27/10/2010

La Magnitude de la grâce de Dieu

Dimanche 24 octobre 2010

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Amos 9.7-15

(Alexandre Sarran)

 

18/10/2010

L'Avantage du désespoir

Dimanche 17 octobre 2010

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Amos 9.1-6

(Alexandre Sarran)

 

04/10/2010

Éviter la désillusion

Dimanche 3 octobre 2010

Désillusion.jpg

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Amos 8.4-14

(Alexandre Sarran)

 

20/09/2010

Prendre Dieu au sérieux

Dimanche 19 septembre 2010

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Amos 7.1-8.3

(Alexandre Sarran)

 

31/05/2010

Gare à l'orgueil

Poison.jpgDimanche 30 mai 2010

AUDIO

Amos 6.8-14

(Alexandre Sarran)

11/05/2010

Le Sens des responsabilités

Dimanche 9 mai 2010

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AUDIO

Amos 6 : 1 – 7

(Alexandre Sarran)

 

Introduction

Délinquance.jpgCette semaine, un chiffre a été rendu public, celui de 115 milliards d’euros. Vous savez à quoi correspond ce chiffre ? C’est ce que coûte la délinquance chaque année à notre pays. Les meurtres, les vols, les agressions, le vandalisme, les fraudes, etc., tout cela revient, tous les ans, à 115 milliards d’euros de pertes pour la France, soit environ deux fois le déficit public annuel de notre pays. Le calcul est simple : ça veut dire que si la délinquance était réduite de moitié seulement, les comptes publics retrouveraient automatiquement leur équilibre, et la dette de notre pays cesserait de s’accroître d’année en année. Incroyable, non ? Et si la délinquance disparaissait complètement, toute la dette publique de la France serait effacée en 10 ans seulement. Cette réalité illustre en tout cas de manière théorique l’incroyable effet que cela aurait si tout le monde en France devenait tout d’un coup honnête. Et cela nous aide peut-être à comprendre ce que cela veut dire que de prendre la mesure de nos responsabilités. Notre mode de vie a des conséquences qui débordent des limites de notre propre petite personne. Ma vie ne concerne pas que moi. Ma vie ne concerne pas non plus que moi et Dieu. Mais Dieu m’a doté de certaines responsabilités vis-à-vis de mon entourage. Et c’est à cela que le texte de ce matin va nous inviter à réfléchir. Dans ce passage, Amos va s’adresser spécifiquement aux notables d’Israël, aux personnalités de la nation, ou aux « people » pour ainsi dire, dans le but de dénoncer leur irresponsabilité vis-à-vis du peuple. Pendant ces quelques versets, Dieu a dans son collimateur toute la crème du peuple d’Israël et il va leur faire plusieurs reproches destinés à éveiller (ou à réveiller) en eux le sens de leurs responsabilités. On va voir à travers ce passage que les responsabilités que Dieu nous a confiées vis-à-vis d’autrui comptent pour lui. Autrement dit, Dieu a le sens de nos responsabilités, même si nous ne l’avons pas. Regardons le texte, et essayons de voir ce que cela veut dire.

 

1. Conduire son entourage dans la bonne direction

a)       Les notables et le peuple sont sur le mauvais chemin (v. 1 – 3)

La première chose que l’on voit dans ce texte, c’est que Dieu reproche aux notables d’Israël de conduire le peuple dans une mauvaise direction. Au premier verset, Amos fait comprendre à ses auditeurs que Dieu a dans son collimateur une certaine catégorie de la population, les « grands » d’Israël, qu’ils appartiennent au royaume du Nord (Samarie) ou au royaume du Sud (Sion). Dieu invite ces notables à examiner l’état des nations alentour : Kalné, Hamath, Gath… ces villes n’étaient-elles pas autrefois puissantes et prospères ? Mais cette puissance et cette prospérité n’ont pas évité à ces populations voisines d’être affaiblies et appauvries sous l’effet du jugement de Dieu. Dieu invite les notables à constater ce fait pour leur faire prendre conscience du chemin sur lequel ils sont engagés (et tout le peuple avec eux), malgré l’impression qu’ils ont de tranquillité et de sécurité.

b)      Dieu souligne la responsabilité des notables

Ce qu’il faut vraiment remarquer dans ces quelques versets, c’est que Dieu souligne la responsabilité des notables dans cette situation : d’abord, il s’adresse à eux comme à une catégorie de la population à part entière (sans tenir compte de la distinction entre notables du Nord et notables du Sud). Ensuite, ils sont appelés les « grands, auprès desquels va la maison d’Israël » (v. 1), c’est-à-dire qu’ils occupent une position d’influence au sein du peuple ; et non seulement cela, mais ils sont appelés les grands « de la première des nations », ce qui souligne encore plus le poids de leurs responsabilités, étant donné qu’ils devraient être des exemples pour le monde entier ! Et au verset 3, le langage est sans appel en ce qui concerne la responsabilité des notables vis-à-vis du mauvais chemin sur lequel tout le peuple est engagé : « Vous croyez éloigné le jour du malheur, et vous faites approcher le règne de la violence ». Autrement dit : « c’est par votre attitude irresponsable que le peuple s’enfonce de plus en plus dans l’injustice et que s’approche de plus en plus le jour effroyable du jugement ».

c)       Le chef d’entreprise irresponsable

Vous voyez comment ces premiers versets soulignent la responsabilité des notables dans la situation du peuple, et comment Dieu reproche à ces « grands » de conduire le peuple dans une mauvaise direction ? Imaginez qu’un jeune homme, qui n’a jamais fait d’études de commerce ou de management, hérite soudainement de son père une entreprise multinationale cotée au CAC 40. Tout d’un coup, ce jeune homme se retrouve avec à sa disposition des richesses illimitées ! Pourquoi pas dépenser 10 millions d’euros sur une nouvelle maison,Maison de milliardaire.jpg aujourd’hui ? Et pourquoi pas m’acheter un Airbus A380 pour mon anniversaire ? Pourquoi pas ? J’ai les sous, et cela me ferait plaisir ! Le problème, c’est qu’avec une telle attitude irresponsable de la part du jeune héritier, l’entreprise se dirigerait droit vers la faillite, et les milliers d’employés vers le chômage.

d)      Mesurer les conséquences de nos actes sur les autres

C’est un peu la même chose dans le texte. Dieu reproche aux notables d’Israël de conduire le peuple vers la catastrophe. Ce que nous devons retenir de ce premier reproche adressé aux « riches héritiers » de la nation, c’est que Dieu est sensible aux conséquences que notre comportement a sur les autres. Certes, vous n’avez peut-être pas l’impression d’être un « people » dans la société, et pourtant posez-vous la question : n’y a-t-il pas des gens qui « vont auprès de vous » (cf. v. 1) ? Qui sont ces gens, dans votre vie, sur lesquels vous avez une influence, que vous le vouliez ou non ? Si vous êtes parent, c’est facile : il y a au moins votre conjoint et vos enfants. Si vous êtes enseignant, ou cadre, ou pasteur, ou président de la République, vous n’avez pas à chercher bien loin. Mais pour d’autres, c’est peut-être plus difficile à dire, et pourtant vous avez bien un entourage, des collègues, des voisins, et si vous êtes présents ce matin, c’est que vous avez au moins l’église !

La première leçon à tirer de ce texte, c’est donc que Dieu est sensible aux conséquences que notre comportement a sur les autres, que nous en ayons conscience ou non. Nous sommes donc invités, dans un premier temps, à mesurer l’influence, en bien ou en mal, que nous pouvons avoir sur tout un entourage. La question que les notables d’Israël auraient dû se poser, et que nous devons nous poser, c’est : dans quelle direction mon comportement entraîne-t-il les autres ? Une bonne direction ou une mauvaise ? Dans quelle direction mon comportement entraîne-t-il… mes enfants ? Mon conjoint ? Mes élèves ? Mes employés ? Mes collègues ? Mes frères et sœurs de l’église ? Dieu a le sens de nos responsabilités, même si nous ne l’avons pas. Regardons la suite.

 

2. Être sensible aux problèmes de son entourage

a)      Les notables ne se préoccupent pas de ce qui ne va pas (v. 4-6)

La deuxième chose que l’on voit dans ce texte, c’est que Dieu reproche aux notables d’Israël d’être insensibles aux problèmes du peuple. Assez longuement, le prophète va décrire tous ces signes ostentatoires de luxe, de tranquillité et d’autosatisfaction que l’on peut observer chez les notables du peuple : les lits d’ivoire et les beaux tapis sur lesquels ils s’allongent, les animaux les plus jeunes et les plus tendres dont ils se nourrissent, la musique raffinée qu’ils essaient de jouer, le vin qu’ils boivent dans des calices, et ces précieux cosmétiques dont ils s’enduisent ! Il n’y a rien de foncièrement mauvais dans toutes ces choses. Mais le tableau va être gâché par la petite phrase que le prophète ajoute après avoir décrit cet étalage de richesse et de confort : « Et ils ne souffrent pas de la ruine de Joseph ! » (v. 6). Voilà vraiment le cœur du deuxième reproche que Dieu adresse aux notables d’Israël dans ces quelques versets : la situation de plus en plus dramatique dans laquelle la nation est en train de s’engouffrer les laisse totalement indifférents. Si seulement ces gens d’influence étaient sensibles à ce qui ne va pas ! Mais ils sont trop occupés à s’occuper d’eux-mêmes.

b)      Les cadeaux d’anniversaire

Vous voyez que ces quelques versets soulignent ici l’insensibilité des notables vis-à-vis des problèmes qui les entourent, et leur égocentrisme. Je vous déjà raconté l’histoire de la femme la plus malheureuse du monde. Voici maintenant l’histoire de sa cousine. Elle est malheureuse, elleMari insensible.jpg aussi. Elle aimerait que son mari lui accorde plus d’attention mais il est tout le temps occupé, soit par son travail, soit par les matches de foot qui passent à la télé, soit par les virées à moto avec les copains. Tous les ans, lorsque l’anniversaire de sa femme approche, celle-ci essaie de lui glisser qu’elle aimerait tant partir avec lui passer un petit weekend en amoureux. Et tous les ans, c’est pareil. Elle ouvre le cadeau que lui tend son mari et elle découvre un nouveau DVD des 100 plus beaux buts de l’histoire du football, ou un magnifique album avec des photos de motos de collection, ou encore un superbe kit de broderie et son mari qui lui dit, tout enthousiaste : « Regarde, comme ça t’ennuieras moins pendant que je suis au travail ! ».

c)       Souffrir de ce qui ne va pas

C’est un peu la même chose dans le texte. Dieu reproche aux notables d’Israël d’être insensibles à la situation de plus en plus dramatique dans laquelle se trouve le peuple. Ce que nous devons retenir de ce deuxième reproche adressé aux hommes d’influence de la nation, c’est que Dieu veut que nous portions le même regard que lui sur ce qui ne va pas parmi notre entourage, un regard plein de sollicitude et de compassion. Nous avons déjà reconnu qu’il y avait des gens, dans notre vie, sur lesquels nous avions une influence, que nous le voulions ou non. Suis-je sensible à leurs difficultés ? Est-ce que je me préoccupe des épreuves que traversent mes enfants ? Est-ce que le découragement de mon conjoint me remplit de compassion ? Est-ce que je souffre de la dépression de ce collègue ou de cet élève ? Est-ce que je suis attentif aux besoins de mes frères et sœurs de l’église ? Ou bien, dans toutes ces situations, suis-je trop occupé à m’occuper de moi-même ?

