06.11.2009
Certifié conforme (1er novembre 2009)
Actes 28 : 17 – 31
Introduction
Quel est votre rapport à l’Ancien Testament ? Vous savez, ce livre qui parle d’un Dieu légaliste et intolérant… Êtes-vous de ceux qui prennent leurs distances avec l’Ancien Testament ; qui, comme moi, ont beaucoup plus abîmé (par la lecture) les pages du troisième tiers de leur Bible que celles des deux premiers ; qui pensent que le Dieu cruel des Juifs a cédé sa place au Dieu d’amour des chrétiens ? On a bien l’impression, parfois, même si ce n’est pas ce que nous disons explicitement, que la foi chrétienne de par sa nature s’inscrit en opposition avec la foi de l’Ancien Testament. On dirait que Jésus et les apôtres, à leur époque, sont les fondateurs d’une religion nouvelle. Aujourd’hui, les chrétiens croient au Dieu du Nouveau Testament… quant au Dieu de l’Ancien, on ne sait pas vraiment où le mettre. Mais très clairement, je crois que le texte que nous avons lu va nous montrer que cette idée selon laquelle la foi du Nouveau Testament s’opposerait de par sa nature à la foi de l’Ancien Testament est une idée reçue. Et ce texte, tout en détruisant cette idée reçue, va nous aider à prendre la mesure de notre lien avec l’espérance de l’Ancien Testament, un lien qui est très fort. En racontant cet épisode final du livre des Actes, l’auteur veut nous montrer quelque chose, et il veut insister là-dessus : c’est que le témoignage de Paul, et de tout le Nouveau Testament, est absolument conforme au témoignage de l’Ancien Testament. Et pour nous ce matin, cela veut dire que l’Ancien Testament est constitutif de la foi chrétienne. Quel devrait donc être notre rapport à l’Ancien Testament ? Et bien regardons comment le texte en parle.
1. La sollicitude de Paul pour le peuple d’Israël
a) L’Évangile est un message juif pour les Juifs (v. 17-20)
La première chose qui frappe dans cet épisode, c’est le souci que Paul a pour la population juive de Rome. « L’apôtre des païens » cherche rapidement, et en tout premier lieu, à rencontrer les responsables juifs (v. 17) pour leur expliquer qu’il n’a en rien trahi la foi des Juifs (v. 17-19), et que s’il a été arrêté, c’est en fait à cause de sa fidélité au judaïsme (v. 20) ! L’auteur fait donc cette première affirmation : c’est que Paul, en tant que témoin de l’Évangile, est porteur d’un message juif pour les Juifs.
b) Le colis Fedex (Seul au monde)
Le film Seul au monde raconte l’histoire d’un employé de la société Fedex qui se retrouve naufragé sur une île pendant quatre ans. Pendant tout ce temps, il y a un paquet avec lui, qu’il refuse d’ouvrir. Le personnage est déterminé à livrer ce paquet à son destinataire. Finalement, il va réussir à quitter l’île et à retrouver la civilisation. Et une des premières choses qu’il va faire, c’est de livrer en personne ce fameux paquet à l’adresse indiquée sur l’étiquette.
c) L’Évangile mérite notre attention
Paul aussi a été naufragé sur une île (ch. 27), avec du « courrier ». Jésus lui avait dit : « Il faut que tu rendes témoignage à Rome » (Ac 23.11). Jésus lui avait confié un message important, le message de l’Évangile, et sitôt rescapé, Paul s’empresse de remettre le courrier à son destinataire légitime. Et nous découvrons que ces destinataires sont les Juifs. Mais nous voyons aussi combien Paul est consciencieux par rapport au message qu’il est chargé de transmettre. Il a conscience que ce courrier, ça fait longtemps que les Juifs l’attendent (v. 20).
De ce premier point, nous devons tirer une première application. L’Évangile n’est pas une invention de Jésus ou des apôtres, mais c’est la réponse à une attente millénaire, l’attente de tout l’Ancien Testament. Le témoignage de Paul, et de tout le Nouveau Testament, c’est le couronnement de plusieurs millénaires d’histoire de la révélation (et pas un remplacement de cette révélation). Le courrier a enfin été livré, dans son intégralité, de manière diligente et consciencieuse. Et sur la petite étiquette qui indique le contenu du paquet, il est écrit : « Réponse à l’attente millénaire de l’humanité » ! Alors quel genre d’attention devrions-nous porter à ce message si précieux ?
2. L’Évangile répond à l’attente du peuple d’Israël
a) Les Juifs reconnaissent qu’ils sont concernés (v. 21-24)
Regardons la suite. La deuxième chose qui nous est indiquée dans le récit, c’est la bonne disposition des responsables juifs à entendre Paul. Ils n’ont pas de préjugés vis-à-vis de lui (v. 21). Ils s’intéressent la foi chrétienne qu’ils considèrent comme étant une branche du judaïsme (v. 22). Ils vont écouter Paul du matin jusqu’au soir (v. 23), et quelques-uns vont recevoir positivement son témoignage (v. 24).
b) Ils reconnaissent l’adresse sur le paquet
Ce que l’auteur est en train de nous montrer, c’est que les responsables juifs, a priori, reconnaissent qu’ils sont les premiers concernés par le message de Paul. C’est comme, justement, lorsque vous recevez un colis et que vous reconnaissez votre nom et votre adresse sur l’étiquette, et que l’écriture vous dit quelque chose… C’est bien pour vous !
c) L’Évangile répond à une attente millénaire
L’auteur est en train de confirmer par là que l’Évangile constitue bien la réponse tant attendue à l’espérance millénaire de l’Ancien Testament.
