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28/10/2007

Combattre l'indifférence (28 octobre 2007)

Actes 18 : 1 - 11


Introduction
Ce n’est pas par hasard que vous vous trouvez ici ce matin. Que vous en ayez conscience ou non, que vous soyez d’accord ou non, c’est Dieu qui a tout orchestré pour que vous vous trouviez en ce moment-même confortablement assis dans ce petit local à écouter sa Parole, du moins, à l’entendre avec vos oreilles. Dieu a suscité cette petite église il y a quelques années. Dimanche après dimanche, il y a au moins une poignée de personnes qui viennent ici chanter les louanges de Dieu et écouter sa Parole. Mais vous, ce matin, dans quel état d’esprit êtes-vous ? Quelle est votre motivation, et votre attente ? Seriez-vous venu ici à contre-cœur ? Seriez-vous venu ici dans un esprit de critique ? Seriez-vous venu ici dans un esprit cynique ou désabusé, en vous disant que vous n’avez plus rien à attendre de l’Église ? Le récit d’aujourd’hui raconte comment l’Évangile est parvenu à Corinthe. Lorsque l’auteur écrit ces lignes, il sait bien que l’Église de Corinthe, à ce moment-là, est une église divisée, remplie de chrétiens ingrats, contestataires, endurcis ; et cette ingratitude, cette contestation, cet endurcissement sont autant de symptômes de l’indifférence générale qui s’est installée là-bas vis-à-vis de l’Évangile. Et l’auteur sait bien que ces mêmes chrétiens vont lire ces lignes, et il veut à travers ce récit, briser l’indifférence qui règne là-bas, et l’indifférence que beaucoup de chrétiens ont laissé s’installer dans leur vie vis-à-vis de Dieu et de sa Parole. Avant de commencer, je veux simplement vous poser une question-diagnostic, qui va vous aider à savoir à quel point vous devez prêter attention à ce message. Si je vous dis qu’il y a quelque chose dans votre vie qui déplaît à Dieu (une habitude, un comportement, une dépendance secrète), quelque chose que Dieu voudrait changer radicalement, êtes-vous capable de nommer précisément cette chose en moins de trois secondes ? Un, deux, trois. Si vous n’avez pas pu, pendant ces trois secondes, mettre le doigt précisément sur au moins un élément de votre vie qui déplaît à Dieu, c’est que vous avez développé une forme d’indifférence spirituelle. Et ce message vous concerne tout particulièrement. Regardons le texte.


1. Dieu offre sa Parole gracieusement

a) Paul prêche aux Corinthiens sans que cela leur coûte (v. 1 – 5)
L’Église de Corinthe n’était pas un exemple de paix, d’unité et de piété. Les chrétiens ont perdu leur premier amour. C’est pour remettre les choses en ordre que Luc raconte comment l’Évangile est arrivé dans cette ville. Et la première chose qu’il montre, c’est que l’Évangile est arrivé entièrement à l’initiative de Dieu. Ce ne sont pas les Corinthiens qui ont cherché à connaître l’Évangile ; Paul est arrivé et a prêché, gratuitement, en subvenant à ses propres besoins. L’Évangile est un message de grâce, et ce message est arrivé à Corinthe sans que cela ait coûté le moindre effort ou centime aux Corinthiens.

b) La maladie mortelle et le médicament gratuit
Imaginez : vous êtes atteint d’une maladie mortelle. Il existe un remède, entièrement gratuit, mais il vous faut prendre ce médicament tous les jours. C’est ce que vous faites pendant quelques années, jusqu’à ce que cela commence à vous ennuyer un peu. Vous n’allez pas si mal, après tout ! Mais un jour, votre médecin traitant, qui sait bien que votre état se dégrade, vous raconte l’histoire de ce médicament : un homme a perdu son fils à cause de cette maladie, il y a longtemps. Cet homme a ensuite consacré toute sa vie et toutes ses possessions à la recherche d’un remède, et une fois trouvé, il a décidé de le mettre gratuitement à disposition des malades. Et maintenant, vous voudriez vous en passer ?

c) Apprécier la valeur de la Parole
De la même façon, Dieu veut que nous reconnaissions la valeur de sa Parole. Dieu a orchestré votre vie pour vous amener le message de l’Évangile. Rien ne disposait Dieu à faire cela pour vous, sinon son amour pour vous. Dieu s’est révélé à nous de sa propre initiative. Dieu nous offre gratuitement sa Parole, qui est le remède à notre maladie. Dieu nous a amenés ici ce matin pour l’entendre. Cela ne nous coûte rien ! Comment réagissons-nous à cela ?

C’est la première chose que l’auteur veut nous montrer, pour combattre l’indifférence spirituelle qui s’insinue insidieusement dans notre vie et dans notre relation avec Dieu. Tout est de Dieu. C’est Dieu qui nous donne la chance de pouvoir le connaître. Cette réalité est la plus précieuse de toutes, et votre présence ici ce matin est d’abord la preuve de l’amour de Dieu pour vous, non de votre amour pour lui ! Dieu nous propose un médicament qui ne nous coûte rien, mais qui lui a coûté cher à lui. Mais l’auteur poursuit son histoire et nous montre que l’indifférence spirituelle que nous développons n’est pas sans conséquence.


2. La résistance devra être assumée

a) La réaction de Paul face à la résistance (v. 6, 7)
Dans la providence de Dieu, Paul se consacre entièrement à la Parole (v. 5), mais les Juifs de Corinthe, qui l’entendent, ne veulent pas la recevoir (v. 6). Notons la réaction de Paul : il considère que ces gens ont eu leur chance ; il leur dit qu’ils devront assumer les conséquences de leur résistance, il claque la porte et de manière très visible, commence à se consacrer à d’autres personnes (v. 6, 7).

b) Les limites nécessaires de la patience dans l’éducation d’un enfant
Vous vous dites que Paul est un peu dur ; qu’il manque de patience. En réalité, l’attitude de Paul a une valeur pédagogique. Dans l’éducation d’un enfant, il est bon d’être patient, de ne pas punir l’enfant hâtivement ; mais à un moment donné, il faut savoir dire : « je t’ai prévenu plusieurs fois, maintenant c’est trop tard, tu vas être puni ». Faire cela, c’est manifester l’importance, ou le sérieux, de la parole qui avait été donnée.

c) La patience de Dieu a des limites (pédagogiques)
Dieu agit de la même façon pour nous montrer le sérieux de sa Parole. Il nous l’offre de sa propre initiative, sans que cela nous coûte, par amour pour nous parce que c’est le remède à notre maladie. Mais si nous persistons dans l’indifférence, dans les excuses, dans l’ingratitude, bref, dans la résistance à sa Parole, il y a un moment où Dieu va nous laisser mesurer les conséquences de nos choix.

Nous avons tous des combats différents par rapport à la Parole de Dieu. Il y a des domaines dans notre vie qui font mal lorsque Dieu les confronte à sa Parole. La tentation, c’est de se protéger, et il y a des tas de façons de le faire. Mais Dieu ne se satisfera pas de cette situation. Sommes-nous prêts à assumer les conséquences de notre résistance, et à risquer de devenir tellement endurcis que serons imperméables à la Parole de Dieu et au Saint-Esprit lui-même ?