La deuxième leçon à tirer de ce texte, c’est donc que Dieu veut que nous portions de l’attention à ce qui ne va pas autour de nous, et que nous agissions, en fonction de nos responsabilités. Ce principe est particulièrement important pour les maris, les pères, les pasteurs, les anciens, et toute personne qui est dans une position de responsabilité particulière vis-à-vis d’autrui. Dieu veut que je me préoccupe et que je m’occupe des souffrances de mon conjoint si je suis marié, de mes enfants si je suis parent, de mes paroissiens si je suis un ancien dans l’église, de mes employés si je suis le patron d’une PME, et ainsi de suite. C’est important pour Dieu. Dieu a le sens de nos responsabilités, même si nous ne l’avons pas. Regardons la suite et la fin du texte.

 

3. Se faire le serviteur de son entourage

a)      Les notables abusent de leur position (v. 7)

Et la dernière chose que l’on voit dans ce texte, dans le dernier verset, c’est que Dieu reproche aux notables d’Israël d’abuser de leur position parmi le peuple. Dans ce dernier verset, Dieu prononce une sentence à l’encontre des notables. Dieu va mettre un terme à leurs banquets détestables. Par quel moyen ? Par un châtiment que Dieu va faire subir aux Israélites comme le juste jugement de leurs fautes (un châtiment mérité, qui a été annoncé comme un avertissement déjà depuis des siècles !). Ce châtiment, c’est la déportation. Mais avez-vous remarqué l’ironie que Dieu emploie contre les notables du peuple ? Ils seront placés en tête du cortège ! Évidemment, puisque ce sont des gens importants ! Ils ont passé tellement de temps à s’occuper d’eux-mêmes que Dieu aussi va les mettre à l’honneur ; mais peut-être pas de façon très agréable. Pourquoi cette ironie ? Pour attirer l’attention sur le fait que les notables d’Israël étaient trop attachés à leur position privilégiée parmi le peuple. Si seulement ces gens d’influence s’étaient faits les serviteurs d’autrui plutôt que de passer une partie de leur temps à se regarder dans le miroir et l’autre partie du temps à regarder les autres de haut !

b)      Le coup de main de l’étranger

On raconte l’histoire d’un homme, un civil pendant la guerre d’indépendance des États-Unis, qui est passé un jour à cheval devant un groupe de soldats qui essayaient tant bien que mal de réparer une barricade. Le chef des hommes leur criait toutes les instructions nécessaires, mais ne faisait rien pour les aider. L’homme en civil s’arrête, et demande au chef pourquoi il n’aide pas ses hommes. Le chef lui répond très dignement : « Monsieur, voyons, je suis un caporal ! ». Alors l’étranger lui présente ses excuses, descend de cheval, et s’attèle à la tâche pour aider les soldats. Une fois la barricade réparée, l’homme dit au caporal : « Si jamais vous avez encore besoin d’aide, faite-le savoir à votre état-major et je reviendrai vous donner un coup de main ». Il ne s’agissait de nul autre que de Georges Washington himself.

c)       Prendre le chemin du service

Washington.jpgDans le texte, les notables ressemblent au caporal alors qu’ils auraient dû ressembler à Georges Washington. Dieu leur reproche de se complaire dans leur position, alors qu’ils auraient dû « descendre de leurs grands chevaux » et s’atteler à la tâche ! Ce que nous devons retenir de ce troisième reproche adressé aux personnalités d’Israël, c’est que pour Dieu, assumer une position de responsabilité, à quelque échelle que ce soit, c’est prendre le chemin du service.

d)      Christ est l’exemple du bon notable

Dans l’histoire d’Israël, heureusement pour nous, il y a eu un notable qui a parfaitement assumé ses responsabilités. Son nom était Jésus-Christ. Le prophète Ésaïe l’appelle « Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix » (És 9.5). L’Apôtre Paul dit que sa « condition était celle de Dieu », mais qu’il « n’a pas considéré comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes ; après s’être trouvé dans la situation d’un homme, il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix » (Ph 2.6-8). Pourquoi Jésus a-t-il fait cela ? Parce qu’il savait quel était le châtiment que nous méritions tous à cause de nos péchés. Parce qu’il a « souffert de la ruine de son peuple », pour ainsi dire ; il a été rempli de compassion pour nous, à cause de notre condition désespérée. Et il a choisi volontairement d’être emmené à la tête des déportés1791154531.2.jpg à notre place, de subir le jugement qui nous était réservé à notre place, afin que tous ceux qui se confient en lui reçoivent le pardon de leurs péchés et l’assurance d’être réconciliés avec Dieu pour l’éternité. La Bible ajoute que Jésus est ressuscité, qu’il est vivant aujourd’hui, et qu’il règne, depuis la droite de Dieu le Père, en faveur de tous ceux qui se réfugient en lui.

Jésus est l’exemple du bon notable. L’exemple du notable dont le comportement est bénéfique, et ô combien, pour le peuple. L’exemple du notable rempli de compassion. L’exemple du notable serviteur. En un mot, l’exemple du notable qui a le sens de ses responsabilités. C’est pour cette raison que l’Apôtre Paul nous livre, dans le même passage, une leçon essentielle : « Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus » (Ph 2.5). Alors prenons le temps de considérer la trajectoire de sa vie. Confions-nous en lui pour le pardon de nos péchés. Vivons en nouveauté de vie sous l’action bienfaisante du Saint-Esprit agissant par la Parole de Dieu. Et recevons de la part de Dieu le sens de nos responsabilités.

 

Conclusion

Pour terminer, je voudrais adapter une citation de Ronald Reagan, l’ancien président des États-Unis. Je crois que la leçon à retenir de ce texte, c’est la suivante : ne soyons pas comme des bébés, qui ne sont que des tubes digestifs avec un gros appétit à un bout, et aucun sens des responsabilités de l’autre. À travers les reproches adressés aux notables d’Israël, ce texte nous a rappelé que nous devions être sensibles aux conséquences que notre comportement a sur les autres, que nous devions porter de l’attention à ce qui ne va pas autour de nous, et que nous devions suivre le chemin de l’humilité et du service, à l’image de Jésus-Christ. Comme nous le disions en introduction, ma vie ne concerne pas que moi. Ma vie ne concerne pas non plus que moi et Dieu. Mais Dieu m’a doté de certaines responsabilités vis-à-vis de mon entourage, et ces responsabilités, elles comptent aux yeux de Dieu. Dieu a le sens de nos responsabilités, même si nous ne l’avons pas. Heureusement que par la foi en Jésus-Christ, nous pouvons être pardonnés de nos manquements, et sensibilisés à la vocation que Dieu nous adresse. Alors maris, femmes, parents, pasteurs, anciens, responsables de jeunes, membres de l’église, employeurs, cadres, médecins, ministres, et Monsieur le Président de la République : « S’il y a donc quelque consolation en Christ, s’il y a quelque encouragement dans l’amour, s’il y a quelque communion de l’Esprit, s’il y a quelque compassion et quelque miséricorde, mettez le comble à ma joie afin d’avoir une même pensée ; ayez un même amour, une même âme, une seule pensée ; ne faites rien par rivalité ou par vaine gloire, mais dans l’humilité, estimez les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres. Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus » (Ph 2.1-5).

 

26/04/2010

L'Authenticité de la foi

Dimanche 25 avril 2010

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AUDIO

Amos 5.16-27

(Alexandre Sarran)

 

Introduction

Lakeland.jpgIl y a deux ans, un prédicateur canadien animait des soirées d’évangélisation et de guérison à Lakeland en Floride. Un stade de la ville était loué à hauteur de $15.000 la soirée, afin d’accueillir les milliers de personnes quotidiennes qui venaient assister au culte. Les moyens mis en œuvres étaient colossaux : projecteurs, groupes de rock, écrans géants, retransmission sur internet et diffusion en prime time sur la chaîne de télévision par satellite « God TV ». On a estimé qu’environ 400.000 personnes, venues de 100 pays différents, avaient assisté aux réunions, sans compter les millions de téléspectateurs. Il se trouve qu’après quatre mois de ministère à Lakeland, le fameux prédicateur canadien a annoncé son divorce pour cause d’infidélité envers sa femme. Sept mois plus tard, il était marié avec quelqu’un d’autre. Plus proche de nous, en France, autre ambiance. Dans les années 1980, un prêtre s’attaque au douloureux problème des réseaux pédophiles internationaux. Il fonde des foyers en Afrique pour accueillir les enfants de la rue. Il reçoit la légion d’honneur. Il s’engage avec Médecins du monde. En 1999, il devient curé d’un ensemble de seize paroisses autour de Cluny en Saône-et-Loire. Mais en 2005, après avoir été mis en examen, le prêtre est reconnu coupable de tentatives de corruption, d’agressions sexuelles et de viols sur mineurs, et condamné à huit ans de prison. Deux histoires récentes où l’on voit que le zèle religieux ne rime pas nécessairement avec la véritable piété chrétienne. Et vous, quel zèle religieux déployez-vous pour aller à l’église le dimanche, pour incliner vos têtes au moment des prières, pour chanter avec enthousiasme nos beaux cantiques, peut-être pour faire l’aumône aux pauvres, peut-être pour témoigner hardiment de l’Évangile autour de vous, ou comme moi, pour passer de longues heures à préparer une prédication ? Quel zèle religieux déployez-vous dans votre vie, et ce zèle religieux rime-t-il avec la véritable piété chrétienne ? Le texte que nous allons lire soulève précisément cette question, pour nous mettre en garde contre un danger bien précis, c’est celui de l’hypocrisie. Nous avons déjà pu voir, depuis le début du livre du prophète Amos, qu’un des principaux problèmes du peuple, c’est qu’il est présomptueux : il pense être en bons termes avec Dieu alors que d’après Dieu, ce n’est pas du tout le cas. Et les reproches que Dieu a faits à son peuple il y a 27 siècles s’adressent à nous aujourd’hui avec autant de pertinence pour nous inciter à être extrêmement vigilants contre le danger de glisser dans l’hypocrisie, et de finir par chuter gravement. Ce texte va pointer la différence fondamentale qu’il y a entre la religion hypocrite et la religion véritable, et nous montrer quel élément est indispensable pour que le zèle religieux puisse rimer avec la vraie piété chrétienne. Cet élément qui change tout, cette qualité déterminante, c’est l’authenticité de la foi. Mais voyons comment le texte développe cette idée.

 

1. Les hypocrites ne voient pas qu’il y a un problème (v. 16-17)

a)      Dieu annonce de terribles lamentations

La première chose que dit Dieu à son peuple, c’est qu’il va y avoir de terribles lamentations dans le pays. Avez-vous remarqué la façon dont Dieu insiste là-dessus ? Encore une fois, Dieu cherche à choquer le peuple en utilisant un langage très fort. Dans ces trois versets, on ne sait pas précisément pourquoi il y aura tant de lamentations, sinon que ce sera lié à une intervention de Dieu. Amos insiste d’ailleurs, encore une fois, sur l’identité de ce Dieu : « Ainsi parle l’Éternel, le Dieu des armées, le Seigneur » (v. 16). Dieu cherche ici à briser les rêves du peuple, à dissiper l’illusion dans laquelle vivent les Israélites, parce qu’en réalité, à ce moment-là, personne ne croit à ce tableau. Et la première leçon que l’on peut tirer de ce texte au sujet de l’hypocrisie, c’est que les hypocrites ne voient pas qu’il y a un problème.

b)      Jusqu’ici tout va bien

C’est un peu comme l’histoire de l’homme qui fait une chute libre depuis le 50ème étage d’un gratte-ciel, et qui se dit à chaque étage: « Jusqu’ici, tout va bien ! ». Dans le texte, le peuple d’Israël s’imagine que tout va bien. Ils ne voient pas qu’il y a un problème, et c’est pour cela que Dieu veut les confronter à la réalité. C’est comme dans la fable de Jean de La FontaineLafontaine.jpg, « Le Statuaire et la statue de Jupiter », où le poète termine en nous livrant la morale de l’histoire : « Chacun tourne en réalités, / Autant qu’il peut, ses propres songes : / L’homme est de glace aux vérités ; / Il est de feu pour les mensonges. »

c)       Avoir conscience de la tension entre Dieu et nous

Les hypocrites ne voient pas qu’il y a un problème. Et nous ? Est-ce que nous vivons au quotidien comme si tout allait bien, comme si rien ne devait changer ? Est-ce que la vie avec Dieu nous paraît facile ? Ou bien ressentons-nous la tension qui existe entre qui est Dieu et qui nous sommes ? Tout ne va pas bien ! Il y a un problème ! « L’Éternel, le Dieu des armées, le Seigneur », est un Dieu saint et redoutable ! Et moi je suis une pauvre créature, enclin au mal. L’apôtre Paul lui-même nous a livré un témoignage poignant de la tension douloureuse dans laquelle il vivait en tant que chrétien : « Je prends plaisir à la loi de Dieu, dans mon for intérieur, mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon intelligence et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. Malheureux que je suis ! » (Rm 7.22-24). Il y a un problème. Mais les hypocrites ne le voient pas. Puissions-nous avoir la même lucidité que l’apôtre Paul. Regardons la suite.