Depuis tant de siècles, Dieu avait promis qu’il rachèterait l’humanité (Gn 3.15), et pour ce faire, qu’il se constituerait un peuple (Gn 12.1-3), qu’il effectuerait pour ce peuple le pardon de leurs péchés (Éz 36.25-27), et qu’il donnerait à ce peuple un Roi dont le règne serait éternel (1 Ch 17.11-14), et que tout cela servirait à déployer la connaissance de Dieu dans le monde entier (Ps 2).
Et que fait Paul pendant une journée entière ? Il déclare aux responsables Juifs que tout cela se réalise en Jésus-Christ, le Messie attendu. Jésus, la descendance promise à Ève puis à Abraham, le prophète promis à Moïse (Dt 18.18), le roi promis à David, le médiateur et le prêtre annoncés par le Tabernacle. Jésus a réalisé le pardon des péchés de son peuple en mourant sur la croix pour son peuple. Il a vaincu tous les ennemis de son peuple en sortant du tombeau pour son peuple. Il a établi le règne de son peuple en montant au ciel à la droite de Dieu, au-dessus de toute la création, pour son peuple. Aujourd’hui, les hommes sont invités à se confier en Jésus pour entrer au bénéfice de tout ce qu’il a réalisé. Alors de ce deuxième point, nous devons tirer une deuxième application : avez-vous déjà considéré quelle était véritablement l’invitation de l’Évangile ? Il ne s’agit pas d’une invention du premier siècle, ni du Nouveau Testament, mais il s’agit de tout ce dont vous, et toute l’humanité, avez toujours eu besoin, et cela vous est offert en la personne de Jésus-Christ.
3. Le refus de l’Évangile est dû à un aveuglement
a) Le peuple a un problème de cœur (v. 25-27)
Mais regardons la suite. La troisième chose qui nous est montrée dans ce récit, c’est que les Juifs, bien qu’ils reconnaissent leur nom sur l’étiquette, refusent pour la plupart de recevoir le paquet (v. 25). Paul constate ce refus, et en citant une prophétie de l’Ancien Testament, il attribue cette attitude à un aveuglement irrationnel (v. 26) et à un problème de cœur (v. 27).
b) « Il doit y avoir une erreur »
Les Juifs reconnaissent leur nom sur le paquet, mais une fois ouvert, ils en refusent le contenu. Un paquet tant attendu ! Un contenu si précieux ! Une telle bonne nouvelle ! L’auteur nous montre ici que ce refus est vraiment irrationnel. C’est comme si on vous offrait un chèque à votre nom, d’1 million d’euros tirés sur le compte de Bill Gates, et que vous disiez : « Non, merci, ça ne m’intéresse pas ». Totalement irrationnel !
c) Nier l’Évangile est une attitude irrationnelle
Ces quelques versets nous montrent ici que le refus des Juifs ne tient pas au manque de crédibilité de l’Évangile, mais à leur propre aveuglement. L’invitation de l’Évangile est tellement cohérente, tellement évidente, tellement bonne, tellement bien ancrée dans toute l’histoire de l’humanité et dans toute l’histoire de la révélation et dans toute l’histoire d’Israël, que le fait de nier cette bonne nouvelle ne peut tenir qu’à des raisons vraiment profondes : « Le cœur de ce peuple est devenu insensible » (v. 27).
De ce troisième point, nous tirerons donc une troisième application. Il y a là, dans cette citation du prophète Ésaïe, une mise en garde concernant la disposition de notre cœur. À quoi notre cœur est-il le plus sensible ? Est-il sensible à la voix de Dieu, à l’invitation de l’Évangile et au règne bienveillant qu’il compte déployer dans notre vie ? Ou bien notre cœur est-il plus sensible à la voix du monde ? Ou encore à la voix de nos propres désirs ? Attention à ce que la disposition de notre cœur n’entraîne chez nous l’obstruction de nos yeux et de nos oreilles devant la parole de Dieu, Ancien et Nouveau Testaments ! Paul cite ces versets en rapport avec l’aveuglement des Juifs, mais il dit ailleurs que tout le monde est susceptible de tomber dans le même aveuglement (Ép 4.18).