3. L’œuvre de Dieu se poursuit

a) Il y aura des gens qui répondent à la grâce de Dieu (v. 8 – 11)
Mais l’auteur veut nous montrer autre chose encore. C’est que sous l’effet de ce « jugement » de Dieu, qui veut nous montrer le sérieux de sa Parole, il y en a qui seront touchés au plus profond d’eux-mêmes. Quoi qu’il arrive, l’œuvre de Dieu se poursuivra ; la question est, « qui en fera partie ? ». Crispus, le chef de la synagogue, croit au Seigneur (v. 8) avec sa famille, ainsi que beaucoup d’autres. Puis le Seigneur rassure Paul et lui dit de persévérer (v. 9 – 11).

b) Le prix du loto non réclamé
Imaginez que quelqu’un gagne le gros lot au loto, mais ne réclame pas son prix. Les organisateurs ne vont pas jeter les millions d’euros à la poubelle ! Ils vont les redistribuer aux gagnants suivants, ou les remettre en jeu. Imaginez qu’on vous offre deux places pour la finale de la coupe du monde de rugby, en tribune VIP, mais que vous ne pouvez pas y aller : vous aller chercher quelqu’un qui pourra y aller, et à qui vous donnerez ces places.

c) Serons-nous parmi les invités ?
À travers sa Parole, Dieu nous adresse une invitation qui vaut bien plus que les millions d’euros du loto. Il nous invite à le connaître, à être réconciliés avec lui à travers la foi en Jésus, et à grandir, jour après jour, dans cette foi, jusqu’à passer l’éternité avec lui dans la gloire du ciel. Luc 14 : 15 – 24. Dieu nous adresse cette invitation de sa propre initiative, et il nous l’adresse tous les dimanches à travers sa Parole, et même tous les jours, et il nous invite à entrer dans son royaume, c'est-à-dire à céder notre vie au règne de Jésus, mais quelle est notre réponse ? Nos préoccupations égocentriques nous ont-elles rendus indifférents ?


Conclusion
L’auteur raconte cette histoire pour nous amener à reconsidérer l’importance que nous accordons à Dieu, à sa Parole, et à l’action qu’il veut mener dans notre vie. Ce texte veut combattre l’indifférence qui s’est installée dans notre vie et qui fait que nous nous satisfaisons plutôt bien de notre situation actuelle, alors qu’il y a dans notre vie des habitudes, des comportements, des dépendances secrètes qui déshonorent Dieu, mais auxquels nous sommes devenus insensibles, voire même une situation nette de péché ; ou encore nous sommes peut-être assis ici et nous ne connaissons même pas Dieu ! Ce n’est pas un hasard si nous nous trouvons ici ce matin ; ce n’est pas un hasard si vous avez l’occasion d’entendre la Parole de Dieu, peut-être de ré-entendre l’invitation qu’il vous adresse à placer toute votre confiance en Jésus et à la laisser gouverner votre vie. C’est Dieu qui a orchestré votre vie, et toutes choses, pour que cette situation se présente, parce que votre vie a de la valeur à ses yeux, et il veut que vous reconnaissiez la valeur de ce que lui a à vous offrir. Vous avez peut-être fait le diagnostic d’une résistance à Dieu ce matin ; il faut que nous puissions reconnaître comme tel notre orgueil, et le confesser à Dieu. Lui demander de détruire cette résistance qui nous empêche de recevoir sa Parole, et lui demander de nous montrer ces fameux domaines de notre vie qui le déshonorent, pour le laisser ensuite, à travers son Saint-Esprit, et même si ça fait mal, nous transformer à l’image de Jésus-Christ. Est-ce que vous avez perdu votre premier amour pour Dieu ? Jésus s’est adressé à une jeune église dont c’était le cas : Ap 2 : 4, 5. Jésus nous rappelle encore ce matin qu’il est le bon berger. Les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent et les mène dehors. Lorsqu’il a fait sortir toutes celles qui lui appartiennent, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix (Jn 10 : 3, 4).

25/09/2007

Une foi courageuse et pertinente (23 septembre 2007)

Actes 16 : 16 - 40

Introduction

884455765b00a5b276dbd7b26d08bcd1.jpgEst-ce qu’il vous est déjà arrivé d’être en pleine conversation avec un groupe d’amis qui emploient dans une phrase sur deux des mots vulgaires, et d’avoir la drôle d’impression que si vous n'utilisez pas vous-même régulièrement des gros mots qui commencent par « m », par « p » ou par « ch », vous ne serez pas compris ? Ou bien de travailler pour un employeur qui vous encourage à utiliser des pratiques malhonnêtes, et de vous dire que ce n’est pas grave d’agir ainsi parce que tout le monde le fait ? Ou bien encore de vous retrouver devant des images ou des discours obscènes à la télé juste parce que la culture a décrété que tel ou tel film était incontournable ? Ce n’est pas forcément évident à première vue, mais ce texte nous parle de notre relation, en tant que chrétiens, au monde. Et je constate qu’il y a deux tendances chez les chrétiens aujourd’hui : d’un côté il y a ceux qui se disent que la foi appartient à un petit compartiment privé de leur vie, et qu’on peut vivre sa foi, dans le monde, en la dissociant des autres compartiments de la vie. De l’autre côté, il y a ceux qui se disent que la foi doit diriger toute leur attention vers le ciel, et que tous les fruits de la foi sont des fruits spirituels et célestes, tandis que la vie sur terre, ou dans le monde, n’est finalement qu’un mauvais moment à passer en attendant le repos et la gloire du paradis. Dans les deux cas, en ce qui concerne le rapport du chrétien au monde, le résultat est similaire : la foi a perdu de sa pertinence et de son efficacité à défier le monde. Pour les premiers chrétiens, leur 951f8d26bed1ef1834975c3a3682633f.jpgrapport au monde était particulièrement conflictuel, du fait de la persécution qu’ils subissaient sous l’empire romain. C’est à ces chrétiens-là que Luc écrit, des chrétiens intimidés, tentés par le découragement et le repli. Et il veut leur montrer que leur foi peut être courageuse et pertinente, à cause de la façon surprenante dont Dieu lui-même considère le rapport des chrétiens au monde.


1. La suprématie de Jésus-Christ

a) Jésus règne
Premier élément de l’histoire : Paul chasse un démon au nom de Jésus (v. 16 – 18). Deux remarques : 1. le démon reconnaît la vérité du témoignage de Paul, 2. il est chassé instantanément. Luc raconte cela, pour montrer que nous ne vivons pas dans un monde manichéen, où le bien et le mal combattent à forces égales. Jésus règne. Il est ressuscité pour s’asseoir à la droite de Dieu, et tout a été mis sous ses pieds.

b) Le soldat, le général et la mutinerie
Imaginez que vous soyez un matelot sur un navire de guerre il y a trois ou quatre siècles. Tous vos compères matelots commencent à comploter pour prendre le contrôle du navire. Vous pourriez être tenté de croire que leur revendication au commandement du navire est légitime, et être tenté de vous joindre à eux. Mais en réalité, ils ne peuvent usurper la place légitime du capitaine ; ils resteront sous l’autorité de la couronne, soit comme sujets fidèles, soit comme sujets rebelles.

c) L’étendue du royaume de Jésus
df55820af11ddb6817129fa596c19122.jpgLa Bible dit, Les rois de la terre se dressent et les princes se liguent ensemble contre l’Éternel et contre son Messie… Il rit, celui qui siège dans les cieux… : c’est moi qui ait sacré mon roi sur Sion, ma montagne sainte ! (Ps 2 : 2 – 6). En soumettant ainsi toutes choses [à Jésus], Dieu n’a rien laissé qui reste insoumis (Hé 2 : 8). Comme les matelots, quoi qu’on fasse et où qu’on soit, on reste sous l’autorité de Jésus. Il a été établi roi de la création.

La question n’est donc pas de savoir si Jésus est vraiment le maître du monde, mais plutôt de savoir si nous le reconnaissons ou non. Il n’y a pas un combat à forces égales entre le bien et le mal pour la conquête du monde, mais un conflit, à l’intérieur du monde qui appartient déjà à Jésus-Christ, entre ceux qui reconnaissent son règne et ceux qui ne le reconnaissent pas. L’histoire du monde, c’est l’histoire de l’autorité de Jésus qui se déploie sur toute la création, ou l’histoire d’un roi qui fait appliquer son autorité sur son royaume. C’est en comprenant cela7327908191c079a129ae3cb1cb872a1b.jpg que Paul et Silas peuvent prier et chanter les louanges de Dieu (v. 25) au milieu de la nuit, au fin fond d’une prison, après voir été roués de coups (v. 23).