 

2. Les hypocrites ne craignent pas le jugement de Dieu (v. 18-20)

a)      Le jour de l’Éternel sera ténèbres

La deuxième chose que dit Dieu à son peuple, c’est que le jour de son jugement sera un jour effroyable. Dieu décrit la témérité de certaines personnes dans le peuple qui sont tellement sûres d’elles qu’elles « désirent le jour de l’Éternel » (v. 18) ! Mais Dieu dit que ce jour-là sera un jour de terrible désillusion pour tous les présomptueux et pour tous ceux qui s’obstinent dans l’hypocrisie. Dieu va intervenir pour juger son peuple, et ce jugement sera parfaitement juste et inéluctable. Les présomptueux pensent que cela ne les concerne pas : ils pensent avoir des arguments à faire valoir, ils sont sûrs d’eux. Ils fuiront devant le lion, ils fuiront devant l’ours, ils se mettront à l’abri dans leur maison, mais ils devront quand même répondre à la justice de Dieu (v. 19).

b)      La témérité : faire le mariole

La deuxième leçon que l’on peut tirer de ce texte au sujet de l’hypocrisie, c’est que les hypocrites ne craignent pas le jugement de Dieu. Vous avez déjà entendu parler de Dominique Gaye-Mariole ? C’était un valeureux soldat au service de Napoléon. Un jour, lorsque l’Empereur passait ses troupes en revue, Gaye-Mariole.jpgDominique Gaye-Mariole pose précipitamment sa carabine par terre et s’empare d’un petit canon pour présenter les armes. Il voulait montrer à Napoléon combien il était intrépide et sûr de lui. Selon la tradition, c’est de cette histoire qu’est née l’expression « Faire le mariole », qui signifie faire l’intéressant ou faire le malin. À ce qu’il paraît, Napoléon a apprécié le geste. Mais le problème, c’est que ce n’est pas devant Napoléon que nous devons nous présenter, mais devant le juste Juge, qui ne tient pas le coupable pour innocent. Et devant lui, il n’est pas question de faire le mariole !

c)       Témérité ou sobriété dans la vie chrétienne

Les hypocrites ne craignent pas le jugement de Dieu. Et nous ? Comment réagissons-nous à l’idée qu’un jour, Dieu va parfaitement juger le monde ? Est-ce que nous faisons les marioles, en pensant que nous n’avons rien à craindre puisque nous sommes des personnes relativement bonnes ? Est-ce qu’on a hâte d’y être, en se disant qu’enfin, ce voisin ou ce frère devra répondre devant Dieu de ses erreurs ? Ou bien la perspective du jugement de Dieu nous pousse-t-elle plutôt à l’humilité, à la sobriété et à l’examen de soi ? Le jour du jugement de Dieu sera effroyable. C’est pourquoi Jésus dit, dans la parabole des dix vierges, que celles qui attendent le venue de l’époux sans s’y être préparées sont folles (Mt 25.1-13). C’est pourquoi aussi l’Apôtre Paul nous exhorte non pas à la témérité mais à la sobriété lorsqu’il écrit : « Quand les hommes diront : Paix et sécurité ! c’est alors que la ruine fondra sur eux, comme les douleurs sur la femme enceinte, et ils n’échapperont point. […] Ne dormons donc pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres » (1 Th 5.3-6). Le jugement de Dieu est effroyable. Mais les hypocrites ne le craignent pas. Puissions-nous veiller et rester sobres, et nous exhorter mutuellement, « et cela d’autant plus que [nous voyons] le Jour s’approcher » (Hé 10.25). Regardons la suite.

 

3. Les hypocrites n’ont pas la foi authentique (v. 21-24)

a)      Une pratique religieuse détestable

La troisième chose que dit Dieu à son peuple, c’est que la religion lui est détestable quand elle est dénuée de la vraie foi. Dieu ne mâche pas ses mots pour rejeter le culte que lui offre le peuple. Dieu rejette tout en bloc : fêtes, assemblées solennelles, holocaustes, offrandes, sacrifices de communion, chants et musique instrumentale. Tout cela est haïssable à ses yeux, bien que tout cela lui soit présenté à lui, à l’Éternel. Pourquoi ? Parce que ce culte est dénué de la vraie foi, qui est censée se traduire par une vie droite et juste (v. 24). C’est cela qui compte pour Dieu. On peut imiter un culte, mais on ne peut pas imiter la vraie foi. La troisième leçon qu’on peut tirer de ce texte au sujet de l’hypocrisie, c’est que les hypocrites n’ont pas la foi authentique.

b)      La femme la plus malheureuse du monde

Femme.jpgLaissez-moi vous raconter l’histoire de la femme la plus malheureuse du monde. La femme la plus malheureuse du monde, c’est une femme qui se réveille chaque matin et qui trouve sur sa table de chevet un bouquet de roses fraîchement cueillies par son mari. À côté du bouquet, comme tous les jours, un plateau pour son petit-déjeuner, avec ses viennoiseries préférées et un délicieux café. Un poème d’amour aussi, un poème différent chaque matin composé par son mari. D’ailleurs, celui-ci se lève tôt, tous les jours, et en profite pour faire la vaisselle et ranger le linge. Et pourtant, sa femme est la plus malheureuse du monde. Parce que tous les soirs, son mari boit, il se rend ivre, et il la frappe. De la même façon que l’amour authentique ne se mesure pas au déploiement d’artifices dont on est capable, la foi authentique ne se mesure pas au zèle religieux dont on peut faire preuve. La foi authentique se mesure à la transformation profonde d’une vie. « Que le droit coule comme de l’eau, et la justice comme un torrent intarissable ! » (v. 24).

c)       La foi entraîne un changement de vie

Les hypocrites n’ont pas la foi authentique. Et nous ? Est-ce que nous sommes indifférents aux prescriptions de la Parole de Dieu ? Est-ce que notre vie privée, du lundi au samedi, ressemble à s’y méprendre à celle de n’importe quel non-croyant ? Ou bien avons-nous ce désir profond, et irrépressible, de voir les ordonnances de Dieu se réaliser dans notre vie ? Comme le psalmiste qui s’écrie en prière à Dieu : « Puissent mes voies être bien réglées, afin que j’observe tes prescriptions ! » (Ps 119.5). La foi authentique, c’est un renoncement à soi, et une confiance totale placée en Dieu. C’est de cette foi authentique que notre culte, et notre religion, doivent découler, autrement tout ce que nous faisons extérieurement pour Dieu lui est en réalité détestable. Mais les hypocrites n’ont pas cette foi authentique. Puissions-nous renoncer à nous-mêmes et recevoir pleinement le règne de Dieu dans notre vie. Et cela, d’autant plus que la fin du passage va enfoncer le clou, si j’ose dire.

 

4. Les hypocrites ne croient pas à la grâce de Dieu (v. 25-27)

a)      Dieu rappelle un souvenir douloureux

Et la dernière chose que fait Dieu dans ce passage, c’est de rappeler à son peuple un souvenir douloureux. Ce souvenir douloureux, c’est celui des quarante années passées dans le désert, bien des siècles auparavant dans l’histoire d’Israël, juste après que le peuple ait été spectaculairement délivré par Dieu de l’esclavage d’Égypte. Dieu pose une question grinçante aux Israélites, censée leur rappeler que même juste après la libération d’Égypte, ils avaient été incrédules devant la grâce de Dieu, et que cela avait aboutit à des pratiques idolâtres mêlées au culte de l’Éternel. C’est un problème ancien. Cette incrédulité avait eu des conséquences désastreuses : quarante années à errer dans le désert, et toute une génération privée de terre promise. Maintenant, Dieu annonce que le peuple d’Israël va être déporté, conformément aux nombreux avertissements. La dernière leçon que l’on peut tirer de ce texte au sujet de l’hypocrisie, c’est que les hypocrites ne croient pas à la grâce de Dieu.

b)      Ne pas croire à la recette de Paul Bocuse

Imaginez que vous soyez un amateur de haute cuisine, et qu’un jour, un ami vous offre discrètement, pour votre anniversaire, une enveloppe soigneusement cachetée. À l’intérieur, la recette confidentielle d’un des plats les plus réputés de Paul Bocuse ! Vous ne savez pas comment votre ami a réussi à se procurer ce précieux sésame, mais dès le lendemain, vous comptez vous préparer ce bon petit plat. Bocuse.jpgVous commencez à suivre la recette, mais en cours de route, vous commencez à vous dire : « Tiens, je pense qu’il faudrait peut-être un peu plus de safran. Et moins d’ail. Et si je montais un peu la température du four ? Tiens, je n’ai pas assez d’estragon, je vais remplacer par du persil… », et ainsi de suite. Vous pensez qu’à la fin, vous obtiendriez le plat délicieux de Paul Bocuse et que vous pourriez le servir dans son restaurant ? Certainement pas. Votre incrédulité devant le talent et la compétence de Paul Bocuse aura abouti à un plat totalement altéré.

c)       Dieu a manifesté sa grâce

De la même façon, l’incrédulité devant la grâce de Dieu aboutit à une religion frelatée. En Égypte, Dieu avait manifesté « à bras étendu » sa justice, sa puissance, et sa grâce. Dieu avait tout fait en faveur de son peuple. Mais le peuple n’y a pas cru, il s’est inventé des idoles comme pour « compléter » la grâce de Dieu, et le peuple a été privé de terre promise. Cela n’a pas empêché Dieu de renouveler ses promesses de grâce, et conformément à ces promesses, le Messie est venu en la personne de Jésus pour délivrer son peuple, une fois de plus, mais pour le délivrer cette fois d’un ennemi bien plus redoutable, à savoir le péché lui-même. Et là aussi, Dieu a manifesté « à bras étendu » sa justice, sa puissance et sa grâce. Il a manifesté sa justice en punissant les fautes de son peuple à la croix, mais pas sur son peuple ; plutôt sur son propre Fils comme en sacrifice d’expiation. Il a manifesté sa puissance en ressuscitant Jésus d’entre les morts comme gage de sa victoire totale sur le péché et sur la mort. Il a manifesté sa grâce enfin, en promettant à tous ceux qui se confient en Jésus-Christ le pardon de leurs fautes et l’assurance de la vie éternelle, bien que les hommes ne le méritent pas.

d)      La grâce de Dieu est suffisante

Mais les hypocrites ne croient pas à la grâce de Dieu. Et nous ? Est-ce que le prix de notre pardon, que Jésus a payé, nous laisse indifférents ? Est-ce que le Christ victorieux est pour nous un grand Roi… à côté d’autres rois ? Est-ce que l’Évangile est pertinent pour nous le dimanche, et pour certains casiers de notre vie, tandis que pour d’autres jours, et pour d’autres casiers, ce sont d’autres choses qui nous régissent ? Ou bien reconnaissons-nous que la grâce de Dieu est absolument suffisante, que le règne de Jésus-Christ est suprême, et qu’il n’y a pas d’idole qui soitCroix de Christ.jpg excusable ni de péché qui soit mignon ? Avons-nous cédé notre vie toute entière à celui qui l’a rachetée toute entière ? Pouvons-nous dire avec l’Apôtre Paul : « Je suis crucifié avec Christ, et ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ, qui vit en moi » (Ga 2.20) ? Et Paul ajoute dans une autre épître, comme pour nous rappeler qu’il n’y a rien à ajouter pour « compléter » la grâce de Dieu : « Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi tout avec lui, par grâce ? » (Rm 8.32). La grâce de Dieu est suffisante. Mais les hypocrites n’y croient pas. Puissions-nous garder les yeux fixés sur la croix, où Dieu a manifesté son parfait amour pour nous.