4. L’espérance millénaire est offerte au monde entier
a) L’invitation est maintenant pour tous (v. 28-31)
Regardons la suite et la fin de l’histoire. Paul fait une affirmation scandaleuse, c’est que le message destiné en premier aux Juifs est également offert au monde entier (v. 28), ce qui ne manque pas de susciter une vive réaction de la part des Juifs (v. 29). Ayant fait cette déclaration solennelle, le récit se termine positivement, avec les portes grandes ouvertes sur le monde non-Juif. Mais notez bien que ce que Paul prêche aux non-Juifs consiste exactement en ce qu’il avait annoncé aux Juifs (comparez v. 31 et v. 23) !
b) La parabole des invités (Lc 14.15-24)
C’est Jésus lui-même qui nous donne l’illustration de ce point. Il raconte l’histoire d’un homme qui organise une grande fête et qui envoie son serviteur pour dire aux invités de venir, mais ceux-ci trouvent tous une excuse pour ne pas venir. Finalement, le maître dit à son serviteur d’inviter tous les gens qu’il rencontrera sur les chemins !
c) Humilité, crainte et vigilance
Ce qui est frappant, et qui nous échappe parfois, c’est que c’est le même maître, la même maison, le même serviteur, la même invitation, la même fête et le même menu. Ce n’est que la liste des convives qui change. Les derniers versets du livre des Actes nous montrent la même chose : c’est que l’invitation de l’Évangile adressée aux non-Juifs, c’est exactement la même que celle qui était adressée, en premier, aux Juifs.
Quelle application pouvons-nous tirer de ce quatrième et dernier point ? Humilité, crainte et vigilance. Humilité, car en tant que non-Juifs, si nous sommes croyants, nous avons été greffés par pure grâce et par élection souveraine à un arbre séculaire qui ne nous portait pas à
l’origine (Rm 11.18). Crainte, car c’est par la foi que nous y subsistons, et « si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, il ne t’épargnera pas non plus » (Rm 11.21). Vigilance, enfin, car nous sommes enclins, en tant que non-Juifs, à sous-estimer l’ancrage de notre espérance chrétienne dans l’Ancien Testament et donc, à cause de l’influence des philosophes grecs, des philosophes des Lumières, et plus récemment, des philosophes existentialistes, à avoir une compréhension quelque peu tronquée de ce que cela veut dire d’être un chrétien.
Conclusion
Comment peut-on résumer tout cela pour terminer ? Ce que ce texte a voulu nous montrer aujourd’hui, et en conclusion au livre des Actes, c’est que l’Ancien Testament est constitutif de la foi chrétienne. Dès le deuxième siècle, il y a quelqu’un du nom de Marcion qui est apparu, et
qui a déclaré que le Dieu cruel, légaliste, rigide de l’Ancien Testament et des Juifs avait été remplacé par le Dieu d’amour et de grâce de Jésus et du Nouveau Testament. Il a milité pour la suppression dans la Bible de l’Ancien Testament et de certaines parties du Nouveau Testament, sur cette base. Heureusement, il a rapidement été déclaré hérétique. Le problème, c’est que même si nous ne sommes pas des marcionistes dogmatiques, nous tombons parfois dans un marcionisme pratique : nous négligeons l’apport de l’Ancien Testament, nous manifestons une forme de dualisme pas du tout biblique entre le spirituel et le matériel, nous montrons parfois un visage antijudaïque, comme si la foi chrétienne s’inscrivait en opposition à la foi juive de l’Ancien Testament. J’ai pu lire récemment sur un blog hébergé par le site internet du magazine Le Monde l’affirmation suivante : « L’antijudaïsme est constitutif de l’identité de l’Église chrétienne ». Cette affirmation est représentative d’un préjugé assez commun vis-à-vis de la foi chrétienne, et qui s’explique assez facilement : ne disons-nous pas que ce sont les Juifs de l’époque qui sont responsables de la crucifixion de Jésus (Mt 27.25) ? Ne disons-nous pas que le vrai peuple de Dieu, aujourd’hui, c’est l’Église chrétienne (1 Pi 2.10) ? Mais pour autant, cela veut-il dire que la révélation du Nouveau Testament se substitue à la révélation de l’Ancien Testament, que la foi chrétienne depuis Jésus s’inscrit en opposition à la foi juive d’avant Jésus, au point où nous pourrions, aujourd’hui, nous permettre, par exemple, de posséder comme « Bible » un livre qui ne contiendrait que les écrits évangéliques et apostoliques ? La réponse à ce problème se trouve dans l’étude biblique du jeudi (Survol de l’Ancien Testament) ! Mais plus largement, dans une étude assidue de l’Ancien Testament pour mieux prendre la mesure des racines profondes et caractéristiques de la foi chrétienne. Ce texte nous a montré que l’Évangile était certifié conforme à l’Ancien Testament et qu’en tant que chrétiens, comme Paul, nous confessons l’espérance d’Israël (v. 20). « Si vous êtes à Christ, alors vous êtes la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse » (Ga 3.29).