2. L’opposition du monde

a) Un problème d’autorité
La tension entre croyants et non-croyants, entre la foi et le monde, est donc un problème d’autorité. À travers son témoignage auprès de ces gens à Philippes, Paul est en train de révéler au monde l’autorité légitime à laquelle la création tout entière doit allégeance. Il chasse le démon au nom de Jésus, mais les maîtres de la servante ne veulent pas accepter l’autorité de Jésus car elle va contre leurs intérêts personnels (v. 19).

b) Le matelot face aux mutins
e0b1fb93457e020fb2849659b31172e5.jpgPaul se retrouve comme le matelot sur le navire au milieu de ses compères rebelles. Mais lui, il reconnaît l’autorité supérieure du capitaine, et il est tout seul à proclamer à tous ces matelots énervés qu’ils doivent allégeance et obéissance à celui qui détient l’autorité. Evidemment, il s’attire les foudres des mutins. C’est un conflit d’intérêts, un problème d’autorité.

c) La vision manichéenne des non-croyants
La réaction des opposants à Paul et Silas est virulente (v. 22 – 24). Pourquoi ? Parce qu’en niant l’autorité supérieure de Jésus ils s’imaginent être à égalité avec Paul et Silas, et ils s’imaginent pouvoir faire gagner leurs 84785187fa81ce5ee5361c37b42076dd.jpgpropres intérêts s’ils arrivent à montrer qu’ils sont plus puissants qu’eux. Ils sont manichéens : ils pensent pouvoir faire gagner leur camp en neutralisant le camp adverse.

Mais la perspective de Paul et Silas sur le conflit qui les oppose au monde est tout différente de la perspective des non-croyants. Parce qu’ils ont compris que Dieu avait une intention très surprenante concernant le monde, une intention qui prend à contre-pied la stratégie du monde qui s’oppose à Dieu : ils ont compris que la victoire de Dieu sur le monde ne passait pas par le renversement du monde (contrairement à une vision manichéenne), mais par la rédemption du monde. Ils ont compris que l’intention de Dieu n’était pas de détruire le monde, mais de racheter le monde.


3. La rédemption, pour une société nouvelle

a) Mais Dieu fait mieux : il rachète
Et dans le texte, Dieu intervient en manifestant une fois de plus sa suprématie (v. 26) et le geôlier comprend qu’il a perdu le combat et il est près à se suicider parce qu’il a une vision manichéenne du monde. Il a supposé que les prisonniers étaient partis. Mais l’intention de Dieu est tout autre. Paul et Silas sont tellement convaincus de la suprématie de Jésus qu’ils sont restés dans la prison, et le geôlier reconnaît tout d’un coup sa situation devant le maître du monde (v. 30). Paul et Silas lui disent de se confier en Jésus pour être sauvé.

b) Astérix et les pirates
Imaginez ces mutins qui ont pris le contrôle du navire pendant l’absence du capitaine. Ils ont jeté aux requins tous ceux qui s’opposaient à leur projet. Mais voilà que le capitaine revient, en compagnie d’une flotte impressionnante. La réaction des mutins pourrait être semblable à celle des pirates qui voient arriver les gau…, les gaugau…, les gaulois : on va se saborder soi-même puisque c’est cela qui nous attend de toute façon. Mais ô surprise, ce n’est pas cela l’intention du capitaine : il ne veut pas anéantir les rebelles, mais plutôt rétablir son autorité sur eux. Il veut les racheter ; il les invite à s’humilier et il est prêt à leur pardonner.

c) Une société rachetée
Le but de Dieu, ce n’est pas de remporter la victoire sur le monde en le détruisant, mais de remporter la victoire sur le monde en le rachetant. Dieu ne veut pas renverser la société qui nous entoure, mais il veut la réparer, la 31104c3c9eafdde5c001027e7621168f.jpgrétablir. Il est très intéressant de remarquer que Dieu n’a pas changé le statut de Paul et Silas par rapport au geôlier : ils restent des prisonniers. Mais la foi de Paul et Silas fait d’eux des bons prisonniers, et la foi du geôlier fait de lui un bon geôlier. Remarquez encore que Paul refuse d’être libéré en douce ; il assume sa citoyenneté romaine : sa foi fait de lui un bon romain, alors que c’était précisément l’excuse des non-croyants pour ne pas recevoir l’Évangile (v. 21).


Conclusion

Vous voyez que d’un côté, on a le raisonnement manichéen des romain, qui disent, « Un bon chrétien, c’est un chrétien neutralisé », mais le discours de Dieu, c’est plutôt, « Un bon romain, c’est un romain racheté ». Jésus règne même sur les non-croyants et sur une société anti-Dieu, et son intention est de déployer l’autorité qu’il a 2fb39785167b7e3647ebf1476c810af8.jpgdéjà, sur toute la création. Nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises (Hé 2 : 8). Dieu aime sa création, il aime l’humanité, et il veut la restaurer. Il a déjà vaincu tous les obstacles pour que cela puisse se réaliser, et il est maintenant en train de le réaliser à travers l’expansion de son royaume, c’est-à-dire de l’Église, dans le monde. Nous devons rester convaincus de la suprématie de Jésus sur le monde entier afin de vivre au jour le jour en reconnaissant son autorité dans tous les domaines de notre vie : à la maison, au travail, au lycée, au magasin, dans nos relations amicales, et devant la télé. Nous devons, et nous pouvons, manifester l’autorité de Jésus dans tous ces domaines, sans fléchir, sans s’excuser de le faire, sans avoir peur, parce que Jésus a dit que nous étions le sel de la terre. Mais si le sel devient fade avec quoi le salera-t-on ? (Mt 5 : 13). Nous sommes la lumière du monde, c’est-à-dire que nous devons briller devant les hommes, manifester devant le monde l’autorité suprême de Jésus sur tous les domaines de la création. Notre foi peut être courageuse et elle doit être pertinente. Notre foi ne doit pas être réservée à un petit compartiment de notre vie, et elle ne doit pas non plus être une simple vapeur qui flotte dans les sphères spirituelles et célestes ; notre foi doit s’inscrire dans la réalité de notre vie ici-bas et se traduire dans tous les détails de notre vie de tous les jours. Peut-être qu’on peut prendre quelques minutes et réfléchir aux domaines de notre vie qui résistent à l’autorité de Jésus, et lui demander pardon, et lui soumettre de nouveau ces domaines. Paul a écrit à ces mêmes chrétiens de Philippes quelques années plus tard, et leur a rappelé la nature du témoignage qu’ils sont appelés à avoir dans le monde, à cause de la suprématie de Jésus : Philippiens 2 : 9 – 16.

20/05/2007

Chose promise, chose due (20 mai 2007)

Psaume 2


Introduction

Le mois dernier, un missionnaire chrétien allemand et deux chrétiens turcs ont été agressés par des islamistes. Ils ont été torturés pendant trois heures puis égorgés, à l'endroit où ils s'étaient réunis pour une étude biblique. Ce genre d'événement tragique nous ramène brutalement à une dure réalité : ce n'est pas anodin d'être un chrétien ! Mais face à ce genre d'opposition, qui n'est pas très éloignée de nous, on peut être amené à se demander : est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Est-ce que vous ne vous êtes jamais posé la question : 6654a07f7c1a04abe3bc5b876c39535b.jpgfinalement, le christianisme, est-ce bien raisonnable ? Ce matin, vous venez peut-être à l'église découragé : votre foi est bien petite et ne semble pas porter beaucoup de fruits ; ou bien vous venez à l'église dans le doute, en étant intimidé par une société résolument séculière qui cherche à vous convaincre que les gens vraiment normaux, ce sont ceux qui restent au lit le dimanche matin ; ou bien vous venez à l'église comme un observateur curieux, intrigué par ce qu'il voit et ce qu'il entend : quelle est donc cette foi qui ne s'inscrit pas dans le politiquement correct ? ; ou enfin vous êtes venu à l'église comme un observateur critique : vous savez bien que la foi chrétienne n'est pas raisonnable et vous ne comprenez pas que des hommes intelligents puissent être prêts à se mettre en danger et à mourir pour elle. Quelle que soit notre position ce matin, ce psaume s'adresse à chacun de nous avec un message étonnant, qui ne peut pas nous laisser indifférents, mais qui, si nous le comprenons bien, doit nous forcer à un positionnement qui a le potentiel de changer notre avenir tout entier.