 

Conclusion

En introduction, nous parlions de ces exemples de déploiement de zèle religieux, qui ne rimaient pas avec la véritable piété chrétienne. Nous sommes aussi enclins à déployer ce zèle religieux, sans doute de manière différente les uns des autres. Et dans notre vie, ce zèle religieux rime-t-il avec la véritable piété chrétienne ? Le texte que nous avons étudié nous a mis en garde contre un réel danger : celui de l’hypocrisie. On ne peut pas dire qu’il y a les hypocrites d’un côté, et les vrais croyants de l’autre. Dans la Bible, l’hypocrisie est un danger qui nous guette, et les apôtres nous incitent à la plus grande des vigilances « de peur d’aller à la dérive » (Hé 2.1). Souvenons-nous donc de la mise en garde de ces paroles du prophète Amos, où nous avons pu voir comment l’hypocrisie nous était décrite. Les hypocrites ne voient pas qu’il y a un problème. Les hypocrites ne craignent pas le jugement de Dieu. Les hypocrites n’ont pas la foi authentique. Et les hypocrites ne croient pas à la grâce de Dieu. Vous voyez que ce texte a pointé la différence fondamentale qu’il y avait entre la religion hypocrite et la religion véritable, et nous a montré quel élément était indispensable pour que le zèle religieux puisse rimer avec la vraie piété chrétienne. Cet élément qui change tout, cette qualité déterminante, c’est l’authenticité de la foi. Et la foi, d’après l’Écriture, « c’est l’assurance des choses qu’on espère » (c’est-à-dire une confiance totale placée dans les promesses de Dieu et plus globalement dans sa Parole), et c’est « la démonstration [des choses] qu’on ne voit pas » (c’est-à-dire une vie transformée sous l’effet de la Parole de Dieu, et par le zèle authentique que donne l’Évangile de paix, Hé 11.1, Ép 6.15).

 

19/04/2010

Chercher le "bon" Dieu

Dimanche 18 avril 2010

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AUDIO

Amos 5 : 1 – 15

(Alexandre Sarran)

 

Introduction

Il y a trois ans, un roman est sorti aux États-Unis, qui a rencontré un succès phénoménal, notamment dans les milieux chrétiens. Il s’agit de l’histoire d’un père de famille, chrétien, dont la petite fille de cinq ou six ans est enlevée puis assassinée par un psychopathe. Au plus profond de sa douleur, le père de la victime reçoit une invitation à rencontrer Dieu le temps d’un weekend. Cette rencontre, évidemment, va finir par le consoler de sa souffrance, et changer le cours de sa vie. Une belle et poignante histoire. Un grand succès. Le problème, c’est que le dieu présenté dans ce livre comme étant le dieu des chrétiens, n’est pas le Dieu de la Bible. C’est un faux dieu, grossièrement déguisé en Trinité ; une imposture du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Dieu le Père se révèle sous les traits d’une femme afro-américaine bien-portante, Dieu le Fils sous les traits d’un artisan palestinien un peu gauche, et Dieu le Saint-Esprit sous les traits d’une espèce de grande fée tout droit sortie d’une bande dessinée japonaise. Au fil du livre, on découvre que c’est un dieu qui dénigre l’enseignement de la Bible (p. 65, 195 de l’éd. en anglais), qui est contre le concept de l’autorité (p. 122, 145), qui définit la sainteté comme étant quelque chose « de simple, de chaleureux, d’intime et d’authentique » (p. 107), qui appelle tous les êtres humains ses enfants (p. 162), et qui ressemble davantage, en fin de compte, à la grande déesse-mère du paganisme qu’au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Un succès phénoménal, même dans les milieux chrétiens. Ce livre,La Cabane.jpg intitulé « La Cabane », a été traduit en français et publié il y a un peu plus d’un an par une maison d’édition spécialisée dans l’ésotérisme, les arts divinatoires, la franc-maçonnerie, le chamanisme et les autres sciences occultes. Malgré cela, vous pouvez quand même acheter ce livre sur le site de la librairie chrétienne CLC, et il figure même actuellement en deuxième position parmi les meilleures ventes sur le site de la libraire protestante en ligne « 7ici ». Je vous raconte tout cela parce que j’ai une question à soulever : êtes-vous sûr que votre Dieu est le bon ? Est-ce que vous adorez le « bon » Dieu ? Et comment le savoir ? En grande majorité, les Français se disent croyants. Et vous-mêmes si vous vous trouvez ici ce matin, c’est qu’il y a de fortes chances que vous croyiez en Dieu, et même au Dieu des chrétiens. Mais est-ce que c’est suffisant ? À l’époque du prophète Amos aussi, le peuple d’Israël disait croire en Dieu, il disait servir l’Éternel. Mais cela n’a pas empêché Dieu de prononcer des sentences terribles contre son propre peuple, contre le peuple qui portait son nom ! Alors comment savoir si votre Dieu est le bon ? La réponse, en principe, est simple : votre Dieu est le bon, si c’est le Dieu de la Bible. On n’a pas besoin de chercher midi à quatorze heures. Et si vous ne retenez que cela, ce matin, vous aurez retenu l’essentiel ! Mais regardons comment le texte en parle. Êtes-vous sûr que votre Dieu est le bon ? Dans ce texte, c’est une question de vie ou de mort.

 

1. Voir la réalité en face (v. 1-3)

a)      L’horreur de l’apostasie

Êtes-vous sûr que votre Dieu est le bon ? La première chose que ce texte nous invite à faire, pour répondre à cette question, c’est de voir la réalité en face. Amos dresse pour son auditoire un tableau absolument choquant destiné à provoquer l’attention du peuple et à lui montrer dans quelle situation catastrophique il se trouve en réalité, malgré sa tranquillité et sa confiance. Amos entonne une « complainte » sur Israël. Le peuple est comme une vierge tombée à terre et abandonnée. 90% du peuple va disparaître. Voilà le constat. Voilà le verdict de Dieu. Voilà la réalité, en dépit de ce que le peuple peut en penser. Les Israélites croient qu’ils sont en bons termes avec Dieu, mais ce n’est pas vrai. C’est l’apostasie ! C’est la crise !

b)      Statistiques du catholicisme en France

Baptême.jpgDieu invite son peuple à voir la réalité en face. Il ne suffit pas d’invoquer le nom de l’Éternel. Est-ce que vous pensez que Dieu exagère le tableau ? Quel serait le verdict de Dieu concernant son peuple aujourd’hui ? Au moins soixante pourcent des Français ont été baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Mais d’après un sondage paru dans le journal La Croix en 2007, plus de 75% de ces « chrétiens » se représentent Dieu comme « une force, une énergie, un esprit ». À la question : « Selon vous, qu’y a-t-il après la mort ? », seuls 10 % d’entre eux affirment croire à la résurrection des morts, 53 % répondent qu’« il y a quelque chose mais je ne sais pas quoi ». 26 % d’entre eux qui affirment qu’« il n’y a rien », et 8 % croient à « la réincarnation sur terre dans une autre vie ».

c)       Quel verdict aujourd’hui ?

Quel serait le verdict de Dieu concernant le peuple qui porte son nom aujourd’hui ? Vous pensez que la vierge est debout et bien portante ? Dieu nous invite à voir la réalité en face. On se croit tranquille parce qu’on « croit en Dieu » et qu’on a tué personne. Peut-être parce qu’on a été baptisé et qu’on a fait sa première communion. Mais le point de vue de Dieu est tout autre ! Et c’est son point de vue qui compte à la fin. Est-ce qu’on est prêt à accepter le verdict choquant de Dieu ? En tout cas, dans ce texte, c’est le point de départ. Il faut accepter de voir la réalité en face, pour comprendre que Dieu soulève une question extrêmement sérieuse : quel espoir y a-t-il d’échapper à cette situation catastrophique ? Heureusement que le texte ne s’arrête pas là. Mais accepter le point de vue de Dieu sur la situation, accepter de voir la réalité en face, c’est la condition pour pouvoir être attentif à ce qui va suivre.

 

2. Chercher Dieu en ses termes (v. 4-7)

a)      Le salut est possible auprès de Dieu

Et dans ce qui suit, Dieu va tout de suite montrer qu’il y a un salut possible, et que ce salut se trouve auprès de lui. « Cherchez-moi et vivez ! » Mais Dieu va tout de suite préciser que pour trouver Dieu, il faut accepter de le chercher en ses termes. Le problème du peuple, c’est qu’il avait été très imaginatif dans son rapport avec Dieu. Les Israélites s’étaient créé des sanctuaires où ils pensaient pouvoir invoquer l’Éternel : Béthel, Beer-Chéba, Guilal… Mais Dieu dit qu’il ne suffit pas d’appeler un endroit « Béthel » (la maison de Dieu), pour que Dieu s’y trouve en réalité. Ce ne sont pas les hommes qui fixent les conditions de leur relation avec Dieu. C’est Dieu qui les fixe ! Et Dieu dit au peuple : « Ne cherchez pas à me rallier à votre cause par des cultes propitiatoires rendus dans vos sanctuaires, mais cherchez-moi en personne, par crainte de mon jugement ! ».

b)      Appeler la police au mauvais numéro

Je me souviens d’un jour où nous étions en famille dans notre voiture à Villeurbanne, et le chauffeur de la camionnette derrière nous était enragé parce que nous roulions trop lentement à son goût. Nous nous sommes arrêtés à un feu rouge, et le chauffeur est sorti de son véhicule dans une colère noire. Il a essayé d’ouvrir ma portière, que j’avais verrouillée, et il s’est mis à taper sur ma vitre en m’ordonnant de sortir de la voiture et en me couvrant d’injures. J’ai dit à Suzanne : « Prends le portable ! Fais le 17 ! Appelle la police ! ». Le problème, c’est que le numéro de police secours, depuis un portable, ce n’est pas le 17 mais le 112. Suzanne s’est donc retrouvée à parler à un répondeur qui ne pouvait rien faire pour nous venir en aide ! Heureusement, notre agresseur a quand même eu peur, en pensant que Suzanne parlait à la police, et il est parti.

c)       Chercher Dieu par crainte de son jugement

De la même façon, il ne suffit pas de croire que Dieu nous est propice. Il faut accepter de le chercher en ses termes. Selon ses conditions.Dieu.jpg Sinon, on risque de parler à un répondeur, sans qu’il y ait personne pour nous venir en aide à la fin. Ça paraît logique, et pourtant nous sommes tellement enclins à chercher Dieu là où ça nous arrangerait de le trouver, et pour des raisons qui ne sont pas les bonnes. Alors est-ce que vous vous êtes déjà posé la question de savoir pourquoi vous croyez en Dieu ? Quelles sont vos motivations ? Dieu nous invite à le chercher pour une seule raison dans ce texte : par crainte de son jugement ; à cause de ce terrible tableau qu’il a dressé au début ; à cause de cette réalité selon laquelle, en fait, nous ne sommes pas en bons termes avec Dieu. Mais auprès de lui il y a le salut, il y a la vie, si nous acceptons de nous approcher de lui en ses termes. La suite du texte va nous préciser, petit à petit, quels sont ces termes.