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26.10.2009
Dieu décide, Dieu exécute (25 octobre 2009)
Actes 28 : 11 – 16
Introduction
Dieu est en mission, et sa mission consiste à se faire connaître dans tous les recoins du monde. Je ne parle pas de n’importe quel Dieu, mais je parle du Dieu qui s’est révélé dans la Bible et dans la personne de Jésus-Christ. Je parle du seul et véritable Dieu vivant, le Dieu de l’Ancien et du Nouveau Testament, le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, de Moïse, de David et des Apôtres. « La connaissance de l’Éternel remplira la terre, comme les eaux recouvrent le fond de la mer » (És 11.9). L’histoire court vers ce but. Le saviez-vous ? La portée de l’Évangile est radicale et elle est universelle. Jésus a dit : « Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations » (Mt 24.14). Voilà la prétention de l’Évangile. Il n’y a pas un centimètre-carré de toute la surface de la planète qui ne soit pas concerné par la bonne nouvelle du pardon des péchés et de la réconciliation des hommes avec leur Créateur par la foi en Jésus, sur la base de son œuvre unique et suffisante à la croix. « Allez dans le monde entier et prêchez la bonne nouvelle à toute la création » (Mc 16.15). Comment réagissez-vous à ces affirmations ? À mon avis, il y a deux réactions naturelles possibles : soit l’indignation, soit l’intimidation. L’indignation, d’une part, devant l’idée que l’Évangile ait un tel caractère expansionniste : « Les évangéliques, la secte qui veut conquérir le monde », selon le Nouvel Observateur (26/02/2004). L’intimidation, d’autre part, pour les chrétiens qui croient à la portée universelle de l’Évangile, mais qui constatent la difficulté de la tâche. « Comment l’Évangile prendra-t-il jamais racine en Corée du Nord, au Soudan, au Pakistan… ou en France ? » Dans le texte que nous avons lu, Paul arrive à Rome, où une page importante va se tourner pour la propagation de l’Évangile. La « conquête » du monde païen va commencer ! Jésus avait dit à ses disciples : « Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1.8). Au moment où cette page va se tourner, le récit des Actes va faire comprendre à tous ceux qui sont soit indignés par la prétention universelle de l’Évangile, soit intimidés par la difficulté de la tâche, que la progression de l’Évangile dans le monde entier répond au plan d’un Dieu qui est à la fois le Maître de l’histoire, et le Maître du message. L’idée que nous pourrons retenir ce matin, c’est que la mission des chrétiens s’inscrit dans la mission du Dieu souverain, qui a non seulement un plan, mais aussi les moyens de l’exécuter. Regardons comment le texte en parle.
1. Dieu est le Maître de l’histoire
a) Un contraste saisissant
Rappelons-nous que tout le chapitre précédent était occupé par des contretemps de taille au voyage de Paul à Rome : tempête, naufrage, et ensuite, au début du chapitre 28, un séjour forcé de 3 mois dans l’île de Malte (v. 11). Mais maintenant, tout d’un coup, en six versets, Paul va arriver à Rome sans aucun empêchement ! L’effet de style, et le contraste avec ce qui a précédé, est saisissant. Comme par hasard, un navire qui devait se rendre en Italie avait hiverné dans cette même île ; comme par hasard, le vent est devenu favorable (v. 13) ; comme par hasard, le voyage va aller très vite ; comme par hasard, une fois arrivé à Rome, Paul va recevoir la faveur du commandant (v. 16). Tout se passe maintenant comme sur des roulettes !
b) La providence de Dieu est manifeste
Dans cet épisode, la providence de Dieu est manifeste. L’auteur nous montre que toutes ces circonstances favorables répondent à la volonté souveraine de Dieu, comme la tempête et le naufrage dans le chapitre précédent. On ne sait pas exactement pourquoi Dieu a voulu retarder l’arrivée de Paul à Rome, mais ce qu’on peut retenir, c’est que quand c’est le bon moment, c’est le bon moment ! Dieu décide que c’est le bon moment pour Paul d’arriver à Rome, et plus rien ne peut faire obstacle à cette décision souveraine. Les portes sont grandes ouvertes.
c) Les décisions souveraines
Dans la vie, nous faisons parfois l’expérience de décisions « souveraines », des décisions qui viennent « d’en-haut », vis-à-vis desquelles nous n’avons aucun contrôle, et qui entraînent des conséquences pour notre vie. Récemment, le monde entier, en tout cas le monde sportif, attendait devant son poste de télévision ou de radio, la décision « souveraine » du CIO (Comité International Olympique) pour savoir quelle ville accueillerait les JO de 2016. Madrid ? Chicago ? Tokyo ? Et bien non, ce sera Rio de Janeiro. Déception pour les espagnols, pour les américains, pour les japonais, mais quelle bonne nouvelle pour les brésiliens. Quel choix avons-nous devant cette décision « souveraine », sinon de l’accepter ?
d) Dieu décide quand les circonstances doivent être favorables
De la même façon, ce texte nous rappelle que Dieu est le Maître de l’histoire, et c’est lui qui décide quand les circonstances doivent être favorables à la propagation de l’Évangile. L’Évangile doit être diffusé (Mt 28.19), mais tantôt Dieu met un frein à cette diffusion, tantôt il appuie sur le champignon. Rien ni personne ne peut contrecarrer sa volonté, et devant ses décisions souveraines et parfois mystérieuses, nous n’avons d’autre choix que de les attendre, et de les accepter. « Que toute la terre craigne l’Éternel ! Que tous les habitants du monde tremblent devant lui ! Car il dit, et la chose arrive ; il ordonne, et elle existe. L’Éternel renverse le conseil des nations, il anéantit les projets des peuples ; le conseil de l’Éternel subsiste à toujours, et les projets de son cœur, de génération en génération » (Ps 33.8-11).
