25.05.2008

Fête des mères

Bonne fête à toutes les mamans, et merci pour tout ce que vous faites !

15.05.2008

Quel repos céleste

Vous connaissez le cantique "Quel repos céleste" ? Voici une version extraordinaire, en anglais. À quand la même chose dans notre église ?

On a récemment attiré mon attention sur ce groupe qui s'appelle "Denver & The Mile High Orchestra".



Si la vidéo ne marche pas, cliquez ici.

03.05.2008

Baptisé, ou juste mouillé ?

"J'ai perdu quelques-uns de mes meilleurs amis autrefois ainsi, à trois heures du matin en plein froid, au pied du couloir des Corridors de la Meije en Oisans. Un sérac, plus haut, avait cédé dans un fracas assourdissant. Cet ami dddd2e182a536d02fd9c1eaa9f60a5cd.jpgest resté enterré sous trois tonnes de glace. Dix secondes après, la montagne avait retrouvé sa paix, une paix en équilibre toujours précaire, comme l'est celle du monde où nous vivons. Ne pas sous-estimer le danger. Être toujours en éveil. En montagne, le danger c'est l'habitude. Je ne peux m'empêcher de penser en cet instant qu'il en va de même de notre vie de foi. On passe vite d'une vraie relation vivante, pleine d'amour, de spontanéité, à une piété molle et insipide, répétitive et, pour tout dire, religieuse. Les rites deviennent froids, sans chaleur, mécaniques et d'un ennui mortel si le coeur ne les anime pas. Le baptême ne suffit pas à faire de nous des chrétiens. Certains sont baptisés, d'autres simplement mouillés. Il faut encore vouloir aimer le Seigneur jusqu'aubout des ongles."

P. Martinez, Le Ciel pour seule limite (Presses de la Renaissance)

29.04.2008

Une foi qui a du sens et du contenu

"Je vis de cette foi. Aller contre, en cet instant précis, serait l'un de ces reniements qu'on estime, à tort, véniels, et qui conduisent, au bout du compte, à faire de la foi une simple affaire de religion, de la religion une suite de gestes codifiés, de ces gestes codifiés une habitude. Et de cette habitude une pratique sans sens ni contenu.

Au moment où tous les hommes sont assemblés, dès le commencement de cette cérémonie, Tusha, en fin psychologue, a dû voir que je remuais, à la fois mal à l'aise et déterminé. Sent-il que je veux partir ? Il prend les devants :

- Philippe, cette cérémonie est très importante pour nous. Les hommes vont faire des offrandes pour que l'ascension se passe bien.

- Je comprends cette coutume, Tusha, et je respecte ceux qui s'y livrent. Mais je préfère ne pas rester. Je vous expliquerai mon geste à l'occasion.

Et je pars, sous l'oeil médusé du maître de cérémonie et des membres de l'équipe.

Demain, leur expliquer..."

P. Martinez, Le Ciel pour seule limite (Presses de la Renaissance)

27.04.2008

Je bâtirai mon Eglise (27 avril 2008)

Dimanche 27 avril 2008

Matthieu 16 : 13 – 20
Je bâtirai mon Église


Introduction
ed1dc5a7e344d469ac2d8805e11f1fb2.jpgL’Église. Qu’est-ce que cela évoque pour vous ? La chapelle en pierre que nous trouvons au cœur du village ? La Basilique de Fourvière ? Les clochers, les vitraux, le grand orgue ? Qu’est-ce que le mot « Église » évoque pour vous ? Une vieille institution dont le siège social est au Vatican ? Un rassemblement de vieilles personnes dans un lieu sombre, froid et ennuyeux ? Une idéologie obscurantiste, bornée, manipulatrice ? Un service à la demande pour ceux qui croient en Dieu et qui ont besoin de son aide de temps à autre ? Pour les contemporains de Jésus, l’Église est un concept relativement nouveau. Jusqu’alors, le peuple de Dieu était constitué des Juifs ; on ne parlait pas de l’Église, mais des Juifs, ou du peuple d’Israël, ou du peuple de Dieu. Mais Jésus parle d’un peuple qui lui appartienne, et appelle ce peuple, « l’Église ». Dans le texte que nous avons lu, c’est la toute première fois que le mot « Église » apparaît dans le Nouveau Testament. Et ce n’est pas un hasard si c’est aussi dans ce texte que se trouve la définition la plus fondamentale de ce que c’est que l’Église. Le reste du Nouveau Testament va nous parler de la naissance de l’Église, de sa croissance, de sa mission, de son édification ; mais avant cela il faut que nous sachions bien de quoi il s’agit. Et qui mieux que Jésus peut nous dire ce qu’est l’Église, son Église ? Nous allons voir ce matin que l’idée que nous nous faisons de l’Église est souvent bien déformée, bien loin de l’idée que Jésus se fait de l’Église, et que par conséquent, nous sous-estimons la nature et le rôle de l’Église, parfois au point de nous en désintéresser. Mais Jésus nous montre dans ce texte que l’Église est centrale au plan de Dieu pour nous.


1. L’Église est bâtie sur une confession

a) La confession de Pierre
Jésus se renseigne pour savoir ce que les gens disent de lui (v. 14). Puis il demande à ses disciples ce qu’ils pensent, et Pierre répond : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant (v. 16). Jésus félicite Pierre pour sa réponse, une réponse unique par rapport aux autres, car elle n’est pas le fruit de ses propres raisonnements, mais d’une révélation de Dieu. Ensuite, Jésus fait cette déclaration bien connue : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église (v. 18). Ce verset a fait couler beaucoup d’encre, mais il n’y a rien ici de très mystérieux : Jésus répond à la déclaration de Pierre en faisant de lui, non pas à cause de sa personne mais à cause de sa déclaration, l’exemple de ce qui doit constituer le fondement de l’Église de Jésus.

b) Choisir le bon matériau de construction
b4fca82dbb942bbc90ad971f059fd2ec.jpgJésus dit qu’il bâtira son Église sur cette pierre, c'est-à-dire sur la déclaration de Pierre : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant (v. 16). L’Église est bâtie sur cette confession de foi. Lorsque vous construisez une maison, vous choisissez le matériau de base pour la construction : maison en parpaings, maison en bois, maison en briques… Jésus est en train de dire : le matériau de base pour la construction de l’Église, c’est cette confession de foi : Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant.

c) Une déclaration complète
Cela peut sembler simpliste, et pourtant, cette affirmation n’est pas anodine. Confesser que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, c’est reconnaître que Jésus a été envoyé par Dieu, que Jésus est médiateur entre nous et Dieu, et que Jésus a été établi Roi par Dieu. C’est aussi reconnaître la divinité de Jésus, Fils de Dieu. Vous voyez que le sens même de la venue de Jésus est résumé par cette simple déclaration : il est le prophète que Dieu nous a envoyé pour se révéler à nous ; il est le prêtre qui a offert le meilleur sacrifice, le sacrifice de sa propre vie, pour le pardon de nos péché ; il est enfin le Roi suprême, vainqueur de l’ennemi ultime par sa résurrection, appelé à régner dans notre vie et sur toute la création.

Jésus, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Tu es le prophète, le prêtre, le Roi. Tu es le chemin, la vérité, la vie, et nul ne vient au Père sinon par toi (Jn 14 : 6). Voilà la confession de foi dont est faite l’Église. La pierre sur laquelle Jésus bâtira son Église. Le matériau de construction. Alors la question qui nous est posée, bien sûr, 747b98abb508bc9b9d4386bdfbb753b1.jpgc’est : Qui est Jésus pour nous ? Jésus nous demande aussi : Qui dites-vous que je suis (v. 15) ? Il y a beaucoup de gens bien intentionnés à l’égard de Jésus, qui ont des opinions diverses mais positives sur lui. Mais c’est seulement sur cette déclaration authentique que l’Église sera construite. Pierre lui-même l’a bien compris, lorsqu’il écrit plus tard : Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle… L’honneur est donc pour vous qui croyez (1 Pi 2 : 5). Mais Jésus nous parle aussi de la mission, ou du rôle, de l’Église.


2. L’Église est le triomphe de la vie sur la mort

a) Les portes du séjour des morts
Et voici ce que Jésus ajoute, une fois qu’il a dit de quoi serait faite l’Église : Les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle (v. 18). Nous imaginons souvent que l’Église se trouve sur la défensive face aux attaques de l’enfer ; c’est exactement le contraire. Selon Jésus, l’Église est conquérante, elle enfonce les portes du séjour des morts.

b) Enfoncer les portes de la prison
42218d7c47df00c375102e4a0c9ef2a8.jpgIl y a un épisode d’Astérix et Obélix où Astérix est emprisonné dans une prison romaine, et où Obélix va le chercher. Obélix se laisse emprisonner, pour rejoindre Astérix, puis il lui brise les chaînes, et d’un petit coup de poing il défonce la porte de la prison et les deux s’enfuient ensemble. C’est exactement ce que Jésus a fait pour nous : il a été enseveli, il est descendu au séjour des morts, le troisième jour, il est ressuscité des morts. Tous ceux qui se confient en lui ressuscitent avec lui ; ils sont nés de nouveau, délivrés de la puissance du péché et de la mort.

c) Le message, et le résultat promis
La mission de l’Église, c’est la parfaite continuité de ce que Jésus a fait pour nous. Nous sommes appelés à enfoncer les portes du séjour des morts et à en ressortir avec des personnes, des hommes et des femmes qui placent leur confiance en Jésus pour leur salut, et qui naissent à une vie nouvelle. Comment faisons-nous pour enfoncer les portes du séjour des morts ? Nous le faisons en proclamant le message de l’Évangile : la bonne nouvelle du salut par la foi en Jésus, cette bonne nouvelle qui est résumée, précisément, par la déclaration de Pierre, cette déclaration qui est le matériau de construction de l’Église : Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant (v. 16).

L’évangélisation, c’est une opération commando en terrain ennemi. L’évangélisation, c’est être parachuté en pleine jungle colombienne et en ressortir avec Ingrid Bétancourt. Mais voyez la promesse de Jésus : les portes de la prison ne résisteront pas à la mission de l’Église. Paul dit, Je n’ai pas honte de l’Évangile, c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit (Rm 1 : 16). Jésus affirme ici que l’Église est conquérante ; c’est le triomphe de la vie sur la mort ; c’est la continuité de l’œuvre de Jésus à la croix, et au tombeau vide. Malheureusement, parfois, on pousse les portes d’une Église, et on a l’impression d’être entré 90e4d32595eea8fe9d3a750b6f7c02c1.jpgdans le séjour des morts ; ce n’est pas surprenant si le témoignage de ces églises semble inefficace. Jésus dit que l’Église doit être l’inverse du séjour des morts : autour de la personne de Jésus, l’Église doit être le règne de la vie, et de la vie en abondance (Jn 10 : 10). Mais Jésus ajoute encore autre chose.


3. L’Église est l’avant-poste du Royaume de Dieu

a) Le mandat confié à Pierre
697b54238da994c77a10dc644f2b93e3.jpgJésus confie les clefs du royaume des cieux à Pierre. Il donne à Pierre un mandat particulier concernant l’établissement de l’Église du Nouveau Testament, et nous verrons Pierre assumer ce rôle dans le livre des Actes, en ouvrant des portes successives pour la progression de l’Évangile, à Jérusalem, en Judée, en Samarie, et jusqu’au bout du monde (Ac 1 : 8). Puis Jésus affirme qu’il y a un lien direct entre l’usage que Pierre fera de ces clefs sur terre, et ce qui se passe au ciel (v. 19).

b) Le rapport entre la terre et les cieux
Il faut comprendre que ce que Jésus déclare à Pierre, s’applique certes à Pierre dans un premier temps, mais à l’Église dans son ensemble, étant la continuité de ce que Pierre et les apôtres ont commencé. Jésus affirme qu’il y a un lien direct entre la terre et les cieux à travers l’Église. Jésus vient juste de parler des portes du séjour des morts qui ne prévaudront pas contre l’Église, et maintenant il parle de lier et de délier. Jésus est en train de dire que les effets de la mission de l’Église ici-bas sont célestes. L’Église assumant sa mission ici-bas produit des effets dans le ciel. L’Église proclamant la parole de Dieu enfonce les portes du séjour des morts ; et des hommes et des femmes sont délivrés pour l’éternité, déliés dans les cieux, tandis que d’autres s’endurcissent à l’écoute de la même parole, restent incrédules, et sont liés dans les cieux.

c) Une zone sécurisée
On peut dire que pour Jésus, l’Église c’est l’irruption du Royaume des cieux sur terre. Ou encore, que l’Église, c’est un avant-poste du Royaume de Dieu. Lors du débarquement en Normandie, les alliés ont cherché à gagner du terrain, puis à sécuriser la zone. À un moment donné, dans la France occupée, il se trouvait donc des zones sécurisées, des avant-postes alliés en terrain ennemi. Les lois dans ces zones et en-dehors de ces zones étaient différentes. La vie y était différente. L’Église aussi, c’est un avant-poste du Royaume de Dieu. C’est l’ambassade du Royaume des cieux sur terre.

d) Citoyens des cieux
Paul dit que notre cité est dans les cieux ; de là, nous attendons comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ (Ph 3 : 20). Ailleurs, Paul dit : Dieu nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et transportés dans le 0eefe54afd875f252e9f888c1fb32bbc.jpgroyaume de son Fils bien-aimé (Co 1 : 13). Notre citoyenneté, en tant que chrétiens, citoyens du ciel et sujets du royaume de Jésus, s’exprime et se vit dans le cadre de l’Église. La parole de Dieu, que nous sommes appelés à proclamer, est une épée, la seule arme offensive qui nous est confiée (Ep 6 : 17), pour accomplir notre mission et entraîner des conséquences dans l’éternité.


