plutôt des choses qui vont leur faire du bien, et dont ils ont vraiment besoin.

d)      L’Écriture nous vient de la part du Seigneur de l’univers

De la même façon, les miracles qui ont accompagné le ministère de Paul pointent vers les intentions de Dieu envers nous. Ces miracles sont censés montrer à quoi ressemble le royaume de Dieu. Lorsque Jésus a envoyé les soixante-dix disciples en mission, il leur a donné le pouvoir de guérir les malades, et il leur a expliqué : « Guérissez les malades qui se trouveront dans la ville, et dites-leur : Le royaume de Dieu s’est approché de vous » (Lc 10.9). Les apôtres annoncent la venue de ce royaume, et l’établissement du règne de Jésus par sa mort, sa résurrection et son ascension auprès du Père, et les miracles qui accompagnent ou qui précèdent cette proclamation montrent que ce Seigneur tout-puissant veut notre bien.

Roi Aslan.jpgVoici donc la troisième leçon à tirer de ce texte : l’Écriture sainte provient d’un Roi suprême et bienveillant. Si nous avons du mal à accepter certains enseignements de la Bible, il faut que nous nous posions la question suivante, une question désagréable mais nécessaire : qui suis-je pour discutailler avec le Roi des rois qui a manifesté sa bienveillance envers moi ? Non seulement a-t-il appuyé ces enseignements par des miracles significatifs qui me parlent de tout le bien qu’il me veut, mais ce Roi a tant aimé ses sujets qu’il a donné sa vie pour nous, il a vaincu à lui seul tous nos ennemis, et il veut partager avec nous cette victoire.

 

Conclusion

Pour terminer : nous avons donc pu voir dans ce texte qu’un cœur bien disposé doit s’incliner devant l’enseignement de l’Écriture sainte, car celle-ci nous vient de la part d’un Roi suprême et bon. Cette leçon nous est donnée en préambule à une nouvelle ère pour la propagation de l’Évangile, une ère qui nous concerne particulièrement puisque c’est nous, les « barbares », les païens dont Paul, particulièrement, est l’apôtre. Le chapitre précédent nous a tenus en haleine. On a senti qu’il y avait un bouleversement qui était en train de s’opérer. Jusque là, tout le livre des Actes a raconté le tiraillement entre Juifs et païens vis-à-vis de l’Évangile. On a appris que Paul avait été envoyé « vers les païens », et on attend que l’Évangile arrive, depuis la capitale des Juifs, Jérusalem, où l’histoire a commencé, à la capitale des païens, le siège du pouvoir deRome antique.jpgl’époque : Rome. Tout le livre des Actes raconte ce mouvement, ce déplacement du centre de gravité du christianisme. D’énormes changements sont en train de survenir : l’apothéose de ce bouleversement sera, plus tard, la destruction de Jérusalem et du Temple des Juifs par les forces romaines en l’an 70. Mais dans notre texte, Paul est sur le point d’arriver à Rome pour inaugurer cette nouvelle ère, et au moment d’y entrer, dans le vestibule si j’ose dire, Dieu choisit de conforter l’appel de Paul, de lui renouveler sa confiance en quelque sorte, et de l’encourager dans le mandat qu’il lui a confié. À nous aujourd’hui de considérer la disposition de notre cœur à recevoir les enseignements de la Parole de Dieu, de considérer la façon dont Dieu lui-même a attesté les enseignements de l’Écriture sainte, et de considérer que les intentions du Roi suprême, pour le règne qu’il compte déployer dans notre vie par sa Parole, sont bonnes.

 

12.10.2009

La Sortie du tunnel (11 octobre 2009)

Actes 27 : 21 – 44


Introduction

Vous vous sentez au fond du trou. Déçu, perplexe et désorienté. Vous ne comprenez pas ce que Dieu est en train de faire dans votre vie, pourquoi il permet de telles épreuves. Il y a deux semaines, lorsque nous avions étudié la première partie de ce chapitre, nous avions retenu une idée toute simple : notre vie est précaire ici-bas, et rien au monde ne peut nous prémunir contre le plan parfois incompréhensible de Dieu. Et bien vous voilà au cœur de la tourmente. En pleine incompréhension devant le plan souverain de Dieu, dans le cadre de votre vie familiale, de votre vie professionnelle, de votre vie d’église… Et vous n’attendez qu’une seule chose : la sortie du tunnel. Rappelez-vous que Paul et ses compagnons ont connu le même désespoir au milieu de cette terrible tempête ; malgré la promesse de Dieu (Ac 23.11), ils avaient « perdu finalement toute espérance d’être sauvés » (v. 20). Au creux de la vague, si j’ose dire, Paul est en train de réviser sa théologie ! « Et si, en fin de compte, Dieu n’était pas tout-à-fait souverain ? Et s’il avait, en fait, perdu le contrôle de la situation ? Et si ses plans avaient, finalement, été contrecarrés ? » Mais la suite de l’histoire est là pour nous montrer que Dieu reste tout-à-fait maître de la situation. L’auteur vaTunnel.jpg nous raconter de quelle façon Paul, ses compagnons et tous les passagers du navire vont échapper à cette tempête, exactement selon le plan de Dieu. L’auteur raconte cette heureuse issue de manière à nous faire retenir une leçon toute simple, une véritable bonne nouvelle pour tous ceux qui sont découragés et désorientés : c’est que Dieu ne nous abandonne pas dans le noir, mais il nous donne tout ce dont nous avons besoin pour pouvoir avancer dans la bonne direction et pour tenir bon en attendant la sortie du tunnel. Et tout ce dont nous avons besoin se trouve tout près de nous : dans la Bible, révélation objective de la part de Dieu, contenant ses promesses sur lesquelles nous pouvons nous appuyer avec certitude, et qui peuvent, au milieu de l’épreuve et du doute, nourrir notre courage, notre sagesse, notre fidélité et notre patience.

 

1. Dieu fait connaître à Paul la fin de l’histoire (v. 21-26)

a)      Paul fonde son courage sur une révélation objective

L’histoire nous raconte que Dieu va s’approcher de Paul, par le moyen d’un ange, pour l’encourager. Et pour encourager Paul, Dieu lui rappelle son plan qui n’a pas changé (v. 24), et il lui annonce une bonne nouvelle, c’est que personne sur le bateau ne va périr. Cela va tellement encourager Paul qu’il va prendre la parole devant tout le monde et lui-même, va tenter de les encourager en leur annonçant cette bonne nouvelle (v. 22, 25). Pourquoi pense-t-il que tout le monde devrait prendre courage ? Parce qu’il se fie à ce que Dieu lui a dit (v. 25).

b)      Connaître la fin de l’histoire

C’est comme si Paul, ses compagnons, et tous les passagers du bateau étaient dans un film à suspense ; leur vie ne tient qu’à un fil, personne ne sait comment ça va se finir, mais voilà qu’on leur apprend que l’histoire va bien se terminer. Je n’ai pas besoin de vous décrire la différenceHitchcock.jpg que cela fait, quand on lit un roman qui est censé vous prendre par les tripes, vous faire ronger vos ongles, vous faire trembler d’inquiétude pour les personnages, alors que vous connaissez déjà la fin de l’histoire et que vous savez que tout se terminera bien !

c)       La Bible prédit notre avenir

Ca change tout de savoir comment l’histoire va se terminer. Et quand on sait, pour sûr, que ça va bien se terminer, évidemment que ça donne du courage ! Aujourd’hui, vous aimeriez peut-être savoir si ça va bien se terminer pour vous. Est-ce que vous saviez que vous pouvez connaître votre avenir ? Je vais vous faire une prédiction : si vous placez votre confiance en Jésus-Christ pour le pardon de vos fautes, à cause de son œuvre unique et suffisante à la croix, je vous annonce que vous êtes destiné à vivre éternellement en présence de Dieu et que rien ne pourra jamais vous séparer de son amour ou vous arracher de sa main. Je vous fais une autre prédiction : si vous ne vous confiez pas en Jésus, mais préférez retenir votre autonomie, votre orgueil ou votre indifférence à Dieu, vous êtes destiné à être séparé éternellement de Dieu et à subir, à cause de votre péché, des tourments indescriptibles mais parfaitement justes.

d)      Dieu nous parle au milieu de la nuit

Dans cette histoire, Paul fonde son courage sur une révélation objective de la part de Dieu. Dieu lui a rappelé son plan ; Dieu lui annonce la fin de l’histoire. L’auteur veut nous inciter à faire de même, à fonder notre courage, lorsque nous sommes au beau milieu de la nuit et de la tempête, sur les promesses de Dieu concernant notre vie. Mais Dieu ne nous parle pas ordinairement par des anges aujourd’hui : Dieu nous donne mieux que ça ! Dieu nous a donné « tout ce qui est nécessaire à [sa] gloire ainsi qu’au salut, à la foi et à la vie de l’homme » (Confession de foi de Westminster 1, 6), et tout cela se trouve dans la Bible.

Bible mains.jpgAu milieu de la nuit, ne cherchez pas à communiquer avec des anges, mais prenez la Parole de Dieu, et relisez ses promesses. Relisez son plan pour votre vie : « Il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Christ-Jésus […]. Toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu, qui sont appelés selon son dessein. Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils […]. Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. Que dirons-nous donc à ce sujet ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm 8.1, 28-31). La première chose que nous pouvons tirer de ce texte, c’est donc un appel à fonder notre courage sur les promesses objectives de Dieu concernant notre vie, et à répondre avec Paul : « J’ai cette foi en Dieu qu’il en sera comme il m’a été dit » (v. 25). Une telle posture va entraîner trois conséquences que nous observons dans le texte.