 

3. Savoir comment est Dieu (v. 8-9)

a)      Création, alliance, jugement

Quel est ce Dieu auprès duquel il y a le salut et la vie ? Les versets 8 et 9 sont là pour nous montrer de qui il s’agit. Nous nous posions la question, au début, de savoir si notre Dieu était le bon. Ces deux versets sont là, au cœur du passage, pour nous montrer que ce n’est pas n’importe quel Dieu que celui qui nous invite à le chercher pour vivre. Dieu nous invite ici à réfléchir à qui il est. Est-ce que vous savez898033841.jpg comment est Dieu, ou bien est-ce que vous savez comment vous imaginez qu’il est ? Ces versets sont là pour nous rappeler que le vrai Dieu a une histoire. Il est le Créateur de l’univers, et c’est lui qui soutient toutes choses. Il s’est révélé aux hommes à travers des prophètes. Il est même intervenu en personne pour se constituer un peuple racheté, et il a même révélé son nom : Yahvé, l’Éternel. Il est un juste Juge qui compte punir toute faute, et personne ne saura résister à son jugement. Dieu n’est pas n’importe qui. Il s’est fait connaître en paroles et en actes.

b)      Ce que les prénoms nous évoquent

Le problème, c’est que nous sommes beaucoup plus enclins à imaginer comment Dieu est qu’à nous renseigner. Dans tous les cas, il y a quelque chose qui oriente l’idée que nous nous faisons de Dieu, mais quoi ? Un concept qu’on a hérité de notre éducation ? La projection de nos désirs personnels ou de notre propre image ? Ou bien serait-ce une révélation objective, celle que Dieu a jugé bon de nous donner dans la Bible ? Imaginez que je vous parle de quelqu’un que je connais qui s’appelle Gertrude Grabowski : comment l’imaginez-vous a priori ? Comme une jeune femme fluette, timide, délicate, attentionnée ? Et si je vous parlais plutôt de quelqu’un d’autre que je connais qui s’appelle Daphné De Beaumenton : comment l’imaginez-vous ? Comme une vieille tante grossière, acariâtre, cheveux gras, mal habillée ?

c)       L’idée que l’on se fait de Dieu

De la même façon que nous sommes enclins à nous faire des idées concernant les gens dont nous entendons parler, sans les connaître ni nous renseigner à leur sujet, nous sommes aussi enclins à nous faire des idées au sujet de Dieu, sans prendre la peine de consulter la seule source objective de renseignements concernant Dieu, à savoir la Bible ! Et ces deux versets (8-9), sous la forme d’une doxologie, au cœur même de ce passage, résument bien trois des caractéristiques les plus importantes du vrai Dieu : il est le Dieu Créateur et le Régisseur de l’univers ; il est l’Éternel, le Dieu de l’alliance de grâce (qui compte se racheter un peuple) ; et il est le Dieu juste, un Juge suprême et redoutable. Est-ce que c’est votre Dieu ? Est-ce que c’est bien l’idée que vous avez de lui ? Sinon, ce texte vous invite aujourd’hui à vous renseigner dans la Bible pour savoir comment est Dieu. Mais regardons la suite du texte, parce que nous allons découvrir quelle est la racine de notre problème.

 

4. Accepter quelle est la racine de notre problème (v. 10-13)

a)      C’est un problème de cœur

Les versets 10 à 13 décrivent de nouveau la situation du peuple, avec le but de révéler quelle est la racine du problème, le symptôme du problème, et la conséquence du problème. Le symptôme, c’est que les puissants exploitent les faibles et que les juges sont corrompus. La conséquence, c’est que Dieu va châtier le peuple conformément aux avertissements qui avaient été donnés longtemps auparavant. Mais la racine, c’est qu’au fond, les Israélites détestent la vérité. C’est un problème de cœur. Dieu fait le diagnostic de ce mal profond pour inciter son peuple à reconnaître la raison fondamentale du tableau qui a été dressé au début. Les Israélites haïssent la vérité parce que la vérité dénonce leur convoitise, et qu’il est quand même agréable de vivre selon sa convoitise et son orgueil plutôt que d’accepter que ça pose un problème et de devoir se remettre en question.

b)      Renoncer à l’objet de son amour

Si je vous disais que vous deviez renoncer à l’objet de votre amour, vous ne le prendriez sûrement pas bien. Imaginez que je vous dise que vous devez arrêter de supporter l’équipe de foot de Lyon. Ou arrêter d’écouter votre musique préférée. Ou arrêter d’être amoureux de votre fiancée. Ou arrêter de boire du bon vin. Imaginez que je dénonce ces choses en vous disant : « Ce n’est pas bien ! ». Vous résisteriez. Vous deviendriez peut-être même agressif ou violent si je me montrais trop insistant.

c)       Comment réagissez-vous à la vérité ?

Mais dans le texte, Dieu révèle notre problème fondamental comme étant du même ordre. Nous sommes amoureux de nos convoitises et nous détestons la vérité qui les dénonce. Nous résistons. Nous protestons ! Et nous aimerions faire taire ces voix contradictoires, comme dans leOreilles.jpgtexte, où il est dit que l’homme intelligent a fini par se taire, car les temps sont mauvais (v. 13). Le Nouveau Testament répète la même chose : « Il viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais au gré de leurs propres désirs, avec la démangeaison d’écouter, ils se donneront maîtres sur maîtres ; ils détourneront leurs oreilles de la vérité et se tourneront vers les fables » (2 Tm 4.3-4). Alors question : comment réagissons-nous à la vérité, notamment lorsque celle-ci contredit l’objet de notre amour ? Comment réagissons-nous si la Bible nous dit : « Pas de relations sexuelles en-dehors du mariage », ou encore : « Pas de grossièretés dans la bouche du chrétien », ou encore : « Arrête de dire du mal de ce collègue », ou encore : « Respecte tes parents et honore-les », ou encore : « Aime ta femme d’un amour sacrificiel » ? Sommes-nous prêts à reconnaître quelle est, selon Dieu, la racine de notre problème ? Si oui, regardons la suite et la fin du texte car cela s’adresse à nous.

 

5. Recevoir le remède prévu par Dieu (v. 14-15)

a)      La vraie conversion

Les versets 14 et 15 décrivent en toutes lettres ce que cela veut dire de reconnaître la racine de notre problème et de recevoir le remède que Dieu a prévu pour nous. Chercher Dieu selon ses termes équivaut à un changement total de direction, une réelle conversion, un changement d’allégeance. L’objet de notre amour doit changer, et si l’objet de notre amour change, notre comportement change.

b)      Changer d’équipe

Imaginez que vous décidiez d’arrêter de soutenir l’équipe de foot de Saint Etienne pour soutenir l’équipe de Lyon à la place. Ça, c’est un changement radical. Mais vous croyez que vous pouvez changer l’objet de votre amour sans que votre comportement change ? Vous irez quand même assister aux matches habillé en vert ? Je pense qu’en toute logique, vous vous débarrasseriez de vos écharpes et de vos maillots de St Etienne et vous vous en procureriez des nouveaux aux couleurs de Lyon. Pardonnez-moi cette comparaison irrévérente, mais d’une certaine façon, dans le texte aussi, Dieu est en train de nous montrer que le remède prévu par Dieu consiste à « changer d’équipe » ; à ne plus aimer le mal, et à aimer le bien à la place, et que cela entraîne logiquement un changement au niveau de notre comportement.

c)       Christ a donné sa vie pour son épouse

Mais surtout, si Dieu tient à nous montrer à quoi ressemble la vraie conversion à Dieu, c’est parce que cette invitation à le chercher, à chercher le « bon » Dieu, est accompagnée d’une promesse exceptionnelle, qu’il répète ici. C’est la promesse de la vie, et d’une véritable réconciliation avec le véritable Dieu. Dieu nous invite à cesser de soutenir l’équipe qui perd à la fin, et à nous joindre à l’équipe qui gagne. Cette victoire, ce salut, cette vie, cette réconciliation, tout cela Dieu l’a réalisé conformément aux promesses de l’alliance qu’il avait conclue avec Abraham et avec le peuple d’Israël, et dont toute la Bible parle : il l’a réalisé en envoyant son propre Fils, Jésus-Christ,Croix sombre.jpg supporter le jugement des fautes de tous ceux qui se confient en lui. Dieu nous invite à aimer la vérité, parce qu’avec la vérité, il y a la vie, et tout cela se trouve en Jésus. C’est lui qui a dit : « Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Jn 14.6). Le pardon de nos fautes a été garanti par la mort de Jésus, et notre vie a été garantie par sa résurrection. Dieu nous invite à recevoir le remède qu’il a prévu pour tous ceux qui le cherchent véritablement et qui se confient en lui sur la base de ses promesses.

 

Conclusion

« Elle est tombée, elle ne se relèvera plus, la vierge d’Israël ; elle est couchée sur sa propre terre, nul ne la relève », mais « Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier après l’avoir purifiée par l’eau et la parole, pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et sans défaut » (Ép 5.25-27). Êtes-vous sûr que votre Dieu est le bon ? C’est une question de vie ou de mort. Mais votre Dieu est le bon, si c’est le Dieu de la Bible. Regardez la vérité en face et considérez les enjeux de cette question ; cherchez Dieu en ses termes ; apprenez à le connaître selon la manière dont il s’est révélé dans la Bible ; reconnaissez que votre problème fondamental, c’est un problème de cœur ; et recevez de la part de Dieu le remède qu’il vous offre en Jésus-Christ. Luc 13.23-27 et Ézéchiel 18.30-32.

 

22/03/2010

Le Caractère vital de la repentance

Dimanche 21 mars 2010

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AUDIO

Amos 4 : 4 – 13

(Alexandre Sarran)

 

Introduction

Dictionnaire.jpgSi vous cherchez le mot « repentance » dans la plupart des dictionnaires de la langue française aujourd’hui, et que vous avez la chance de le trouver, vous découvrirez probablement qu’il s’agit d’un mot « vieilli » ou « littéraire ». La repentance ne fait pas partie du langage courant, sauf peut-être, et depuis peu de temps, dans le contexte de la politique où cette notion a un caractère plutôt péjoratif, comme en témoigne par exemple cette affirmation faite par Nicolas Sarkozy il y a trois ans ici-même à Lyon, pendant la campagne présidentielle : « Je déteste la repentance ». Puisque le mot « repentance » évoque soit un autre temps, soit quelque chose de néfaste, soit rien du tout, et bien un certain nombre de traductions plus récentes de la Bible ont fait le choix de ne plus (ou presque plus) utiliser le mot « repentance », ni le verbe « se repentir », et de leur préférer des expressions telles que « changer de comportement », « changer d’attitude », ou tout simplement « changer ». Je sais que dans la plupart des cas, ces choix de traduction ont été mûrement réfléchis, et ce n’est pas mon intention, ici, de décrier telle ou telle traduction de la Bible. Mais je constate une chose : c’est que la repentance est une notion qui nous est de plus en plus étrangère. Sur le site mediadico.com, la définition de la repentance est la suivante : « nom féminin ; regret de ses fautes ». Moi je préfère la définition de Calvin, qui dit que quand la Bible invite à la repentance, il s’agit de mener les hommes « à ce point, qu’étant confus de leurs péchés et navrés de la crainte du jugement de Dieu, ils s’humiliassent et prosternassent devant sa majesté qu’ils avaient offensée, et se retirassent en la droite voie » (1560). Même le Concile de Trente (1563) a réussi à formuler une bonne définition de la repentance (ou « contrition ») : « Une douleur de l’âme, et une détestation du péché commis, avec le propos de ne plus le commettre à l’avenir ». L’apôtre Paul lui-même dit que la repentance provient d’une « tristesse selon Dieu », qui est censée produire l’indignation devant nos péchés, et le désir ardent de suivre les voies de Dieu (2 Co 7.10-11). Il me semble que si nous ne sommes pas souvent peinés dans notre âme par la conscience de nos péchés, c’est parce que nous avons élaboré des stratégies de défense contre la repentance. Nous avons développé, peut-être sans le savoir, une espèce de système immunitaire qui nous rend résistants à la contrition, et dont les effets, en réalité, sont de nous tromper, de nous endurcir, de nous éloigner de Dieu, et de produire, plutôt que la repentance, l’impénitence qui est une maladie mortelle pour l’homme. C’est exactement ce problème que Dieu veut traiter chez son peuple, dans le texte que nous allons lire. Et vous savez quel est le traitement de l’impénitence ? L’électrochoc. Dieu ne va pas y aller avec des pincettes, pour nous ramener les pieds sur terre et nous faire mesurer le caractère vital de la repentance. Pour cela, il va nous mettre face à face avec la réalité. Êtes-vous prêts à ce que votre vision du monde, et a fortiori de votre propre vie, soit toute chamboulée ? Lisons le texte.