Nous vivons dans le cadre d’un scénario dont Dieu est l’auteur. C’est cela que le texte veut rappeler dans un premier temps à tous ceux qui sont peut-être indignés à l’idée que l’Évangile doit être diffusé dans le monde entier, ou peut-être intimidés devant cette même idée. En réalité, nous devons nous incliner devant le Maître de l’histoire, celui qui décide de ce qui doit se passer, et de quand et comment cela doit se passer. Humilité, mais aussi fidélité et patience, voilà ce qu’une telle posture doit entraîner chez tous ceux qui reconnaissent que le plan de Dieu c’est de se faire connaître, par l’Évangile, dans tous les recoins du monde. Mais il y a un deuxième élément.
2. Dieu est le Maître du message
a) L’Évangile a précédé Paul
Dans le texte, nous découvrons que Paul est accueilli et encouragé, pendant le voyage, par des chrétiens qu’il rencontre sur le chemin : les chrétiens de Pouzzoles lui proposent de rester avec eux une semaine (v. 13-14), puis les chrétiens de Rome eux-mêmes vont aller au-devant de Paul pour l’accueillir (v. 15). Le texte nous montre ici quelque chose de très important et significatif, c’est que l’Évangile est arrivé en Italie, et à Rome, avant Paul. Le message a précédé le messager ! Et cela, nous dit le texte, a fortement encouragé Paul. Il a vu les fruits de l’Évangile à Rome, et il a rendu grâces à Dieu (v. 15).
b) Les fleurs et les fruits qui poussent tous seuls
Nous vivons dans une maison depuis deux ans, et nous avons un bout de terrain qui est loin d’être aménagé. Jusqu’à récemment, notre jardin ressemblait à quelque chose entre une jungle et un terrain vague. Pourtant, nous avons été très étonnés de voir pousser, une année, de magnifiques rudbéckias de plus de 2 mètres de haut que nous n’avions pas plantés ! Nous avons aussi pu, en deux ans, cueillir des framboises, des mûres, des fraises des bois, des griottes et des châtaignes, que nous n’avions pas plantés. Tous les ans, nous nous demandons ce que la nature va encore nous offrir : des courgettes ? Des melons ? Des ananas ?
c) C’est l’œuvre de Dieu, et il nous y fait participer
De la même façon, ce texte nous rappelle que Dieu est le Maître du message, et il n’a pas besoin de nous pour le diffuser, bien qu’il nous appelle solennellement à participer à son œuvre. Dans les Évangiles, Jésus est présenté comme celui qui « moissonne où il n’a pas semé, et qui récolte où il n’a pas répandu ». Ce n’est pas pour dire qu’il n’est pas l’auteur de cette semence, mais c’est pour dire qu’il est le Maître de la moisson, en tout temps et en tout lieu. Jésus convoque ses disciples et les envoie dans le monde entier moissonner son champ : « La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le Seigneur de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson » (Mt 9.37-38).
Nous vivons donc dans le cadre d’un scénario dont Dieu est l’auteur, mais nous vivons aussi dans le cadre d’un domaine dont Dieu est le propriétaire. Cela aussi, le texte veut le rappeler à tous ceux qui sont soit indignés à l’idée que l’Évangile doit être diffusé dans le monde entier, soit intimidés devant cette même idée. Le Maître du message nous invite à participer à son œuvre. Ce que nous annonçons, c’est sa Parole. L’invitation de l’Évangile, c’est son invitation. La mission chrétienne, c’est sa mission. Voilà pourquoi Paul a été encouragé en approchant de Rome : il a pu constater que l’œuvre a laquelle il était appelé, c’était l’œuvre de Dieu, et que Dieu non seulement avait un plan, mais qu’il avait aussi les moyens et le pouvoir de le mettre à exécution. Quel soulagement et quelle assurance pour Paul !
Conclusion
Et vous ce matin, comment réagissez-vous à l’affirmation de la Bible selon laquelle l’intention de Dieu, du Dieu de la Bible et de Jésus-Christ, c’est de se faire connaître par l’Évangile dans tous les recoins du monde ? Même en Corée du Nord, même au Soudan, même au Pakistan, même chez les tribus les plus reculées d’Amazonie, et même en France. Est-ce que cela vous choque ? C’est vrai que ce n’est pas très œcuméniquement correct, ni très tolérant des autres religions et des autres cultures. Ou bien êtes-vous intimidés devant l’ampleur de la tâche ? C’est vrai que le message de l’Évangile est subversif, et que toute l’histoire nous montre à quel genre d’opposition, et à quel genre de découragement, les chrétiens ont dû faire face. Mais ce texte nous a rappelés, d’une part que Dieu est le Maître de l’histoire, et c’est lui qui décide quand les circonstances doivent être favorables à la propagation de l’Évangile ; d’autre part, que Dieu est le Maître du message, et il n’a pas besoin de nous pour le diffuser, bien qu’il nous appelle solennellement à participer à son œuvre. Tout cela pour que nous puissions retenir l’idée suivante, en fin de compte : c’est que la mission des chrétiens s’inscrit dans la mission du Dieu souverain, qui a non seulement un plan, mais aussi les moyens de l’exécuter. Dans le livre de l’Apocalypse, Jésus est présenté comme « le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre et personne ne fermera, celui qui ferme et personne n’ouvrira » (Ap 3.7). Nous disions en introduction que la portée de l’Évangile était radicale et universelle. Il n’y a pas un centimètre-carré de toute la surface de la planète qui ne soit pas concerné par la bonne nouvelle du pardon des péchés et de la réconciliation des hommes avec leur Créateur par la foi en Jésus, sur la base de son œuvre unique et suffisante à la croix. Cela inclut votre cœur, votre vie personnelle à vous aussi. Alors quelle est votre relation à Jésus-Christ ? Quelle est votre relation à celui qui a donné sa vie pour vous, pour que vous puissiez être pardonné de vos péchés et réconcilié, pour l’éternité, avec Dieu votre Créateur ? Est-ce aujourd’hui, le moment que Dieu a déterminé d’avance, pour que vous vous confiiez en lui ? Est-ce aujourd’hui, le jour que Dieu a déterminé d’avance, pour que l’Évangile éclose dans votre cœur et commence à porter du fruit pour sa gloire ? « Nous vous exhortons à ne pas recevoir la grâce de Dieu en vain. Car il dit : Au temps favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru. Voici maintenant le temps vraiment favorable, voici maintenant le jour du salut » (2 Co 6.1-2).