Conclusion
Alors il faut bien conclure. L’Église. Qu’est-ce que cela évoque pour vous ? Votre idée de l’Église s’approche-t-elle ou s’éloigne-t-elle de l’idée que Jésus se fait de l’Église ? Vous pensiez peut-être que l’Église c’était une vieille chapelle avec un clocher et des vitraux, mais l’Église selon Jésus, c’est un édifice formé de pierres vivantes, qui confessent que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Vous pensiez peut-être que l’Église avait pour mission d’aider les gens qui croient en Dieu lorsqu’ils en ressentent le besoin, mais l’Église selon Jésus est appelée à enfoncer les portes du séjour des morts et à en ressortir avec des hommes et des femmes qui placent leur confiance en Jésus et qui naissent à une vie nouvelle. Vous pensiez peut-être que l’Église était une institution humaine, hégémonique, dont le siège social est au Vatican, mais l’Église selon Jésus est un avant-poste de son propre royaume, le royaume des cieux, le royaume de Dieu, le cadre dans lequel Jésus lui-même agit sous l’effet de sa parole proclamée, pour tantôt endurcir les cœurs, tantôt délier les âmes pour l’éternité. Alors quelle idée e00d94095d783794d37858faf880cdcd.jpgvous faites-vous de l’Église, au quotidien ? Quelle idée vous faites-vous de notre église, cette petite assemblée incongrue postée en plein milieu de la ville de Lyon ? Calvin a dit que nul ne peut avoir Dieu pour père, s’il n’a l’Église pour mère. Sachez que selon Jésus, même notre petite église est un avant-poste de son royaume ; c’est son Église, c’est lui notre pasteur, c’est lui qui nous conduit et qui nous nourrit, c’est lui enfin qui compte nous édifier en tant qu’Église et nous faire croître à sa gloire.

01.04.2008

Le Tournoi de foot

Samedi 29 mars, quelques jeunes de l'église, avec quelques amis, ont participé au tournoi de foot dans le cadre du festival chrétien "Faith'tival" organisé conjointement par les Groupes Bibliques Universitaires et l'association Agapé Campus.

Nous avons inscrit une équipe sous le nom des "Dix Plaies d'Egypte".

Notre prestation a été très honorable, l'essentiel étant de participer !

Entame de match

L'équipe "Les Plaies d'Egypte" fait une excellente entame de match, avec déjà une bonne occasion sur un contre. Le gardien adverse met Janmil à terre. Bonne pression sur l'adversaire.



(L'église n'est pas responsable des liens proposés vers les autres vidéos du site Youtube)

Le match s'emballe

Côté droit, Alex passe à Nahel qui remonte le terrain, passe à Janmil qui trompe le gardien en remettant sur Nahel, qui marque ! 1-0 pour Les Plaies d'Egypte ! Alex défend bien sur l'offensive suivante, puis récupère le ballon dans les pieds d'un adversaire. Celui-ci se venge par un tâcle rageur qui laisse Alex sur les fesses, côté gauche. Le coup franc ne donne rien. Les Plaies d'Egypte mettent la pression, mais l'équipe adverse profite d'un contre pour égaliser. Sur l'engagement, bel enchaînement de passes de la part des Plaies d'Egypte, mais l'adversaire, vexé, se venge sur Nahel, cette fois, qui se retrouve propulsé par terre par un violent coup d'épaule, côté gauche. La tension monte !



(L'église n'est pas responsable des liens proposés vers les autres vidéos du site Youtube)

Fin du match

Excellent pressing des Dix Plaies d'Egypte. Mais l'arbitre met fin à la partie à cause des fautes à répétition de l'équipe adverse, et des esprits qui s'échauffent un peu trop. Score à la fin du match : 1-1.



(L'église n'est pas responsable des liens proposés vers les autres vidéos du site Youtube)

29.03.2008

Courir vers le but

9499957c8362af3fcd7437a2c04d4a82.jpg(Philippiens 3 : 7 – 16)

De toutes les règles du foot, s’il y avait une seule règle à retenir, qui permette de comprendre le principe du jeu et de gagner un match, quelle serait-elle ? « Tu vois la cage, là-bas ? Il faut mettre le ballon dedans ». Voilà le sens-même du foot, le présupposé qui va orienter tous nos choix une fois sur le terrain. Imaginez que pour corser le jeu, on mette dans chaque équipe une personne qui ne connaît absolument rien au foot – vous imaginez bien que pendant le match, c’est LA personne à qui on ne va jamais faire la passe. Cette personne sera sur le terrain, il va se passer des tas de choses autour d’elle, mais elle ne sera que spectatrice d’un enchaînement d’événements qui la dépassent.

Dans la vie, est-ce que vous n’avez pas parfois l’impression d’être dans la situation de cette personne ? Les événements s’enchaînent autour de vous, on vous oblige à faire des choix, mais vous ne savez pas, au fond, quelle est la règle de base qui doit orienter votre vie.

Puisqu’il est question de Bible et de sport aujourd’hui, je vous propose une parole de la Bible qui parle de football. C’est une des personnes les plus influentes de l’histoire du christianisme, après Jésus, qui l’a écrite. Saint Paul résume sa philosophie de la vie en utilisant cette expression : Je cours vers le but (Ph 3 : 14). Combien d’entre nous pouvons, avec autant de conviction, en dire autant au sujet de notre propre vie ? Je crois que le monde peut être divisé en trois catégories : ceux qui courent vers le but, ceux qui courent vers le mauvais but, et ceux qui ne savent pas qu’il y a un but.

Saint Paul n’a pas toujours été un saint. En fait, il a commencé sa carrière en persécutant les chrétiens (Ph 3 : 6). Il dit lui-même qu’il était zélé pour persécuter les chrétiens, c’est-à-dire pour les faire arrêter et les mettre à mort. Il avait un but dans la vie, et pourtant, à un moment donné, il a fait volte-face. Il s’est rendu compte que le but vers lequel il se dirigeait, en dribblant l’adversaire avec beaucoup de talent et de détermination, n’était pas le bon ! Et quelques années plus tard, il peut écrire : maintenant, je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et tendant vers ce qui est en avant, je cours vers le but (Ph 3 : 13, 14). « J’ai enfin découvert où se trouvait le vrai but de ma vie ! »

Si les étudiants du GBU et d’Agapé Campus cherchent à connaître et à faire connaître le message de la Bible, c’est parce que la Bible nous parle du vrai but de la vie. La Bible nous présente la règle de base, sans laquelle on ne peut ni comprendre, ni gagner le match. Le message central de la Bible est relativement simple, en définitive. Il peut se résumer en quatre affirmations.

1. Dieu m’aime et il s’intéresse à moi personnellement (il m’a créé, et il me connaît mieux que personne).

2. Je suis séparé de Dieu parce que je choisis de vivre indépendamment de lui (ma relation avec Dieu est brisée, par ma faute, et je ne peux pas la réparer de moi-même).

3. Dieu a pourvu à un moyen pour moi d’être réconcilié avec lui : ce moyen, c’est Jésus (qui est mort pour payer mes fautes à ma place, et ressuscité pour m’ouvrir le chemin vers Dieu).

4. Je peux connaître Dieu et son amour personnellement, si je remets ma vie entre les mains de Jésus (c’est une démarche de foi ; Jésus se tient à la porte et il frappe, si quelqu’un entend sa voix et ouvre la porte, il entrera chez lui).

Saint Paul a entendu ce message, et c’est ça qui a changé le cours de sa vie. Il pensait savoir où se trouvait le but. Beaucoup pensent savoir où se trouve le but. D’autres ne savent même pas qu’il y a un but ! Mais en comprenant, et en acceptant ce que Jésus a dit de lui-même lorsqu’il a dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie, Saint Paul a pu écrire, tout simplement, Mon but est de le connaître (Ph 3 : 10). Connaître Jésus. S’il y a une seule règle à retenir dans la vie, pour comprendre le principe du jeu et pour gagner le match, c’est celle-ci.

Je sais bien que tout cela peut vous sembler bien étrange. Mais je voudrais juste terminer en vous invitant, tout simplement, à réfléchir à l’orientation de votre vie. Est-ce que vous courez dans le bon sens ? Savez-vous au moins qu’il y a un but ? Avez-vous déjà pris le temps de réfléchir aux affirmations de la Bible ?

Mon souhait, et celui de beaucoup d’étudiants chrétiens à Lyon, c’est que nous soyons nombreux à pouvoir dire la même chose que Saint Paul : J’oublie ce qui est derrière moi, je tends vers ce qui est devant moi, et je cours vers le but pour obtenir le prix de l’appel que Dieu m’adresse depuis le ciel en Jésus Christ (Ph 3 : 13, 14).

22.03.2008

Joyeuses Pâques !

f2b04ee962a4c68983be8a5eccc0a931.jpgJ'espère vous voir nombreux ce dimanche 23 mars pour notre culte de Pâques.

Mais pourquoi donc le dimanche de Pâques tombe-t-il aussi tôt cette année ?

"Le dimanche de Pâques correspond au premier dimanche suivant la première pleine lune après l'équinoxe du printemps (vernale). Telle est la règle actuelle. L'équinoxe vernale est la date à laquelle le Soleil traverse l'équateur céleste, à son retour vers le nord. Cette année, il le fait le 19 mars dans le fuseau horaire de l'heure avancée du Pacifique et le lendemain, dans celui de l'Est. La pleine lune luira le 21 mars, un vendredi, de sorte que le dimanche de Pâques tombera le 23 mars. La fête pascale arrive rarement plus tôt et ne le fera de nouveau qu'en 2228. La dernière fois où la chose s'est produite remonte à 1913. Pour que Pâques survienne plus tôt, il faudrait que la pleine lune coïncide avec l'équinoxe vernale et que les deux événements tombent un dimanche. La date la plus tardive survient quand la Lune est pleine la veille de l'équinoxe et que la pleine lune subséquente arrive un lundi. Cette règle étrange remonte au premier concile de Nicée, qui eut lieu en l'an 325. Il y fut décidé que les Chrétiens célèbreraient Pâques un dimanche. Après une foule d'ajustements qui se poursuivirent loin dans le Moyen-âge, on finit par instaurer le bizarre système encore en usage aujourd'hui."

09.03.2008

Le Testament de Paul (9 mars 2008)

Dimanche 9 mars 2008

Actes 20 : 13 – 38
Le Testament de Paul


Introduction
Nous avons tous un point commun ce matin, c’est que nous sommes venus au culte. Nous avons chanté ensemble, prié ensemble, lu la Bible ensemble, mais Dieu seul sait le sens que ce culte a pour vous, dans le secret de votre cœur. La question que nous devons tous nous poser ce matin, c’est : quel est le rapport entre cette petite heure et demie du dimanche matin et le reste de ma semaine ? C’est facile d’être un chrétien, ou de ressembler à un chrétien, quand on est à l’église, le dimanche matin entre 10 h 30 et 12 h. Mais à quoi ressemble votre vie du lundi matin au samedi soir ? À quoi ressemble votre vie quand les amis de l’église ne sont pas là, quand vous êtes seul en famille, ou seul avec les collègues, ou seul avec les camarades de classe ? Le texte que nous avons lu est particulièrement poignant car il s’agit des adieux de Paul aux anciens de l’église d’Éphèse. Paul sait qu’il ne va plus les revoir, alors il les convoque pour leur donner ses dernières instructions. C’est le moment où l’église va devoir se débrouiller sans lui. Paul leur livre en quelque sorte son testament, ses dernières volontés. Et la question qui anime Paul à ce moment-là, c’est : à quoi va ressembler la vie de ces chrétiens éphésiens maintenant qu’ils vont être livrés à eux-mêmes ? Ces chrétiens vont-ils retenir fidèlement l’enseignement que Paul leur a transmis, ou bien vont-ils l’assaisonner à leur goût, le modifier à leur convenance pour pouvoir continuer à vivre comme ils le souhaitent maintenant que l’apôtre n’est plus là pour les surveiller et les gronder lorsqu’ils s’écartent du chemin ? Ce texte va nous montrer, à nous aussi, ce que nous devons retenir, en quittant ces lieux tout à l’heure, pour que cette heure et demie le dimanche matin ne soit pas juste une parenthèse dans une vie qui, le reste de la semaine, risque de ne pas avoir grand-chose de chrétien. Dans son testament, Paul va nous parler de l’héritage qui nous est destiné : un héritage transmis péniblement, à assumer difficilement, et à protéger absolument.