1. Pas de neutralité possible (v. 1 – 3)

a) Se liguer ensemble contre Dieu
Le psalmiste nous parle d'un complot à l'échelle planétaire : les rois de la terre se dressent et les princes se liguent ensemble contre l'Eternel (v. 2). Il nous explique qu'il y a un point commun entre toutes les puissances de ce monde (ce qui nous inclut), c'est un désir commun, celui de se débarrasser de nos obligations vis-à-vis de Dieu (v. 3), alors que nous sommes la création de Dieu. C'est une tendance universelle : refuser la dépendance et la redevabilité (le fait de devoir rendre des comptes).

b) Être l'ami de Hitler
Il n'y a pas de position intermédiaire possible : soit nous aimons le joug de Dieu, soit nous le rejetons. On se dit... bon, je suis pas si mauvais que ça, je vais me faire mon propre petit équilibre, ma propre petite recette... Mais il n'y a pas de neutralité ; si nous ne reconnaissons pas pleinement notre redevabilité envers Dieu, nous sommes dans l'autre camp, nous nous « liguons ensemble » avec toutes les autres puissances qui s'opposent à Dieu, aussi différentes soient-elles. Nous sommes les amis d'Hitler ou de Ben Laden.

c) Application : les royaumes anti-Dieu
Notre existence est faite de royaumes. À l'échelle de notre vie personnelle, nous sommes des princes, et nous gérons notre propre petit royaume. Notre vie, d'ailleurs, est peut-être cloisonnée en petits sous-royaumes (ministères !) : il y a le ministère de la famille, du travail, du budget, des affaires étrangères... À l'échelle de la société et du monde, il y a aussi des royaumes, des sphères d'autorité : les gouvernements des nations, les entreprises, les associations, les institutions, la culture... Tous ces royaumes (et les nôtres) ont une tendance naturelle et commune, plus ou moins appuyée et manifeste : la tendance à chercher à se débarrasser de Dieu et à devenir autonomes (une loi pour soi-même).

C'est la première constatation du psalmiste. Nous cherchons tous, par nature, à nous détacher des obligations que nous avons, par définition, vis-à-vis de Dieu notre Créateur. Et même si nous n'avons pas l'impression d'être très proche des dictateurs ou des terroristes, nous sommes pourtant, à ce titre, et fondamentalement, dans le même camp. Mais cette mutinerie généralisée sera-t-elle efficace ?


2. La rébellion est inutile car impuissante (v. 4 – 6)

a) Dieu a déjà vaincu
Le psalmiste dit que les pensées des rebelles sont « vaines » (v. 1). Dieu est au courant du complot, et il rigole (v. 4) parce que tout est déjà décidé. Le sort du monde est déjà décidé ; personne ne peut rien y changer. Dieu a un plan qu'il a décrété depuis l'éternité. Dieu est en parfait contrôle de la situation ; il est Dieu : il a les moyens de faire valoir ses décisions. Il a le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif (il décide, il exécute).

b) Illustration : le maire contre le président
bd8818b311aae1069cbb8ce2c74d0a61.jpgVous êtes maire d'une petite commune de 500 habitants... tellement repliée sur elle-même que vous en finissez par croire que vous êtes indépendants. Votre programme : construire une frontière, augmenter les impôts, chasser les étrangers, rétablir la peine de mort, acquérir l'arme nucléaire... Même avec vos 500 habitants, vous ne pourrez rien contre le président de la République. N'oubliez pas qu'il existe et qu'il a les moyens de contrecarrer vos projets !

c) Application : voir plus loin que le bout de son nez
Nous avons tendance à oublier que le président existe. Non seulement Dieu est le Créateur tout-puissant de tout ce qui existe, mais la Bible explique que Dieu a manifesté sa puissance aux yeux du monde en vainquant le plus puissant des ennemis. Comment ? Il a ressuscité Jésus, et il a placé son champion, son Roi, sur un trône au-dessus de tout autre puissance : voir Ephésiens 1 : 19 – 22 ! C'est la signification de l'Ascension.

Il faut donc arrêter de loucher, et regarder plus loin, et plus haut. Dieu a déjà établi une autorité supérieure. C'est ce que dit le psalmiste : C'est moi qui ai sacré mon Roi sur Sion, ma montagne sainte (v. 6) ! Depuis son ascension, Jésus règne. Tout a déjà été mis sous ses pieds. Il est l'autorité suprême, invincible, et c'est pour cette raison que notre rébellion est complètement impuissante. Elle est vouée à l'échec. Mais ça ne s'arrête pas là.


3. Le Roi va reconquérir ses terres (v. 7 – 9)

a) La promesse de Dieu : les nations pour héritage
Le psalmiste nous explique que ce roi, sacré par Dieu sur sa montagne sainte, est aujourd'hui en campagne. Il est en activité, en train d'accomplir le plan de Dieu. Ce plan est clair, si nous considérons le message de la Bible. Dieu veut se racheter sa propre création qui lui a tourné le dos ; pour cela, Dieu a payé le prix fort, celui de la 1fc381fd89d5938d3270008d057f8e60.jpgvie de son propre Fils. Jésus a payé la rançon, et maintenant, Dieu lui donne tout en héritage (v. 7, 8) ! Il s'est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu'à la mort, la mort sur la croix. C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom (Ph 2 : 8, 9).

b) Le territoire occupé : à qui appartient-il ?
Dieu a tout mis sous les pieds de Jésus. En lui soumettant ainsi toutes choses, Dieu n’a rien laissé qui reste insoumis. Cependant, nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises (Hé 2 : 8). Nous vivons donc en territoire occupé. Il est occupé par l'ennemi, mais il n'appartient pas à l'ennemi. Souvenez-vous de la France occupée par les Nazis. Le lendemain de l'armistice accordée par le Maréchal Pétain, De Gaulle a pris le micro depuis Londres pour dire, non, la France n'est pas allemande, elle n'appartient pas aux Nazis. Les combattants de la résistance voulaient chasser de leur territoire un occupant illégitime.

c) Le but de l'histoire, Christ triomphant
Le message de De Gaulle pour la France, c'est, toutes proportions gardées, celui de Dieu pour la terre. L'issue de la guerre a été déterminée au moment du débarquement en Normandie. De la même façon, la résurrection de Jésus et son ascension ont déterminé avec certitude l'issue de l'histoire du monde. Christ a vaincu et tous les royaumes lui sont déjà assujettis. Nous ne le voyons pas encore, mais l'histoire du monde court vers ce but.

Jésus règne déjà, et son règne se manifeste dans le monde à travers l'Eglise, la montagne sainte de Dieu (voir Ep 1 : 22). Depuis des siècles, pour ne pas dire des millénaires, Dieu est en train de bâtir son royaume, incarné par son peuple ici-bas. Le prophète Daniel (- 550) a eu cette vision : le royaume, la domination et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous le ciel seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. Son royaume est un royaume éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront (Dn 7 : 27). Paul dit : Christ remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir aboli toute principauté, tout pouvoir et toute puissance. Car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds (1 Co 15 : 24, 25). Alors, dernière question : que faire de tout cela ?


