26.05.2009
S'intéresser en vain à l'Évangile (24 mai 2009)
Actes 24 : 24 – 27
Introduction
Nous tous, ce matin, nous avons au moins un point commun : nous aurons passé une heure et demie au même endroit, à faire globalement les mêmes choses : à chanter les mêmes chants, à dire amen aux mêmes prières, à entendre le même message, et même à manger le même pain et à boire la même coupe. Quelle chance et quel privilège que de pouvoir faire cela librement, dimanche après dimanche. Mais quel est, et quel sera, l’effet de ce culte dans votre vie quotidienne ? Si vous êtes présent dans ce lieu ce matin, cela veut probablement dire que vous vous
dites chrétien. Vous vous intéressez, au moins un peu, au message de l’Évangile et à la Parole de Dieu. Mais pourquoi ? Pourquoi vous intéressez-vous à l’Évangile ? Et qu’est-ce que cela change pour vous d’entendre la Parole de Dieu ? Le texte de ce matin nous parle de quelqu’un qui s’est beaucoup intéressé à l’Évangile, mais en vain. C’est l’histoire du gouverneur Félix ; et l’auteur nous raconte cette histoire quelque peu négative pour nous mettre en garde, justement, contre ce danger : celui de nous intéresser en vain à l’Évangile. L’auteur va nous montrer que toutes les conditions extérieurement favorables possibles ne garantissent pas notre réceptivité à l’Évangile ni l’effet bénéfique de ce message dans notre vie. L’auteur veut inciter son lecteur à l’examen de soi, car le problème fondamental auquel nous devons faire face, nous le verrons, c’est celui de nos motivations.
1. Les conditions favorables ne garantissent rien
a) Les conditions favorables pour Félix
Paul est prisonnier à Césarée, mais les conditions de son emprisonnement sont souples. Et il y a une relation qui va s’établir entre Paul et le gouverneur romain, Félix. Celui-ci a un accès privilégié au message de l’Évangile et à la Parole de Dieu : sa femme Drusille est juive, Paul est à sa disposition 24h/24, il l’écoute au sujet de la foi en Christ et peut lui poser toutes les questions imaginables, cela fréquemment, et pendant longtemps. Mais au bout des deux ans, rien n’a changé chez Félix. Son intérêt pour l’Évangile a été vain, en dépit de conditions très favorables. Manifestement, il y a un problème quelque part !
b) Le lait frelaté
On a beau réunir toutes les conditions les plus favorables possibles, parfois il y a un problème plus fondamental, qui n’est pas apparent. Il y a quelque temps, Candia a rappelé des briques de lait frelaté, à cause d’un problème de stérilité des machines de fabrication. C’était le même weekend que notre dernier repas d’église, à la suite duquel plusieurs personnes ont eu des troubles digestifs pendant la nuit et le lendemain matin. Les conditions du repas, pourtant, semblaient parfaites : qualité des ingrédients, qualité des plats, confort, compagnie agréable… mais cela ne garantissait pas l’absence d’un problème plus fondamental.
c) Ne pas s’arrêter aux conditions favorables
Les conditions favorables ne garantissent rien. C’est ce que l’auteur veut nous montrer dans un premier temps. Vous venez peut-être à l’église tous les dimanches ; vous vous intéressez intellectuellement à la Bible ; vous avez été baptisé et vous participez à la Sainte-Cène ; vous appréciez la compagnie des frères et sœurs chrétiens ; et peut-être même que vous êtes ami avec le pasteur (peut-être même êtes-vous le pasteur !)… mais saviez-vous que toutes ces conditions favorables et privilégiées ne garantissaient pas votre réceptivité à l’Évangile ni l’effet bénéfique de la Parole de Dieu dans votre vie ?
L’auteur appelle dans un premier temps à la prudence et à la lucidité. Un emballage de qualité, et une marque
réputée, ne garantissent pas que le lait à l’intérieur n’est pas frelaté. Alors prenons un peu de recul, mettons de côté toutes ces conditions extérieures privilégiées, et amenons le lait au laboratoire, ou plutôt notre cœur, et posons-nous la question que ce texte nous fait poser, et qui est celle de nos motivations.