1. Un héritage péniblement, mais soigneusement transmis

a) Le mal que Paul s’est donné
Le texte nous présente Paul comme étant fatigué de son travail missionnaire. Bien que pressé (v. 16), il choisit de faire une partie du chemin à pied, seul (v. 13), puis il enchaîne les voyages, jour après jour : Assos, Mytilène, Chio, Samos, Milet (v. 14, 15)… Puis il convoque les anciens d’Éphèse, et la première chose qu’il leur dit, c’est combien il a souffert pour leur transmettre le message de l’Évangile : humilité, larmes, épreuves (v. 19), et pourtant, il a continué de le faire, sans rien dissimuler, en toute transparence, afin qu’ils reçoivent tout ce qui leur soit utile (v. 20). En plus, il l’a fait à ses propres frais (v. 33 – 35). Le texte nous parle ici d’un héritage que Paul a transmis avec grand’ peine, mais avec grand soin.

b) Le tableau hérité d’une valeur inouïe, rangé au grenier
Imaginez qu’un jour vous héritiez d’un tableau d’une valeur inouïe. C’est un tableau mythique, convoité par les plus grands musées. Il a été trouvé, à la fin du 19ème siècle, dans l’épave d’un bateau au fond de l’océan indien, et rapatrié en France au prix de beaucoup d’efforts et d’argent, tout en prenant le plus grand soin pour le protéger. Votre grande tante décède, et vous héritez de cet objet. Qu’allez-vous faire avec ?

c) Considérer la valeur de l’Évangile
Paul sait que le message de l’Évangile est tellement précieux, que les chrétiens sont comme les héritiers de ce tableau inestimable. Le problème, c’est que nous trouvons ce tableau encombrant et que nous préférons le ranger dans la poussière du grenier plutôt que de le suspendre au mur de la salle à manger. Ce texte, en premier lieu, veut nous rappeler la valeur inouïe de l’héritage qui nous a été transmis, et à quel prix cet héritage nous est parvenu. Le message de l’Évangile, c’est la bonne nouvelle du pardon offert aux hommes pour leur péchés, au prix du sang du Fils de Dieu, Jésus-Christ. Ce pardon est offert à tous, sans discrimination, si les hommes se repentent devant Dieu et placent leur foi en Jésus (v. 21).

Est-ce que nous mesurons vraiment la chance que nous avons d’avoir la liberté de lire la Bible, la liberté de nous rendre au culte, la liberté de nous renseigner concernant le message de l’Évangile, alors que dans le monde, il y a des endroits où l’on est mis à mort pour ces mêmes choses ? La Bible que nous tenons dans nos mains est entachée du sang des martyres qui nous ont précédés, en France même. Le message de l’Évangile nous a été rendu accessible au prix de beaucoup de vies. Et nous voudrions y consacrer qu’une heure et demie le dimanche matin, et encore, quand ça nous arrange ? Ou pire, nous ne voudrions jamais même nous intéresser à ce précieux message alors qu’il est là pour nous, en libre accès ? Mais le texte continue, au sujet de cet héritage qui nous est destiné ; après nous avoir rappelé combien péniblement cet héritage nous a été rendu accessible, il veut nous parler de la difficulté, mais de la nécessité, à assumer cet héritage.


2. Un héritage à assumer difficilement, mais nécessairement

a) Paul témoigne de son ministère
Paul a parlé du mal qu’il s’est donné à transmettre aux éphésiens le message de l’Évangile. Maintenant, il témoigne de ce que sa vocation chrétienne a entraîné dans sa propre vie. Et le tableau n’est pas tout rose. Il dit que des liens et des tribulations l’attendent (v. 23). Il sait que sa vie même est en danger (v. 24). Paul dit en quelque sorte : voilà, j’ai porté cet héritage pendant tant d’années, je vous l’ai transmis péniblement mais soigneusement, maintenant je vous ai remis le flambeau ; quant à moi, je dois achever ma course et mon ministère. La balle est dans votre camp : allez-vous aussi assumer cet héritage ?

b) Le témoin numéro un
Paul dit que sa vocation était de rendre témoignage à la bonne nouvelle de la grâce de Dieu (v. 24). Parfois, dans des affaires judiciaires, on entend parler d’un « témoin numéro un », une personne dont le témoignage est absolument capital. Pour les uns, ce témoin est la personne la plus précieuse, pour les autres, la plus dangereuse. Les uns veulent la protéger, les autres l’éliminer. Paul a conscience qu’en tant que chrétien, il est dans cette situation.

c) La vocation du chrétien
Ce texte nous dit que l’héritage qui nous a été transmis, c’est un élément capital dans l’affaire judiciaire qui concerne l’humanité. Et nous sommes, en tant que légataires de ces informations, les témoins numéro un dans cette affaire. Le message de l’Évangile est une bonne nouvelle à accueillir dans sa propre vie, et à partager, même si la vérité de l’Évangile est une vérité qui dérange. C’est nous, d’abord, qu’elle dérange, parce qu’elle exige de notre part une vie radicalement transformée, une vie de dépendance de Dieu par la foi en Jésus. C’est le monde, ensuite, qu’elle dérange, parce qu’elle parle du péché et de l’impuissance des êtres humains, qui ne peuvent être sauvés sans renoncer à leur autonomie et se confier en Jésus-Christ.

Évidemment, lorsque l’on accueille la bonne nouvelle de l’Évangile, et que l’on commence à assumer l’héritage qui nous a été transmis, on se rend compte qu’il y a des difficultés. Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés (2 Tm 3 : 12). Mais nous avons reçu un héritage d’une valeur inouïe ; allons-nous le ranger au grenier, quitte à le sortir une fois par semaine, ou bien allons-nous le suspendre au mur de notre salle à manger, là où tout le monde peut le voir, chaque jour de la semaine ? Mais le texte ne s’arrête pas là, et après nous avoir parlé de cet héritage qui a été transmis péniblement mais soigneusement, et qui doit être assumé difficilement mais nécessairement, il va nous montrer que cet héritage doit aussi être protégé absolument.


3. Un héritage à protéger absolument

a) Le danger des loups
Paul annonce aux éphésiens qu’ils ne le verront plus (v. 25). Il coupe officiellement le cordon, en annonçant qu’il leur a transmis tout ce qu’ils avaient à recevoir (v. 26, 27). Et tout de suite, il les met en garde contre des « loups » qui s’attaqueront à l’église, des hommes qui annonceront des choses contraires à la Parole de Dieu (v. 29, 30). Paul leur dit : voyez ce que je vous ai donné, péniblement (v. 31), et que vous devez assumer ; maintenant prenez-en soin, protégez cet héritage qui vous a été remis.

b) Le paquet dont on a volé la moitié du contenu
Il y a quelque temps, nous avons envoyé un paquet à la sœur de Suzanne qui habite aux USA. Nous avons pris soin de bien l’emballer pour le protéger, et nous l’avons envoyé en prioritaire, en ayant rempli toutes sortes de papiers pour les douanes, parce que le contenu était relativement précieux. Quelle ne fut pas notre tristesse d’apprendre que le colis était arrivé dans un emballage différent, avec la moitié du contenu qui manquait !

c) Garder le bon dépôt
Dieu aussi nous a envoyé un paquet. Mais au cours du temps, dans l’histoire de l’Église, comme dans notre propre vie, est-ce qu’on n’en a pas volé la moitié du contenu ? Nous volons le contenu du paquet, et nous abîmons l’héritage que Dieu nous a transmis, lorsque nous choisissons les éléments de sa Parole que nous recevons, et ceux que nous ne voulons pas recevoir. Nous abîmons l’héritage que Dieu nous a transmis lorsque nous assaisonnons à notre goût les paroles de Dieu qui nous sont difficiles à accepter, lorsque nous disons amen le dimanche matin, et le contraire le dimanche soir. Plutôt que cela, la Bible nous exhorte au discernement et à l’humilité devant la Parole de Dieu.


Conclusion
Nous nous posions la question au début de savoir quel était le rapport entre cette petite heure et demie le dimanche matin et le reste de notre semaine, et ce que nous devions retenir pour que cette heure et demie ne soit pas juste une parenthèse dans une vie qui, par ailleurs, court le risque de ne pas avoir grand-chose de chrétien. Posons-nous donc ces quelques questions : à quel point est-ce que je m’intéresse à l’héritage qui m’a été rendu accessible au prix de beaucoup d’efforts et de souffrances ? À quel point cet héritage a-t-il transformé ma vie et continue-t-il de transformer ma vie, si du moins je l’ai reçu ? À quel point est-ce que je protège, jour après jour, l’intégrité de cet héritage, plutôt que de l’assaisonner à mon goût, ou au goût du jour, de sorte que ma vie ait moins besoin d’être transformée ? Vous avez hérité de ce tableau d’une valeur inouïe, récupéré à grand prix au 19ème siècle au fond de l’océan Indien : est-il actuellement rangé dans la poussière du grenier ? Il n’est pas trop tard pour le dépoussiérer et le suspendre au mur de la salle à manger. L’avez-vous quelque peu recoloré, parce que vous trouviez qu’il n’était pas suffisamment assorti aux rideaux ? Il n’est pas trop tard pour le faire restaurer, et pour changer les rideaux. L’Évangile rangé au grenier, c’est un évangile qui n’a pas été reçu. L’Évangile reçu, mais modifié, c’est un faux évangile. La Parole de Dieu doit être reçue dans son intégralité, et dans son intégrité. C’est la le testament de Paul aux éphésiens, ce sont là ses dernières volontés. Paul écrira à Timothée, son jeune « apprenti » : 2 Timothée 1 : 8 – 14.

Et pour finir, les paroles de Paul lui-même aux anciens d'Ephèse : Et maintenant, je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce, qui a la puissance d’édifier et de donner l’héritage parmi tous ceux qui sont sanctifiés (v. 32).

02.03.2008

Pas de pain seulement (2 mars 2008)

Dimanche 2 mars 2008

Actes 20 : 7 – 12 (1 Rois 17 : 17 – 24)
Pas de pain seulement


Introduction
Actuellement, nous parlons beaucoup du pouvoir d’achat. Le pouvoir d’achat des français baisse, parce que les prix augmentent plus vite que les salaires. La baisse du pouvoir d’achat nous fait réfléchir sur la question de ce qui est vraiment nécessaire à la vie. Nous sommes obligés de couper les dépenses, mais il y a des choses dont on ne peut pas se passer. Notre budget est limité, alors quand on va faire les courses, on réfléchit bien, on coupe les petits « extras », et on consacre son argent au strict nécessaire. De quoi ai-je besoin, au minimum, pour vivre ? C’est cette question que nous allons nous poser aussi ce matin. La réponse nous paraît peut-être évidente : nous voici tous ici ce matin, plus ou moins en bonne santé, avec des revenus suffisants pour avoir un logement et manger à notre faim. Mais Jésus a dit : Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? (Marc 8 : 36). Le texte de ce matin nous invite à examiner la notion que nous avons de nos besoins vitaux. Est-il possible que la Bible doive corriger l’idée que nous avons de ce qui est vraiment nécessaire à la vie ? Nous allons voir à travers ce texte, d’abord le contraste étonnant entre l’enthousiasme des chrétiens de Troas et notre propre expérience chrétienne, ensuite les raisons d’une telle différence : les chrétiens de Troas ont-il compris quelque chose que nous, deux mille ans plus tard, nous avons oublié ? Enfin nous découvrirons, ou re-découvrirons, pourquoi Dieu veut nous nourrir de sa Parole, et en quoi notre besoin de la Parole de Dieu, qui est vérité, est vraiment pour nous un besoin vital.


1. Accorder de l’importance à la Parole

a) L’enthousiasme des chrétiens de Troas
Les chrétiens sont réunis pour le culte : ils se réunissent pour célébrer la Sainte Cène, manger un repas ensemble, et recevoir un enseignement (v. 7). Ils savent que Paul doit partir, alors ils profitent de sa présence, ils ont prévu de nombreuses lampes pour que le culte puisse se poursuivre jusque tard dans la nuit (v. 8). Même les jeunes sont motivés pour assister à cette réunion d’église, comme Eutychus, qui doit s’asseoir sur le bord de la fenêtre, faute de place dans la pièce (v. 9). Ces chrétiens sont enthousiastes : ils prennent même sur leur temps de sommeil pour recevoir l’enseignement de la Parole de Dieu, par la bouche de Paul.

b) Les choses qui nous enthousiasment
Ca me fait penser au match de foot de ce mardi soir, entre Manchester et Lyon. Ceux qui s’intéressent au foot, et qui soutiennent l’équipe de Lyon, vont consacrer leur mardi soir à regarder ce match à la télé. Imaginons qu’il y ait égalité à la fin du temps réglementaire, 1-1, pensez-vous que nous allons éteindre la télé et nous coucher sans regarder les prolongations ?

c) Le contraste entre les chrétiens de Troas et nous
Il y a des choses qui nous enthousiasment dans la vie. Mais comment se fait-il que notre attitude vis-à-vis de l’enseignement de la Parole de Dieu, et du culte, soit si éloignée de l’enthousiasme des chrétiens de Troas ? L’Église est souvent perçue comme ennuyeuse, et la Bible comme un livre fastidieux. Qui ici serait prêt à faire durer un culte toute la nuit ?