4. Une invitation à la sagesse (v. 10 – 12)

a) Dans quel camp veut-on être ?
94b0afcdd75a6756f14479ee96eb20b2.jpgFace à cette constatation, il faut peut-être se poser quelques questions cruciales ! Un peu de sagesse ! Un peu de discernement ! C'est l'exhortation du psalmiste : et maintenant, rois, ayez du discernement (v. 10) ! Il n'y a pas de neutralité possible, la rébellion est vouée à l'échec, le Roi est en train de reconquérir son territoire, alors dans quel camp vaut-il mieux être, celui de l'occupant illégitime, ou celui du Roi qui arrive, et dont le règne est déjà établi ?

b) Rencontrer Jésus comme juge ou comme ami
La question se pose en d'autres termes : vaut-il mieux accueillir le règne de Jésus comme celui de notre juge, ou comme celui de notre ami ? Il arrive, pour revendiquer son territoire ; va-t-il me trouver ici comme son ennemi ou comme son allié ? Comme collaborateur de l'occupant ou comme résistant à l'occupant ? Est-ce qu'il va me trouver confortablement assis à la table de l'ennemi, ou bien fidèlement occupé à faire valoir son règne ?

c) Comment changer de camp
La réponse est évidente. Mais que faire, alors, pour soumettre mon royaume à celui de Jésus ? Faut-il signer un pacte de non-agression ? Faut-il payer un impôt ? Faut-il compenser ma rébellion par quelques années de service obligatoire ? La réponse est troublante de simplicité et de générosité : Embrassez le Fils, de peur qu'il ne se mette en colère... Heureux tous ceux qui se réfugient en lui (v. 12) ! C'est une relation d'affection et de confiance. Dieu n'est pas un tyran. Il nous propose simplement de placer notre confiance en lui. De remettre notre royaume, et tous nos royaumes, entre ses mains bienveillantes.


Conclusion

Ce psaume nous a montré qu'il y a une tendance universelle, chez tous les hommes, celle de rejeter nos obligations vis-à-vis de Dieu et de chercher l'autonomie. C'est normal d'hésiter à être un chrétien, de se demander si c'est bien raisonnable : se placer dans une relation de dépendance de Dieu, ce n'est pas quelque chose que nous cherchons naturellement ! Mais nous avons vu que cette rébellion innée est vouée à l'échec ; elle est vaine. Elle est impuissante. Dieu nous annonce qu'il a déjà établi une autorité supérieure et invincible, celle de Jésus son Fils, qui a vaincu l'ennemi ultime, la mort, et qui est ressuscité et monté au ciel pour siéger à la droite de Dieu le Père, et qui est en train de déployer son autorité sur toute la création, nous y compris ! Un jour, tout royaume lui sera remis, et les royaumes qui s'opposent au sien seront mis en pièces (v. 9). Dieu l'a annoncé ; il a promis à Jésus les nations pour héritage et pour possession les extrémités de la terre (v. 8). Chose promise, chose due. Alors comment est-ce que je me positionne, ce matin, dans ce plan ? Le Roi nous tend la main, c'est une main généreuse, miséricordieuse, pleine de grâce et de tendresse. Le Roi tout-puissant nous invite dans son royaume, un royaume éternel qu'il a acquis pour nous. Il veut partager son héritage avec nous. La Bible dit que Dieu veut nous arracher au pouvoir des ténèbres et nous faire entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé (Col 1 : 13) ; il veut nous ressusciter ensemble et nous faire asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ-Jésus (Ép 2 : 6). L'héritage que Dieu nous promet est si grand, si précieux, que c'est pour cette raison que des hommes et des femmes sont prêts à se mettre en danger et à mourir pour leur foi. C'est pour cette raison que ça vaut le coup. La victoire est assurée. C'est cela la promesse de l'Ascension. Et si nous acceptons l'invitation de Dieu à soumettre à Jésus tous les domaines de notre vie, simplement en l'embrassant, en l'accueillant comme un ami proche et fidèle, alors nous serons remplis de ce sentiment étrange, la crainte et l'allégresse en même temps (v. 11), la crainte devant un Roi puissant et terrible, l'allégresse devant un salut si généreux.

03/02/2007

Le Christianisme "light" (11 juin 2006)

Actes 13 : 44 – 52, Luc 14 : 15 – 24


Introduction

Il y a un phénomène étrange, qu’on peut observer dans toutes les églises. Il y a des gens qui entendent la parole de Dieu prêchée et enseignée, et qui sont tout de suite vachement intéressés. Ils entendent le message de l’Évangile et ils trouvent ça génial. Ils viennent au culte. Ils vont à l’étude biblique en semaine. Ils contribuent au fonctionnement de l’église. Et puis, après un certain temps, leur participation à la vie de l’église commence à faiblir. On ne les voit que le dimanche matin. Et puis, c’est un dimanche sur deux, puis un sur trois, et enfin on ne les voit plus du tout. Je me souviens d’une personne, dans la vie de notre église, qui venait très fidèlement au culte et qui manifestait un intérêt très profond pour la parole de Dieu, jusqu’à ce qu’un jour elle nous dise « merci medium_Au_revoir.jpget au revoir ; ça m’a bien servi pendant ces quelques années, mais aujourd’hui je n’en ai plus besoin ». Un phénomène étrange, mais très répandu, et pas du tout nouveau. L’apôtre Paul, dès le début de son ministère, a été confronté à ce phénomène, et de manière assez dramatique. À Antioche de Pisidie, Paul et Barnabas ont rencontré des gens très sympathiques et accueillants, qui ont manifesté un énorme intérêt pour le message de l’Évangile (v. 42, 43). Paul et Barnabas leur ont annoncé l’Évangile, mais ensuite, ils ont insisté sur un point en particulier : l’importance de rester attaché à la grâce de Dieu. Le texte que nous avons lu va nous montrer en effet combien cette exhortation est vitale et pertinente. Si je ne reste pas vraiment attaché à la grâce de Dieu, l’intérêt que je manifestais pour la parole de Dieu va se dissiper peu à peu, et les conséquences de cette espèce de désengagement peuvent être extrêmement graves. En revanche, lorsque je considère vraiment, jour après jour, quelle est la grâce de Dieu envers moi, cela peut changer complètement le regard que je porte sur ma vie.


1. Le phénomène étrange : diagnostic (v. 44, 45, 50)

a) L’attitude initiale
Paul et Barnabas répondent à l’invitation des Juifs qui veulent en savoir plus, qui avaient été très accueillant, très ouverts, très intéressés par le message. Ils étaient même d’accord, et enthousiastes. Ils avaient poursuivi les conversations même après la réunion (v. 42, 43).

b) Le revirement
medium_Colere.2.JPGCette fois c’est différent. Ces mêmes personnes, qui avaient été d’abord réceptives, se mettent à s’opposer à Paul, à le contredire, à soulever une persécution contre lui et Barnabas, et finissent par le chasser de la ville. Quel revirement d’attitude ! Que s’est-il passé ?

c) Ce qui compte pour eux
Le texte dit qu’ils deviennent jaloux en voyant les foules (v. 45). Il y a du monde, et alors, pourquoi est-ce que ça devrait leur poser problème ? Le texte dit qu’ils chassent Paul et Barnabas de leur territoire (v. 50). Le message leur convenait tant que c’était eux qui contrôlaient leur territoire, qui invitaient (v. 42), qui posaient les conditions.