 

2. Paul résiste aux obstacles, à cause de la promesse (v. 27-32)

a)      Les matelots s’opposent à l’intention de Dieu

Paul connaît donc la fin de l’histoire. Il sait que tout va bien se terminer, puisque Dieu lui a promis. Pourtant, il va y avoir un obstacle. Les matelots se rendent compte qu’ils approchent d’une terre, mais qu’il n’y a pas assez de place dans la chaloupe pour tout le monde. Ils vont donc élaborer un stratagème pour sauver leur propre peau. Mais Paul ne se laisse pas berner, et il fait capoter le projet. Paul a conscience que le plan égoïste des matelots s’oppose au plan et à la promesse de Dieu. Il aurait pu les laisser faire et se dire que Dieu interviendrait bien d’une façon ou d’une autre. Est-ce que c’est cela, une attitude de foi ?

b)      Surmonter les contretemps

Je crois que le texte nous montre tout le contraire. Parce qu’il se fie totalement à la promesse de Dieu, Paul est bien plutôt poussé à intervenir en fonction des intentions que Dieu a révélées. Imaginez que vous devez aller en voiture récupérer vos enfants à 16h30 à la sortie de l’école, mais que sur le chemin, vous êtes confronté à une déviation importante, ensuite vous vous perdez, et enfin vous tombez en panne d’essence. Est-ce que vous allez, du coup, laisser tomber le projet d’aller récupérer vos enfants à l’école ? Bien sûr que non. Vous allez surmonter ces contretemps, d’une façon ou d’une autre, à cause d’une intention qui est claire et qui n’est pas négociable ni optionnelle, celle de ne pas laisser vos enfants livrés à eux-mêmes à la sortie de l’école.

c)       Résister aux obstacles qui s’opposent à l’intention de Dieu

La Bible.jpgDe la même façon, Dieu a révélé ses intentions à Paul, et Paul en tire les conséquences pour sa situation. Dieu a révélé ses intentions pour notre vie dans la Bible, et aucune épreuve, aucune tentation, aucune tempête ne peut les remettre en question. Dieu a révélé ses intentions pour notre vie dans la Bible, et nous devons en tirer les conséquences pour telle ou telle situation où nous nous trouvons. Dieu a révélé sa volonté, et c’est en fonction de cette révélation objective, non négociable, non optionnelle, que nous devons parfois prendre des mesures face à des situations qui font obstacle à cette volonté.

Par exemple : votre couple bat de l’aile, et vous vous éloignez de plus en plus de votre conjoint, la situation semble vous échapper et vous ne comprenez pas pourquoi Dieu permet cette épreuve. Ce serait tellement logique de laisser faire, d’attendre que Dieu fasse quelque chose pour vous. Mais l’intention de Dieu pour votre couple est claire dans la Bible, et vous devez bien plutôt en tirer les conséquences pour votre situation, en fonction des responsabilités que Dieu vous a données. Vous humilier. Demander pardon à votre conjoint. Travailler à votre amour. La première conséquence d’un courage fondé sur les promesses objectives de Dieu concernant notre vie, c’est donc, lorsque nous sommes en pleine tempête et que s’accumulent les obstacles à la volonté de Dieu, d’être prêt à prendre des mesures pour surmonter ces obstacles, des mesures fondées sur la volonté objective de Dieu et non sur nos impressions subjectives.

 

3. Paul incite à la constance, à cause de la promesse (v. 33-38)

a)      Paul encourage les naufragés à manger et à prendre des forces

La deuxième conséquence d’un courage fondé sur les promesses objectives de Dieu concernant notre vie, nous la voyons chez Paul qui encourage tous les passagers du bateau à ne pas se laisser dépérir mais à manger et à prendre des forces. Pourquoi les gens n’avaient-ils pas mangé ? Ce n’est pas parce qu’ils manquaient de nourriture, mais c’est parce qu’ils étaient trop préoccupés par la tempête. Lorsque l’on est assailli par les épreuves et le doute, il facile et normal de perdre le sens des priorités. Mais Paul, fort de la révélation que Dieu lui a donnée, est capable, à cause de la promesse de Dieu, de persévérer dans les choses essentielles, et d’inciter les autres à cette même constance.

b)      Quand il y a des turbulences

Tous ceux qui ont déjà pris l’avion savent ce qu’il se passe lorsque l’appareil traverse une zone de turbulences. « Ding ! » Le voyant s’allumeCeinture.jpg pour indiquer à tout le monde qu’il faut mettre la ceinture de sécurité. Et parfois, la voix rassurante du commandant. Vous êtes dans l’avion, et franchement, il n’y a rien que vous puissiez faire pour sortir de cette zone de turbulences, ni pour éviter l’accident s’il doit y avoir un accident. Par contre, il y a quelque chose que vous pouvez, et que vous devez faire. Mettre votre ceinture.

c)       Demeurer fidèle malgré les circonstances

De la même façon, Paul sait que Dieu est souverain, et il fonde son courage sur le fait que le plan de Dieu est bon. Paul sait bien qu’il n’a pas de pouvoir pour réaliser lui-même l’issue heureuse que Dieu a promise. Et il n’est pas sûr de ce que Dieu va faire exactement pour les sortir de là. Mais il est ramené à ses priorités et à ses responsabilités. Nous ne savons pas toujours ce que Dieu est en train de faire, mais sur la base de ce qu’il a révélé, et qui est objectif et certain, nous savons un minimum de ce que Dieu nous demande.

Par exemple : votre situation professionnelle est compromise pour des raisons de restructuration de l’entreprise, et vous n’avez aucun pouvoir là-dessus. Vous ne savez pas pourquoi Dieu permet cette épreuve, et vous ne savez pas comment Dieu va vous sortir de cette situation précaire. Mais vous savez quand même que Dieu vous demande de vous fortifier en lui, de rester fidèle à ses exigences de paix, d’amour et de foi, d’user avec constance des moyens de grâce qu’il a mis à votre disposition : la prière, le culte, la communion fraternelle, la lecture de sa Parole… La deuxième conséquence d’un courage fondé sur les promesses objectives de Dieu concernant notre vie, c’est donc, lorsque nous sommes dans la tempête et dans le noir, de demeurer fidèles dans les priorités que Dieu a placées explicitement devant nous.

 

4. Dieu accomplit son plan selon sa promesse (v. 39-44)

a)      Paul voit Dieu agir de manière providentielle

Il reste un dernier élément à l’histoire. Le bateau échoue sur un banc de sable, et les soldats prennent une décision qui pourrait faire littéralement tomber à l’eau tout le plan de Dieu. Ils décident de tuer tous les prisonniers, car le risque est trop grand que certains s’échappent. Paul ne peut rien faire. C’est un obstacle sur lequel il ne peut tout simplement pas intervenir. Mais l’auteur montre que Dieu a orchestré l’issue de cette histoire de manière absolument providentielle : le centenier voulait sauver Paul alors il empêche les soldats de massacrer les prisonnier (v. 43).

b)      Dieu a décrété la fin et les moyens

L’auteur nous montre ici que la troisième et dernière conséquence d’un courage fondé sur les promesses objectives de Dieu concernant notre vie, c’est par moment, de pouvoir attendre patiemment les solutions providentielles que Dieu a orchestrées d’avance pour nous. Dieu a un planPatience.jpgqui est bon et parfait. Il en a décrété la fin et les moyens. Et ces moyens sont parfois ordinaires, parfois providentiels, parfois miraculeux. Si nous sommes convaincus de cela, comme l’était Paul, et si nous fondons notre courage sur les promesses objectives de Dieu concernant notre vie, et contenues dans la sainte Bible, nous pourrons, par la grâce de Dieu et avec l’aide de son Esprit, patienter. Patienter sur la base de ses promesses. Patienter sur la base de sa souveraineté, de sa sagesse et de sa bonté.

 

Conclusion

Essayons de récapituler pour finir. Ce texte annonce une bonne nouvelle à tous ceux qui sont découragés et désorientés : c’est que Dieu ne nous abandonne pas dans le noir, mais il nous donne tout ce dont nous avons besoin pour pouvoir avancer dans la bonne direction et pour tenir bon en attendant la sortie du tunnel. Ce texte nous a appelés à fonder notre courage sur les promesses objectives de Dieu concernant notre vie, qui sont contenues dans la Bible, et à répondre avec Paul : « J’ai cette foi en Dieu qu’il en sera comme il m’a été dit » (v. 25). Trois conséquences découlent de cette posture-là : d’abord, Dieu a révélé sa volonté, et c’est en fonction de cette révélation objective, non négociable, non optionnelle, que nous devons parfois prendre des mesures face à des situations qui font obstacle à la volonté de Dieu. Ensuite, nous ne savons pas toujours ce que Dieu est en train de faire, mais sur la base de ce qu’il a révélé, et qui est objectif et certain, nous savons un minimum de ce que Dieu nous demande. Enfin, Dieu a un plan qui est bon et parfait, dont il a décrété la fin et les moyens, et par moments, nous sommes appelés à attendre patiemment les solutions providentielles que Dieu a orchestrées d’avance pour nous. Nous lisons dans les Psaumes : "Ma vie est continuellement exposée, mais je n'oublie pas ta loi. Des méchants me tendent un piège, mais je ne m'égare pas loin de tes statuts. Tes préceptes sont pour toujours mon héritage, car ils sont la joie de mon coeur. J'incline mon coeur à pratiquer tes prescriptions, toujours, jusqu'à la fin" (Ps 119.109-112). Mais je veux quand même terminer en vous posant la question que j’ai posée au début : est-ce que vous saviez que la Bible prédisait votre avenir ? Et est-ce que vous savez quel avenir la Bible vous prédit ? La promesse est certaine, et c’est une promesse de sécurité éternelle ; Jésus dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle » (Jn 6.47).