Vous voyez le contraste étonnant entre l’attitude des chrétiens de Troas et la nôtre, par rapport à la place que nous accordons à l’enseignement de la Parole de Dieu dans notre vie. Les chrétiens de Troas ont-ils un sérieux problème, pour être prêts à s’entasser dans une pièce le soir et à écouter quelqu’un parler de Dieu pendant des heures, au lieu de se coucher et de laisser le sommeil renouveler leur corps avant la journée de travail du lendemain ? Est-ce bien raisonnable ? Ou bien ont-ils compris quelque chose que nous, aujourd’hui, nous négligeons, ou que nous avons peut-être tout simplement oublié ?


2. Dieu nous révèle la vérité

a) La résurrection d’Eutychus
Le texte nous raconte un miracle surprenant. Eutychus tombe du troisième étage et meurt, mais Paul descend, se penche sur lui, le prend dans ses bras, et voilà Eutychus qui a repris vie (v. 9, 10, 12). Ce genre de miracle n’est pas anodin, c’est la résurrection d’un mort. Ca n’arrive pas très souvent dans la Bible ; en fait, c’est très rare. Dans le livre des Actes, on se souvient de Pierre qui a fait quelque chose de similaire (Tabitha, ch. 9). On se souvient aussi de l’histoire d’Élie et de la veuve de Sarepta, dont les détails ressemblent beaucoup à l’histoire de Paul et d’Eutychus (1 Rois 17).

b) Paul et Élie : leur autorité attestée
Dans tous ces cas, Dieu redonne vie à quelqu’un qui vient de mourir, par la main de quelqu’un de particulier, qui est un ministre de la Parole (un prophète), afin d’appuyer le témoignage de cette personne, et d’attester la véracité de l’enseignement donné. Maintenant, je reconnais que tu es un homme de Dieu, et que la parole de l’Éternel dans ta bouche est vérité (1 Rois 17 : 24). En redonnant vie à Eutychus, à travers Paul, Dieu veut montrer au sujet de Paul que celui-ci est un homme de Dieu, et que la parole de l’Éternel dans [sa] bouche est vérité. En voyant un tel miracle, les gens savaient qu’il n’y avait que Dieu pour faire une chose pareille, et c’est cela qui donnait une importance sans pareil au témoignage de Paul, comme pour Élie et pour Pierre et pour Jésus dans les Évangiles.

c) L’unicité des météorites
Ca me fait penser aux chasseurs de météorites, pour qui certains petits cailloux ont une valeur inouïe, parce qu’ils sont constitués de choses qu’on ne trouve normalement pas sur terre. Ici de même, Dieu accomplit quelque chose qu’on ne voit pas normalement se passer sur terre, parce qu’il veut que nous sachions qu’il parle, que c’est bien lui qui parle, et il veut que nous nous intéressions à ce qu’il dit.

Dieu parle. Voilà une réalité souvent négligée, au profit de l’idée que Dieu est lointain et qu’il ne s’intéresse pas vraiment à nous. La Bible dit tout le contraire. Au 3ème verset de la Bible, nous avons l’affirmation, Dieu dit (Gn 1 : 3). Et lorsque Adam et Ève ont péché et se cherchent à se cacher, Dieu va les chercher et les appelle (Gn 3 : 9). Dieu parle et convoque la terre… Il vient, notre Dieu, il ne reste pas en silence (Ps 50 : 1, 3). Dieu cherche à établir la communication, il veut se faire connaître, il veut nous dire des choses, des choses que nous ne pourrions jamais savoir autrement que s’il nous les révélait. Les chrétiens de Troas ont compris que Dieu voulait se faire connaître, qu’il avait des choses à leur dire, et que ces choses, parce qu’elles venaient de Dieu, étaient plus dignes de confiance qu’aucune autre information dans le monde. Saviez-vous que Dieu avait de telles choses à vous dire ? Mais pourquoi est-ce important de reconnaître que Dieu veut nous parler ?


3. La vérité est une nourriture vitale

a) Réactions au miracle de Paul
D’abord remarquons l’étrangeté de ce qui se passe dans le texte. Vers minuit un jeune homme meurt, en plein culte. Paul va le voir et rassure tout le monde ; toutefois, le jeune homme reste inconscient, semble-t-il (v. 10). Paul invite les gens à ne pas s’inquiéter, à ne pas se laisser distraire par cet événement : l’assemblée remonte dans la pièce et ils poursuivent le culte, Paul préside la Sainte-Cène, puis ils mangent, et le culte se poursuit jusqu’à l’aube. Enfin, comme si c’était un détail, l’auteur précise que le garçon refait son apparition, bien vivant. Rien ne semble avoir détourné l’attention de ces chrétiens de leur priorité ce soir-là : recevoir l’enseignement de la Parole de Dieu. L’auteur veut nous montrer quelque chose au sujet de notre besoin de recevoir la Parole de Dieu.

b) Cinq fruits et légumes par jour
Vous savez qu’il faut manger environ cinq fruits et légumes par jour pour avoir une alimentation relativement équilibrée. Imaginez que je décide de me nourrir exclusivement de saucisson. Vous pensez que je réduirais de combien mon espérance de vie ? Après une semaine de saucisson, je vais commencer à rêver d’oranges, de pommes, de bananes, de carottes, de courgettes, de tomates, etc. toutes les nuits. Mon corps va réclamer ces fruits et légumes, qui seront devenus pour moi un besoin vital.

c) La vérité : un besoin vital
La Bible explique qu’à cause de notre péché, la communication a été rompue entre Dieu et nous. Nous avons voulu nous cacher loin de Dieu, mais pour cela, il a fallu que nous nous dissimulions dans l’obscurité où il nous est impossible de voir quoi que ce soit. Notre cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres (Rm 1 : 21). Nous avons cherché à vivre sans Dieu, et en quelque sorte, c’est comme si nous avions commencé à ne nous nourrir que de saucisson, et notre santé n’a fait que se dégrader. Mais Dieu ne nous a pas abandonné, à cause de son amour pour nous, et il est venu nous chercher, et ce qu’il a à nous offrir est comme un panier rempli de fruits et légumes.

Nous avons, plus que tout autre chose, besoin de la vérité, que Dieu seul peut nous offrir. Jésus a dit : Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres (Jean 8 : 32). Il a dit aussi, Si donc le Fils vous rend libres, vous serez réellement libres (Jn 8 : 36). Il a dit aussi, Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au père que par moi (Jn 14 : 6). Nous avons un besoin vital, c’est le besoin de la vérité que Dieu veut nous offrir, et cette vérité vient à nous par la Parole de Dieu écrite, enseignée, mais avant tout par la Parole de Dieu incarnée, Jésus-Christ lui-même, le Fils de Dieu, qui est l’objet du témoignage de toute la loi, des prophètes et des apôtres. Jésus est venu payer le poids de nos fautes à notre place pour rétablir la communication avec Dieu ; il s’est offert pour nous, et il s’offre à nous, ce qui permet à Paul de dire, plus tard, au sujet de la foi qu’il a placée en Jésus : Je suis crucifié avec Christ, et ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ, qui vit en moi (Galates 2 : 20).


Conclusion
Nous avons parlé au début de la baisse de notre pouvoir d’achat, et de la nécessité qui s’imposait à nous de discerner quelles étaient les choses dont nous avions vraiment besoin pour vivre. Notre budget est limité ; plus généralement, nos ressources sont limitées, et notre temps est limité. Les chrétiens de Troas le savaient aussi bien que nous ; ils étaient même probablement plus pauvres que nous, et les journées n’étaient pas plus longues à l’époque. Ils ont décidé de consacrer du temps, des efforts, des ressources, à recevoir, en priorité, l’enseignement de la Parole de Dieu. Ils avaient conscience de leur besoin vital de rétablir la communication avec Dieu, car c’est de Dieu seul que vient la vérité. Jésus dit qu’en dehors d’une relation personnelle de foi en lui, nous avons pour père le diable… qui est menteur et le père du mensonge (Jn 8 : 44). Lorsque le diable a tenté Jésus, il a essayé de le tromper, de le faire tomber dans l’illusion, en lui suggérant qu’il avait des besoins vitaux plus importants que le besoin de vérité, mais la première réponse de Jésus au diable a été : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Mt 4 : 4). Jésus a aussi dit : Mon Père vous donne le vrai pain venu du ciel ; car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde… Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif (Jn 6 : 32 – 35). Jésus est ce panier de fruits et de légumes frais dont nous avons tant besoin ; il s’est offert pour nous et à nous ; par la foi en lui, il nous nourrit de lui-même par le moyen de sa Parole vivifiante, et c’est lui qui grandit en nous. C’est pourquoi la Sainte-Cène est un signe si fort, qui accompagne la Parole de Dieu prêchée. Combien de temps, de ressources, d’énergie, consacrons-nous chaque semaine, et chaque jour, à recevoir l’enseignement de la Parole de Dieu, à nous intéresser à ce Dieu qui n’est ni silencieux, ni lointain, et qui veut se faire connaître à nous ? Que Dieu nous aide donc à discerner toujours mieux quels sont nos véritables besoins, et qu’il augmente en nous le désir de le connaître et de recevoir de sa part ce qu’il a à nous offrir, dimanche après dimanche, et jour après jour.

24.02.2008

Une vision pour l'Eglise (24 février 2008)

Actes 20 : 1 – 6 (Éphésiens 2 : 17 – 19)


Introduction
Est-ce que vous vous sentez chez vous à l’église ? Regardez la personne qui est devant vous, derrière vous, à droite, à gauche… Est-ce que vous vous sentez, en compagnie de ces personnes, aussi à l’aise que si vous étiez assis dans le canapé de votre salon ? Peut-être que c’est la première fois que vous venez à l’église, alors cette question vous semble un peu bizarre : vous avez plutôt l’impression d’être un observateur, peut-être même un peu détaché de ce qui se passe ici. Mais peut-être que ça fait des semaines, voire des mois ou des années que vous venez régulièrement à l’église, et vous ne vous sentez toujours pas chez vous ici, en compagnie de ces gens qui vous entourent. Pourquoi ? Parce que ces gens ne vous ressemblent pas. Il y a ceux qui ont cinquante ans de plus ou de moins que vous, ceux qui parlent avec un accent étranger, ceux qui sont plus riches, ou plus pauvres, ceux qui sont mariés, ceux qui sont célibataires, ceux qui ont des enfants, ceux qui n’en ont pas, ceux qui écoutent du rock, et ceux qui écoutent de la musique classique, etc. Le texte de ce matin pose précisément ce problème, et va nous aider à répondre à la question de savoir s’il est préférable pour nous de rechercher la compagnie de ceux qui nous ressemblent, ou si nous devons changer notre vision, et nos attentes, vis-à-vis de l’Église, pour recevoir sa diversité comme une bénédiction. Et la réponse, comme souvent, tient à la nature même de l’Évangile.


1. Un besoin de communauté

a) L’humanité divisée en groupes
Le texte présente Paul qui poursuit son ministère. Un épisode important vient de se terminer à Éphèse, et Paul décide de revenir sur les pas de son précédent voyage missionnaire pour affermir les églises. Il prend les disciples à part (v. 1). Paul prend le temps d’exhorter les assemblées existantes, plutôt que d’en créer de nouvelles, car il sait que ces nouveaux chrétiens ont besoin de communautés fortes, en bonne santé, pour vivre leur foi. La foi, ce n’est pas juste une expérience individuelle.

b) L’homme est une braise incandescente
89816d718173a1e7710e707d7281a931.jpgPaul sait que le chrétien est comme une braise incandescente. Si on la sort du feu, elle aura vite fait de s’éteindre. Comme la braise a besoin des autres braises dans le foyer de la cheminée pour se réchauffer mutuellement et pour continuer à brûler, le chrétien a besoin des autres chrétiens, et de l’église locale, pour entretenir sa foi, et pour grandir dans la foi.

c) Dieu nous a créés pour la communauté
Pourquoi est-ce ainsi ? La raison remonte à la création du monde. Lorsque Dieu a créé le premier homme, Adam, il a dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul (Gn 2 : 18). Alors Dieu lui a créé une femme, et il leur a dit de se multiplier, pour que l’homme puisse vivre en communauté. Dieu n’a jamais eu l’intention que l’homme vive tout seul, de façon indépen-dante. Dieu a créé l’homme à son image, à l’image de la Trinité, qui est la source du besoin de communauté de l’homme. Faisons l’homme à notre image selon notre ressemblance… Dieu créa l’homme à son image : … homme et femme il les créa (Gn 1 : 26, 27).

L’homme est donc fait pour vivre en communauté. Il est fait pour avoir une relation avec Dieu et avec autrui. L’individualisme est un effet du péché. Juste après la chute, la Bible raconte la décomposition de la communauté, avec le premier meurtre, celui d’Abel par son frère Caïn : L’Éternel dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère, moi ? (Gn 4 : 9). Nous devons donc, d’abord, reconnaître notre besoin de Dieu et des autres, notre dépendance plutôt que notre indépendance. Nous sommes des braises incandescentes. Mais où, et comment, trouver cette communauté dont nous avons besoin ?