2. Le problème des motivations
a) Les intérêts de Félix
Le texte nous explique en effet quel était le problème chez Félix. C’était, clairement, un problème de motivations. Il s’intéressait beaucoup à l’Évangile, et il valorisait sa relation privilégiée avec Paul, seulement parce qu’il espérait que
Paul (ou les chrétiens) lui proposerait de l’argent en échange de sa libération. Félix est motivé par ses intérêts personnels, ce qui est confirmé par la suite, lorsque le texte nous dit qu’il laisse Paul en prison parce que, en tant que politicien, il veut plaire aux Juifs.
b) Filtrer les résultats sportifs
Nos motivations profondes agissent comme un filtre qui conditionne notre réceptivité à la Parole de Dieu. Quand on écoute les résultats sportifs à la radio, on ne retient que les résultats qui concernent notre équipe ou le classement de notre équipe. On oublie très vite les autres résultats. Pourquoi ? Parce que notre égocentrisme sportif agit comme un filtre vis-à-vis de ces informations. Tandis que si on n’était pas égocentrique mais, disons, « fooballo-centrique », on se passionnerait pour tous les résultats, et pas seulement pour les résultats mais aussi pour les actions, les incidents de match, les stratégies de jeu, etc.
c) Symptômes de notre égocentrisme
Vous voyez que le problème est un problème d’égocentrisme : le souci que nous avons de notre intérêt personnel, souvent inconsciemment mais en tout cas naturellement, Alors quelles sont nos motivations profondes à l’écoute de la Parole de Dieu ? C’est la question que je posais en introduction : pourquoi vous intéressez-vous à l’Évangile ? Pourquoi venez-vous à l’église ? Est-ce pour vous donner bonne conscience ? Est-ce pour vous donner une bonne image ? Est-ce un besoin de sociabilité ? Est-ce pour plaire à quelqu’un en particulier ? Le problème de toutes ces motivations égocentriques, c’est qu’elles filtrent la Parole de Dieu.
Alors que le message de l’Évangile n’est pas destiné à flatter notre égocentrisme, mais plutôt à le pulvériser. L’Évangile nous parle de notre péché profond et de notre incapacité profonde à avoir les bonnes motivations et à faire les bons choix. Mais Dieu a manifesté son amour inconditionnel, en prenant sur lui le poids de notre péché en la
personne de Jésus, qui a payé le prix de notre délivrance à la croix. Se confier en Jésus pour le pardon de nos péchés, et maintenir en même temps des motivations égocentriques, c’est une profonde contradiction. C’est incompatible. Jésus nous a sauvés pour remettre au centre de notre vie ce que nous n’aurions jamais dû rejeter : Dieu lui-même. Jésus veut remplacer notre intérêt et notre passion pour nous-mêmes par un intérêt et une passion pour Dieu. Tout comme nos motivations profondes, qu’elles soient fondées sur notre amour de notre équipe ou sur notre amour du sport, conditionnent notre écoute et notre appréciation des résultats sportifs, de même nos motivations profondes, qu’elles soient fondées sur notre amour pour nous-mêmes ou sur notre amour pour Dieu, conditionnent notre écoute et notre appréciation de la Parole de Dieu. Et c’est ce que le reste de l’histoire nous montre au sujet de Félix.
3. L’effet de la Parole est parfois négatif
a) L’effet de la Parole sur Félix
Le texte raconte que Paul, tout en exposant la Parole de Dieu à Félix, lui parle des exigences de la sainteté de Dieu et du jugement à venir auquel tous les hommes seront soumis. Mais cela dérange profondément Félix (v. 25). Pourquoi ? Parce qu’il comprend que recevoir l’Évangile implique le fait de renoncer à son autonomie et d’accepter que Dieu veuille corriger ses défauts. Mais Félix tient trop à ses défauts. Il a bâti son pouvoir sur une cruauté notoire. Il mène une vie licencieuse qui lui convient bien. Alors en entendant Paul parler de justice, de maîtrise de soi et de jugement, Félix préfère changer de sujet, trouver un prétexte pour mettre un terme à la conversation, et la remettre à plus tard.
b) Le soufflé ou les crêpes
Étrange, non, que la Parole de Dieu, exposée par l’apôtre Paul en personne, produise un effet aussi négatif… On se serait attendu à quelque chose d’autre. Mais dans la vie, les mêmes ingrédients produisent parfois des effets très différents : qu’est-ce qu’on peut faire, par exemple, avec du beurre, de la farine, du lait et des œufs ? On peut faire soit un soufflé, soit des crêpes. Et pourtant ce sont exactement les mêmes ingrédients.