 

1. Une religion détestable (v. 4-5)

a)      Dieu rejette le culte de son peuple

La première chose que fait Dieu dans ce texte, c’est de dénoncer la religion de son peuple comme lui étant détestable. Dieu fait usage d’une ironie cinglante en ordonnant au peuple de pécher ! Où ça ? À Béthel, à « la maison de Dieu » ! Et en quoi le peuple pèche-t-il lorsqu’il se rend à Béthel ? Il pèche en rendant un culte à Dieu, un culte zélé, généreux et démonstratif. Dieu est en train de dire que le culte plein d’empressement rendu par son peuple est un péché ! Quel choc ! Mais Dieu explique pourquoi la pratique religieuse de son peuple lui est détestable ; il dit : « Car c’est là ce que vous aimez, fils d’Israël ». Le problème des Israélites, c’est qu’ils aiment la pratique religieuse au lieu d’aimer Dieu.

b)      Aimer le culte au lieu d’aimer Dieu

Shema.jpgSouvenez-vous de cette injonction propre au langage de l’alliance, que Dieu emploie à plusieurs reprises dans cette prophétie : « Écoutez cette parole » (3.1 ; 4.1 ; 5.1). Cet ordre est censé renvoyer le peuple à ses obligations, notamment à la plus importante d’entre elles (Mc 12.28-30), le fameux Shéma Israël que l’on trouve au tout début de la Loi : « Écoute, Israël ! L’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est un. Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » (Dt 6.4-5). Cette obligation d’aimer Dieu, nous la trouvons aussi en clôture de la Loi : « Je te commande aujourd’hui d’aimer l’Éternel, ton Dieu » (Dt 30.16). Dieu est donc en train de dénoncer la religion de son peuple comme lui étant détestable parce que cette religion a usurpé la place qui revenait à Dieu. Cette religion zélée, généreuse et démonstrative ne procède pas d’un amour pour Dieu. En fait, cette superbe religion est devenue une excuse pour ne pas aimer Dieu.

c)       Le bouquet de fleurs piétiné

Imaginez un homme qui rentre du travail un soir avec un immense bouquet de fleurs. Il sonne à la porte de chez lui, et lorsque sa femme lui ouvre, il pose un genou à terre, lui tend le bouquet, la regarde droit dans les yeux avec un grand sourire aux lèvres et lui récite un magnifique poème d’amour qu’il a répété dans sa tête toute la journée. Et là, sa femme lui met une grosse gifle, jette le bouquet parGifle.jpg terre, piétine sauvagement les fleurs et rentre chez elle en claquant la porte. Pourquoi ? Peut-être parce qu’en faisant la lessive ce jour-là, elle a découvert dans la poche d’une des chemises de son mari un mot d’amour écrit par son mari, mais destiné à la secrétaire. Vous voyez ce qui peut rendre un beau geste détestable ?

d)      Quand la religion devient une excuse

Dans le texte, Dieu dénonce la religion de son peuple comme lui étant détestable, pour la même raison. Parce que Dieu n’a pas besoin de découvrir un mot d’amour dans la poche de notre chemise pour connaître nos véritables motivations. Est-ce que nous avons conscience que parfois, Dieu déteste le culte que nous lui rendons ? Il déteste le culte que nous lui rendons lorsque nous pensons pouvoir compenser, par notre culte, pour un péché auquel nous refusons de renoncer. Il déteste le culte que nous lui rendons lorsque le signe compte plus pour nous que la réalité. Il déteste le culte que nous lui rendons lorsque ce culte est centré sur nous plutôt que sur lui, et motivé par nos propres intérêts. Il déteste le culte que nous lui rendons lorsque le culte devient une excuse pour ne pas aimer Dieu. C’est pour cette raison qu’un peu plus loin dans la prophétie d’Amos, Dieu dit : « Je hais, je méprise vos fêtes, je ne puis sentir vos cérémonies. […] Éloigne de moi le bruit de tes cantiques » (Am 5.21, 23).

La première chose que fait Dieu dans ce texte, c’est donc de dénoncer la religion de son peuple comme lui étant détestable, et il nous invite aujourd’hui à examiner nous-mêmes quelle est la raison de notre culte, car lui le sait, et il veut que notre culte ne procède de rien d’autre quePrière sombre.jpg d’un amour pour lui. Alors quel est ce péché pour lequel vous essayer de compenser ? Quel est cet aspect du culte auquel vous vous attachez plus qu’à Dieu lui-même ? Quelles sont vos motivations pour venir à l’église ? Ces premiers versets nous mettent déjà face à face avec la réalité, en nous montrant dans quel genre d’illusion nous pouvons facilement tomber. C’est un premier électrochoc pour nous ramener les pieds sur terre et nous faire mesurer le caractère vital de la repentance. Mais que recherche Dieu de notre part ? Nous avons déjà commencé à en parler, mais regardons la suite.

 

2. Un Dieu fidèle (v. 6-11)

a)      Dieu invite le peuple à relire son histoire

La deuxième chose que fait Dieu dans ce texte, c’est de rappeler à son peuple qu’il est un Dieu fidèle à ses promesses de grâce. C’est-à-dire qu’il n’a jamais abandonné son peuple mais qu’il a toujours cherché à le faire revenir à lui. Pour montrer à son peuple qu’il est un Dieu fidèle, Dieu invite son peuple à relire son histoire, et il lui montre tout ce qu’il a fait, dans son histoire, pour l’avertir contre les dangers de son impénitence, et inviter les Israélites à revenir à lui. Dieu leur a envoyé la famine (v. 6), la sécheresse (v. 7-8), des maladies agricoles (v. 9),Sécheresse.jpg la peste (v. 10), et un bouleversement général (v. 11) comme des châtiments destinés à faire revenir le peuple à Dieu. Et à cinq reprises, le même constat : « Malgré cela, vous n’êtes pas revenus à moi, – Oracle de l’Éternel ».

b)      Dieu est fidèle à l’alliance

Dieu a déjà renvoyé le peuple aux termes du contrat d’alliance qui avait été établi à la sortie d’Égypte, au Mont Sinaï. Et tous ces châtiments que Dieu a envoyés à son peuple sont expressément mentionnés dans cette fameuse partie finale du Deutéronome où Dieu avait dit au peuple : « Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal » (Dt 30.15), et où Dieu avait averti le peuple concernant les bénédictions qui leur étaient réservés en cas de fidélité à l’alliance, et les malédictions en cas d’infidélité (Dt 28 – 30). Mais ces châtiments devaient être des corrections destinées à provoquer la repentance et le retour à Dieu. Même dans la Loi, après avoir énoncé toutes ces terribles malédictions (Dt 29), Dieu avait dit à son peuple qu’il aurait quand même compassion de lui, en annonçant à l’avance son intention d’accomplir quelque chose d’incroyable pour le peuple : « L’Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta descendance, pour que tu aimes l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme afin que tu vives » (Dt 30.6). Dieu a promis d’accomplir l’exigence de la Loi à la place du peuple et pour le peuple.

c)       Remercier la police pour les amendes

Dieu est donc en train de rappeler à son peuple qu’il est un Dieu fidèle à ses promesses de grâce, et il veut faire comprendre au peuple que les châtiments qu’il a envoyés dans l’histoire de son peuple sont des signes de sa fidélité et de sa grâce. Dites-moi : comment réagissez-vousGendarmerie.jpg lorsque vous recevez une amende de la part de la police ? Si vous êtes comme moi, vous devez râler. Vous vous dites que ce n’est pas juste, que ce n’était pas grand-chose. Il y a des gens qui en veulent à la police, qui se mettent en colère contre eux. Il y en a d’autres qui ont tellement l’habitude de prendre des amendes qu’ils se disent que ça fait partie de la vie. Mais combien d’entre nous pensons à remercier la police pour les amendes que nous recevons ? Ils ne nous donnent pas des amendes parce qu’ils aiment nous faire souffrir ! En fait, c’est une bonne chose de recevoir une amende : c’est la preuve que la police est en train de faire son travail, qui est de nous protéger.

d)      Apprécier les épreuves à leur juste valeur

De la même façon, Dieu est en train d’inviter son peuple, dans le texte, à reconnaître le pourquoi des épreuves qu’il a traversées. Qui est à la manœuvre dans l’histoire ? Dieu ! C’est Dieu qui envoie la famine, la sécheresse, la maladie, les calamités. Dieu ne cherche pas à se dérober à sa propre souveraineté (« Moi, je vous ai envoyé la famine », « J’ai tué vos jeunes gens », etc.) ! Mais en tout cela, Dieu rappelle qu’il a été parfaitement fidèle aux termes de l’alliance, et c’est une alliance de grâce, en vertu de laquelle le retour à Dieu est non seulement possible, mais il est promis, et c’est Dieu qui l’accomplira. Dieu veut donc que nous reconnaissions non seulement sa totale souveraineté derrière toutes les épreuves qui nous touchent, mais aussi quel est son dessein bienveillant.

Est-ce que c’est comme ça qu’on a l’habitude de penser ? Dieu dit : « Moi, j’ai fait tomber ta voiture en panne », « Moi, je t’ai mis au chômage », « Moi, je t’ai fait rater ton concours », « Moi, je t’ai fait tomber malade », « Moi, je t’ai fait toucher le fond dans ta vie », et : « Malgré cela, tu n’es pas revenu à moi ». Qui est à la manœuvre ? Dieu. Mais c’est un Dieu bienveillant. C’est le Dieu de l’alliance de grâce, et si vous doutez de sa fidélité ou de son amour, regardez à quel point il s’est engagé en notre faveur. Conformément à sa promesse, il a envoyéCouronne d'épines.jpg son propre Fils, son Fils unique, Jésus-Christ, subir à notre place le jugement de nos fautes, pour nous en délivrer. Dieu a payé un prix inimaginable pour que tous ceux qui se confient en lui puissent recevoir son pardon et la promesse de la vie éternelle. Dieu veut donc que nous prenions conscience qu’il est un Dieu fidèle à ses promesses de grâce, et que tout ce qu’il fait dans nos vies, ce qui est agréable et ce qui est désagréable, répond à un dessein bienveillant. C’est un deuxième électrochoc pour nous ramener les pieds sur terre et nous faire mesurer le caractère vital de la repentance. Mais Dieu va en rajouter une couche.