2. L’influence de l’individualisme

a) Le changement de perspective pour Paul
Le texte raconte que Paul, après avoir parcouru ces quelques régions où il a implanté des églises (Macédoine, Grèce, v. 1, 2), décide de faire voile vers la Syrie (v. 3). Pourquoi donc ? Mais parce que c’est là que se trouve son église, celle d’Antioche, celle où il a ses amis, ses proches, les gens avec qui il se sent à l’aise, là où il se sent véritablement chez lui. Paul a le mal du pays, la nostalgie de son chez lui. Mais le texte raconte qu’il ne peut pas rentrer, et il doit modifier ses projets. Et par un magnifique effet de style, l’auteur tout d’un coup présente un groupe de personnes pour l’accompagner (v. 4, et le passage soudain à « nous », v. 5), comme si, dans l’impossibilité providentielle de rentrer chez lui, c’est son véritable « chez lui » qui se révèle à Paul. Dieu donne une leçon à Paul, et à nous, sur la nature de l’Église.

b) Des légos de la même forme et de la même couleur
Paul ressentait son besoin de communauté. Naturellement, il voulait se trouver chez lui, auprès de gens qui lui ressemblaient, des gens qu’il connaissait bien et qui le connaissaient bien, avec qui il a partagé des expériences formidables, etc. Mais Dieu veut lui montrer autre chose. Vous avez déjà joué aux légos ? Vous a192fd2be82e00f0541d1ec3cd1fe680.jpgrecevez une boîte remplie de toutes sortes de pièces de tailles et de formes et de couleurs différentes, vous la videz par terre, et vous prenez un plaisir inouï à construire des choses… Maintenant imaginez que vous receviez une boîte de légos où toutes les pièces ont la même forme et la même couleur. Quel ennui.

c) L’illusion du besoin d’affinités
Dieu veut montrer à Paul, et nous montrer, que les chrétiens sont des morceaux de légo avec des formes, des tailles, et des couleurs différentes. Nous ne sommes pas faits, dans le dessein de Dieu, pour n’être associés qu’avec des gens qui sont comme nous. C’est notre individualisme qui nous motive à chercher la compagnie de ceux qui nous ressemblent, mais en fait, Dieu nous montre que ce que nous ressentons comme un besoin d’affinités, ou d’atomes crochus, pour vivre en communauté, est une illusion liée en fin de compte au péché.

On sent bien, dans ce chapitre 20 qui s’ouvre, que Paul est diminué, fatigué. Sur ce troisième voyage missionnaire, il n’a créé qu’une église, celle d’Éphèse, et encore, il est venu à la suite de quelqu’un d’autre, Apollos. Il veut rentrer chez lui, et la présence de Luc, le médecin, à ses côtés à partir du verset 5, nous dit peut-être quelque chose sur sa santé physique. Mais Dieu veut lui apprendre quelque chose encore ; que notre individualisme, même en tant que chrétiens, nous fait chercher le confort illusoire d’une communauté d’atomes crochus, alors que le dessein de Dieu est tout autre, et notre bonheur, ailleurs. Nous sommes des morceaux de légo avec des formes, des tailles et des couleurs différentes, et nous ne sommes pas sensés être mis en boîte avec d’autres pièces qui sont toutes de la même forme, taille et couleur. Comme pour Paul, notre « chez nous » n’est peut-être pas là où nous croyons.


3. Le dessein de Dieu pour l’Église

a) L’effet de l’Évangile dans le ministère de Paul
Nous avons mentionné cet effet de style formidable, où Luc raconte l’impossibilité pour Paul de rentrer chez lui, et cet entourage tout d’un coup mentionné pour l’accompagner : Sopater, Aristarque, Secondus, Gaïus, Timothée, Tychique et Trophime. Luc mentionne expressément l’origine de chacun de ces personnages (Bérée, Thessalonique, Derbe, et l’Asie) pour montrer leur diversité d’origine. Mais tous ont ce point commun : ils sont venus à l’Évangile à travers le ministère direct ou indirect de Paul. Paul découvre les fruits de son ministère, et ce sont ces fruits qui deviennent pour lui sa communauté.

b) La diversité de la communauté chrétienne
Notez bien qu’aucun d’entre eux, semble-t-il, n’est originaire de Syrie ou d’Antioche. Ils parlent tous sans doute avec des accents différents, et ils n’ont pas reçu la même éducation. Ils ont des âges différents. Et toute cette diversité est mise en opposition par rapport aux Juifs (v. 3), qui sont présentés comme un bloc uniforme, ennemi de l’Évangile. Complot des Juifs au verset 3, accompagnement de cette petite troupe diverse et incongrue au verset 4. La leçon est la suivante : L’Évangile ne produit pas un nouveau groupe à l’intérieur de la société, mais l’Évangile produit une société nouvelle.

c) La différence entre pièces détachées et produit fini
La façon de penser de l’individualiste, c’est de dire que la société est composée de groupes différents, réunis autour de leurs affinités. C’est comme se promener dans un magasin de pièces automobiles, et de voir, dans 4ec5ff43c5bcf0057edb6914dbfaa132.jpgchaque rayon, les pièces triées et rangées selon leur marque, leur fonction, etc. Les rétroviseurs droit pour Peugeot 106 ici, les ailes avant gauche rouge foncé pour Renault Clio 4ème génération là, et ainsi de suite. Mais la façon de penser de Dieu est différente, et la façon de penser du chrétien devrait être différente.

d) L’Évangile crée une société nouvelle
Dieu intervient dans une société fragmentée, avec la bonne nouvelle de l’Évangile. Il a envoyé son Fils Jésus-Christ supporter le poids de nos péchés, le poids de notre individualisme et de notre désir d’indépendance, pour nous réconcilier avec Dieu notre Créateur et d’ainsi rétablir la relation originelle entre l’homme et Dieu, qui est la source de toute autre relation et de toute communauté. Dieu ne vient pas créer un nouveau rayon dans le magasin de pièces automobiles, mais il vient ouvrir un salon de l’automobile, où des pièces différentes sont réunies, réconciliées, pour former les plus beaux et les plus performants véhicules possibles. L’Évangile crée une société nouvelle, où la différence est une bénédiction, voulue par Dieu, et utile entre ses mains.


Conclusion
[Jésus] est venu annoncer comme une bonne nouvelle, la paix à vous qui étiez loin et la paix à ceux qui étaient proches ; car par lui, nous avons les uns et les autres accès auprès du Père dans un même Esprit. Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ou des gens de passage ; mais vous êtes concitoyens des saints, membres de la famille de Dieu (Ép 2 : 17 – 19). Alors regardez la personne qui est devant vous, derrière, à droite, à gauche… Aussi différents que nous puissions être les uns des autres, pour Dieu, et en Jésus-Christ, nous sommes ici, là où Dieu nous a placés, chez nous, citoyens d’un même Royaume, celui de Dieu, et membres de sa famille. La diversité de notre église est une richesse, déterminée de façon providentielle par Dieu, pour notre bien et pour sa gloire ! Nous sommes la vitrine du Royaume de Dieu, d’une société nouvelle, rachetée, réparée, où les différences d’âge, de langue, de revenus, de situation familiale, d’expérience, et même de goûts musicaux ne constituent plus des obstacles à notre communion les uns avec autres, mais bien plutôt, à cause de notre communion les uns avec les autres autour de Jésus-Christ, ces différences sont les signes incontestables de la rédemption opérée par Dieu dans notre vie. Puisse Dieu nous montrer, comme il l’a fait avec Paul, que notre chez nous est plus proche que nous le croyons : inutile de parcourir des centaines de kilomètres, d’attendre des dizaines d’années pour finalement ne jamais trouver les personnes qui nous ressemblent vraiment, mais grâce à Jésus, et par la foi en lui, nous sommes déjà chez nous ici, dans la communion de l’église locale où Dieu nous a placés. Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre de l’angle. En lui, tout l’édifice bien coordonné s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur (Ép 2 : 20, 21).

11.02.2008

Sortie de jeunes au bowling

472647e49858f174d1a37f69a3739640.jpgCe samedi 9 février, les jeunes se sont exercés au bowling. Une intense compétition, dont Judson est sorti grand vainqueur, notamment en enchaînant trois superbes strikes.

Pour voir les exploits de chacun, cliquer sur les noms ci-dessous.

Alex

Andrezza

Daniel

Janmil

João

Judson

Livia

Olivier

31.01.2008

Convertis mais pas trop

"La raison primordiale qui fait chuter les hommes promus "disciples du Christ" est qu'ils continuent sur la même lancée qu'autrefois. Au lieu d'examiner les questions fondamentales en rapport avec leur vie et de leur trouver des réponses bibliques, ils continuent de mener une vie d'impuissance, comme si rien ne s'était produit. Il se peut que leur façon de parler se soit un peu modifiée et améliorée, mais au fond, on ne note aucun changement."

P. Morley, L'Homme dans le miroir (Editions Clé)

29.01.2008

Les étranges procédés de la critique textuelle

« On a prétendu au début que l’on ne pouvait expliquer le texte hébreu lui-même qu’au moyen de sources diverses, employant un vocabulaire spécialisé ; mais partout où le texte hébreu embarrasse la théorie en contenant le « mauvais » mot, il y a lieu de justifier la présence de ce terme importun par le biais d’une interpolation provenant d’une autre « source ». »

G. L. Archer, Introduction à l'Ancien Testament (Editions Emmaüs)

20.01.2008

La Force tranquille (20 janvier 2008)

Actes 19 : 21 - 40 (1 Corinthiens 1 : 18 – 25)


Introduction
Ce n’est pas facile d’être un chrétien. La Bible en parle parfois en termes de combat, de lutte, d’épreuve, de tentation, de persécution… Les difficultés de la vie chrétienne, et les oppositions à la vie chrétienne, ont toujours existé. La question est de savoir : qu’est-ce qu’on fait face à ces difficultés ? Qu’est-ce qu’on fait face à la critique de nos proches, de nos camarades de classe, de nos collègues ? Qu’est-ce qu’on fait face à la désinformation et la calomnie des médias qui cherchent à nous représenter comme une secte dangereuse ? Qu’est-ce qu’on fait face à notre propre paresse spirituelle, à notre découragement ou aux autres tentations, dont le chemin devant nous est inévitablement parsemé ? En fonction de notre tempérament, nous tendons vers deux directions opposées : il y a ceux qui se replient, qui baissent les bras, qui acceptent stoïquement une vie chrétienne médiocre ; il y a ceux, à l’inverse, qui contre-attaquent, dont la véhémence de l’engagement devient proportionnelle à l’opposition, quitte à devenir brutal avec leur environnement, et violent avec eux-mêmes. Mais en racontant cet épisode du livre des Actes, l’auteur veut nous conduire sur une troisième voie, une voie qui n’est ni celle de l’absence d’engagement, ni celle de l’engagement violent ; la voie d’une vie chrétienne efficace, résistante à l’opposition, mais qui n’est pas coercitive. L’Évangile est une force tranquille.


1. La colère des orfèvres (v. 21 - 28)

a) D’où vient la crainte des orfèvres
Démétrius rassemble ses artisans. Leur activité est compromise du fait de la croissance de l’Église à Éphèse. De plus en plus de personnes se convertissent, renoncent au culte des faux dieux païens, et donc, se désintéressent de ces petites statuettes du temple d’Artémis, porte-bonheur pour les uns, icône pour les autres, ou simple souvenir. L’auteur veut montrer que l’Évangile, dans la vie d’une personne et d’une société, ne reste pas sans effet.

b) Le médicament sans effet n’a pas de valeur
dbe2d79683fe1d03fd55ff1d29dcd9a5.jpgHier j’avais une migraine terrible. J’ai pris des comprimés, mais ils n’ont eu aucun effet. C’est comme si je n’avais pas pris de comprimés. Finalement, quelques heures plus tard, j’ai pris un autre genre de comprimés, qui ont marché. La valeur d’un médicament est liée à l’effet concret qu’ils ont sur les symptômes de la maladie.

c) L’Évangile change la vie dans les détails
L’auteur veut parler de l’Évangile comme d’une force tranquille. La première chose qu’il fait c’est de montrer, en effet, que l’Évangile est une force efficace : l’Évangile transforme les gens de manière radicale, jusque dans les détails de la vie quotidienne, de telle sorte que la société elle-même en ressent les effets.

L’Évangile agit sur les symptômes du péché dans notre vie. Ce premier paragraphe de l’histoire s’adresse à ceux qui sont tentés de croire que d’être chrétien ça ne change pas grand-chose à la vie de tous les jours. Ce texte contredit ceux qui pensent qu’on peut croire à l’Évangile, céder sa vie à Jésus, et ensuite baisser les bras, se tenir en retrait, subir les épreuves et le péché en attendant le paradis. Non : l’Évangile doit, dès maintenant, transformer notre vie jusque dans les détails. La suite du texte nous montre que cette transformation est liée à la nature même de l’Évangile.