c) La Parole de Dieu est une épée à double tranchant
La Parole de Dieu aussi, c’est la même pour tout le monde. C’est la même Parole (le même message, les mêmes ingrédients) que Paul a annoncée à Chypre, à Antioche, à Iconium, à Lystre, à Derbe, en Syrie, en Cilicie, en Macédoine, en Grèce, bref, partout où il est allé, et où de nombreuses personnes ont été converties et de nombreuses églises ont été établies. Mais sous l’effet de cette même Parole, de nombreuses autres personnes ont froncé les sourcils, se sont bouché les oreilles, se sont endurcies et parfois même ont attaqué le témoignage chrétien. La Parole de Dieu est une épée à double tranchant qui pénètre là où ça dérange, et qui révèle les dispositions de notre cœur, dans un sens ou dans l’autre.
L’auteur nous montre à travers cette histoire, que la parole de Dieu est efficace, c’est-à-dire qu’elle produit de toute façon un effet, qu’il soit positif ou négatif. L’invitation qui nous est faite, évidemment, c’est que nous nous examinions nous-mêmes, que nous considérions nos motivations profondes, et que nous nous laissions éprouver par cette Parole. La parole de Dieu est vivante et efficace, plus acérée qu’aucune épée à double tranchant ; elle pénètre jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle est juge des sentiments et des pensées du cœur. Il n’y a aucune créature qui soit invisible devant [Dieu] : tout est mis à nu et terrassé aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte (Hé 4.12-13).
Conclusion
Je terminerai en posant une question toute simple : est-ce que vous ressemblez plutôt à un soufflé, ou plutôt à une crêpe ? Nous tous, nous sommes au bénéfice des mêmes ingrédients : la Parole de Dieu, la prière, le culte, les sacrements, la communion fraternelle… Mais la recette, elle, est conditionnée par nos motivations profondes. Pourquoi vous intéressez-vous à l’Évangile ? Pourquoi venez-vous au culte ? Est-ce par intérêt personnel, en cherchant ce que vous pouvez en retirer pour votre confort et votre bien-être ? Ou bien est-ce par intérêt pour Dieu lui-même, qui est le premier et le dernier (Ap 1.8), de qui, par qui et pour qui sont toutes choses (Rm 11.36), en vous demandant comment vous pouvez mieux connaître, et mieux servir celui qui vous a sauvé par pur amour et à grand prix ? L’Évangile en effet, nous parle de l’œuvre de grâce que Dieu a accomplie pour nous, de sa propre initiative, pour nous racheter de nos fautes et pour nous restaurer. Dieu pulvérise notre égocentrisme. Dieu compte maintenant nous transformer par la puissance du Saint-Esprit, sous l’effet de sa Parole, tout au long de notre vie chrétienne.
Prions donc le Seigneur de sanctifier nos motivations profondes ; qu’en plus du privilège que nous avons de pouvoir étudier librement sa Parole, celle-ci puisse avoir un effet bénéfique dans notre vie ; qu’au lieu de ressembler à des crêpes, nous accueillions le souffle vivifiant du Saint-Esprit qui fait lever en nous la pâte, et qui permettra que nous ne nous intéressions pas à l’Évangile en vain, mais que nous portions du fruit à la gloire de notre Créateur et que nous trouvions en lui notre bonheur éternel !