 

3. Un rendez-vous important (v. 12-13)

a)      Dieu convoque son peuple

La dernière chose que fait Dieu dans ce texte, c’est de faire prendre conscience à son peuple qu’il est redevable au Créateur de l’univers. Encore une fois, Dieu utilise un langage très évocateur, qui est censé rappeler des choses à son peuple. « Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu, ô Israël », c’est une réminiscence de ce qui s’est passé au pied du Mont Sinaï lorsque Dieu s’apprêtait à se révéler depuis la montagne pour donner au peuple les Dix Commandements. Le peuple, ce jour-là, a dû se préparer à rencontrer Dieu (Ex 19.14-19). L’expérience de cette rencontre a été terrible pour le peuple : « Tout le peuple observait le tonnerre, les éclairs, le son du cor et la montagne fumante. À ce spectacle, le peuple tremblait et se tenait dans l’éloignement » (Ex 20.18). Et par la bouche du prophète Amos, de nouveau, Dieu dit au peuple de se préparer à le rencontrer, et il lui précise de nouveau combien il est un Dieu terrifiant. Il est le Maître du cosmos, le Créateur du ciel et de la terre, le souverain Régisseur de l’univers.

b)      Quand le président veut vous voir

Imaginez qu’un jour, vous receviez dans votre boîte aux lettres une convocation à un rendez-vous personnel avec, disons, le maire deAgenda.jpg Lyon, Gérard Collomb. Comment allez-vous vous sentir à l’approche de ce rendez-vous, comment allez-vous vous habiller, est-ce que vous allez passer du temps à réfléchir à la raison de ce rendez-vous, etc. ? Imaginez maintenant que vous receviez une convocation à un rendez-vous personnel… avec Nicolas Sarkozy. Ou avec Johnny Halliday. Ou avec Zidane. Ou avec Barak Obama. Ou avec le Pape Benoît XVI. Combien de temps à l’avance est-ce que vous allez mettre de côté les vêtements que vous allez porter ce jour-là ? Est-ce que vous arriveriez à bien dormir la nuit avant le rendez-vous ? Combien de temps est-ce que vous allez passer à répéter dans votre tête les gestes et les paroles que vous emploierez le moment venu ?

c)       Vivre dans un monde qui est suspendu à Dieu

De la même façon, dans ce texte, Dieu veut que le peuple mesure l’importance du rendez-vous qui lui est donné. « Prépare-toi à la rencontre du souverain Créateur et Maître de l’univers ». À travers ces versets, Dieu veut nous redonner la bonne perspective sur le monde, sur l’histoire, et sur notre propre condition. Est-ce que nous pensons souvent à Dieu comme àAube.jpg celui qui nous fait connaître nos propres pensées ? Est-ce que nous regardons le soleil se lever en nous disant : « C’est Dieu qui fait ça » ? Si la nuit tombe, le soir, ce n’est pas parce que la terre est en train de tourner sur elle-même mais c’est d’abord parce que Dieu l’a décidé. L’univers entier est suspendu à ses lèvres. Vous imaginez le changement de perspective que cela doit entraîner dans notre vie ? Le cosmos tout entier, jusqu’aux recoins les plus éloignés de l’espace, est redevable à Dieu.

Et vous et moi, nous lui sommes redevables en particulier, parce que Dieu a créé l’être humain comme le couronnement de toute sa création. Et Dieu a fixé un jour où tout le monde devra comparaître devant lui. Et ce jour-là, il y aura deux types de personnes : les repentants et les impénitents. Il y aura ceux qui auront reconnu leur totale dépendance de Dieu, qui auront reconnu qu’ils sont indignes de l’amour de Dieu, et qui se seront confiés en Jésus-Christ pour le pardon de leurs fautes ; et il y aura les autres. Dans quelle catégorie vous trouvez-vous ce matin ? Dieu veut donc nous faire prendre conscience que nous sommes redevables au Créateur de l’univers. C’était le troisième et dernier électrochoc pour nous ramener les pieds sur terre et nous faire mesurer le caractère vital de la repentance.

 

Conclusion

Alors pour conclure : on disait en introduction que la repentance était une notion qui nous était de plus en plus étrangère ou lointaine. Cette « douleur de l’âme », et cette « détestation du péché commis », avec l’intention « de ne plus le commettre à l’avenir », ce n’est pas une expérience qui nous paraît très fréquente ou familière. Pourquoi ? Parce qu’on a développé une espèce de système immunitaire qui nous rend résistants à la contrition et dont les effets, on l’a dit, sont de nous tromper, de nous endurcir, de nous éloigner de Dieu, et de produire, plutôt que la repentance, l’impénitence qui est une maladie mortelle pour l’homme. Pour nous guérir de cette maladie, Dieu a voulu nous administrer quelques électrochocs. Il nous a mis face à face avec la réalité ; la réalité d’un culte qui lui est parfois détestable parce que nous lui apportons comme une excuse pour ne pas l’aimer. La réalité de ses appels persistants et parfois douloureux, par lesquels il nous invite à revenir à lui, et qui sont des signes de sa fidélité à ses promesses de grâce, des signes qui pointent, en réalité, vers l’amour incommensurable qu’il nous porte et qu’il a manifesté par Jésus-Christ, mais auxquels nous répondons souvent avec indifférence. La réalité, enfin, que nous lui sommes redevables, avec toute la création, et que nous devrons un jour comparaître devant lui pour recevoir de sa part, soit le jugement destiné aux impénitents, soit la vie éternelle destinée à ceux qui se repentent et qui croient à l’œuvre du Messie, Jésus-Christ, qui a versé son sang, « leCroix paysage.jpg sang de l’alliance, qui est répandu pour beaucoup, pour le pardon des péchés » (Mt 26.28). Dieu a voulu faire éclater la bulle dans laquelle nous vivons peut-être ; il a voulu chambouler notre vision du monde, et à fortiori de notre propre vie, pour nous ramener les pieds sur terre et nous faire mesurer le caractère vital de la repentance. « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice. […] Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le Juste. Il est lui-même victime expiatoire pour nos péchés » (1 Jn 1.8, 9 ; 2.1, 2).

 

16/03/2010

La Vie rêvée des vaches

Dimanche 7 mars 2010

AUDIO

Amos 4 : 1 - 3

(Alexandre Sarran)

 

Introduction

Vache.jpg« L’homme est-il un animal ? » C’est la question qui a été posée, récemment, à une classe de CM2 dans le cadre d’une petite présentation suivie d’un débat, dont le but était d’initier les enfants à la philosophie. À l’issue de la présentation, les enfants n’ont pas hésité à livrer leurs impressions sur le sujet, comme le petit Émilien, par exemple : « Moi, je crois que l’homme est un animal, parce que j’ai vu le corps d’un singe et d’un homme et ils étaient presque les mêmes ». Ou encore la petite Victoria : « Oui, je pense que l’homme est un animal, parce que les animaux sont intelligents. Par exemple : le chien, quand on lui dit assis, il s’assoit ». Ou encore Aaron : « Oui, l’homme est un animal, car les ancêtres de l’homme étaient des animaux et vivaient dans des grottes, se nettoyaient avec de la terre et avec du sang des animaux sauvages ». Ou encore Chloé : « Oui, l’homme est un animal, parce qu’on a vu le diaporama : l’homme évolue peu à peu ». Vous voyez qu’à l’âge de 10 ans, les enfants de notre pays sont déjà en train d’intégrer l’idée qu’en tant qu’êtres humains, ils ne sont pas fondamentalement différents des animaux. Vous savez quel est le pendant de cette idée ? C’est que nous pouvons nous fier à nos envies pour savoir comment vivre. C’est logique : si les autres animaux peuvent se fier à leur instinct, pourquoi pas les hommes ? Si j’ai naturellement envie de quelque chose, pourquoi ne serait-il pas légitime pour moi de chercher à l’obtenir ? En fait, ce mode de pensée s’est ancré tellement profondément en nous que la plupart du temps nous n’y réfléchissons même pas : bien sûr que nos choix de vie répondent avant tout à nos besoins et à nos désirs ! Quoi de plus normal ? Nous ne sommes peut-être pas tous des gens totalement adonnés à la satisfaction égoïste de nos appétences, mais il y a bien tel ou tel domaine de notre vie où notre désir personnel influe plus qu’autre chose sur notre comportement. Le problème, c’est que le texte que nous allons lire ce matin va nous asséner un message clair, net et radical : c’est que nos envies ne sont pas fiables, mais Dieu l’est. Autrement dit, il faut rejeter loin de nous l’idée que nous sommes comme des animaux, connaissant instinctivement ce qui est bien pour nous et ce qui est mal ; cette idée est en fait un piège qui a pour effet de nous avilir et de nous détruire. Mais regardons comment le texte soulève ce problème.

 

1. Quand l’appétit dirige la société (v. 1)

a)      Un tableau désobligeant (v. 1)

Amos sait que son auditoire n’est pas très attentif à son discours, alors pour remédier à cela, il va s’adresser aux femmes notables d’Israël et les traiter de grosses vaches. C’est exactement ce que signifie « vaches de Basan ». Mais ce qu’Amos est en train de faire dans ce verset, c’est de dresser un tableau désobligeant au travers duquel il veut représenter au peuple l’état déplorable de leur société. Et il pointe du doigt le comportement de ces femmes riches qui, comme des vaches, ne pensent qu’à une chose : satisfaire leur appétit. Le problème de ces femmes, ce n’est pas qu’elles sont riches, mais c’est qu’elles sont gouvernées par l’envie. Dans ce tableau désobligeant dressé par Amos, l’envie apparaît comme la puissance directrice de la vie de ces femmes, et par conséquent de la vie de leurs maris, et par conséquent de la société, ce qui entraîne des conséquences désastreuses notamment au niveau social. Ce qu’Amos est en train de faire, c’est de forcer le peuple à se regarder dans un miroir, pour que les Israélites prennent conscience que leur société marche sur la tête.

b)      L’autoscopie et l’effet du miroir

Vous connaissez ces campagnes publicitaires que l’on voit régulièrement contre l’abus d’alcool : on y représente des gens qui sont censés nous ressembler, qui se trouvent dans des situations qui nous sont familières, et dont le comportement bascule parce qu’ils boivent trop. Avec ce fameux slogan à la fin : « Tu t’es vu quand t’as bu ? ». Ces spots sont censés avoir un puissant effet sur nous parce qu’on est censé s’identifier aux personnes qui y sont représentées, et comprendre à travers ce qu’on voit quels sont les mécanismes de l’abus d’alcool : d’où ça vient et ce que ça entraîne. Il y a un exercice pédagogique qui fonctionne sur le même principe et qui s’appelle l’autoscopie. C’est le principe selon lequel on se filme soi-même dans une situation donnée, pour ensuite se regarder, parfois en groupe, afin de comprendre, d’évaluer et de corriger son comportement. Amos est en train de faire la même chose avec le peuple. Il force les Israélites à se regarder dans un miroir afin qu’ils comprennent quels sont les mécanismes du péché à l’œuvre dans leur société.

c)       Tu t’es vu quand tu pèches ?

Et voici quels sont les mécanismes du péché : quand on est gouverné par l’envie, cela entraîne la dégradation de notre personne et de nos relations. Alors la question que Dieu nous pose dans un premier temps ce matin, c’est la suivante : « Est-ce que tu t’es vu quand tu pèches ? ». Est-ce que nous savons d’où vient le péché dans notre vie, et où cela nous entraîne ainsi que notre entourage ? Est-ce que nous avons conscience que nos envies sont en réalité néfastes par nature ? Jacques le dit sans détour dans son épître : « Chacun est tenté, parce que sa propre convoitise l’attire et le séduit. Puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché ; et le péché, parvenu à son terme, engendre la mort » (Ja 1.14-15). Dieu nous invite à considérer d’où vient le péché et où mène le péché.

Est-ce que je peux me fier à mes envies pour savoir comment vivre ? Selon la Bible, certainement pas, car je suis pécheur et donc naturellement enclin au mal. Le péché opère à travers mes désirs, et malgré ce que j’en pense ou ce que je ressens, le péché a vraiment pour conséquence de me détruire. C’est comme ça que ça marche ! Soyons lucides, et considérons l’image que nous renvoie le miroir, surtout dans ces domaines de notre vie où nos désirs personnels influent plus qu’autre chose sur notre comportement. Ce n’est pas la vocation des êtres humains d’être gouvernés par leur envie. Mais regardons la suite du texte, qui va mettre cette réalité encore plus en relief.