 

 

29.09.2009

Suspendus au plan de Dieu (27 septembre 2009)

 

Actes 27 : 1 – 20

 

Introduction

La plupart d’entre nous avons une vie relativement confortable. Un toit au-dessus de nos têtes, des vêtements à porter, de la nourriture au quotidien. De la famille et des amis. Un revenu plus ou moins stable. Ajoutez à cela les aides et la protection du gouvernement, ainsi que les assurances privées que nous sommes nombreux à souscrire pour notre habitation, pour notre véhicule, pour nos personnes, et on peut se dire qu’on est tout-à-fait prémuni contre les difficultés de la vie. Accident, maladie, invalidité, chômage, vol, vandalisme, agression, guerre, catastrophe naturelle… on est préparé ! Avec le genre de vie qu’on a, on peut envisager l’avenir avec beaucoup de confiance et de sérénité.Tornade.jpg Nous sommes protégés contre le malheur. Au États-Unis, vous pouvez même souscrire une assurance qui vous couvre contre « tout acte de la nature ou de Dieu » ! Être couvert contre les actes de Dieu, voilà le summum d’une vie tranquille. Mais voilà aussi, peut-être, le summum de notre présomption. Le jour où le malheur nous touche vraiment, où tous nos projets s’effondrent, où les choses ne se passent pas du tout comme prévu, on se rend compte que toute cette prétendue sécurité ne fait pas tant que ça pour nous protéger. Le texte de ce matin est tout simplement un appel à la lucidité. Ce texte veut nous placer devant notre propre vulnérabilité ; il soulève un problème sans toutefois nous donner une réponse tout-à-fait satisfaisante à ce problème ! La leçon qu’on pourra retenir de ce texte, c’est la suivante : notre vie est précaire ici-bas, et rien au monde ne peut nous prémunir contre le plan parfois incompréhensible de Dieu. Et là, vous vous dites : « C’est censé m’encourager, ça ? ». Et bien regardons comment le texte en parle.

 

1. Le calme avant la tempête (v. 1 – 8)

a)      Le calme avant la tempête

Ce nouvel épisode des aventures de Paul s’ouvre sous les meilleurs auspices. Depuis un moment, on sait que c’est la volonté de Dieu que Paul se rende à Rome pour y témoigner de l’Évangile (Ac 23.11). Il est placé sous une escorte prestigieuse (v. 1), accompagné de plusieurs amis fidèles (v. 2) ; il bénéficie pendant le voyage de la bienveillance du centenier et du soin de l’Église (v. 3). Tout se passe comme sur des roulettes. Mais soudain, on apprend que les vents contraires entraînent un petit changement d’itinéraire (v. 4-5), alors le centenier doit s’adapter en improvisant un peu (v. 6). Rien de bien inquiétant. Sauf que les difficultés vont s’intensifier petit à petit (v. 7-8). L’auteur est en train de faire monter progressivement et délibérément la tension dans son récit. Il crée du suspense. Il nous aspire dans la situation pour nous faire ressentir cette fameuse boule au ventre que l’on a lorsqu’on se rend compte qu’une situation est en train de nous échapper complètement.

b)      Perdre l’équilibre à skis

Tous ceux qui ont fait au moins une fois du ski savent ce qu’on ressent lorsqu’on est en train de descendre une pente tranquillement et queSkieur.jpg tout d’un coup, on ne sait pas trop ce qui s’est passé, mais en l’espace d’une demi-seconde, la pente nous paraît beaucoup trop pentue, la neige beaucoup trop glissante, et la vitesse beaucoup trop rapide, et on sait pertinemment qu’on vient de perdre le contrôle de la situation. Il y a un pied qui part à droite, l’autre à gauche, et on ne sait pas si ça va bien se terminer. Tous ceux qui ont fait au moins une fois du ski savent très bien ce que c’est qu’une situation précaire.

c)       Nous sommes des êtres précaires et dépendants

Mais même sans faire du ski, nous savons tous ce que c’est qu’une situation précaire, car notre vie en est une. Quoi que nous en pensions, l’équilibre de notre vie est fragile, même lorsqu’on a l’impression de vivre sous les meilleurs auspices. Nous ne sommes pas maîtres des circonstances, et nous sommes soumis à des forces et à des événements qui nous échappent totalement et qui peuvent, du jour au lendemain, remettre toute notre vie en question : une crise économique, un changement climatique, un accident de la circulation, une pandémie grippale… L’équilibre de notre vie est précaire.

C’est cela que l’auteur veut nous faire mesurer dans un premier temps. Nous sommes des êtres vulnérables et dépendants, malgré le fait que nous nous complaisons dans notre confort, dans notre sécurité prétendue, dans nos beaux projets et nos belles ambitions. Mais ce texte va à l’encontre de ce genre de présomption et nous invite plutôt à regarder la réalité en face : admettez-vous la possibilité de tout perdre du jour au lendemain ? Ce genre de lucidité doit entraîner chez nous une grande modération, une grande humilité, et une grande dépendance de celui qui est le Maître de toute circonstance, Dieu lui-même (Jc 4.13-16). La suite du texte va nous montrer pourquoi cela est tellement important.

 

2. À qui la faute ? (v. 9 – 15)

a)      Lorsqu’une décision devient nécessaire

Le centenier veut poursuivre sa mission, mais la situation devient de plus en plus dangereuse. Poursuivre le voyage comporte un risque évident, renforcé par la conviction exprimée par Paul (v. 9-10). Faut-il continuer le voyage, ou attendre le printemps ? En fait, il y a de bonnes raisons de prendre le risque de continuer : le pilote, fort de sa compétence et de son expérience y est favorable (v. 11), de même que la majorité des gens sur le bateau (v. 12). En plus, le fait de ne pas continuer comporte aussi un risque (v. 12). Et pour couronner le tout, un vent favorable commence à souffler, ce qui est bon signe (v. 13) ! La décision de continuer le voyage est donc mise en œuvre, non sans une certaine prudence (v. 13). Mais sitôt partis, c’est un retournement de situation total : les éléments se déchaînent soudain, et le navire se retrouve piégé par la tempête. Le fait de partir ne constituait pourtant pas un risque inconsidéré ! Mais l’auteur nous raconte tous ces détails pour nous montrer que la souveraineté de Dieu s’exerce envers et contre tout. Son plan surpasse les meilleurs plans des hommes. Ses projets s’accomplissent en dépit de la meilleure logique et de la meilleure volonté humaines (v. 14-15).

b)      Quand j’ai perdu ma voiture

Un jour, j’ai dû décider si oui ou non j’allais dépenser une grande somme d’argent sur des réparations pour ma voiture. Étant donné que le montant des réparations était inférieur à la valeur de la voiture, j’ai opté pour la dépense, en demandant quand même au garagiste s’il pouvait prendre deux chèques et encaisser le deuxième un mois plus tard. Pas de problème. J’avais réfléchi, et pris la décision qui semblait la plus raisonnable, en ayant pesé un maximum d’enjeux et pris en considération un maximum d’éléments. Une bonne réparation, et la voiture sera repartie pour quelques années. Je récupère la voiture un mardi. Le samedi, dans un virage, un peu de gasoil sur la chaussée et ma voiture finitPerplexité.jpg à l’envers dans le fossé. Verdict : irrécupérable. Un mois plus tard, le deuxième chèque était débité de mon compte. J’ai ri jaune ! Je me suis dit : « Seigneur, je ne comprends pas trop ton sens de l’humour ».

c)       Nos meilleures décisions sont toujours faillibles

L’auteur du texte soulève le même problème : « Seigneur, pourquoi tu fais souffler un léger vent du sud, et permets-tu à l’équipage de prendre une décision semble-t-il bien fondée, si c’est pour ensuite retourner la situation contre eux ? ». Le texte nous raconte tout cela pour nous faire prendre conscience d’une idée simple : c’est que nous sommes certes appelés à exercer notre responsabilité, à peser le pour et le contre, à faire les meilleurs choix possibles, mais nous ne devons jamais nous confier en notre propre faculté de décision. Nous avons une faculté de décision, et nous devons l’exercer, mais en restant suspendus à Dieu. Pourquoi ? Parce que la souveraineté de Dieu s’exerce envers et contre tout, même nos meilleures décisions. « Le cœur de l’homme médite sa voie, mais c’est l’Éternel qui dirige ses pas » (Pr 16.9, SEG).

Cet état d’esprit nous permet d’éviter deux écueils. Premier écueil : la réticence à prendre la moindre décision, a avoir le moindre projet, par crainte que ça tombe à l’eau. Au contraire, croire que la souveraineté de Dieu s’exerce envers et contre tout devrait nous libérer dans l’exercice de nos responsabilités. C’est une sécurité, qui ne doit pas pour autant dévaloriser l’importance de bien fonder nos décisions. Le deuxième écueil que cela nous permet d’éviter, c’est la culpabilité et le désespoir qui pourraient nous assaillir quand les choses se passent mal. « Je ne comprends pas ! Cette décision me paraissait pourtant bonne. Est-ce que j’ai péché ? C’est ma faute ! ». Pas du tout : une décision bonne et juste peut très bien aboutir à un malheur, du point de vue de notre expérience. Regardez la vie de Job. La souveraineté de Dieu s’exerce envers et contre tout. Mais comment se fait-il que Dieu permette de telles difficultés dans nos vies, de telles catastrophes même, au point où on a l’impression, parfois, que Dieu agit en contradiction avec son propre plan ?