Pour beaucoup de gens, le message de l’Évangile est cool, intéressant, passionnant même parfois, jusqu’à ce qu’on se rende compte de ce que ce message implique vraiment. Peu de gens se souviennent que Justin Timberlake, quand il faisait partie du groupe N’Sync, se disait chrétien et remerciait le Seigneur Jésus dans les pochettes des albums du groupe. Je crois qu’il y a beaucoup de chrétiens qui sont des Justin Timberlake en medium_Timberlake.jpgpuissance, dans le mauvais sens ! L’Évangile ? C’est génial ! Je signe ! Et puis un peu plus tard : ah, mais il faut aller à l’église tous les dimanches ? Il faut vraiment chanter avec les autres ? Il faut prier tout fort parfois ? Il faut donner de l’argent aussi ? Le message de l’Évangile c’est sympa tant que ça n’empiète pas sur mon territoire. Mais en adoptant cette attitude, on s’expose à de sérieux problèmes.


2. Le phénomène étrange : conséquences (v. 46, 47, 51)

a) Repousser la parole de Dieu
Ces gens ne veulent pas céder le contrôle de leur territoire, et se mettent à contredire Paul. Face à cette attitude, Paul leur dit qu’ils sont en train de repousser la parole de Dieu (v. 46). On ne peut pas être intéressé par la parole de Dieu et garder le contrôle de son territoire. On ne peut pas imposer nos conditions à Dieu ! Il est Dieu, et c’est lui qui décide, point final.

b) Ne pas se juger digne de la vie éternelle
Dieu nous invite à lui céder notre vie, mais si on lui oppose des conditions, ou des réserves, c’est comme lui dire qu’il y a quelque chose de plus important pour nous que lui. C’est comme dire qu’on s’estime digne de quelque chose de mieux que ce qu’il nous offre, et en cela, précisément, on se montre indigne de ce qu’il nous offre (v. 46, et voir Luc 14).

c) Passer à côté tandis que d’autres acceptent
La réponse de Paul est frappante : tant pis pour vous ! Vous avez entendu le message et vous finissez par le rejeter. D’autres accepteront. L’important c’est que vous ayez reçu l’invitation, et que tout le monde la reçoive (v. 47). En partant, ils secouent la poussière de leurs pieds selon l’ordre du Seigneur (v. 51, Luc 9 : 5) : dorénavant, c’est entre eux et Dieu.

Le message de l’Évangile exige que nous cédions notre vie toute entière à Dieu et que nous le laissions contrôler tous les recoins de notre territoire. Mais c’est dur de l’accepter. Est-ce qu’on se rend compte de ce qu’on est en train de dire à Dieu parfois ? Merci Seigneur, c’est vrai que c’est bien de se réunir avec le reste de ton église le dimanche matin pour te louer et écouter ta Parole, mais ce weekend je préfère faire la fête avec quelques amis à medium_Boudeur.jpgla maison. Seigneur, tu mérites sans doute de recevoir toute la gloire contenue dans les paroles de ce chant, mais tu m’excuseras : moi j’aime pas chanter. Merci Seigneur, c’est vrai que c’est toi qui me donnes tout ce qui est nécessaire pour vivre, et je sais bien que tu attends de moi que je t’offre seulement un dixième de mes revenus en retour, pour les besoins matériels de ton Église et pour l’avancement de ton royaume, mais franchement en ce moment j’ai mieux à faire de mon argent. « Seigneur, je t’aime bien, mais parfois il y a quelque chose de plus important pour moi que toi ». Comment peut-on en arriver là ? On en arrive là quand on ne reste pas attaché à la grâce de Dieu.


3. L’alternative : rester attaché à la grâce de Dieu (v. 48, 49, 52)

a) Considérer le prix de la grâce (voir v. 38, 39)
Heureusement, le texte présente aussi des gens qui réagissent très différemment au message de l’Évangile. Certains se réjouissent et glorifient la parole du Seigneur (v. 48). Le message n’est pas juste medium_Crucifixion.JPGresté « intéressant ». Ils ont vraiment considéré le sens du message de l’Évangile. Le salut est un don gratuit qui nous sauve d’un châtiment terrible et mérité, mais si le salut est un don gratuit pour nous, il a coûté cher à Dieu. Il faut considérer ce prix.

b) Considérer la souveraineté de Dieu
Rester attaché à la grâce de Dieu, c’est aussi considérer que cette grâce est entièrement à l’initiative de Dieu. Tout est de Dieu, par Dieu et pour Dieu. Voyez le changement de perspective concernant ceux qui sont vraiment convertis à Jésus : ceux qui étaient destinés à… (v. 48), la parole du Seigneur se répandait… (v. 49), les disciples étaient remplis… (v. 52). C’est Dieu qui nous invite, pas l’inverse. La grâce de Dieu est complètement de Dieu.

c) Glorifier la parole de Dieu
Rester attaché à la grâce de Dieu, c’est considérer à chaque instant ce que c’est vraiment que la grâce de Dieu. Le prix de cette grâce. La souveraineté totale de Dieu. Et ainsi, ce qui devient le plus important pour nous dans la vie, c’est ce que Dieu dit et ce que Dieu fait. Glorifier la parole (v. 48), c’est l’élever, lui donner une importance suprême, Laisser se répandre la parole (v. 49), c’est la communiquer, l’appliquer dans tous les domaines, Être rempli de l’Esprit Saint (v. 52), c’est laisser Dieu prendre possession du territoire.


Conclusion

Ce texte a donc dressé une espèce d’opposition entre deux camps. Tous ont entendu le même message de la grâce, prêché par Paul. Les uns l’ont reçu comme un message fort intéressant, interpellant même, mais quand ils ont commencé à se rendre compte que Dieu comptait prendre le contrôle de leur territoire tout entier, ils ont pris du recul et ils ont fini par s’opposer à la parole du Seigneur. C’est ce fameux phénomène étrange que l’on observe encore aujourd’hui fréquemment dans les églises. Les autres en revanche ne se sont pas contentés de « s’intéresser » au message de l’Évangile. Ils ont écouté, ils ont réfléchi, ils ont considéré quel était le prix, pour Dieu, de sa grâce, ils ont réfléchi à ce que c’était vraiment que cette invitation que Dieu leur adressait de sa propre et souveraine initiative, et ils n’ont pas posé leurs conditions, ils n’ont pas émis de réserves, ils n’ont pas cherché des excuses mais ils se sont approchés humblement et ils ont déposé leur vie tout entière aux pieds du Seigneur Jésus, ils se sont réjouis, et ils ont glorifié sa parole (v. 48). Avant de terminer, une petite histoire dont j’ai assez honte. Il y a quelques années, lorsque je suis tombé amoureux de Suzanne, je suis allé voir son père, en privé, pour lui demander s’il était d’accord pour que je demande à Suzanne de sortir avec moi. Il m’a dit d’attendre et qu’en attendant, on allait réfléchir. Sept mois plus tard, je n’avais toujours pas demandé à Suzanne de sortir avec moi, et son père et moi on s’est rencontré de nouveau, cette fois avec la maman de Suzanne. Tout heureux, ils m’ont dit Alex, on trouve que tu es un garçon formidable ; si tu veux, on va t’inviter à venir chez nous le 1er janvier, pour le jour de l’an, et puis tu iras te promener avec Suzanne et tu pourras lui demander de sortir avec toi. Ma réponse ? Heu, on pourrait pas repousser au 3 janvier, parce que le 1er janvier j’ai prévu d’aller skier avec mes copains ! Quelle insolence de ma part en réponse à la proposition gracieuse des parents de Suzanne. Quelle déception pour eux et quelle douche glaciale qu’ils ont dû se prendre. Mais combien pire encore la tristesse de Dieu lorsqu’en réponse à sa grâce on cherche à poser nos propres conditions, et qu’en faisant cela, on lui montre qu’en fait, il y a quelque chose de plus important et de plus précieux pour nous que lui. Paul et Barnabas avaient raison d’insister sur l’importance de rester attaché à la grâce de Dieu ; c’est en considérant à chaque instant la nature et la valeur de cette grâce que je pourrai céder à Jésus tous les domaines de ma vie et dire sans la moindre réserve et la joie dans le cœur que je suis un « esclave de Dieu » (Rm 6 : 22).