2. La confusion des Éphésiens (v. 29 - 34)

a) Une situation vaudevillesque
Tout le monde se précipite au théâtre. Quelques chrétiens sont entraînés. Paul veut se présenter devant le peuple, mais ce sont des responsables païens qui l’en dissuadent ! La confusion règne, beaucoup de gens ne savent pas pourquoi ils sont là ! Païens, Juifs et chrétiens sont là, et les Juifs sentent qu’il y a un coup à jouer : ils14640309190c9b11afa2ef58d8e35f0d.jpg poussent en avant Alexandre, semble-t-il un Juif devenu chrétien, pour provoquer un peu plus la colère des païens contre les chrétiens, mais les païens le prennent pour un Juif, ce qu’il est d’ailleurs, et comme ils sont sur la défensive, ils redoublent d’ardeur en exaltant le nom d’Artémis, puisque les Juifs aussi sont contre le culte des idoles. Quel imbroglio ! Un vrai vaudeville.

b) La savonnette insaisissable
L’auteur veut montrer, à travers cette anecdote, que l’opposition à l’Évangile est souvent irrationnelle. Il y a une vraie confusion dans cet attroupement. On ne sait pas qui est gentil, qui est méchant, qui est contre qui, ni pourquoi. Un journaliste aurait pu demander à quelqu’un : que faites-vous ? La réponse : Heu… grande est l’Artémis des Éphésiens ! Les gens en veulent aux chrétiens, mais ils ne savent pas par quel bout les prendre. C’est comme la savonnette dont on n’arrive pas à se saisir.

c) Folie pour les uns, puissance pour les autres
L’Évangile est un peu comme cette savonnette insaisissable : on ne sait pas par quel bout l’attaquer. On pourrait tuer le leader des chrétiens ? Ca a déjà été fait, et il est ressuscité. On pourrait enfermer les chrétiens dans des prisons ? Ils y chanteraient des louanges à Dieu. On pourrait tuer les chrétiens eux-mêmes ? La mort serait pour eux un gain et leur martyre serait un témoignage irrépressible. L’Évangile n’est pas une idéologie que l’on peut étouffer ou contredire : l’Évangile, c’est la manifestation de l’amour de Dieu.

Voici comment l’amour de Dieu a été manifesté envers nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le 976ea26cdc4fa4d39f3cf80d8611c04c.jpgmonde afin que nous vivions par lui (1 Jn 4 : 9). Paul dit que la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui sommes sauvés elle est puissance de Dieu (1 Co 1 : 18). Qui a jamais entendu parler d’un Dieu qui quitte la gloire du ciel pour s’approcher des hommes et supporter à leur place le poids de leurs péchés ? Comment attaquer, comment contredire une absurdité pareille ? Mais le but de l’Évangile, pour ceux qui croient, c’est que nous vivions par Jésus. La folie de Dieu, c’est de nous transformer par la puissance de l’Évangile, à l’image de son Fils Jésus. Comment cette puissance opère-t-elle ?


3. Le calme du secrétaire (v. 35 - 40)

a) Le raisonnement du secrétaire
Voilà que quelqu’un intervient, c’est un dignitaire païen. Il calme tout le monde en leur rappelant que les chrétiens n’ont fait de mal à personne. Il n’y a rien à leur reprocher, en fait. Par contre, s’il y a des reproches qui faac71e0bcc3bb45577a96079b99324b.jpgpeuvent être faits, c’est à l’encontre de cet attroupement injustifié. Les autorités romaines pourraient même les accuser de sédition, un crime méritant la peine de mort. À travers la bouche du secrétaire, l’auteur fait contraster l’énervement et la violence des incroyants, et le régime coercitif des romains, avec la sérénité des chrétiens.

b) Les deux façons de travailler
Observons le monde du travail aujourd’hui : il y a deux façons de travailler. Ceux qui travaillent sous la contrainte, avec la peur du licenciement : ils comptent leurs heures, n’en font pas une de plus, font le strict nécessaire, ne pensent qu’à une chose, finir la semaine. Ceux, à l’inverse, qui ont la chance d’avoir un travail qui les passionne, pour lequel ils sont faits, et un patron tendre, patient, compréhensif : ils font des heures sup sans s’en rendre compte, ils se donnent à fond dans leur travail et ne se fatiguent même pas.

c) L’Évangile transforme de bas en haut
L’auteur veut montrer que l’Évangile n’est pas un régime coercitif ; c’est un régime d’amour. L’Evangile, c’est la solution de Dieu pour nous réconcilier avec lui-même et nous permettre s’assumer ce que nous sommes sensés être : des hommes et des femmes à son image. Dieu est un patron tendre, patient, compatissant, et il nous confie le travail pour lequel on est fait. Mais sans amour, ce travail est impossible.

Je crois qu’il y a des gens qui cherchent à avancer sur le chemin de la vie chrétienne, mais sans amour. Il y a des gens qui cherchent à conformer leur vie aux exigences de l’Écriture, quitte à se faire violence parfois, mais ils ont oublié l’amour pour Dieu. Il y a des gens qui cherchent à évangéliser le monde, à transformer les sociétés, en utilisant la manipulation ou la contrainte parce qu’il n’y a pas, ou peu, d’amour pour Dieu. Mais le message de ce texte, c’est que l’Évangile agit du bas vers le haut. La transformation opérée par l’Évangile commence dans l’intimité de notre cœur, par une relation authentique de confiance et d’amour avec Dieu.


Conclusion
En introduction, on s’était posé la question de savoir quoi faire, comment réagir, face aux obstacles à la vie et à la mission chrétiennes. On avait vu qu’il y avait deux tendances : l’une vers le désengagement, l’autre vers l’excès d’engagement, c’est-à-dire vers un engagement parfois brutal et coercitif. Mais si l’on peut résumer le message de ce texte, on a vu que l’auteur nous présentait la voie authentique. On a vu que l’Évangile était censé agir sur les symptômes du péché dans notre vie de façon manifeste, à un tel point que même les détails de notre vie quotidienne en seraient transformés, et la société qui nous entoure finirait par en mesurer les effets. On a vu ensuite que cette transformation radicale était liée à la nature même de l’Évangile, qui est une solution sans pareil, offerte par Dieu pour nous réconcilier avec lui-même et nous transformer à l’image de son Fils Jésus : folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui sommes sauvés, puissance de Dieu. Enfin on a vu que cette puissance de Dieu dans notre vie, pour nous faire progresser dans la foi et dans la mission qui nous est confiée, s’opérait sous le régime de l’amour et non de la coercition ou de la contrainte ; la transformation de notre vie, comme la transformation de la société, s’opère du bas vers le haut, ou elle ne s’opère pas. La notion de l’Évangile comme force tranquille doit nous remplir d’assurance et de sobriété en même temps. De l’assurance et du courage face aux épreuves et aux tentations, sachant que le but de l’Évangile ce n’est pas le statut quo mais de nous faire surmonter ces obstacles par la puissance de Dieu ; de la sobriété et de la retenue face à la tentation de lutter par nos propres forces et d’abandonner notre premier amour. La transformation se fait de bas en haut : Éphésiens 4 : 20 – 24.

13.01.2008

La Victoire sur l'occultisme (13 janvier 2008)

Actes 19 : 8 – 20 (Deutéronome 18 : 9 -14, Éphésiens 6 : 10 – 13)


Introduction
L’astrologie, la cartomancie, la divination, la magie blanche, la nécromancie, le spiritisme, vous connaissez ? Ce ne sont que quelques exemples de ce qu’on pourrait appeler les sciences occultes. Occultisme vient du mot occultus en latin, qui signifie secret, ou caché. On pourrait définir l’occultisme comme étant 7a6aba8c2cb1406988cd907cca4f991a.jpgl’ensemble des idéologies et des pratiques qui cherchent à mettre en mouvement des puissances invisibles. On estime le nombre de voyants en France à 400 000, c’est-à-dire le double du nombre de médecins. Vous voyez que l’occultisme, ce n’est pas juste quelque chose qui appartient au paganisme du monde antique. La question qui se pose, c’est de savoir quelle doit être notre attitude en tant que chrétiens vis-à-vis de ce phénomène. Et c’est précisément à cette question que l’auteur veut répondre au travers de ce texte. Si le sujet est abordé dans ce passage, tandis que l’auteur raconte l’expansion de l’Église dans la ville d’Éphèse, c’est non seulement par un souci historique, mais aussi parce qu’Éphèse était connue pour être un centre de l’occultisme dans le monde antique. C’est l’occasion pour l’auteur de présenter une vision chrétienne de cette idéologie et de ces pratiques, et c’est peut-être aussi l’occasion pour nous d’apprendre quelle est la perspective biblique sur ces choses, nous qui vivons dans une ville qui est réputée, elle aussi, pour son activité occulte. Et nous allons voir que l’occultisme, ce n’est pas quelque chose d’anodin, et que vis-à-vis de toute forme d’occultisme, c’est une position radicale qui s’impose à nous.


1. La suprématie de Jésus (v. 8 – 12)

a) Une expansion irrépressible
L’auteur commence par nous raconter les efforts d’évangélisation de Paul à Éphèse. Ce n’est pas n’importe quel message : c’est l’annonce du royaume de Dieu (v. 8). C’est l’annonce de la venue de ce royaume par le règne de Jésus. Certains Juifs s’opposent à ce message, mais qu’à cela ne tienne, Paul s’arrange pour continuer son travail, de sorte que tout le monde entend le message, qui est appuyé par des signes extraordinaires. L’auteur est en train de montrer l’expansion irrépressible du Royaume de Dieu à travers la prédication de l’Évangile. Rien ne résiste à cette expansion ; le règne suprême de Jésus est manifesté à travers des guérisons miraculeuses, et des mauvais esprits qui quittent des personnes possédées (v. 11, 12).

b) Le torrent et les obstacles
115aab2c74455c29a93a340565f3869a.jpgVous avez peut-être déjà joué dans un torrent à la montagne, à aligner des pierres pour constituer un barrage. Lorsque vous posez une pierre dans le lit du torrent, l’eau la contourne aussitôt sous l’effet de son propre courant. Impossible d’y changer quoi que ce soit, et pourtant, une pierre ça paraît bien plus solide que de l’eau. Et plus vous mettez de pierres, plus le lit du torrent va s’élargir pour permettre à l’eau de passer.

c) Les forces occultes sont dominées par Jésus
Il se passe la même chose dans ce texte. Les obstacles sont là : opposition des Juifs, maladies, démons, mais comme l’eau du torrent, l’expansion du royaume de Jésus est irrépressible. Il n’y a aucun obstacle qui puisse dominer sur Jésus, même des forces démoniaques, car son règne est suprême. La Bible dit qu’au moment de son ascension, Jésus s’est assis à la droite de Dieu dans les lieux célestes, au-dessus de toute principauté, autorité, puissance, souveraineté, au-dessus de tout nom qui peut se nommer (Ép 1 : 20, 21).

Toute puissance invisible, toute force occulte, aussi puissante et efficace qu’elle puisse paraître, est elle-même dominée par Jésus ; c’est la première leçon de ce texte. La suprématie de Jésus sur l’univers tout entier, le monde visible et le monde invisible, doit orienter toute notre perspective de la vie. La Bible présente les forces occultes comme une réalité : le monde invisible existe. Mais ce ne sont pas des forces qui peuvent, d’aucune manière que ce soit, résister à la domination de Jésus. Est-ce que ça veut dire que ces forces sont inoffensives ?


2. Appartenir à Jésus, et au royaume (v. 13 – 16)

a) Ce que la domination de Jésus ne veut pas dire
Il y a des gens qui ont constaté la domination de Jésus sur les forces occultes. Quelques exorcistes ambulants, venus à Éphèse sachant qu’il y avait là une part de marché importante pour leur activité. Ils invoquent le nom de Jésus, comme une formule magique, et se prennent une raclée phénoménale, bien qu’ils étaient sept contre un. Qu’est-ce qui s’est passé ? Ils ont invoqué le nom suprême de Jésus, et pourtant le démon leur a résisté !

b) La différence entre un policier et un civil
Parfois je vois des gens qui conduisent comme des cochons ; j’ai envie de sortir mon sifflet, de les arrêter et de cea6d5ccad0655425a9c9c6b057dfcde.jpgleur coller une amende. Imaginez que je le fasse : « Au nom de la loi, je vous arrête pour excès de vitesse ! ». Vous imaginez bien qu’on me rira au nez. La loi ne les condamne-t-elle pas, pourtant ? Ne sont-ils pas en infraction ? Mais j’ai beau invoquer l’autorité de la loi, si je ne suis pas son représentant légitime, c’est-à-dire un policier, avec une carte en bonne et due forme, je ne peut rien contre les chauffards.

c) La nécessité de la foi
C’est la même chose dans ce texte. Les exorcistes invoquent le nom de Jésus, mais sans être son représentant légitime. Ils invoquent son nom comme une formule magique, mais sans le connaître vraiment, personnellement, à l’inverse de l’apôtre Paul qui est disciple de Jésus. L’auteur raconte cette anecdote, pour nous montrer la nécessité d’une foi personnelle en Jésus. Il a montré que Jésus régnait de façon suprême sur toute la création, monde visible et invisible. Mais moi, est-ce que je suis à l’intérieur, ou à l’extérieur des portes de ce royaume ? Cette question est absolument essentielle. Paul, dans une lettre, a rappelé aux chrétiens d’Éphèse ce qu’ils étaient sans la foi en Jésus : Vous étiez morts par vos fautes et par vos péchés dans lesquels vous marchiez autrefois selon le cours de ce monde (Ép 2 : 1, 2). Mais ensuite il leur rappelle ce qu’ils sont, avec la foi en Jésus : Nous qui étions morts par nos fautes, Dieu nous a rendus à la vie avec le Christ – c’est par grâce que vous êtes sauvés – il nous a ressuscités ensemble et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ-Jésus (Ép 2 : 5, 6).