11:01 Publié dans Prédications | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bible, prédication, calvinisme, endurcissement, motivations
15.04.2009
Avoir peur de Jésus (12 avril 2009)
Matthieu 28 : 1 – 10
Introduction
« A Pâques, les ventes de chocolat sont passées de 14.400 tonnes en 2006 à 12.700 tonnes deux ans plus tard […].Cette année, la consommation de Pâques devrait encore baisser à 12.500 tonnes, prédit Florence Pradier, secrétaire générale du Syndicat [du Chocolat]. […] [Selon Thierry Desouches, porte-parole de Système U,] Pâques, c'est comme Noël, une fête pour les enfants, ce qui nous laisse espérer que les consommateurs auront une attitude de consommation moins prudente […]. » Voilà ce que l’Agence France-Presse a jugé bon de nous communiquer ce weekend, à l’occasion de la fête de Pâques 2009. C’est dire que la commémoration de la résurrection de Jésus-Christ ne rencontre guère que l’indifférence, de nos jours, dans notre société. Mais quels étaient nos sentiments ce matin en nous levant et en nous préparant pour venir à l’église ? Étaient-ils si éloignés que ça de l’indifférence générale que nous constatons tout autour de nous ? Était-ce pour nous ce matin, un dimanche comme un autre, ou une fête de Pâques comme une autre, telle qu’on a l’habitude d’en avoir une fois par an, toujours autour du début du printemps, avec le même chocolat, la même chasse aux œufs, le même lundi férié ? Peut-être même que la foi chrétienne, en général, est pour vous une simple habitude, ou une curiosité que vous observez avec un certain recul et une certaine passivité. Il me semble qu’il y a un vrai et profond décalage entre l’événement extraordinaire de la résurrection de Jésus, et la façon dont la plupart d’entre nous réagissons vis-à-vis de cette information. Le texte de ce matin, en effet, va nous montrer que la résurrection de Jésus ne peut laisser personne indifférent ; qu’elle doit nous faire frémir de terreur d’abord et de joie ensuite ; et qu’elle a le potentiel de bouleverser notre rapport à Dieu et notre vie toute entière.
1. Un événement terrifiant (v. 1 – 4)
a) Les gardes sont terrorisés
Matthieu raconte que les deux Maries (M&Ms) se rendent de très bonne heure au tombeau de Jésus. Elles ne sont pas encore arrivées que soudain il se passe quelque chose d’extraordinaire et de terrifiant. Un grand tremblement de terre. Un être céleste qui descend du firmament. Une force extraordinaire déployée pour rouler de devant l’entrée du tombeau la pierre massive qui en bouchait l’entrée. Et l’ange victorieux de s’asseoir sur l’objet de sa conquête, et de briller de tous ses feux éblouissants et de ses vêtements blancs comme la neige. Et les gardes qui devaient surveiller le tombeau sont pétrifiés, terrorisés, morts de peur.
b) Description des gardes
Matthieu est en train de nous parler d’un événement terrifiant. Ces gardes, ce ne sont pas des surveillants de stades de foot. Ce sont des soldats romains armés et entraînés pour le combat. D’après un historien grec de cette époque (Polybe), on peut savoir précisément de quoi ils avaient l’air : ils sont armés d’une épée, d’un ou deux javelots, d’un grand bouclier, d’un casque, et parfois d’une armure complète. Ils étaient
vraisemblablement au minimum une quinzaine de gardes. Assez pour faire une équipe de Rugby : le XV de Rome. Imaginez ces grands gaillards, les All Blacks de l’époque, effondrés par terre en train de gémir, de trembler de peur et d’appeler leur maman à l’aide.
c) Jésus manifeste sa suprématie
Matthieu commence tout juste, ainsi, son compte-rendu de la résurrection de Jésus. Il veut nous montrer que la suprématie de Jésus, manifestée par sa victoire sur la mort, doit nous terrifier. Dites-moi : quel genre de puissance est capable de vaincre la mort ? La puissance d’un char d’assaut ? La puissance d’une bombe nucléaire ? La puissance du soleil ou du Big Bang ou de toute l’énergie de l’univers serait-elle suffisante pour vaincre la mort ? Non. Impossible. Mais si devant de tels déploiements de puissance nous serions tous ici absolument épouvantés, alors quelle serait notre réaction face à une puissance infiniment supérieure à toutes celles-là, une puissance capable de vaincre la mort ?
Le tremblement de terre, l’ange resplendissant qui descend du ciel et qui roule la pierre de devant le tombeau vide et qui s’assoit dessus, c’est l’annonce de la victoire de Jésus sur l’ennemi ultime qu’est la mort, et c’est la manifestation de sa suprématie sur tout l’univers. Et nous, à Pâques, nous parlons de chocolat, de chasse aux œufs, et de lundi férié. Nous avons banalisé la résurrection de Jésus alors même qu’elle devrait nous faire peur. C’est comme ça en tout cas que Matthieu commence son récit de la résurrection. Mais il ne s’arrête pas là, et heureusement pour nous.