 

3. Quand ça va de mal en pis (v. 16 – 20)

a)      Quand ça va de mal en pis

Je ne suis pas sûr que le texte nous donne une réponse pleinement satisfaisante à cette question. Mais voyons ce qui se passe. La tempête fait rage, alors des dispositions sont prises dans l’urgence pour limiter les dégâts (v. 16-17). Mais les circonstances ne font qu’empirer de jour en jour, au point où il faut commencer à jeter une partie de la cargaison et de l’équipement du navire (v. 18-19). L’équipage se retrouve de plus en plus démuni, jusqu’à ce terrible verset 20 qui décrit froidement la perdition et le désespoir des gens sur le bateau. Il ne fait aucun doute dans l’esprit de l’auteur que Dieu est souverain, qu’il est le Maître de la tempête et que c’est lui qui commande les vents. Mais comme si le lecteur n’était déjà pas assez perplexe face aux événements de ce récit, l’auteur est en train de surenchérir : on sait que Dieu avait prévu que Paul témoigne de l’Évangile à Rome, mais voilà que Dieu semble réaliser tout le contraire de son plan !

b)      Christ sur la croix

Le texte ne nous explique pas pourquoi il en est ainsi ; il dresse seulement un constat. Il nous rappelle simplement que le plan incompréhensible de Dieu ressemble à cela, parfois. Les disciples de Jésus ont dû ressentir la même perplexité, peut-être le même désespoir, lorsqu’ils ont vu mourir celui qu’ils croyaient être le Messie tant attendu. Ils ont vu le triomphe de Jésus lorsqu’il est entré dans Jérusalem (Lc 19.38), mais quelques jours plus tard, retournement de situation : Jésus est trahi, livré entre les mains de ses ennemis, abandonné des siens,Croix sombre.jpg humilié en public, et crucifié entre deux brigands (Lc 22-23). Quelle défaite ! Jésus lui-même, au cœur de la tourmente, s’écrie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mc 15.34). On n’y comprend plus rien. « Seigneur, qu’est-ce que tu es en train de faire ? » Par moments, le plan de Dieu est incompréhensible. Mais son plan est bon et parfait. Un jour, cela nous apparaîtra pleinement. Les disciples en ont fait l’expérience, lorsque, quelques jours après la crucifixion, Jésus leur est apparu vivant de nouveau, et leur a expliqué qu’il devait souffrir de la sorte et mourir pour prendre sur lui les péchés de tous ceux qui se confieraient en lui (Lc 24.46-47), et que par sa résurrection et son ascension auprès du Père, le Messie était bel et bien entré dans son règne suprême et glorieux (Mt 28.18).

c)       Nous sommes suspendus au plan parfois incompréhensible de Dieu

Un jour, mais peut-être pas ici-bas, nous serons absolument éblouis de voir combiens les plans de Dieu sont bons et parfaits, et nous pourrons mesurer toute la portée des paroles du prophète Ésaïe : « Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant [les voies de Dieu] sont élevées au-dessus de [nos] voies et [ses] pensées au-dessus de [nos] pensées » (És 55.9). En attenant, il nous faut reconnaître, et accepter, que par moments, le plan de Dieu est incompréhensible. Notre vie est subordonnée à sa souveraineté ; nous vivons comme suspendus à son plan ; mais ce plan est bon et parfait. « Que tes pensées, ô Dieu, me semblent impénétrables ! Que la somme en est grande ! Si je les compte, elles sont plus nombreuses que les grains de sable. Je m’éveille, et je suis encore avec toi » (Ps 139.17-18).

 

Conclusion

Que peut-on dire pour conclure ? À travers tout ce qu’on a vu dans ce texte, la leçon à retenir est simple : notre vie est précaire ici-bas, et rien au monde ne peut nous prémunir contre le plan parfois incompréhensible de Dieu. Si vous croyez à cette affirmation, il n’y a que deux conséquences possibles : soit cela vous terrifie, soit cela vous rassure. Cela doit vous terrifier, si vous n’êtes pas sûr d’avoir la faveur de ce Dieu souverain. Dieu est le Maître du vent, le Maître de toutes les circonstances de votre vie, et son plan est bon et parfait ; mais quelle place avez-vous dans ce plan ? Quelles sont vos garanties dans l’éternité ? Dieu vous propose une assurance éternelle, c’est le sang de son Fils versé à la croix pour le pardon de vos péchés. Si vous vous confiez en Jésus pour le pardon de vos péchés, vous pouvez être certain d’une chose, c’est que vous êtes l’objet éternel de l’amour de Dieu. Vous êtes l’ami du Maître du vent, l’enfant chéri du Maître de toute circonstance. Face à la souveraineté absolue de Dieu, c’est cela qui change notre terreur en assurance. Notre vie est précaire ici-bas, et rien au monde ne peut nous prémunir contre le plan parfois incompréhensible de Dieu, mais Dieu nous aime éternellement, et il a scellé cet amour à la croix. Il a signé ce « contrat d’assurance » avec le sang de Jésus-Christ son propre Fils. « Toutes choses coopèrent [concourent] au bien de ceux qui aiment Dieu […]. Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi tout avec lui, par grâce ? […] Qui nous séparera de l’amour de Christ ? La tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou le dénuement, ou le péril, ou l’épée ? […] Mais dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car je suis persuadé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les êtres d’en-haut, ni ceux d’en-bas, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Christ-Jésus notre Seigneur » (Rm 8.28, 32, 35, 37-39).

 

08.09.2009

Des paroles de bon sens (6 septembre 2009)

 

Actes 26 : 21 – 32

 

Introduction

Sérieusement, vous croyez vraiment à la Bible ? Vous croyez vraiment que Marie a eu un bébé alors qu’elle était vierge ? Vous croyez vraiment que Jésus est redevenu vivant alors qu’il était mort ? Vous croyez vraiment qu’il y a un Dieu et qu’il y a une vie dans l’au-delà ? Vous êtes bizarre, vous. Il doit vous manquer une case, pour que vous puissiez croire à de telles sornettes… N’est-ce pas là le regard que notre société, globalement, porte sur le message de l’Évangile ? Lorsqu’il m’arrive de distribuer dans la rue des brochures qui présentent le message de la Bible, les gens me regardent de travers à un tel point que parfois j’ai l’impression de porter une grande pancarte sur moi, où il est écrit :Obscurantiste.jpg « Je suis un obscurantiste » ! La marginalisation du message de la Bible, et de l’Évangile, n’est pas un phénomène nouveau. Si vous êtes chrétien, et complexé de l’être parce que vous avez l’impression d’être en décalage avec ce qui est censé être normal aujourd’hui, ou si vous n’êtes pas croyant, et que vous trouvez que les chrétiens devraient sortir un peu plus le dimanche, sachez que ce type d’impression existait déjà au premier siècle ! Mais sachez aussi que le texte que nous avons lu prend cette idée à contre-pied. On va voir que Luc nous raconte cette histoire pour nous rappeler quelque chose de très simple, c’est que le message de l’Évangile, en réalité, consiste en des paroles de bon sens. Si toutefois vous avez le courage de vous y intéresser, de vous pencher sur la question, de vous informer en mettant de côté les préjugés, vous découvrirez que le message de l’Évangile est raisonnable et cohérent, et que l’on peut croire sans complexe tout ce qui est écrit dans la Bible.

 

1. Pourquoi l’Évangile est légitime (v. 21-23)

a)      Paul rappelle la légitimité de son témoignage

Pour étayer cette idée, la première chose que fait l’auteur dans ce texte, c’est de rappeler quelle est la légitimité du message de l’Évangile. Ici, Paul explique que la persécution qu’il a subie de la part de certains Juifs est totalement injustifiée, car son ministère ne consistait qu’à dire des choses qui étaient totalement alignées avec les Écritures de l’Ancien Testament (v. 22). Pourquoi le message de l’Évangile est-ilParchemin.jpg légitime d’après Paul ? Parce qu’il s’aligne avec, s’appuie sur, et s’ancre dans le document le plus précieux de tout le patrimoine de l’humanité : les Écritures saintes, dont les premiers textes écrits remontent à plus de 13 siècles avant la venue de Jésus et avant cet épisode du livre des Actes.

b)      Les revues scientifiques

L’auteur veut juste nous rappeler, dans un premier temps, que le message de l’Évangile n’est pas tombé comme un cheveu sur la soupe. Vous connaissez ces revues scientifiques où les chercheurs publient leurs théories, leurs travaux et leurs découvertes. Tous les trimestres, une nouvelle trouvaille, une nouvelle hypothèse, une nouvelle avancée. Le message de l’Évangile n’est pas arrivé comme ça ; l’Évangile n’est pas une découverte du 1er siècle, ni une invention, ni un accident, ni une lubie, ni un « buzz » qui se serait propagé par accident. L’espérance chrétienne n’est pas basée sur un article original dans une revue trimestrielle, mais elle est profondément ancrée dans une révélation que Dieu a pris soin de livrer aux hommes, depuis les temps les plus reculés de l’humanité.

c)       L’Évangile est incontournable

À travers ces paroles de Paul, l’auteur veut donc dans un premier temps asseoir la légitimité du message qu’il annonce. Jésus est l’envoyé de Dieu pour le salut de l’humanité qui est séparée de Dieu à cause du péché. Ce salut, Jésus l’a rendu possible en vivant une vie parfaite, sansCroix.jpg péché, et en mourant sur la croix à notre place pour payer la dette de tous ceux qui veulent se confier en lui. Ayant payé pour nos péchés, Jésus est ressuscité pour manifester sa victoire complète sur le mal et pour garantir notre future résurrection. Maintenant, le pardon des péchés par la foi en lui, et la promesse de la vie éternelle sont annoncés à tous les êtres humains, comme Paul vient de l’expliquer (v. 20, 23).

Ce message, le message de l’Évangile, n’est pas comme une théorie scientifique farfelue publiée dans une revue trimestrielle, qu’on pourrait soit ignorer, soit tourner en dérision. Le message de l’Évangile est une information absolument incontournable, parce qu’elle provient des saintes Écritures, dans la continuité de textes précieux et uniques dont les plus anciens remontent pour nous à plus de trois millénaires. Comparez ça avec les écrits de Joseph Smith, fondateur de la secte des mormons. Ou avec les articles dans les journaux gratuits distribués à la sortie du métro. Ou même avec le Coran ou avec Wikipédia. Le message de l’Évangile peut se targuer d’une ancienneté, d’une universalité et d’une assise historique et littéraire absolument hors du commun. L’Évangile n’est pas une lubie, mais un message légitime ; c’est ce que dit ce texte dans un premier temps, pour nous décomplexer, ou peut-être pour susciter une attention que nous n’avons jamais sérieusement prêtée à ce message. Mais une deuxième question se pose : si l’Évangile est un message dont la légitimité est tellement bien fondée, pourquoi ce message nous paraît-il tellement invraisemblable ?