Faut-il craindre l’occultisme ? Oui, sauf si nous avons placé notre foi en Jésus-Christ, qui est le moyen pour lui de nous accueillir dans son royaume et de nous revêtir de son uniforme, faisant de nous ses représentants légitimes. Est-ce que ça veut dire que les chrétiens peuvent donc s’adonner à des pratiques occultes, aux médecines parallèles ou à la magie blanche, par exemple, en toute confiance et sécurité ? Le texte va nous montrer que non, essentiellement pour une raison toute simple : c’est que Dieu nous l’interdit, et que la foi authentique est une foi obéissante.


3. Étendre le royaume (v. 17 – 20)

a) Le rejet de l’occultisme doit être total
Le texte raconte que cette anecdote avec les sept exorcistes a servi de témoignage dans toute la ville, pour montrer l’autorité et la puissance de Jésus. Le résultat, c’est la crainte (v. 17) due au Roi suprême, et l’exaltation de son nom. Voyant l’antagonisme entre Jésus et les démons, ils comprennent que leurs pratiques occultes ne sont pas anodines : ces pratiques sont démoniaques et anti-Dieu. Spontanément, ils viennent confesser et déclarer, publiquement semble-t-il, leurs pratiques, avant de brûler leurs livres de sorcellerie (v. 18, 19).

b) Destruction publique des saisies
L’auteur veut montrer que le rejet de l’occultisme doit être radical. C’est un peu comme quand les douanes saisissent du caviar de contrebande : malgré sa valeur commerciale, ce caviar est illégal et il doit être officiellement détruit, en présence de la personne fautive.

c) Les signes d’une vraie repentance
La radicalité des mesures présentées dans le texte montre l’importance d’une position radicale vis-à-vis de l’occultisme. Le texte de Deutéronome 18 : 9 – 14 a montré que Dieu excluait totalement toute pratique occulte de la vie de son peuple. Pourquoi ? Le texte le dit : Tu seras entièrement consacré à l’Éternel, ton Dieu (Dt 18 : 13). La foi authentique est une foi radicale, une « entière consécration », une relation de dépendance absolue de Jésus. Toute pratique occulte doit être absolument rejetée, et des mesures concrètes doivent être prises pour éloigner de nous ces pratiques, non par superstition, ni par peur, mais par obéissance.


Conclusion
On se demandait en introduction quelle doit être notre attitude en tant que chrétiens vis-à-vis des idéologies et des pratiques occultes. Ce texte nous a enseigné tout d’abord à garder sur notre vie la perspective du règne suprême de Jésus sur toute la création, le monde visible et le monde invisible. Jésus domine sur toute force occulte. Puis, le texte nous a montré l’absolue nécessité d’une foi personnelle en Jésus pour être du bon côté de la porte de son royaume, sous le règne bienfaisant du Roi des rois, face au danger bien réel des forces occultes auxquelles, de nous-mêmes, nous serions bien incapables de résister. Enfin le texte nous a montré que la foi authentique est une foi obéissante, que le royaume de Jésus devait s’incarner dans notre vie, et que toute pratique occulte devait être rejetée de façon radicale, notre consécration devant être entièrement à Dieu. Les Éphésiens ont brûlé leurs livres de sorcellerie, pour une valeur totale équivalente de nos jours à 2 millions d’euros ; quelles mesures prendrons-nous dans notre vie quotidienne pour rejeter toutes ces formes d’occultisme, de façon aussi radicale et manifeste ? Je vous suggère d’éteindre la radio lorsque l’horoscope est présenté ; de jeter à la poubelle les pages de vos magazines qui vous proposent les services de médiums ; de a5100bde14c5beac312764b91d032c58.jpgne jamais consulter les parapsychologues et de ne pas fréquenter les cabinets de médecine parallèle tels que radiesthésistes, acupuncteurs, hypnotiseurs, sophrologues, etc. ; de vous méfier des jeux, des films, de la musique qui mettent en avant des idéologies ou des pratiques occultes ; de supprimer de votre vocabulaire et de vos habitudes tout ce qui pourrait relever de la superstition, par exemple, faire un vœu lorsque vous voyez une étoile filante ; enfin d’user d’un extrême discernement pour reconnaître les idéologies qui sous-tendent bon nombre de nouveaux loisirs qui se sont installé dans notre culture, par exemple la méditation zen, le yoga, la fascination avec le paranormal, certains massages où il est question d’énergie, de chakras, etc. Au lieu de tout cela, la Bible nous invite à nous confier en Jésus et à cultiver notre relation personnelle avec lui. Paul l’explique mieux que moi, comme il l’a fait aux Éphésiens : Éphésiens 6 : 10 – 13.

02.01.2008

Suivre la bonne étoile !

Une méditation de Matthieu 2 : 1 – 12.


Il y a des étoiles lumineuses dans la rue, suspendues aux lampadaires, des étoiles en argent ou en or, accrochées aux branches des sapins, des étoiles en aluminium collées aux vitrines ou aux fenêtres, des étoiles dessinées sur les papiers cadeaux et sur les cartes de vœux et sur les emballages de papillotes. Il y a aussi toutes ces guirlandes lumineuses accrochées aux balcons et aux arbres, qui sont autant de petites étoiles qui se mettent à scintiller un peu partout dès que la nuit commence à tomber. Et comment ignorer cette usine à étoiles que l’on appelle la Star Academy, qui propose un nouveau modèle, tous les ans, autour de Noël. Sans oublier, bien sûr, l’étoile des rois mages, qui domine la crèche et les santons.

Ces mages qui ont dû discerner l’étoile du roi Jésus parmi des milliards d’autres dans le ciel, et qui l’ont suivie depuis l’Orient jusqu’en Palestine et enfin jusqu’à Bethléhem. Combien facile il eût été de se tromper d’étoile, et de finir à l’autre bout du monde plutôt qu’en cet endroit incongru où reposait le Fils de Dieu ! Et dans notre monde, qui brille de toutes sortes d’étoiles d’intensités et de couleurs différentes, ne faut-il pas aussi s’assurer de suivre la bonne étoile pour ne pas s’égarer et se retrouver ailleurs, en cette saison de fêtes, qu’aux pieds du Roi Jésus ?

Bien étrange en effet, l’éclat dont brillent les étoiles du monde à Noël. Noël, ou la célébration de la richesse et le moment pour beaucoup de se frotter les mains : enfants réjouis par les cadeaux en grand nombre, commerçants aux anges devant un chiffre d’affaires record. Noël, ou la célébration du plaisir et le moment pour beaucoup de se lécher les babines devant le foie gras, le saumon fumé, le champagne et les chocolats. Noël enfin, ou la célébration de toutes choses glorieuses et le moment pour les yeux d’être éblouis par la profusion de paillettes et de décorations extravagantes, boules, guirlandes, papiers étincelants, nœuds papillon et autres clochettes en or.

Est-ce de cet éclat que l’étoile du roi des Juifs a brillé pour les mages ? Arrivant à Jérusalem, ces mages-ci ne savent plus où aller et sont obligés de demander leur chemin. Ils ont perdu de vue l’étoile ; logique, puisque Jérusalem ne se trouve pas sur le chemin de Bethléhem lorsque l’on vient de l’Est. Les mages se sont-ils imaginé être plus sages que leur céleste GPS, supposant que leur destination était Jérusalem alors qu’elle était plus au Sud, plus à gauche ? Ont-ils confondu l’étoile du Christ avec une autre, pour se retrouver ainsi au mauvais endroit, perplexes et désorientés ?

Apprenant que le Christ devait naître à Bethléhem, les mages reprennent la route, et ô surprise, voici, l’étoile qu’ils avaient vue en en Orient les précédait. Cette étoile, la bonne étoile, les éloigne de Jérusalem, la grande, pour les mener vers la petite parmi les milliers de Juda ; elle leur fait tourner le dos aux richesses de la capitale et contempler la pauvreté de cette bourgade réputée moindre. La bonne étoile s’arrête au-dessus d’une petite maison modeste (était-ce encore l’étable ?), contrastant avec le confort et le luxe du palais royal de Jérusalem où les mages avaient d’abord pensé trouver le rejeton de David. Le chemin de l’étoile les a menés loin des plaisirs mais près de la privation. Ils entrent. Disparu le puissant roi Hérode, vêtu de sa tunique superbe, orné de sa couronne et de ses pierres précieuses ; ici, c’est un petit enfant, accompagné de sa mère, qui reçoit leurs hommages.

L’étoile de Noël, l’étoile du Christ, n’a pas brillé, pour les mages, d’un éclat qui s’appelle richesse, plaisir et gloire ; elle brille plutôt de pauvreté, de privation et d’humilité. L’étoile de Noël, qu’ils avaient un temps perdu de vue, ne les a pas menés là où ils avaient, un temps, supposé trouver le roi des Juifs. L’éclat de Noël, c’est celui de la parole de l’apôtre : Le Christ-Jésus, lui dont la condition était celle de Dieu, n’a pas estimé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave. Ce n’était pas la douce nuit ce soir-là, ni pour Marie, ni pour Joseph, ni pour Jésus. Les ténèbres n’ont pas accueilli la lumière.

Faut-il donc renoncer aux cadeaux, aux bons repas et aux décorations pour retrouver aujourd’hui l’éclat authentique de Noël ? Faut-il rejeter cette fausse culture de Noël, qui entretient richesse, plaisir et gloire, au profit d’une fête dépouillée, qui reflète mieux l’éclat de la bonne étoile parmi toutes les autres ? Lorsque les mages, ayant quitté Jérusalem, prennent conscience de leur méprise, et trouvent ce petit enfant dans cette petite maison de cette petite bourgade, ils ne repartent pas aussitôt, tout gênés de ce cérémonial semble-t-il inapproprié et des trésors honteusement précieux qu’ils avaient apportés. Mais là, dans l’intimité du lieu, ils expriment à Jésus toute la solennité due au Roi des rois.

Prosternés, adorant le petit enfant, les mages ouvrent leurs trésors. D’abord c’est de l’or, le cadeau digne d’un roi, digne du roi Hérode, mais que Jésus reçoit, car il est écrit que le Christ devait régner en roi et prospérer. Puis c’est de l’encens, le parfum réservé aux prêtres et à leur service dans le Temple, digne des principaux sacrificateurs de Jérusalem, mais que Jésus reçoit également, car il est écrit que le Christ devait être un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple.

Enfin c’est de la myrrhe. Précieuse substance elle aussi, destinée à embaumer les cadavres, digne de ces centaines de bébés massacrés un peu plus tard sur l’ordre de Hérode. Mais la myrrhe revient à Jésus, car il est écrit que le Christ s’est livré lui-même à la mort, et qu’il a été compté parmi les coupables, parce qu’il a porté le péché de beaucoup et qu’il a intercédé pour les coupables.

Malgré le contexte de pauvreté, de privation et d’humilité dans lequel les mages trouvent le roi des Juifs, ceux-ci lui rendent quand même des hommages dignes de toute richesse, de tout plaisir, et de toute gloire, car ces trésors d’apparence disproportionnée annoncent le chemin de sa messianité. La myrrhe parce qu’il doit souffrir et mourir à la croix pour porter les péchés d’une multitude d’hommes. L’encens parce qu’il doit ressusciter pour devenir prêtre auprès de Dieu et intercéder en faveur du peuple. L’or parce qu’il doit s’asseoir à la droite de Dieu le Père et régner sur la création jusqu’à ce que Dieu fasse de ses ennemis son marchepied.

Il ne faut pas se laisser leurrer par les étoiles du monde, mais suivre la bonne étoile, l’Étoile du matin, le Christ-même, qui seul peut donner aux fêtes de Noël leur sens ultime. Alors cadeaux, bons plats et décorations, qui sont des types de richesse, de plaisir et de gloire, annonceront encore le Christ aujourd’hui. Car Noël c’est la promesse, en Christ, d’une richesse céleste : l’espérance du salut, et de toute bénédiction spirituelle. D’un plaisir céleste : celui de s’asseoir au ciel à la table du banquet où, à l’occasion de cette incroyable réunion de famille, les élus savoureront les meilleurs plats en célébrant le nom du Créateur. Enfin, d’une gloire céleste : celle d’entrer un jour dans la présence de Dieu et de se présenter devant lui sans honte, vêtus de robes blanches immaculées, dans un endroit dont l’éclat, dit l’Écriture, est semblable à celui d’une pierre de jaspe transparente comme du cristal.