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19.10.2009
Dieu conforte l'appel de son Apôtre (18 octobre 2009)
Actes 28 : 1 – 10
Introduction
« Saint Paul était misogyne, antisémite, intolérant, colérique, complètement illuminé, arrogant, et très désagréable. Il fut l’inventeur malin d’un christianisme différent de celui des Évangiles. C’était un homme dont le prosélytisme hystérique lui a valu d’être chassé partout où il allait. C’est quelqu’un qui a su, par ambition personnelle, retourner sa veste quand il le fallait, et qui a attiré sur tout le christianisme une bien mauvaise image. » N’est-ce pas là, souvent, le regard que notre culture post-chrétienne porte sur cet apôtre controversé ? Vous-mêmes, parfois, je suis sûr que vous lisez certains passages du Nouveau Testament écrits de la main de l’apôtre Paul, qui condamnent sans appel les pratiques homosexuelles, le concubinage, l’impudicité, le féminisme, et vous vous dites : « Mais c’est pas possible d’être aussi intolérant ! C’est d’un autre temps tout ça ! ». L’apôtre Paul, en tout cas, était déjà décrié de son propre temps, même par certains croyants (1 Co 9.2-3 ; Ga 4.16-17 ; 2 Tm 1.15…). Et c’est en partie pour cette raison que l’auteur nous raconte ce nouvel épisode dans les pérégrinations de Paul en Mer Méditerranée. Dans le récit, Paul est sur le point d’arriver à Rome, où le livre des Actes va se terminer, mais où une nouvelle ère va commencer pour la propagation de l’Évangile. Au moment d’entrer dans cette nouvelle ère, comme en préambule, l’auteur va raconter comment Dieu, de manière providentielle, a voulu conforter l’appel de son apôtre Paul. Ce texte s’adresse particulièrement à tous ceux qui ont du mal à accepter certains enseignements du Nouveau Testament (dont une grande partie est due au ministère de Paul). L’idée à retenir est celle-ci : un cœur bien disposé doit s’incliner devant l’enseignement de l’Écriture sainte, car celle-ci nous vient de la part d’un Roi suprême et bon. Voyons comment cette idée est développée dans le texte.
1. Une population bien disposée (v. 1, 2, 4, 6, 7, 10)
a) L’auteur décrit la gentillesse des barbares
La première chose que fait l’auteur, c’est de nous surprendre. Les passagers du navire se sont échoués sur l’île de Malte, et là, les habitants sont très gentils avec eux. Ce sont des étrangers, d’une culture et d’une langue différentes, mais ils font preuve de bienveillance (v. 2), de sollicitude (v. 2, 6), d’un certain sens moral (et d’un sens du divin, v. 4), et d’une grande reconnaissance (v. 10). Il faut se souvenir que Paul, jusque là, partout où il est allé, a surtout subi la persécution et les épreuves. Alors c’est une bonne surprise ! L’auteur est en train de décrire ces barbares sous leur plus beau jour, pour montrer que leur cœur est bien disposé.
b) Quand la terre est meuble
Ce petit épisode constitue un genre de « teaser » (un petit extrait qui est censé vous donner envie d’assister à la suite). Ces barbares représentent la population qui est sur le point d’être particulièrement concernée par la propagation de l’Évangile dans cette nouvelle ère. Ce petit teaser sert à nous donner un sentiment enthousiaste d’anticipation à l’idée de ce qui doit se passer dans la suite de l’histoire. Ce teaser nous montre une terre qui est prête à recevoir la semence de l’Évangile. Une terre meuble, souple, fertile. Des cœurs bien disposés.
c) Notre cœur est-il bien disposé ?
La leçon à tirer de ce premier point, c’est que la Parole de Dieu prend racine là où les cœurs sont prêts à la recevoir. Dans quel état est votre cœur ? À moins que nous soyons juifs, grecs ou romains, cette population barbare nous représente nous aussi. C’est nous qui sommes concernés par cette nouvelle avancée de l’Évangile. Mais notre cœur est-il devenu hautain et insensible ? La terre est-elle devenue toute sèche et dure ? Comment votre cœur est-il disposé, au moment où vous ouvrez la Bible pour la lire, et quel accueil allez-vous réserver à ces passages qui dérangent, qui contredisent votre sagesse toute humaine et qui menacent votre autonomie et peut-être le confort de votre vie ?