2. Une alternative à la terreur (v. 5 – 7)
a) L’ange rassure les femmes
Ayant parlé de la terreur des gardes, Matthieu va dresser un contraste saisissant. L’ange prit la parole et dit aux femmes : Pour vous, n’ayez pas peur, car je sais que vous cherchez Jésus, le crucifié (v. 5). L’ange dit aux femmes qu’elles ne doivent pas avoir peur. Il connaît leurs motivations, et la sollicitude qu’elles éprouvaient pour Jésus. Il leur donne une explication pour cette situation spectaculaire en leur expliquant que Jésus est revenu à la vie. Il leur dit que Jésus veut les revoir, ainsi que les disciples. L’ange leur parle du lien d’affection qui existait, et qui existe encore entre Jésus et elles et les disciples. L’ange leur fait comprendre que celui qui est ressuscité, et qui a une puissance telle qu’il a vaincu la mort, est leur ami.
b) Aslan est dangereux. Mais il est bon.
Dans le premier volet des Chroniques de Narnia, Susan et Lucy discutent avec M. et Mme Castor au sujet de leur rencontre prochaine avec le lion Aslan. Susan se demande :
- N’est-il pas…dangereux ? Cela me fera plutôt peur de rencontrer un lion…
- Tu auras certainement peur, ma mignonne, c’est sûr ! dit Mme Castor. S’il existe des gens qui peuvent se présenter devant Aslan sans que leurs genoux tremblent, ils sont soit plus courageux que les autres, soit tout simplement stupides.
- Alors, il est dangereux ? dit Lucy.
- Dangereux ? reprit M. Castor. Vous n’avez donc pas entendu ce qu’a dit madame Castor ? Dangereux ? Evidemment qu’il est dangereux. Mais il est bon.
c) Jésus est ressuscité pour nous
Jésus aussi est dangereux. Parce que sa puissance dépasse tout ce que nous pourrions imaginer. Mais Jésus est bon. Il aime ses disciples. Ce que Matthieu est en train de nous montrer ici, c’est que oui, Jésus est ressuscité ; oui, il est sorti victorieux du combat suprême ; oui, il a vaincu l’ennemi ultime qu’est la mort ; mais il l’a fait pour nous. Il l’a fait pour tous ceux qui renoncent à leur propre autonomie, qui confessent leurs péchés et qui s’en remettent totalement à lui dans la confiance. D’où la parole de l’ange : Pour vous, n’ayez pas peur…
À ce stade du récit, il y a un contraste incroyable : d’un côté une quinzaine de grands gaillards armés jusqu’aux dents qui tremblent de peur, à un tel point qu’ils ne peuvent même pas ouvrir la bouche pour émettre un son ; de l’autre côté, deux femmes vulnérables, endeuillées, dubitatives, auxquelles l’ange dit : Vous, n’ayez pas peur. Sommes-nous prêts à ressembler à ces femmes, dans leur vulnérabilité, dans leur fragilité, mais dans l’affection qu’elles portent pour Jésus ? Ou préférons-nous ressembler aux gardes costauds et virils, tout équipés pour empêcher Jésus de sortir de son tombeau et de se mêler de notre vie privée ? Confrontés à la suprématie de Jésus, les gardes ont tremblé de peur. Les femmes aussi ont tremblé de peur, mais elles, elles ont reçu une parole de réconfort, et l’assurance que Jésus les aimait. Et cela a eu chez elles un effet remarquable. Regardons plutôt.
3. Une attitude transformée (v. 8 – 10)
a) La joie et l’adoration s’ajoutent à la crainte
Matthieu raconte que les femmes, ensuite, sont parties en courant. Non pas à cause de la peur qu’elles éprouvent encore, d’après le texte (v. 8), mais à cause d’une joie débordante et d’un empressement pour aller tout raconter aux disciples. Et c’est là que Jésus les rencontre sur le chemin. Lorsqu’elles le voient, elles se prosternent pour saisir ses pieds et se mettent à lui rendre un culte ! Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais d’après moi, il y a ici, dans la façon dont ces deux femmes célèbrent Pâques, tout sauf de l’indifférence ! La résurrection de Jésus a radicalement changé leur perspective et leur attitude. Elles ont été bouleversées.