 

2. Un point de vue radicalement opposé (v. 2)

a)      Une illusion temporaire (v. 2)

Le verset suivant, dans la bouche d’Amos, confirme le tableau désobligeant qu’il a fait au début. Amos parle du châtiment que Dieu réserve au peuple à cause de son obstination dans le péché. Ici aussi, les femmes notables continuent d’être emblématiques du mal profond qui touche tout le royaume d’Israël. Ces « grosses vaches », dit-il, seront enlevées « avec des crochets ». Amos fait référence à l’habitude qu’avaient certaines puissances conquérantes de l’époque d’emmener les prisonniers de guerre en les menant par un crochet passé dans leur nez. Vous avez compris que c’est une façon de totalement humilier celui qui a été vaincu. À travers cette parole prophétique concernant l’avenir que Dieu réserve aux « vaches de Basan », Amos dessine un terrible contraste entre le point de vue du peuple et le point de vue de Dieu sur la situation. Ces femmes prétendues puissantes ne voient pas où est le problème (ni leurs maris d’ailleurs) si elles ont envie de laisser libre cours à leur goût du luxe, mais Dieu, lui, nous dit que ces femmes ont en réalité totalement perdu leur dignité. Ce que Dieu est en train de nous montrer, c’est que le fait de laisser libre cours à ses désirs est un comportement avilissant pour l’homme.

b)      La vie rêvée des vaches

Si Dieu compare ces femmes à des vaches, ce n’est pas par hasard. Il y a beaucoup de vaches du côté de chez nous, et les vaches c’est trèsBoeuf en pièces.jpg joli dans le paysage, c’est très imposant quand on s’en approche, mais c’est très paisible et tranquille. C’est aussi très bête. Les vaches passent leur temps à brouter : pensez-vous, elles ont 4 estomacs ! Elles ne pensent qu’à ça et à dormir à l’ombre des grands chênes. En réalité, elles sont totalement exploitées ! Elles pensent avoir une vie rêvée, mais en fait, on leur soutire le lait sans leur demander leur avis, et les plus malchanceuses d’entre elles n’existent que pour figurer en pièces détachées sur l’étal du boucher. Quel contraste entre la vache de carte postale et la vache sous plastique à Carrefour !

c)       L’influence et l’erreur du naturalisme

Dieu est en train de dresser le même contraste entre le point de vue du peuple sur la situation et le point de vue de Dieu. Ces femmes riches et notables pensent que c’est le rêve de pouvoir laisser libre cours à leurs désirs ; en réalité, selon Dieu, c’est un comportement dégradant pour l’homme. Non seulement ces femmes agissent comme des animaux, mais du coup, elles seront traitées comme du vulgaire bétail sans défense, totalement démuni et asservi à une puissance étrangère. Dieu dit qu’elles seront enlevées littéralement avec des « hameçons », c’est dire que tout le poids qu’elles ont prétendument accumulé en étant gouvernées par leurs désirs, ne pèse rien dans la balance de Dieu. La leçon que Dieu nous donne ici, c’est que l’homme qui se fie à ses envies régresse.

Ce principe heurte de plein fouet une mentalité qui est très répandue aujourd’hui, selon laquelle l’être humain peut trouver en lui-même et dans la nature les repères moraux qui feront évoluer en mieux l’espèce humaine. Dieu dit le contraire : se fier à son instinct, c’est imiter les animaux, c’est porter atteinte à la dignité humaine, c’est se diriger vers la destruction. Je pense que vous comprenez pourquoi il est important que nous comprenions, ainsi que nos enfants, que nous ne sommes pas des animaux. Nous ne devons pas être gouvernés par nos désirs. Nos envies ne sont pas fiables ! Alors qu’est-ce qui est fiable ? Regardons la suite et la fin du texte.

 

3. Une panique thérapeutique (v. 3)

a)      La panique et la recherche effrénée d’un refuge

Avant de répondre à cette question, regardons la dernière chose que Dieu dit concernant l’avenir qui est réservé aux « vaches de Basan ». Dieu dit qu’elles s’enfuiront de la ville, en étant saisies de panique. Elles seront tellement paniquées lorsque l’ennemi attaquera, qu’elles chercheront frénétiquement n’importe quelle issue pour échapper au châtiment, et qu’elles se jetteront elles-mêmes dans la forteresse ennemie, où elles penseront trouver la sécurité. Ce que Dieu est en train de dire ici, c’est qu’un jour, les femmes notables du peuple, ainsi que tout le peuple, prendront conscience de leur situation et reconnaîtront, par l’expérience, la véracité des paroles du prophète. Lorsque le peuple réalisera qu’ayant été gouverné par l’envie, il s’est avili et s’est destiné lui-même à la destruction, le peuple se mettra en quête effrénée d’un refuge. Il mesurera pleinement sa vulnérabilité devant le jugement de Dieu.

b)      Quand la situation s’emballe

Je ne sais pas si vous le savez, mais quand une vache panique, ça fait « vachement » peur à voir ! Le mois dernier, il y avait à Bayonne une foire en plein air appelée « la foire aux bœufs gras ». Un éleveur est arrivé avec une quinzaine de vaches dans son camion et a commencé à les décharger dans l’enclos qui leur était dévolu. C’est là qu’une génisse de 900 kilos s’est affolée, devenant totalement incontrôlable. Totalement paniquée, elle s’est enfuie en direction du centre-ville où elle a semé la zizanie. Après deux heures de poursuite, il a fallu que des tireurs d’élite abattent la bête qui n’avait pas pu être maîtrisée malgré les efforts d’une trentaine de policiers municipaux et nationaux, ainsi que des pompiers, des employés de la ville, des éleveurs et des bouchers. Voilà le genre de panique dont il est question dans ce texte. La quête effrénée d’un refuge.

c)       La fiabilité de Dieu

Ayant été gouvernés par l’envie, les Israélites s’en était remis à quelque chose de faillible et de néfaste qui n’a fait que les préparer pour le jour de leur destruction. Mais avez-vous remarqué que Dieu, dans le texte leur montre quelque chose d’infaillible ? Il s’agit de sa propre parole. Il y a cette invitation solennelle, « écoutez cette parole », qui rappelle que Dieu est engagé dans une relation d’alliance avec son peuple (cf. 3.1 et Dt 6.4 : « Écoute, Israël ! L’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est un »). Il y a la conclusion du passage, avec cette signature tout aussi solennelle : « Oracle de l’Éternel ! ». Mais il y a surtout cette précision au verset 2 concernant la réalisation de la prophétie : « Le Seigneur, l’Éternel, l’a juré par sa sainteté : voici… ». Tout en comprenant que leurs envies ne sont pas fiables, les Israélites sont amenés à comprendre que Dieu, lui, est fiable.

d)      Se jeter dans la bonne forteresse

Dieu est fiable dans l’exercice de ses jugements : il tient parole concernant les malédictions prononcées contre le peuple qui s’obstine dans le péché. Mais il tient parole aussi concernant les bénédictions promises à ceux qui le craignent, et surtout, il tient parole concernant ses promesses de grâce destinées à tous ceux qui se confient dans l’œuvre du messie annoncé dès les origines. La seule autre fois dans la Bible où Dieu, littéralement, « jure par sa sainteté », c’est dans le Psaume 89, où Dieu dit : « Je ne profanerai pas mon alliance et je ne changerai pas ce qui est sorti de mes lèvres. J’ai juré une fois par ma sainteté : Mentirai-je à David ? Sa descendance subsistera toujours ; son trône sera devant moi comme le soleil, comme la lune il sera établi pour toujours, le témoin qui est dans la nue est fidèle » (Ps 89.35-38). Dieu rappelle donc à son peuple qu’il tient parole toujours, et concernant toutes ses promesses. L’histoire nous le démontre, car non seulement le royaume d’Israël a effectivement été détruit quelques années plus tard par les Assyriens, et le peuple a été déporté et humilié, mais le MessieCroix sombre.jpg est aussi venu, conformément à la promesse, de la descendance de David, en la personne de Jésus-Christ, pour donner au peuple le refuge ultime, la véritable sécurité. Il est mort en effet pour prendre sur lui le jugement des péchés de tous ceux qui se confient en lui et leur ouvrir les portes d’une forteresse solide : celle de sa propre personne, qui nous offre le pardon des péchés et qui nous justifie aux yeux de Dieu.

Dieu veut que nous paniquions à la pensée de notre péché et de son jugement. Il veut que nous prenions conscience que nous sommes totalement démunis devant lui, comme le décrit le prophète Osée : « La honte saisira Éphraïm, et Israël aura honte de ses desseins. […] Ils diront aux montagnes : Couvrez-nous ! Et aux collines : Tombez sur nous ! » (Os 10.6-8). Dieu veut, de manière thérapeutique, nous faire contempler l’avilissement et la destruction vers lesquels nos péchés nous entraînent, afin que nous recherchions désespérément le secours auprès de lui. C’est l’expérience qu’a faite le roi Néboukadnetsar ; il est devenu un animal, il a goûté littéralement à l’avilissement du péché, et le résultat, c’est lui qui nous le livre : « Après le temps marqué, moi, Néboukadnetsar, je levai les yeux vers le ciel, et la raison me revint. J’ai béni le Très-Haut, j’ai loué et glorifié celui qui vit éternellement, celui dont la domination est une domination éternelle, et dont le règne subsiste de génération en génération. […] Maintenant, moi, Néboukadnetsar, je loue, j’exalte et je glorifie le roi des cieux, dont toutes les œuvres sont vraies et les voies justes, et qui peut abaisser ceux qui marchent avec orgueil » (Dn 4.31, 34).

 

Conclusion

Bonaparte.jpgD’après Napoléon Bonaparte, « L’homme n’est qu’un animal plus parfait que les autres et qui raisonne mieux ». Mais d’après la Bible, pas du tout. Dieu a créé l’homme totalement distinct des animaux, avec une dignité particulière qui tient au fait qu’il porte l’image de Dieu. Cette image, malheureusement, a été détériorée sous l’effet du péché. L’homme cherche à être autonome, c’est-à-dire à être régi par ses propres envies, ses propres désirs, ses propres convoitises. C’est précisément la définition du péché. Mais si l’homme n’est pas un animal, le péché, lui, tend à faire ressembler l’homme à un animal. Les femmes notables du peuple sont comparées à des grosses vaches, qui ne s’intéressent qu’à la satisfaction de leur appétit en réalité insatiable. L’apôtre Pierre lui-même parle de ceux qui, « dans un appétit de souillure, recherchent les plaisirs charnels et méprisent l’autorité du Seigneur ». Ceux-là, dit-il sont « semblables à des animaux dépourvus de raison et destinés par nature à être capturés et détruits » (2 Pi 2.10, 12). Vous voyez donc que nos envies ne sont pas fiables. Mais Dieu, lui, est fiable. Est-ce que nous en avons pris conscience, peut-être avec un sentiment de panique à l’idée d’être totalement démunis devant Dieu ? Mais Dieu a ouvert pour nous la porte d’une forteresse inébranlable. Il nous invite à renoncer à notre autonomie, à confesser que nos envies sont néfastes, et à recevoir dans notre vie le règne bienveillant et fiable de son Fils Jésus-Christ qui a pris sur lui le poids de nos fautes pour nous en délivrer. Il compte maintenant déployer son autorité dans notre vie, par le moyen de sa Parole, mais pas pour nous asservir ou pour nous dégrader, mais bien plutôt pour nous faire croître à son image, à l’image de l’être humain parfait, afin que nous reflétions « comme un miroir la gloire du Seigneur », et que nous soyons « transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit » (2 Co 3.18).

 

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