La Parole de Dieu prend racine là où les cœurs sont prêts à la recevoir. Mais ce n’est pas nous qui pouvons préparer le terrain : c’est Dieu qui assouplit les cœurs par son Esprit. C’est pourquoi nous pouvons prier avec le psalmiste : « Incline mon cœur vers tes préceptes et non vers le gain ! » (Ps 119.36). Le premier point à retenir, pour ceux qui ont du mal à accepter certains enseignements de la Bible, c’est donc l’importance d’avoir un cœur bien disposé ; le deuxième point, nous le voyons dans la suite du texte.
2. L’autorité de Paul appuyée (v. 5, 6, 8, 9)
a) Les miracles confortent l’autorité apostolique de Paul
Les naufragés ont donc été très bien accueillis par les habitants de l’île. Mais voilà qu’il se passe un événement curieux qui va vraiment marquer les esprits (v. 5-6) : Paul se fait mordre par une vipère, mais rien de mal ne lui arrive. Les barbares sont très impressionnés. Ensuite, le texte raconte comment Paul a commencé à guérir les malades de l’île, d’abord le père de Publius, jusqu’au dernier (v. 8-9). Remarquez que Luc est avec Paul, que c’est Luc le médecin, mais que c’est à Paul qu’est accordé le don de pouvoir guérir les malades ! Cela pour une raison toute simple : c’est que le don de pouvoir accomplir ce genre de miracle était donné par Dieu à des gens particuliers pour un but particulier.
Les miracles servaient à appuyer, à renforcer, à « surligner » l’enseignement apostolique ; c’est pourquoi le don d’opérer des miracles (notamment des guérisons) est souvent donné aux apôtres, dans le livre des Actes, pour manifester l’autorité dont ils sont investis pour l’accomplissement de leur mandat particulier, qui est la proclamation et la diffusion des vérités aujourd’hui contenues dans le Nouveau Testament. Parlant de la diffusion de l’Évangile dans les premiers temps de l’ère chrétienne, Jésus avait justement dit : « Voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : En mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents ; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris » (Mc 16.17-18).
b) Le tampon sur le document
Vous avez sans doute déjà reçu un document officiel, par exemple de la Préfecture. Vous savez que ce document fait autorité à cause du tampon qui se trouve dessus. Mais ce n’est pas le tampon qui doit retenir l’attention : c’est le contenu de ce document. Le tampon sert à authentifier les informations contenues dans le document. De même, lorsque vous lisez un livre scientifique, il y a souvent, au dos du livre, une petite biographie de l’auteur mentionnant son expérience et ses diplômes. Mais ce n’est pas cela qui est important : c’est le contenu du livre. Mais la petite biographie sert à appuyer l’autorité et la crédibilité des thèses contenues dans le livre. De la même façon, les miracles accomplis par les apôtres ont une utilité précise : c’est d’appuyer l’autorité que Dieu leur a donnée, et d’authentifier leurs enseignements.
c) Quelle autorité reconnaissons-nous à l’Écriture ?
La leçon à tirer de ce deuxième point, c’est donc que l’autorité des enseignements de l’Écriture est attestée par Dieu. La Bible n’est pas un document anodin, à mettre sur la même étagère que le dernier best-seller de chez Gallimard. Même les meilleures encyclopédies ne portent pas sur elles le tampon de Dieu. Mais la Bible oui. Ceci nous fait donc poser une question : nous sommes prompts à croire et à accepter ce que nous trouvons dans le Petit Larousse et dans Wikipédia, mais sommes-nous encore plus prompts à croire et à accepter ce que nous lisons dans la Parole de Dieu ?
L’autorité des enseignements de l’Écriture est attestée par Dieu. Si nous avons du mal à accepter certains enseignements de la Bible, à nous
de prendre le temps de considérer par quels moyens absolument uniques et extraordinaires Dieu a authentifié sa Parole. La Bible porte le tampon de Dieu ! Les miracles opérés par Paul révèlent donc aux yeux de ces barbares l’autorité dont il est investi par Dieu, et ces miracles sont censés pointer vers le « contenu » du ministère de Paul : son témoignage à l’Évangile. Et justement, les miracles accomplis dans ce texte sont très significatifs.