 

2. Pourquoi l’Évangile paraît invraisemblable (v. 24-26)

a)      L’intervention de Festus et la réponse de Paul

C’est le texte lui-même qui soulève cette question, à travers la réaction de Festus, qui est représentative d’une attitude normale vis-à-vis du témoignage chrétien, depuis des siècles (v. 24). Festus pense que le message de l’Évangile est irrationnel. Paul s’en défend (v. 25), et avec beaucoup de tact, il explique pourquoi Festus réagit ainsi, en lui opposant la situation du roi qui, quant à lui, « est instruit de ces faits » (v. 26). Ce que le texte est en train de nous montrer ici, c’est qu’il est normal de trouver invraisemblable, voire absurde, le message de l’Évangile, si l’on ne prend pas le temps de vraiment s’y intéresser. Pourquoi ? Parce que notre mentalité, que nous le voulions ou non, est conditionnée.

b)      La marche de l’empereur

Empereurs.jpgVous avez peut-être déjà vu cette publicité à la télé, où un homme tout enthousiaste raconte à une collègue le film qu’il a vu la veille. « J’ai vu un super film, hier soir, ça s’appelle La Marche de l’empereur ! » (un genre de film-documentaire sur les pingouins). Alors la femme s’imagine un Napoléon en train de marcher dans la campagne. « En fait, ça se passe sur la banquise, et il y a des centaines d’empereurs qui se déplacent, parfois en glissant sur leur ventre ». Et la femme d’imaginer des centaines de Napoléons allongés sur le ventre dans la neige… « Y’a un moment super émouvant, c’est quand ils s’échangent les œufs… » Et bien sûr, la femme regarde son collègue de plus en plus bizarrement.

c)       Sagesse et folie

Quand on parle de péché, de justice de Dieu, de la naissance virginale de Jésus, de la résurrection… les gens nous regardent de la même façon. « Qu’est-ce que c’est que ces absurdités ! » Pourquoi ? Parce que leur mentalité est conditionnée. Parce qu’ils ont des présupposés, pour ne pas dire des préjugés, hérités de la télé, des copains, et du prof de philo. En fait, notre mentalité à tous est conditionnée en contradiction avec le message de l’Évangile, parce que nous sommes animés d’un profond désir d’autonomie, et nous voulons bien des références pour notre vie à condition que ce soit celles qui nous conviennent.

Le message de l’Évangile nous paraît invraisemblable, et c’est normal, parce que notre instruction (v. 26) vient davantage de notre expérience personnelle et subjective, de la télé, de l’école, d’internet, de nos cercles d’amis et globalement, d’une culture et d’une société profondément séculière, plutôt que d’une révélation objective de Dieu, une révélation universelle, unique, ancienne, qui nous parle de la relation de Dieu avec l’humanité depuis que l’humanité existe. On entend parler de Jésus et ça ne rentre pas dans nos catégories, parce que notre mentalité est conditionnée par le péché. « Dieu a frappé de folie la sagesse du monde… Nous prêchons Christ crucifié, … folie pour les païens » (1 Co 1.20, 23). On comprend donc pourquoi Festus réagit comme il le fait, et pourquoi le message de l’Évangile nous paraît naturellement invraisemblable. Mais regardons la suite.

 

3. Comment découvrir la cohérence de l’Évangile (v. 27-32)

a)      Le virus d’Agrippa !

À la réaction de Festus, le texte oppose la réaction du roi, justement. Paul a répondu à Festus en lui disant que le roi, lui, était au courant de ce dont il parlait (v. 26) et donc, qu’il en parlait ouvertement. Il interpelle ensuite Agrippa au sujet des prophètes (v. 27) : c’est une question rhétorique pour rappeler à la mémoire du roi les choses qu’il connaît concernant les Écritures. Tout cela a un effet remarquable ; plutôt que d’accuser Paul d’être malveillant ou d’être fou, le roi va exprimer sa sympathie à Paul, et même son intérêt pour l’Évangile (v. 28), et tout le monde va quitter les lieux en se disant que Paul est quelqu’un de bien (v. 28-32). Pourquoi une telle réaction de la part du roi ? Tout bonnement parce qu’il s’est intéressé à la question. Le texte veut simplement nous montrer que la cohérence de l’Évangile apparaît à ceux qui, sincèrement, veulent se pencher sur son message.

b)      La cohérence des Légos

Légo.jpgMon fils aime bien jouer avec les Légos. Quand quelqu’un lui offre une boîte de Légos, il pourrait sortir le sac avec tous les petits morceaux de formes et de couleurs différentes, le regarder et se dire : « c’est nul, ce jouet, ça ne ressemble à rien ! » et le jeter à la poubelle. Ou sinon, il pourrait s’y intéresser, y passer un peu de temps, se pencher sur les instructions, demander de l’aide à papa, et au bout du compte, il découvrira l’incroyable cohérence de ce sachet de morceaux de plastique. Aucun morceau ne s’y trouve par hasard.

c)       Avoir le courage de poser des questions

Il y a tellement de gens qui entendent parler de l’Évangile, et qui ne voient rien d’autre qu’un sachet de morceaux de plastique totalement incohérent et inutile. Festus par exemple. Mais le roi Agrippa s’est penché sur la question, il y a passé du temps, il a voulu interroger Paul, et le résultat, c’est qu’il voit très bien la cohérence du message de l’Évangile. Agrippa ne se convertit pas ; Paul invoque Dieu lui-même pour qu’il touche le cœur d’Agrippa et de toutes les personnes présentes dans l’auditoire (v. 29), « pour un peu ou pour beaucoup », car il sait que ce n’est pas par la persuasion intellectuelle que les gens se convertissent mais seulement par l’intervention souveraine de Dieu, par le Saint-Esprit, dans la vie de ces gens. Malgré tout, Paul est totalement innocenté (v. 31-32), et tout le monde est parti avec l’impression que le message de l’Évangile n’est pas si invraisemblable qu’on le croit.

Peut-être que des gens dans l’auditoire ont été poussés à une recherche plus approfondie. Peut-être que certains préjugés sont tombés. Peut-être que quelques-uns ont voulu en avoir le cœur net, et ont passé du temps, ensuite, à sonder les Écritures, à demander de l’aide à des gens mieux instruits qu’eux, et qui sait, peut-être aussi à prier Dieu de les éclairer. Penchez-vous sur le message de l’Évangile, étudiez-le, passez-y du temps, ayez le courage de poser des questions sincères, soyez lucides concernant vos préjugés, et les préjugés des gens qui vous entourent, sondez les Écritures, et si vous le voulez, priez Dieu qu’il vous instruise… et je vous assure que vous découvrirez la cohérence incroyable du message de l’Évangile.

 

Conclusion

Alors est-ce que les chrétiens évangéliques sont vraiment des obscurantistes ? Ce texte a argumenté pour une idée simple, c’est que le message de l’Évangile, le témoignage chrétien fidèle aux Écritures, ne consiste qu’en des paroles de bon sens. Le problème, c’est que même les chrétiens n’en sont pas si sûrs. Nous sommes souvent complexés, et on le comprend bien quand on considère le regard que notre société, globalement, porte sur ceux qui croient à tout ce qui est écrit dans la Bible ! Mais ce texte nous a rappelé combien la légitimité du message de l’Évangile dépasse de loin tout autre message : l’Évangile est de toute façon un message incontournable. Le texte nous a aussi rappelé qu’il est normal de trouver invraisemblable ce message, puisque notre mentalité, touchée par le péché, est conditionnée par toutes sortes d’autres choses qui sont en contradiction avec la révélation objective de Dieu, rapportée dans les saintes Écritures. Enfin, nous avons vu que ce texte nous encourageait à plonger sincèrement notre regard et notre attention dans ces Écritures, justement, pour découvrir que l’Évangile est un message absolument cohérent, pas du tout irrationnel mais très vraisemblable, et qu’on peut croire sans complexe que Jésus est vraiment né d’une vierge, qu’il est vraiment ressuscité après avoir vraiment été mort, que tous ceux qui se confient en lui reçoivent vraiment le pardon des péchés et la promesse véritable d’une vraie vie éternelle. Cela peut encore vous sembler bizarre. S’il vous plaît, quel que soit votre rapport àQuestion.jpg l’Évangile, n’hésitez pas à poser vos questions et à chercher les réponses. Soyez courageux : mettez vos préjugés de côté, n’anticipez pas les réponses mais prenez le temps de vraiment vous informer. Ne vous sentez pas gênés de poser des questions qui, d’après vous, pourraient mettre en difficulté la Parole de Dieu ! Dieu ne recule pas devant la difficulté. Je prie que Dieu nous donne à tous cet esprit de sagesse et de révélation qui, pour un peu ou pour beaucoup, nous le fasse connaître, et nous fasse voir la cohérence et la beauté de l’Évangile, de mieux en mieux, et de jour en jour (Ép 1.17).