11/11/2006

L'Eglise locale : est-ce vraiment important ? (22 octobre 2006)

Actes 14 : 21 - 28


Introduction

Il est samedi soir. 22h, les enfants sont enfin couchés. Vous vous servez un verre et vous vous installez sur le canapé devant la télévision. Ah, ça fait du bien de se détendre un peu ! À la météo, ils annoncent du grand beau temps pour le lendemain. Sur le répondeur, il y a un message d’un vieil ami qui vous invite pour un barbecue le lendemain en fin de matinée. Ah, ce cher ami… il a bien réussi dans la vie. Sa maison, à la campagne, est superbe. La bouffe est toujours délicieuse chez eux, et ils servent toujours de bons vins. Et la piscine… Les medium_Piscine.jpgenfants adoreraient se baigner. Oui, mais le dimanche il y a une autre possibilité. Celle de se lever tôt, de préparer tout le monde, de chercher à se garer en ville, de rentrer dans un petit local mal fichu, de voir des gens avec qui on n’a pas forcément de supers affinités, de se sentir obligé de chanter des chants qu’on ne connaît pas ou qu’on n’aime pas, d’écouter la prédication ennuyeuse du pasteur pendant une demi-heure… Quel dilemme. Pas étonnant que vous choisissiez la piscine plutôt que la prédication. Ce texte s’adresse à des chrétiens découragés par leurs églises locales, parce qu’elles sont jeunes, petites, et à leurs yeux, précaires. Ils ont beaucoup de raisons de se demander si l’engagement dans l’église vaut vraiment le coup. Ils sont beaucoup moins nombreux que nous, ils ont moins d’histoire, et à cela s’ajoute la persécution physique. Est-ce que l’église est vraiment importante pour la vocation chrétienne ? Ce texte va nous montrer que l’église locale est plus qu’importante, elle est indispensable à notre vocation et à l’action de Dieu dans notre vie et dans le monde.


1. Il ne suffit pas d’être « converti »

a) Le travail des apôtres (v. 21, 22, 24, 25)
Paul et Barnabas sont en mission. Ils annoncent un message universel, partout où ils vont : ils ont annoncé, dans différentes villes, le salut par la foi en Jésus (v. 24, 25). "Vous avez un besoin. Jésus peut satisfaire ce besoin. Il vous faut reconnaître votre péché et vous convertir à lui dans la repentance et la foi. Ca y est ? Bon, allez, au revoir". Non ! Paul et Barnabas évangélisent et « disciplent ». Ils affermissent l’âme, ils exhortent à demeurer dans la foi (v. 22).

b) La vie chrétienne est une croissance
Ce texte nous rappelle qu’une fois convertis, ce n’est pas fini ! La conversion est un commencement ; la vie chrétienne est une croissance, où l’on est en apprentissage. Notre âme doit être affermie, et nous devons demeurer dans la foi, c’est-à-dire que nous devons grandir en connaissance et en pratique.

c) Illustration : il ne suffit pas d’être un sapin
medium_Sapin.2.jpgC’est bientôt Noël. Imaginez que j’aille acheter mes décorations pour le sapin… boules, guirlandes, etc. Puis, je vais acheter le sapin. "Bonjour, un sapin s’il vous plaît. Mais c’est quoi ce truc ridicule ? --Mais un sapin, monsieur. --Mais il a à peine germé ! --Oui mais c’est un sapin. --Mais il ne va jamais supporter toutes les décorations !" Il ne suffit pas d’être un sapin. Il ne suffit pas non plus d’être un chrétien. Nous sommes faits pour devenir plus grands et plus solides dans la foi.

La première leçon de ce texte, c’est que nous ne devons pas nous satisfaire de ce que nous sommes aujourd’hui. Ce n’est pas par hasard que la Bible emploie l’image de la nouvelle naissance. Lorsqu’on se convertit, on redevient un bébé : on a tout à réapprendre. Notre vision et notre compréhension du monde changent, et il faut réadapter toute notre vie à ce changement de perspective. Lorsque vous avez un bébé, vous ne le mettez pas dans un appartement en lui disant, « bon, maintenant que tu es né, tu n’as plus besoin de moi, salut » (voir Hébreux 5 : 11 – 6 : 1). Il ne suffit pas d’être un chrétien. Est-ce que nous en avons conscience, ou est-ce que nous nous reposons sur nos lauriers ? Est-ce que nous avons un profond désir de tendre vers la perfection (Hé 6 : 1) ? C’est cela, le plan de Dieu pour nous. Et il nous y aide.


2. L’église locale est indispensable

a) La vie chrétienne est difficile (v. 22)
Paul et Barnabas font la tournée de ces nouvelles églises. Et quel est le cœur de leur message ? C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu (v. 22). « Vous avez reconnu la futilité de votre vie passée, vous avez placé votre confiance en Jésus seul qui peut vous délivrer, et vous comprenez maintenant que Dieu veut vous faire progresser dans la foi, il veut vous faire grandir en direction de la perfection, mais sachez une chose : ça va être très difficile ». Il va y avoir beaucoup d’obstacles, de toutes sortes.

b) L’église est indispensable (v. 23, 27, 28)
Voilà le cœur du message de Paul et Barnabas. Ils sont réalistes. Il ne faut pas croire que ça va se faire tout seul ; ça va être éprouvant. Et qu’est-ce qu’ils font tout de suite après ? Ils font nommer des anciens dans les églises. Ils structurent les églises, leur donnent de l’ordre, comme si c’est cela précisément, qui va être la principale aide de ces chrétiens pour qui il va y avoir beaucoup de tribulations (v. 22). Paul et Barnabas eux-mêmes, une fois leur mission difficile terminée, retournent à l’église locale d’Antioche et s’y reposent (v. 27, 28).

c) Illustration : La conquête de l’Everest
Vous êtes un alpiniste chevronné, et vous comprenez bien que votre passion ne sera assouvie que lorsque vous medium_Everest.jpgaurez gravi l’Everest. Vous en parlez à un guide de haute montagne, qui comprend bien votre désir, mais qui vous dit : tu sais, c’est très, très dur et compliqué. Si tu veux arriver en haut, il va te falloir, 1. un équipement complet (tentes, vêtements, chaussures, piolet, crampons, corde, casque, broches à glace, sangles, dégaines, coinceurs, frontale, couverture de survie, masque à oxygène…, sans parler de toute la nourriture), et 2. une équipe (avec des compétences et des expériences complémentaires) pour t’entourer et t’aider en cas de pépin.

La vie chrétienne, c’est pareil. C’est très, très dur, et pour avancer, il nous faut absolument un équipement complet et une équipe pour nous entourer. Et c’est l’église locale que Dieu nous a donnée pour pourvoir à notre équipement et à notre nourriture, ainsi qu’à l’équipe qui va nous entourer et nous aider en cas de pépin. Mais est-ce que nous avons conscience que la vocation chrétienne est difficile et qu’on n’y arrivera pas tout seul ? Est-ce que nous reconnaissons ce besoin que nous avons d’être mieux équipés, et mieux entourés, et est-ce que nous pensons à notre église comme étant la source de cet équipement nécessaire, et comme occupant la place de l’équipe dont nous avons besoin ? Voir Éphésiens 4 : 11 – 16. L’église locale est indispensable à notre vocation. Mais plus que cela, le texte nous montre aussi combien l’église locale est précieuse et efficace.