30.12.2007

Piété et priorités (30 décembre 2007)

Actes 18 : 18 – 23 (Luc 10 : 38 – 42)


Introduction
Il y a quelque temps, j’ai feuilleté mon nouvel agenda pour l’année 2008. J’ai observé les deux pages du planning annuel, en me demandant qu’est-ce qui allait bien remplir toutes ces petites cases vides, 366 en tout, réparties sur les douze colonnes des douze mois de l’année. Vous êtes comme moi ; toutes vos petites cases de l’année 2008 vont se remplir bien vite, d’une pléiade d’activités diverses. Travail, études, devoirs, vacances, courses, visites chez le médecin, sport, repas de famille, sans compter toutes ces activités qu’on ne prend pas la peine d’écrire dans l’agenda, mais qui sont ô combien importantes : manger, dormir, regarder la télé. Mais en tant que croyant, votre piété personnelle, comment s’inscrit-elle dans tout ça ? Quelle teinte votre relation à Jésus va-t-elle donner à toutes vos activités en 2008 ? Dans cet épisode du livre des Actes, l’auteur veut parler à des gens qui sont tentés par l’activisme au détriment de leur piété personnelle. Il veut remettre toutes nos activités, aussi louables soient elles, à leur juste place, c’est-à-dire en subordination à notre relation personnelle avec Jésus. Il veut nous montrer la nécessité, et la priorité, du bien-être spirituel pour que nos activités, en 2008, ne deviennent pas pour nous des pièges de l’adversaire, pour nous détourner de Dieu et nous dessécher spirituellement.


1. Nous ne sommes pas des machines

a) Paul a une piété personnelle
Cet épisode mentionne tout d’un coup un détail étonnant : Paul est en plein voyage missionnaire, et il se fait raser la tête à cause d’un vœu (v. 18). Le texte ne précise rien d’autre, seulement l’auteur veut nous montrer que Paul, en super-héros de la foi, n’est pas une machine, qui passe son temps à voyager et à prêcher l’Évangile. Paul est avant tout un homme qui a une relation personnelle et intime avec Dieu.

b) Sébastien Chabal a un coeur
Paul a été présenté dans le texte comme un Sébastien Chabal de la mission chrétienne : il rentre dans le tas, il pilonne l’adversaire sur toutes ses lignes avec la prédication vigoureuse de l’Évangile, et rien ne semble l’arrêter. 115 kg de muscles de la foi. Mais on oublie que ce héros a un cœur, jusqu’à ce qu’on le voit en-dehors des terrains, la tête et la barbe rasées, en proie à des sentiments, manifestant sa vulnérabilité et son besoin du Père. Sébastien Chabal et l’apôtre Paul sont des êtres humains comme vous et moi.

c) Dieu n’a pas créé des machines
Si Dieu avait voulu que nous nous consacrions à nos multiples activités et que nous y trouvions la satisfaction et le sens de notre vie, il n’aurait pas fait de nous des hommes et des femmes, avec un cœur et des sentiments, mais des robots, et nous aurions été beaucoup plus efficaces. Mais Dieu est un Père : il ne nous a pas créés pour l’activisme mais pour lui-même.

Au milieu de toutes nos activités, il faut déjà que nous nous souvenions de cette réalité : le sens, et la valeur, de ma vie n’est pas dans tout ce que je peux accomplir ici-bas, même si c’est pour Dieu. Le sens de ma vie est d’abord dans la relation d’amour que Dieu veut avoir avec moi, personnellement. Paul ne l’a pas oublié, et voilà qu’au milieu d’un ministère ultra chargé, hyper intense, sa piété personnelle fait naturellement surface dans le texte. Et nous allons voir que sa piété ne s’est pas limitée à un vœu qu’il a fait dans le secret de son cœur.


2. Le bien-être spirituel est prioritaire

a) Le choix de Paul devant la porte ouverte
Paul arrive à Éphèse, où l’Évangile n’est encore jamais parvenu. Fidèle à son habitude, il entre dans la synagogue pour parler de Jésus aux Juifs, et ô miracle, les Juifs, au lieu de le chasser ou d’essayer de le faire tuer, l’invitent à rester quelque temps (v. 20). Mais ô surprise, Paul refuse de rester, sous prétexte qu’il doit absolument se rendre à Jérusalem pour célébrer une fête religieuse (la Pentecôte). Paul estime qu’il y a un besoin dans sa vie plus grand que celui même de prêcher l’Évangile à ces Éphésiens : c’est le besoin de se ressourcer.

b) Illustration : la Formule 1
En course de Formule 1, les voitures sont censées faire des dizaines de tours sur un circuit, et vous savez qu’un élément très important de la stratégie pour chaque concurrent est de savoir à quel moment la voiture va s’arrêter au stand pour refaire le plein d’essence, changer les pneus, etc. C’est terrible parce que 6 ou 8 secondes d’arrêt, lorsque toutes les autres voitures continuent de foncer à 200 km, c’est énorme. Pourtant les arrêts au stand sont indispensables, sans quoi les voitures ne pourraient pas finir la course faute d’essence.

c) Priorité à notre santé spirituelle
Paul est un pilote de Formule 1 qui reconnaît son besoin de s’arrêter au stand afin de pouvoir terminer la course. Paul avait conscience que son bien-être spirituel était prioritaire, même sur une activité aussi louable que l’évangélisation d’une ville où la porte était grande ouverte. La suite du texte nous dira même que le choix de Paul a eu des conséquences fâcheuses (voir v. 25 et 19 : 2) ! Mais nous devons aussi reconnaître que notre santé spirituelle est prioritaire sur toutes nos activités, sans quoi nos activités nous laisseront à bout de souffle, desséchés spirituellement, et loin de Dieu.

Mais à quoi doit ressembler notre piété, pour que nous ne tombions pas dans le piège de l’activisme, le piège dans lequel Marthe est tombée ; mais pour que nous sachions choisir, au milieu de nos nombreuses activités de 2008, la seule chose nécessaire, la bonne part, qui ne nous sera pas ôtée (Luc 10 : 38 -42) ?


3. Cultiver sa relation au Seigneur

a) La piété de Paul
Observons Paul, dans ce texte qui présente une sorte de parenthèse dans son ministère. La piété personnelle de Paul fait surface. C’est une piété qui est secrète, intime, personnelle : Paul fait un vœu, et nous ne savons pas de quoi il s’agit. Mais cette piété personnelle se traduit publiquement : il se fait raser la tête. Puis, en guise de ressourcement, il fait deux choses : il se rend à Jérusalem, en effet, pour saluer l’Église (v. 22), puis il se rend à Antioche pour y passer quelque temps (v. 23). Paul a besoin de communion fraternelle. La relation de Paul avec Jésus est à la fois personnelle et communautaire, et dans les deux cas, publique.

b) Le bandage, les béquilles et la douche
Je me suis récemment fait mal au pied en jouant au foot, et on m’a mis un bandage. J’ai dû marcher avec des béquilles, ce qui est handicapant dans beaucoup de situations, et j’ai dû multiplier les acrobaties pour prendre ma douche sans mouiller ma jambe blessée. Ma jambe est devenue comme un objet encombrant.

c) Comment marcher avec le Seigneur
La Bible dit que les hommes et les femmes qui placent leur confiance en Jésus pour le pardon de leurs péchés deviennent des membres du corps de Jésus, qui est l’Église. Le problème c’est que les chrétiens sont souvent comme des mains ou des pieds qui d’une part, restent en-dehors de la baignoire lorsque le corps se lave, d’autre part, se déguisent, ou s’immobilisent, pour paraître ne pas faire partie du corps. Mais le bien-être de chaque membre est intimement lié à sa relation au corps, et le bien-être du corps tout entier est intimement lié au bien-être de chaque membre. Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui (1 Co 12 : 26).

Comme pour Paul, et pour tous les chrétiens, notre relation au Seigneur est à la fois personnelle et communautaire, et elle devrait se traduire par des choix qui sont visibles. Des choix qui donnent du temps à la prière personnelle et à la lecture personnelle de la Bible. Des choix qui traduisent, publiquement même, notre volonté d’être un membre en bonne santé du corps de Christ, et de participer activement à la vie du corps de Christ qu’est l’Église.


Conclusion
On a pu voir dans ce texte comment la piété personnelle de Paul est venue tout d’un coup au premier plan, pour nous rappeler qu’aussi actif que Paul ait pu être, il n’a pas négligé sa relation personnelle au Seigneur et son bien-être spirituel. Cette relation personnelle avec Jésus a teinté tout son ministère, du début à la fin, et a conditionné ses choix. Des choix qui s’imposaient parfois face à des opportunités qui semblaient extraordinaires ; mais la santé spirituelle de Paul, sa marche ordinaire avec le Seigneur, restait toujours plus importante. Il a cultivé sa relation avec le Seigneur dans l’intimité du lieu secret, mais aussi dans la communauté de ses frères et sœurs en Christ, dont il ne pouvait pas se passer, aussi fort spirituellement qu’il ait pu sembler être par ailleurs. Alors au moment où nous allons entamer l’année 2008, face aux 366 petites cases de notre agenda qui vont se remplir très vite de toutes sortes d’activités diverses, dont la plupart très utiles et louables, qu’allons-nous faire de notre relation personnelle à Jésus, pour ne pas tomber dans l’activisme qui est un stratagème du diable pour nous dessécher spirituellement et nous éloigner de Dieu ? Avec l’aide du Saint-Esprit, nous devrons faire des choix, parfois contre le courant du monde et même de nos propres envies, pour laisser la place au repos spirituel et au ressourcement dans les petites cases de notre agenda 2008. Nous pouvons au moins commencer par dédier à notre santé spirituelle la case du dimanche matin, qui est l’occasion unique, chaque semaine, de se réunir avec le reste du corps pour apporter notre adoration à Dieu et écouter sa Parole. Mais en fait, tout notre emploi du temps, du lundi au dimanche, doit être subordonné au Seigneur, qui veut vivre avec nous non pas la relation d’un tyran avec ses sujets, ou d’un ingénieur avec ses machines, mais d’un Père avec ses enfants.

25.12.2007

Joyeux Noël

cb474c73c3dfdcaba43320352963a1a1.jpgVoici comment Dieu a manifesté son amour pour nous : il a envoyé son Fils dans le monde... (1 Jean 4 : 9)

Joyeux Noël à tous !

18.12.2007

Ce vendredi 21 décembre

5b77ff06a9edd38bc45396c2073b99ad.jpgNe manquez pas, ce vendredi 21 décembre de 18h à 20h, la soirée de Noël de l'église. Nous aurons l'occasion de chanter nos cantiques de Noël favoris, de lire le récit biblique de la naissance de Jésus, d'entendre une courte méditation, et de manger des gâteaux de Noël ainsi que d'autres friandises tout en profitant de la présence des uns et des autres dans la joie de ce premier jour d'hiver !

13.12.2007

Christ règne déjà

"En Actes 2 : 30, 31, Pierre dit ceci de David : Comme il était prophète, et qu'il savait que Dieu lui avait promis avec serment de faire asseoir un de ses descendants sur son trône, c'est la résurrection du Christ qu'il a prévue et annoncée. Selon Pierre, donc, point n'est besoin d'attendre le millénium pour voir Christ assis sur le trône de David ; il y est déjà depuis sa résurrection. C'est ce que confirment d'ailleurs d'autres textes pour lesquels Christ règne déjà (1 Co 15 : 25), possède tout pouvoir dans le ciel et sur la terre (Mt 28 : 18), et voit toutes choses mises sous ses pieds (Ep 1 : 22)."

W.J. Grier, Le Grand Dénouement (Editions Grâce et Vérité)

Alex au bowling



L'église n'est pas responsable des liens vers les autres vidéos proposées sur le site Youtube.

Andrezza au bowling



L'église n'est pas responsables des liens vers les autres vidéos proposées sur le site Youtube.

Daniel au bowling



L'église n'est pas responsables des liens vers les autres vidéos proposées sur le site Youtube.

Janmil au bowling



L'église n'est pas responsable des liens vers les autres vidéos proposées sur le site Youtube.

João au bowling



L'église n'est pas responsable des liens vers les autres vidéos proposées sur le site Youtube.

Judson au bowling



L'église n'est pas responsable des liens vers les autres vidéos proposées sur le site Youtube.

Livia au bowling



L'église n'est pas responsable des liens vers les autres vidéos proposées sur le site Youtube.

Olivier au bowling



L'église n'est pas responsable des liens vers les autres vidéos proposées sur le site Youtube.

Lyon l'a fait

(Eurosport)

Dos au mur, Lyon a frappé fort en dominant les Glasgow Rangers à Ibrox Park (0-3). Pour la 5e année consécutive, l'OL sera en 8e de finale. Après la déroute de l'OM, les Lyonnais seront les seuls représentants hexagonaux au prochain tour où ils ont de grandes chances de tomber sur un gros.

Lire la suite...

411c1574a95b2ea04d3858773c555ef1.jpg