 

30.07.2009

Qui c'est qui commande ? (26 juillet 2009)

Actes 26 : 9 – 20

 

Introduction

J’ai un problème avec l’autorité. C’est une notion qui me crispe. J’ai un problème avec l’autorité, parce que je suis le produit de la culture individualiste dans laquelle je suis né et dans laquelle j’ai grandi. L’autorité ressemble à une violence faite à l’encontre de ma liberté d’opinion, de parole et de choix. L’autorité menace ma vie privée dont je suis, jusqu’à preuve du contraire, le maître. Non mais dites-donc : qui peut prétendre m’imposer les choix que je dois faire, concernant mes mœurs, mes goûts, mes croyances… ? J’ai un problème avec l’autorité, mais j’ai un plus grand problème encore : je m’intéresse à la foi chrétienne. Aïe. La Bible.jpgJe me rends compte que la Bible donne des réponses à beaucoup de mes questions, mais je me rends compte aussi qu’il y a dans la Bible des tas de choses qui me prennent à rebrousse-poil. Des tas de choses qui menacent mon autonomie. Alors vous savez ce que j’ai fait ? J’ai pris le meilleur des deux mondes : je suis devenu un chrétien autonome. Comme ça, je peux accepter tout ce qu’il y a de bénéfique dans l’Évangile, et laisser de côté les choses qui sont un peu plus gênantes. En parfait individualiste que je suis, je me suis fait ma propre petite recette ; un christianisme personnalisé, sur mesure, qui me va bien et qui me fait du bien. Mais le texte que nous avons lu ce matin, si nous nous y arrêtons un instant, c’est un de ces textes qui nous prend à rebrousse-poil. C’est un texte qui va dénoncer, et même pulvériser, cette mentalité individualiste dans laquelle nous baignons et qui influence si fortement notre pensée même en tant que chrétiens. Je pense que ce texte jette une lumière particulière sur la foi chrétienne, une lumière peut-être nouvelle pour vous ce matin, en tout cas une lumière qui va nous faire comprendre que l’individualisme est incompatible avec la foi véritable, et cela à partir d’une idée toute simple : c’est que la foi véritable consiste en une capitulation totale devant une autorité suprême. On n’aime pas entendre ça. Mais regardons le texte.

 

1. Paul avait personnellement choisi son camp (v. 9-12)

a) Paul explique sa démarche

Paul raconte sa conversion. Il rappelle qu’avant sa conversion, il était un fervent persécuteur de chrétiens. La manière dont il le raconte n’est pas anodine : il dit qu’il s’opposait « au nom de Jésus de Nazareth » (v. 9), c’est-à-dire à tout ce que ce nom représentait, c’est-à-dire à l’autorité même que l’on attribuait à ce nom. Paul explique qu’il a exercé son propre jugement pour se positionner (v. 9, 10), non sans le soutien et l’appui, l’incitation et l’approbation d’une autre autorité, celle des responsables religieux (v. 10, 12). Paul explique que sa démarche, avant sa conversion, s’inscrivait dans le cadre d’une lutte de pouvoir. Comme un parfait individualiste, il avait personnellement, volontairement, choisi son camp, et par conséquent, il s’opposait, vigoureusement, à un autre camp (v. 11).

b) Un genre de guerre civile

Sécession.jpgPour Paul, c’était une opposition entre deux pouvoirs, entre deux autorités. Un genre de guerre civile où deux pouvoirs prétendent à une autorité supérieure, et où chaque personne est obligée de se positionner. Si vous aviez été un jeune homme d’une vingtaine d’années et que vous habitiez en Virginie, aux États-Unis, dans les années 1860, pendant la fameuse guerre de Sécession, il vous aurait été impossible de ne pas vous rallier à un camp : soit aux nordistes, soit aux confédérés. Soit aux tuniques bleues, soit aux tuniques grises.

c) Nous vivons dans le cadre d’une lutte de pouvoir

Je crois que cette analyse rétrospective de Paul sur ce qu’il était et sur ce qu’il faisait avant sa conversion, et qu’il présente comme une opposition virulente entre deux autorités rivales (celle de Christ d’un côté, et celle qui s’oppose à Christ de l’autre), sert à nous rappeler que nous aussi, nous vivons dans le cadre d’une lutte de pouvoir. Nous sommes nés sur un champ de bataille, et nous y menons notre existence, et il n’y a pas de terrain neutre entre les bleus et les gris. Jésus a dit : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi » (Mt 12.30). Depuis le troisième chapitre de la Genèse, nous savons qu’il y a un serpent, que Dieu a un contradicteur ; et toute l’histoire du monde depuis ce troisième chapitre de la Bible, c’est l’histoire de l’opposition entre l’autorité de Dieu et l’autorité prétendue de l’ennemi de Dieu. C’est une lutte de pouvoir, et nous ne pouvons pas l’esquiver. Mais est-ce que nous en avons conscience ? Est-ce que j’ai conscience, en tant qu’individualiste, que l’autonomie et l’indépendance que je recherche, c’est une forme d’autorité, et ce n’est pas une autorité neutre, mais une autorité qui s’oppose à celle de Dieu ? Aucun domaine de notre vie n’échappe à cette lutte de pouvoir. Paul a compris que sa vie s’inscrivait dans une lutte de pouvoir, et il va nous expliquer comment, tout d’un coup, il s’en est rendu compte.

 

2. Paul a dû s’incliner devant la suprématie de Jésus (v. 13-16)

a) Paul tombe à la renverse devant le Maître du monde

Vous connaissez l’histoire. Jésus se révèle à Paul, sur la route de Damas. Mais regardez comment Paul le raconte. « Vers le milieu du jour », c’est-à-dire lorsque le soleil brille de toute sa force, Paul et ses compagnons sont entourés d’une lumière « venant du ciel, plus brillante que le soleil » (v. 13). C’est-à-dire une lumière plus brillante que l’équivalent de 386 milliards de milliards de mégawatts (ce qui correspond à l’énergie du soleil). Paul tombe par terre devant la manifestation d’une telle puissance. Il comprend qu’il est devant le pouvoir suprême, devant le Maître du monde en personne, celui qui tient les commandes, et qui fait comprendre à Paul que celui-ci est en train de s’opposer à ses plans (v. 14). Mais Paul ne comprend pas qui c’est (v. 15). Jésus se présente donc, et il explique à Paul que sa vie est entre ses mains et qu’il a décidé de l’enrôler à son service, que cela lui plaise ou non (v. 16) !

b) Se mettre Sarkozy à dos

Quel choc pour Paul, qui s’est rendu compte, tout d’un coup, qu’il s’opposait au Maître du monde, à celui qui détient le pouvoir suprême ! Il n’y a pas si longtemps, vous avez sans doute entendu parler de ces escrocs qui ont volé les coordonnées bancaires d’un certain nombre de personnes pour subvenir à leurs magouilles. Les sommes prélevées n’étaient jamais bien élevées. Sur l’un des comptes, ils avaient prélevé moins de 200 euros. Une petite escroquerie, quoi. Ils ne risquaient pas grand-chose. Sauf que ces escrocs se sont retrouvés bien bêtes lorsqu’ils ont découvert que ce compte bancaire en question… était celui de Nicolas Sarkozy en personne ! Celui-ci a déposé plainte, et je peuxSarkozy.jpg vous dire que ces escrocs à la petite semaine se sont fait tout petits face à la brigade financière et à la brigade criminelle qui ont été sollicitées pour résoudre cette affaire, qui eût été plutôt anodine en d’autres circonstances. Quel choc pour ces escrocs, qui se sont rendus compte, tout d’un coup, qu’ils s’étaient mis à dos, sans s’en rendre compte, le président de la République lui-même !

c) Dans cette lutte de pouvoir, les forces ne sont pas égales

Paul aussi se rend compte, tout d’un coup, qu’il est en train de persécuter, non pas Nicolas Sarkozy, mais le Maître suprême de tout l’univers, qui lui donne momentanément un petit aperçu de sa puissance. Paul s’effondre par terre, et il ne peut que reconnaître, que dans cette lutte de pouvoir, les forces ne sont pas égales. « Il est dur pour toi de regimber contre les aiguillons » (v. 14). Tu regimbes, tu résistes, tu protestes contre mon autorité, mais ma puissance est sans égale pour faire valoir mon autorité. Et tu ne peux que le reconnaître. Paul découvre la suprématie de Jésus. Et il en tombe à la renverse. Est-ce que nous pensons souvent à Jésus comme au Christ exalté, glorifié, magnifié, celui qui a été souverainement élevé et qui a reçu le nom qui est au-dessus de tout nom (Ph 2.9), celui à qui toutes choses ont été soumises (Hé 2.8), celui dont la tête et les cheveux sont comme laine blanche, dont les yeux sont comme une flamme de feu, dont les pieds sont comme du bronze rougi au four, dont la voix est comme le bruit des chutes du Niagara, dont le visage est comme le soleil à Marseille entre midi et 14h, et dont il sort de la bouche une épée à deux tranchants, aiguisée comme une lame de rasoir (Ap 1.14-16) ? J’ai un problème avec l’autorité, je suis un individualiste, peut-être même un « chrétien autonome », et bien j’ai besoin de cet éclair de lucidité : dans cette lutte de pouvoir, les forces ne sont pas égales. J’ai besoin de découvrir la suprématie de Jésus, et de tomber par terre, terrorisé par sa puissance. Est-ce que ça vous est déjà arrivé ? C’est arrivé à Paul, et regardez la suite.

 

3. Jésus compte déployer son autorité bienveillante (v. 17-20)

a) Jésus explique à Paul quelle est sa mission

Jésus a donc fait comprendre à Paul qui c’est qui commande. C’est Jésus. Et sans demander l’avis de Paul, Jésus fait de lui un messager dont la mission est de proclamer aux gens la suprématie du Roi des rois, l’établissement de son royaume, et l’intention qu’il a de déployer son autorité bienveillante (v. 17-18). À travers le ministère de Paul, Jésus annonce qu’il a l’intention d’ouvrir les yeux des gens (que ce soit des Juifs ou des païens), de les transférer d’un royaume à un autre, d’une autorité (celle du serpent, du contradicteur de Dieu) à une autre (l’autorité suprême et bienveillante de Dieu). Jésus annonce qu’il a l’intention d’offrir à tous ceux qui se confient en lui le pardon de leurs péchés, et non seulement le pardon des péchés, mais un héritage dans le ciel et dans l’éternité. Tout cela, Jésus l’a acquis pour eux au prix fort de sa vie qu’il a donnée à la croix, et il l’a garanti par la victoire éclatante qu’il a gagnée sur le péché et sur la mort, par sa résurrection.

b) Le salut consiste en notre capitulation

Alésia.jpgPaul est donc envoyé comme un messager qui doit proclamer ces choses. Il doit proclamer que le Roi des rois a établi son règne, et que le royaume du monde est passé au Seigneur et à son Christ qui règnera aux siècles des siècles (Ap 11.15-17). Toutes choses lui ont été soumises, et il compte maintenant déployer son autorité (Ép 1.20-22). Mais c’est une autorité bienveillante ! Le Roi des rois promet un héritage à tous ceux qui se confient en lui. Se confier en lui, ça ressemble à quoi ? À notre capitulation. À notre repentance, à notre conversion à Dieu, avec la pratique d’œuvres découlant de cette repentance (v. 20).

c) Rendez-vous, vous êtes cernés

La mission de Paul ressemble à celle d’un policier qui va au-devant d’un groupe de malfaiteurs embusqués dans une cachette quelque part, et qui leur crie par le moyen d’un mégaphone : « Rendez-vous, vous êtes cernés » ! Vous ne pouvez pas vous échapper. Il n’y a pas d’autre issue possible à cette situation que votre défaite, alors rendez-vous pendant qu’il en est encore temps. OuMégaphone.jpg encore, avec les paroles du psalmiste : « Embrassez le fils, de peur qu’il ne se mette en colère, et que vous ne périssiez dans votre voie, car sa colère est prompte à s’enflammer. Heureux tous ceux qui se réfugient en lui ! » (Ps 2.12).