b) Lorsque notre opinion d’une personne change
Je suis sûr que vous êtes amenés à rencontrer des inconnus très régulièrement, peut-être tous les jours. Avez-vous remarqué qu’au fur et à mesure que nous apprenons des choses sur les gens, notre opinion change à leur sujet, ainsi que notre façon de les aborder ? Un jour, lors d’une rencontre de pasteurs, je me souviens d’avoir salué un certain nombre de personnes, dont un pasteur noir, qui n’avait pas particulièrement retenu mon attention. Un peu plus tard pendant la réunion, mon voisin de droite se penche vers moi et me dit : « Tu vois ce pasteur noir ? Avant de se convertir, il a été trois fois champion de France de boxe ». J’aime autant vous dire qu’à partir de ce moment-là, ce monsieur a retenu mon attention, et sans doute qu’après la réunion, lorsque l’occasion m’a été donnée de lui parler, je devais bégayer un peu, hésiter à le regarder en face, et paraître tout-à-fait intimidé !
c) Saisir les pieds de Jésus
Ayant compris que Jésus était, non pas trois fois champion de France de boxe, mais l’éternel champion de l’univers, toutes disciplines et toutes catégories confondues, les femmes ont saisi ses pieds et l’ont adoré. Je me demande, si Jésus devait entrer dans cette pièce à l’instant et nous dire « Je vous salue ! », combien d’entre nous nous aurions l’idée de nous abaisser à ses pieds et de l’adorer comme l’ont fait ces femmes. Je
crois qu’il nous manque quelque chose. Je crois qu’il nous manque la peur, une terreur appropriée devant la suprématie de Jésus-Christ manifestée à sa résurrection. Il nous manque cette crainte qui permet de répondre à l’invitation du Psaume 2 : Servez l’Éternel avec crainte, soyez dans l’allégresse, en tremblant. Embrassez le fils, de peur qu’il ne se mette en colère, et que vous ne périssiez dans votre voie, car sa colère est prompte à s’enflammer. Heureux tous ceux qui se réfugient en lui ! (Ps 2.11-12). Et en se réfugiant en lui, remplis comme Marie et Marie de crainte et de joie, ou comme le psalmiste d’allégresse et d’effroi, nous entendrons la tendre voix du Fils suprême nous rassurer et nous dire : Soyez sans crainte (v. 10).
Conclusion
Nous faisions un constat en introduction. Que la commémoration de la résurrection de Jésus-Christ ne rencontrait guère que l’indifférence, de nos jours, dans notre société. Nous faisions le constat d’un vrai et d’un profond décalage entre l’événement extraordinaire de la résurrection de Jésus, et la façon dont la plupart d’entre nous réagissons vis-à-vis de cette information. Ce texte nous a montré que la résurrection de Jésus devait, dans un premier temps, nous inspirer de la terreur. Mais dans un deuxième temps, la résurrection de Jésus c’est aussi une incroyable bonne nouvelle pour tous ceux qui veulent renoncer à leur armure, à leur force, à leur expérience, et confier leur vie toute entière à Jésus-Christ. Et cette association d’une crainte véritable et d’une joie véritable, c’est un bouleversement total dans notre vie. C’est une relation approfondie avec Dieu. C’est une fête de Pâques tous les dimanches. C’est avoir le champion de l’univers comme ami. C’est un refuge solide au temps de la détresse. Alors je veux vous poser une question : est-ce que Pâques a déjà voulu dire plus pour vous que « chocolat, chasse aux œufs et lundi férié » ? Je vous mets au défi, à chaque fois que vous mangez des M&Ms, de réfléchir au témoignage de ces deux femmes, Marie et Marie, et de la façon dont elles, les premiers témoins de la résurrection de Jésus, étant confrontées à la suprématie de Jésus et à son amour pour elles, se sont abaissées pour saisir ses pieds et l’adorer. Aujourd’hui, je ne vais pas prononcer la formule traditionnelle : Le Christ est ressuscité ; il est vraiment ressuscité, alléluia ! Mais je vais plutôt l’adapter au texte d’aujourd’hui : « Le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité ! Mais pour vous, n’ayez pas peur. »
15:45 Publié dans Prédications | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bible, pâques, résurrection, calvinisme, prédication