3. Des miracles significatifs (v. 3, 5, 6, 8, 9)
a) Jésus manifeste sa suprématie
Il faut comprendre que si ces gens sont appelés des « barbares », ce n’est pas parce qu’ils sont incivilisés, c’est tout simplement parce qu’ils ne parlent ni le grec, ni le latin, qui sont les langues communes de l’époque. Vous voyez pourquoi il est si important que le témoignage à l’Évangile passe par des prodiges concrets et visibles. Les barbares observent ces choses et en tirent des enseignements concernant la nature du message véhiculé par les chrétiens. Et les miracles qui sont mentionnés sont très significatifs. D’abord, l’invulnérabilité de Paul face à la vipère pointe vers la suprématie toute divine de Jésus sur l’ordre de la nature (cf. v. 6), sur toute la création, même sur les plus vils et les plus dangereux animaux, même sur le diable, même sur la mort. Cette suprématie, la Bible nous explique qu’il l’a gagnée en mourant lui-même sur
la croix pour les péchés de tous ceux qui se confient en lui, et en ressuscitant pour eux : « Il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Ph 2.8-9). Jésus a vaincu tous les ennemis, et il règne sur la création toute entière.
b) Jésus manifeste sa bonté
L’autre miracle qui est mentionné, c’est la guérison des malades. Ce miracle pointe vers la bonté et la sollicitude de Jésus envers nous. Jésus est un Roi suprême, mais son règne est bienveillant : il compatit à nos souffrances, il compte nous délivrer de la mort, il veut nous consoler, nous redresser et nous faire du bien, et en fin de compte, il essuiera toute larme de nos yeux (Ap 21.4). Voilà comment Dieu, à travers ces miracles, appuie et illustre le message véhiculé par son apôtre. Le règne du Messie est suprême et bienveillant.
c) Des cadeaux diplomatiques
Imaginez que vous êtes un explorateur au service d’un pays puissant, et que vous débarquez avec tout votre équipage sur un territoire inconnu, et que vous faites la connaissance des indigènes. Impossible de communiquer avec eux par le langage. Alors vous leur offrez sans doute des cadeaux, pour leur manifester vos intentions pacifiques. Mais pas n’importe quels cadeaux : pas des fusils qu’ils pourraient utiliser pour se faire du mal, pas des noix de coco dont ils n’ont pas besoin parce qu’elles poussent déjà à foison sur leur territoire, pas des manteaux de fourrure alors qu’ils vivent dans un pays tropical, mais plutôt des choses qui vont leur faire du bien, et dont ils ont vraiment besoin.
d) L’Écriture nous vient de la part du Seigneur de l’univers
De la même façon, les miracles qui ont accompagné le ministère de Paul pointent vers les intentions de Dieu envers nous. Ces miracles sont censés montrer à quoi ressemble le royaume de Dieu. Lorsque Jésus a envoyé les soixante-dix disciples en mission, il leur a donné le pouvoir de guérir les malades, et il leur a expliqué : « Guérissez les malades qui se trouveront dans la ville, et dites-leur : Le royaume de Dieu s’est approché de vous » (Lc 10.9). Les apôtres annoncent la venue de ce royaume, et l’établissement du règne de Jésus par sa mort, sa résurrection et son ascension auprès du Père, et les miracles qui accompagnent ou qui précèdent cette proclamation montrent que ce Seigneur tout-puissant veut notre bien.
Voici donc la troisième leçon à tirer de ce texte : l’Écriture sainte provient d’un Roi suprême et bienveillant. Si nous avons du mal à accepter certains enseignements de la Bible, il faut que nous nous posions la question suivante, une question désagréable mais nécessaire : qui suis-je pour discutailler avec le Roi des rois qui a manifesté sa bienveillance envers moi ? Non seulement a-t-il appuyé ces enseignements par des miracles significatifs qui me parlent de tout le bien qu’il me veut, mais ce Roi a tant aimé ses sujets qu’il a donné sa vie pour nous, il a vaincu à lui seul tous nos ennemis, et il veut partager avec nous cette victoire.
Conclusion
Pour terminer : nous avons donc pu voir dans ce texte qu’un cœur bien disposé doit s’incliner devant l’enseignement de l’Écriture sainte, car celle-ci nous vient de la part d’un Roi suprême et bon. Cette leçon nous est donnée en préambule à une nouvelle ère pour la propagation de l’Évangile, une ère qui nous concerne particulièrement puisque c’est nous, les « barbares », les païens dont Paul, particulièrement, est l’apôtre. Le chapitre précédent nous a tenus en haleine. On a senti qu’il y avait un bouleversement qui était en train de s’opérer. Jusque là, tout le livre des Actes a raconté le tiraillement entre Juifs et païens vis-à-vis de l’Évangile. On a appris que Paul avait été envoyé « vers les païens », et on attend que l’Évangile arrive, depuis la capitale des Juifs, Jérusalem, où l’histoire a commencé, à la capitale des païens, le siège du pouvoir de
l’époque : Rome. Tout le livre des Actes raconte ce mouvement, ce déplacement du centre de gravité du christianisme. D’énormes changements sont en train de survenir : l’apothéose de ce bouleversement sera, plus tard, la destruction de Jérusalem et du Temple des Juifs par les forces romaines en l’an 70. Mais dans notre texte, Paul est sur le point d’arriver à Rome pour inaugurer cette nouvelle ère, et au moment d’y entrer, dans le vestibule si j’ose dire, Dieu choisit de conforter l’appel de Paul, de lui renouveler sa confiance en quelque sorte, et de l’encourager dans le mandat qu’il lui a confié. À nous aujourd’hui de considérer la disposition de notre cœur à recevoir les enseignements de la Parole de Dieu, de considérer la façon dont Dieu lui-même a attesté les enseignements de l’Écriture sainte, et de considérer que les intentions du Roi suprême, pour le règne qu’il compte déployer dans notre vie par sa Parole, sont bonnes.
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