 

Conclusion

Jésus nous invite donc à déposer les armes devant lui. La foi qu’il demande de nous, c’est une capitulation totale devant son autorité suprême. Nous pouvons le faire sans crainte car nous savons que ce Roi est bienveillant : il l’a prouvé en mourant à notre place. Alors certes, j’ai un problème avec l’autorité, parce que je suis le produit de la culture individualiste dans laquelle je suis né et dans laquelle j’ai grandi ; je cherche à préserver mon autonomie ; je voudrais recevoir tout ce qu’il y a de bénéfique dans l’Évangile, et laisser de côté les choses qui sont un peu plus gênantes ; mais je dois savoir que dans tous les domaines où je résiste à l’autorité de Jésus-Christ, dans tous les domaines où je pense avoir le droit de commander parce que c’est ma vie privée et qu’elle ne regarde personne d’autre, je ne me trouve pas en territoire neutre, mais dans le camp de l’ennemi. Je dois savoir que dans le cadre de cette lutte de pouvoir, personne ne va pouvoir rivaliser avec le pouvoir suprême de Jésus-Christ (Mt 28.18). Plutôt que de faire de la résistance, je dois savoir que Jésus m’invite à changer radicalement d’allégeance, à renoncer à mon autonomie, à tourner le dos à toute autorité autre que la sienne, et à entrer dans son royaume. La culture du rejet de l’autorité est particulièrement exacerbée dans notre société, et je crois que ce fléau déborde dans nos églises et dans notre vie chrétienne d’autant plus facilement que nous avons tendance à sous-estimer la profondeur de l’abîme qui existe entre la foi et la non-foi. J’ai remarqué que nous parlons parfois de la foi comme de quelque chose qui vient s’ajouter à une vie qui, autrement, est normale. « Regarde cet homme : il a une vie équilibrée, il est talentueux, il est gentil… Il manque juste Dieu dans sa vie. » Ce n’est pas du tout comme ça que l’Apôtre Paul parle de la foi. Pour Paul, si je n’ai pas la foi, ce n’est pas qu’il manque Dieu dans ma vie, c’est plutôt qu’il me manque… la vie, que Dieu peut me donner ! « Vous étiez morts par vos fautes et par vos péchés… Mais Dieu est riche en miséricorde et… il nous a rendus à la vie avec le Christ » (Ép 2.1, 4, 5) ; « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature » (2 Co 5.17) ; « Il nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a transportés dans le royaume de son Fils bien-aimé » (Co 1.13) ; et Jésus lui-même qui dit : « En vérité, en vérité… si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu » (Jn 3.3), etc. La foi véritable, ce n’est pas accepter Jésus dans mon cœur, comme s’il y avait là un petit espace qui n’attendait que sa venue, mais c’est changer de cœur (Éz 36.26). C’est changer d’allégeance. C’est changer de perspective. C’est changer de valeurs et de priorités. C’est même changer de goûts (Ph 4.8) ! Un chrétien autonome, c’est un oxymore ; c’est une contradiction dans les termes. La foi véritable, c’est une capitulation totale devant l’autorité suprême et bienveillante de Jésus-Christ.

09.07.2009

"La Promesse faite par Dieu à nos pères" (5 juillet 2009)

 

Actes 26 : 1 – 8

 

Introduction

À quoi pensez-vous lorsque vous entendez ces mots : « l’espérance chrétienne » ? J’ai tapé « l’espérance chrétienne, c’est… » dans Google, et voici quelques exemples de ce que j’ai trouvé : « L'essence même de l'espérance chrétienne, c'est de faire que tout attachement à une chose comme bien à posséder soit reporté sur Dieu seul… », « L'espérance chrétienne, c'est l'appel le plus fort à l'exercice de notre responsabilitéGoogle.jpghumaine, à notre intelligence et à notre liberté », « L'espérance chrétienne, c'est de pouvoir déceler dans notre vie des signes positifs qui ne sont pas toujours évidents », « L'espérance chrétienne c'est la certitude de la présence agissante de Dieu au cœur de l'humanité »… Je crois qu’il règne un certain flou autour de cette idée de l’espérance chrétienne. Je ne vous apprends rien, d’ailleurs, en vous disant que lorsque les médias parlent des chrétiens aujourd’hui, on entend un peu tout et n’importe quoi. La raison de cette confusion ? C’est que nous vivons, en France en tout cas, dans une culture post-chrétienne, une culture qui, globalement et pour faire simple, a pris ses distances avec la Bible. « L’espérance chrétienne » devient donc une expression à la fois folklorique et fourre-tout, souvent même une valeur humaniste tout-à-fait détachée de son origine et de sa définition bibliques. Et vous, donc, à quoi pensez-vous lorsque vous entendez ces mots : « l’espérance chrétienne » ? Le texte que nous avons lu arrive à un moment-clef du récit des Actes. Depuis le chapitre 21, Paul est arrivé à Jérusalem, et il a eu l’occasion de présenter sa cause successivement devant le peuple, devant le Sanhédrin, devant le gouverneur Félix à Césarée, et devant le gouverneur Festus. Maintenant, Paul va présenter sa cause au roi lui-même, Agrippa. Paul s’apprête à lui donner le témoignage de sa conversion spectaculaire sur la route de Damas, mais avant cela, il lui fait ce petit discours introductif dans lequel Paul va mettre le doigt, très précisément, sur ce qui constitue l’objet de son ministère d’apôtre, la raison pour laquelle il est accusé, cette fameuse espérance chrétienne qu’il est chargé d’annoncer et de propager. La ligne de défense de Paul est simple, et elle n’est pas nouvelle : il affirme ici que l’espérance chrétienne ne consiste en rien d’autre qu’en l’espérance millénaire de l’Ancien Testament. Regardons le texte, et voyons en quoi cela peut changer notre propre perspective sur la foi chrétienne.

 

1. Paul va faire une annonce solennelle (v. 1-3)

a)      Une occasion, et des interlocuteurs, uniques

La première chose que fait le texte, c’est de nous préciser le caractère unique de cette confrontation entre Paul et Agrippa. C’est un véritable paroxysme dans le récit des Actes. Il se passe quelque chose de solennel. Tous les dignitaires de la ville sont réunis. Le roi Agrippa est attentif. Paul se réjouit de l’occasion, et reconnaît la compétence unique d’Agrippa, ce roi judéo-romain qui réunit dans sa personne une formidable connaissance de la religion juive et de la culture romaine, et une autorité à la fois civile et religieuse. Quelle occasion !

b)      Le conseil des ministres

Imaginez que vous militiez pour une cause quelconque. Vous faites un blog, vous distribuez des tracts, les médias commencent à s’intéresser àMinistres.jpg vous, vous passez quelques fois au journal télévisé, et voici qu’un jour vous êtes convoqué au conseil des ministres pour présenter vos idées. La crème du pouvoir politique s’intéresse à vous. Quelle occasion pour présenter exactement, mais succinctement, vos revendications !

Ici aussi, Paul va saisir l’occasion pour présenter exactement, mais succinctement, sa cause. Il annonce la couleur (v. 3-4) et lance une invitation : Je te prie donc de m’écouter patiemment. Paul va faire une annonce solennelle. Et très solennellement, il va préciser à quoi se résume son ministère d’Apôtre. Nous puisons beaucoup de notre théologie chrétienne dans les lettres de Paul, et c’est très bien. Mais je crois qu’il faut aussi considérer avec beaucoup d’attention ce que Paul nous dit ici, et dans d’autres textes de ce type, pour comprendre dans quelle perspective Paul plaçait son propre ministère et tout son enseignement. Regardons la suite.

 

2. Paul a toujours été un Juif exemplaire (v. 4-5)

a)      L’insistance de Paul sur ce point

Le premier point de Paul, pour sa défense, c’est de rappeler, avec insistance, qu’il a toujours été un Juif exemplaire. Il a grandi à Jérusalem, « dès [sa] jeunesse et depuis le commencement » ; il a toujours pleinement fait partie du peuple saint ; non seulement cela, mais sa vie était celle d’un Pharisien ; et tout le monde le sait très bien. Paul est en train de dire qu’avant d’être « chrétien », il était un spécialiste du judaïsme.

b)      Être bien placé pour parler de quelque chose

Paul insiste là-dessus pour montrer qu’il est très bien placé pour parler de religion. Comme Obélix, il est tombé dans la marmite quand il étaitLivre.jpgpetit. Imaginez que vous empruntiez la thèse de Nubia en sciences de l’éducation, et que vous lisiez un passage sur le système éducatif au Brésil et que vous ne soyez pas d’accord avec son analyse. Vous vous mettez à attaquer Nubia sur son travail. Qu’est-ce qu’elle va vous répondre ? Sans doute qu’elle connaît très bien son sujet parce qu’elle y a passé des heures et des années. Non seulement cela, mais elle a grandi au Brésil et elle a enseigné au sein du système.

c)       Le salut vient des Juifs

Paul, de la même façon, est en train de montrer qu’il connaît mieux le sujet que ses détracteurs. Ce qui est incroyable, c’est que pour défendre son témoignage chrétien, Paul insiste avant tout sur le fait qu’il a toujours été un Juif exemplaire. Paul ne renie pas son judaïsme, mais le revendique, et cela, dans le cadre de son ministère d’Apôtre chrétien, et non seulement cela, mais en tant qu’Apôtre « des païens » (Ga 2.7-8).

Paul est en train de dire qu’il est un spécialiste du christianisme parce qu’il est un spécialiste du judaïsme. Pour Paul, la foi en Christ ne s’oppose pas au judaïsme, et pour cause, Jésus lui-même était Juif, et tous les apôtres aussi. C’est Jésus qui a dit : « Le salut vient des Juifs » (Jn 4.22). Paul écrira : « L’Évangile est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec » (Rm 1.16). Les disciples de Jésus continuaient à se rendre au Temple pour adorer, en compagnie des Juifs. Paul insiste donc sur le fait que sa formation, son zèle et son expérience au sein du judaïsme fondent son ministère d’Apôtre chrétien ! Paul est en train de dire qu’en tant que Juif aguerri, il est bien placé pour témoigner de l’espérance chrétienne. Comment cela se fait-il ? N’y a-t-il pas une profonde dichotomie entre l’espérance juive et l’espérance chrétienne ? La suite du texte va nous montrer tout le contraire.

 

3. Paul témoigne de l’espérance de l’Ancien Testament (v. 6-7)

a)      Paul affirme la continuité de l’histoire du salut

Paul insiste sur le fait qu’il a toujours été un Juif exemplaire, précisément pour donner du poids à ce qu’il dit ensuite. Et ce qu’il dit ensuite, c’est que ce dont on l’accuse, c’est justement de croire en l’espérance des Juifs (v. 6) ! Paul dit que dans le cadre de son ministère, tout ce qu’il a fait, c’est de maintenir la foi des « douze tribus » (v. 7), c’est-à-dire du peuple juif dans toute son histoire depuis les patriarches. Paul est en train d’affirmer la parfaite continuité de l’histoire du salut, la continuité de l’espérance du peuple de Dieu.

b)      La différence entre une nouvelle branche et un nouvel arbre

Ailleurs dans le Nouveau Testament, Paul utilise une image très forte pour illustrer le rapport des chrétiens au peuple juif de l’Ancien Testament. Paul dit que les Chrétiens sont comme des branches qui ont été prises à un arbre et greffées à un autre arbre, et cet arbre, c’est le peuple juif de l’Ancien Testament (Rm 11.16-24). Paul dit que les Chrétiens participent « à la racine et la sève » de cet arbre, et il dit à tous lesOlivier.jpgChrétiens d’origine non-juive : « sache que ce n’est pas toi qui portes la racine, mais que c’est la racine qui te porte » (Rm 11.18). Les Chrétiens ne sont pas un nouvel arbre, planté à côté de l’arbre du judaïsme de l’Ancien Testament. Les Chrétiens sont, depuis Jésus-Christ et les Apôtres, les branches de cet arbre unique.

c)       Le christianisme n’est pas une révolution ou une secte

Parfois on entend parler du christianisme évangélique comme d’un mouvement nouveau, qui serait apparu soit au 20ème siècle avec le pentecôtisme, soit au 19ème siècle avec les mouvements de réveil, soit au 16ème siècle avec la réforme, soit au 12ème siècle avec les Vaudois, soit au 1er siècle avec Jésus et les Apôtres. En réalité, d’après Paul, le christianisme évangélique, c’est-à-dire le mouvement de croyants caractérisé par la foi en Dieu, et dont la foi est fondée sur la révélation de Dieu, remonte à beaucoup plus longtemps que ça ! Pour Paul, professer la foi chrétienne, c’est professer la foi des pères du peuple juif. Pour Paul, l’espérance chrétienne consiste en l’espérance millénaire de l’Ancien Testament.

Ne vous imaginez pas que le christianisme soit une révolution religieuse, ou une secte plus ou moins nouvelle. La foi chrétienne biblique c’est la foi du peuple de Dieu depuis au moins quatre millénaires. Étienne dit la même chose dans Actes 7. Ailleurs, Paul dit que « si vous êtes à Christ, alors vous êtes la descendance d’Abraham » (Ga 3.29). Dans Hébreux 11, l’auteur remonte encore plus haut, jusqu’à Abel, pour décrire ce que c’est que la foi chrétienne. Dans l’Évangile de Luc, c’est Jésus lui-même qui résume, à partir de l’Ancien Testament exclusivement, la substance de la foi et de la mission chrétiennes : « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour et que la repentance en vue du pardon des péchés serait prêchée en son nom à toutes les nations à commencer par Jérusalem » (Lc 24.46-47). Alors si c’est vrai, que l’espérance chrétienne consiste en l’espérance millénaire de l’Ancien Testament, pourquoi les Juifs s’opposent-ils à Paul avec tant de véhémence ?

 

4. Paul soulève le véritable problème (v. 8)

a)      Les détracteurs ont sous-estimé la promesse

C’est Paul qui va soulever le véritable problème. Ce problème, c’est que les Juifs ne croient pas à la résurrection de Jésus (v. 8). L’espérance de l’Ancien Testament se portait vers un personnage, celui du Messie. La fameuse promesse faite aux pères devait se réaliser à travers l’œuvre d’un envoyé de Dieu. Le problème des détracteurs de Paul, c’est qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme cet envoyé de Dieu. Pourquoi ? Parce qu’il est venu comme un serviteur, qu’il s’est humilié, qu’il est mort comme un bandit, alors que les Juifs voulaient un chef de guerre, un libérateur politique qui chasserait les romains de la terre sainte et qui redonnerait au peuple juif intégrité, puissance et prospérité.

b)      Se tromper de traitement

Le problème des détracteurs de Paul, c’est qu’ils ont sous-estimé le véritable problème, et donc, la véritable promesse. Je connais quelqu’unMédicament.jpg qui a appris, lors d’un examen quelconque, qu’elle avait un cancer du sein. Elle se portait très bien à part ça. Sur les conseils pressants du médecin, elle a subi une opération, puis plusieurs mois de chimiothérapie et de radiothérapie. Je peux vous dire qu’elle se sentait bien mieux avant son traitement, avec sa tumeur, que pendant son traitement, sans la tumeur ! Elle aurait pu se dire : « Flûte, je laisse tomber le traitement car je me sens mieux sans ». Combien il eût été facile, et dangereux, pour elle de sous-estimer le véritable problème et donc, de passer à côté du véritable traitement.

c)       La croix et la résurrection accomplissent la promesse

Les détracteurs de Paul ont pensé que le véritable problème du peuple juif c’était l’occupation ennemie de la terre sainte, et la dispersion du peuple. Alors qu’en fait, le véritable problème du peuple c’était le péché du peuple (sa rébellion contre Dieu) qui avait entraîné, comme un jugement, cette occupation et cette dispersion. Le Messie est venu régler ce problème. Non pas en libérant le peuple d’un ennemi politique, mais en le libérant du véritable ennemi, le péché lui-même, et pour offrir au peuple le pardon de Dieu. Pour faire cela, le Messie s’est substitué au peuple pour accomplir l’obéissance parfaite que Dieu attendait du peuple ; il s’est substitué au peuple pour prendre sur lui le châtiment que le peuple méritait ; il s’est substitué au peuple pour subir à sa place non pas un exil géographique, mais un exil spirituel, le fait d’être séparé de Dieu par un abîme infranchissable ; il s’est substitué au peuple, enfin, en vainquant à sa place l’ennemi ultime, la mort, et en ressuscitant le premier pour ouvrir la voie à tous ceux qui se confieraient en lui. La croix et la résurrection de Jésus accomplissent parfaitement la promesse faite aux pères ; cette promesse est plus grande, plus définitive, plus glorieuse que ce que les détracteurs de Paul imaginaient.

 

Conclusion

Alors à quoi pensez-vous lorsque vous entendez ces mots : « l’espérance chrétienne » ? L’espérance chrétienne, c’est l’espérance de la réalisation de la promesse faite par Dieu à nos pères, c’est-à-dire à Abraham et aux patriarches : la promesse d’un peuple innombrable, dans un territoire béni, en relation intime et perpétuelle avec Dieu. Cette promesse est réalisée, dans tout son potentiel, à travers la croix de Jésus et sa résurrection. Le règne de Christ a été établi, et tous ceux qui se confient en lui participent à ce règne dès maintenant. Toutefois, comme le dit l’Écriture, nous attendons encore la révélation de sa gloire (Rm 8.18-25), qui viendra lors du retour de Jésus, et de l’inauguration des nouveaux cieux et de la nouvelle terre (Ap 21). On a donc pu voir que la ligne de défense de Paul, contre ses accusateurs, est simple : selon lui, l’espérance chrétienne ne consiste en rien d’autre qu’en l’espérance millénaire de l’Ancien Testament. Le saviez-vous ? Cela peut changer notre perspective sur la foi chrétienne, notamment sur la mission de l’Église dans le monde, sur notre idée du paradis et de la vie éternelle, sur le rapport de nos enfants à l’alliance de grâce, et même sur l’histoire tout entière : création, chute, rédemption. Je finis avec ces paroles que Pierre a adressées à des Chrétiens non-Juifs : "Vous, par contre, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple racheté, afin d'annoncer les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ; vous qui, autrefois, n'étiez pas un peuple et qui, maintenant, êtes le peuple de Dieu ; vous qui n'aviez pas obtenu miséricorde et qui, maintenant avez obtenu miséricorde" (1 Pierre 2.9-10).

 

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