3. L’église locale est l’œuvre et l’outil de Dieu

a) L’église est l’oeuvre de Dieu (v. 27), précieuse
Versets 26, 27 : Paul et Barnabas retournent au QG, à Antioche. Ils racontent comment ils ont implanté plusieurs églises dans différents endroits. Ils le présentent d’une manière intéressante : tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment Dieu avait ouvert aux païens la porte de la foi (v. 27). Ce n’est pas leur ministère, c’est celui de Dieu. Les églises locales sont l’œuvre de Dieu. C’est lui qui les suscite, et c’est son intention de le faire. C’est dans les églises locales que se voit l’expansion de son royaume.

b) L’église est l’outil de Dieu (v. 23, 26), efficace
Non seulement cela, mais on voit que Paul et Barnabas recommandent au Seigneur, avec des jeûnes et des prières, les anciens des églises, dont ils sont les responsables, ou les « surveillants » (v. 23). Paul et Barnabas aussi avaient été recommandés à la grâce de Dieu (v. 26, souvenez-vous, le jeûne et les prières, Ac 13 : 3). C’est dire que les églises locales sont conduites par le Seigneur lui-même. Jésus en est la tête, et il compte agir à travers la structure établie, si du moins nous dépendons de lui. L’église est donc précieuse, car elle est l’œuvre de Dieu, et elle est efficace, car elle est l’outil de Dieu pour étendre son royaume dans notre vie d’abord, puis dans le monde.

c) Illustration (négliger l’église) : le téléphone
medium_Telephone.pngCombien d’entre vous avez le téléphone chez vous ? Mais vous savez que ce n’est pas obligatoire d’avoir le téléphone ! Pourtant vous payez chaque mois un abonnement. Pourquoi ? Parce que vous savez bien que le téléphone c’est hyper efficace, et que vous vous compliqueriez la vie si vous essayiez de vous en passer. C’est comme la solidarité : « c’est pas obligatoire, c’est juste essentiel ». L’église aussi, c’est pas obligatoire, c’est juste essentiel. Se passer d’église, c’est comme se passer de téléphone : ça rend la vie impossible. Négliger l’église, c’est comme négliger le téléphone si vous voulez inviter vingt personnes chez vous pour le lendemain. C’est négliger quelque chose qui est précieux et efficace.


Conclusion

Ce texte veut nous encourager dans notre engagement, en tant que chrétiens, dans notre église locale. Nous avons dit qu’il ne suffisait pas d’être chrétien, mais que l’intention de Dieu pour nous est de nous faire grandir, pour nous faire porter toujours plus de fruit à sa gloire. Nous avons dit que le chemin de la vie chrétienne est un chemin difficile, que nous ne pouvons pas affronter sans équipement et tout seuls, mais que l’église locale est la source de notre équipement et de notre équipe. Et nous avons dit enfin que nous devons changer notre regard sur l’église, qui, en dépit de la difficulté à se garer en ville, du local mal fichu, des chants qu’on ne connaît pas, et des prédications du pasteur qui sont toujours trop longues, est infiniment précieuse car elle est l’œuvre de Dieu, et incroyablement efficace car elle est l’outil de Dieu pour nous faire grandir et pour étendre son royaume. Vous avez peut-être des enfants qui sont ado, ou vous en avez eu. Il a 14 ans, il rentre en 3ème, l’année du brevet. À la rentrée, vous allez au magasin, vous lui achetez le super agenda à 30 euros, le classeur Olympique Lyonnais à 15 euros, le super stylo plume, les feuilles à grands carreaux, la trousse, le sac à dos dernier cri, et tous les livres qui sont au programme. La note est salée, mais ça vaut le coup, c’est pour lui donner les meilleures medium_Cancre.JPGconditions de réussite. Mais votre ado n’a pas envie de travailler. Il pense que le brevet ça ne sert à rien, ni l’école d’ailleurs. Il pense que les profs sont nuls. Ce qui l’intéresse, c’est le hip hop, le foot et les jeux vidéo, et il n’a pas d’autre ambition dans la vie que d’arriver au prochain niveau de Tomb Raider III. Le Seigneur aussi nous offre, à grand prix, les meilleures conditions de réussite pour notre vie. Mais sommes-nous aussi aujourd’hui dans une « crise d’adolescence spirituelle » ? Est-ce que nous n’avons d’autre ambition que de nous rassasier au lait plutôt que de reconnaître l’ambition de Dieu pour notre vie, lui qui veut nous faire tendre vers la perfection, qui veut nous nourrir d’une nourriture solide pour nous faire grandir et porter toutes sortes de décorations à sa gloire. Si vous êtes chrétien ce matin, quelle est donc la place de l’église dans votre vie, par rapport, disons, à la télévision ? Vous savez qu’un français passe une moyenne de vingt heures par semaines devant la télé, alors que le culte, c’est une heure et demie seulement par semaine ? Est-ce que nous reconnaissons vraiment la valeur de l’église locale en tant qu’œuvre précieuse de Dieu, et outil efficace entre ses mains ? Enfin, la Bible dit que Dieu veut nous faire parvenir à l’état d’homme fait (Ép 4 : 13). D’être humain complet. Vous vous dites peut-être qu’il manque quelque chose à votre vie ce matin. Nous avons dit que Jésus est la tête de l’église, l’église étant un outil précieux et efficace entre les mains de Dieu pour nous bénir. Mais c’est bien Jésus qui est le commencement de tout. Finalement, ça ne sert à rien de s’engager dans une église si notre vie n’appartient pas d'abord à Jésus. C’est auprès de lui qu’il faut accourir en tout premier lieu pour commencer une vie nouvelle. (Les apôtres ont annoncé Jésus avant de structurer l’église). Puissiez-vous, si vous ne l’avez jamais fait, considérer le message de l’Évangile, et recevoir de la part de Dieu le pardon qu’il vous offre au prix de la mort de Jésus à la croix. Et puissions-nous tous, humblement, lâcher les rennes de notre vie, placer en Jésus notre entière confiance, et nous laisser conduire par lui, là où il veut nous emmener.

17/10/2006

Se souvenir de Dieu (17 septembre 2006)

Psaume 50 : 1 - 6


Introduction

medium_adam.jpgQuelle idée avons-nous de Dieu ? Quand nous pensons à Dieu, qu’est-ce que cela évoque en nous ? L’idée que nous avons de Dieu (selon qu’il existe ou non, qu’il est personnel ou impersonnel, qu’il est infini ou limité, qu’il est bon ou cruel, qu’il est patient ou intransigeant…) a des conséquences concrètes et importantes dans la manière dont nous vivons notre vie, et dans notre rapport avec la religion. Ce matin, vous avez peut-être un rapport désenchanté avec la religion. Vous vous dites que la religion c’est intéressant, mais que c’est avant tout une béquille pour les faibles. Vous avez peut-être été blessé, ou brûlé, par la pratique d’une religion dans le passé. Ou peut-être que vous avez pratiqué une religion pendant des années sans y avoir trouvé un sens, une pertinence pour votre vie, face aux besoins et aux interrogations medium_pape.jpgqui étaient les vôtres. Peut-être qu’aujourd’hui encore, vous pratiquez votre religion, et vous êtes peut-être venu à l’église ce matin comme tous les dimanche matins, pour célébrer un culte bien sophistiqué, avec des chants, des prières, des lectures bibliques, mais au fond, vous avez cette drôle d’impression que tout cela sonne creux. Dans notre église, comme dans d’autres églises réformées, on a parfois l’impression que c’est un peu mort, que le culte est machinal, que les gens ne sont pas dedans. Qu’est-ce qui cloche ? Le Psaume 50 est un poème écrit par quelqu’un qui avait une responsabilité importante dans l’organisation du culte des Juifs vers l’an 1000 av. J-C. Il adresse ce psaume à des gens qui ont une religion bien établie, mais il veut leur montrer qu’il manque à leur religion quelque chose de primordial, sans laquelle toute leur religion est dénuée de sens. Et ce n’est pas un hasard si la première chose que fait le psalmiste, c’est de replacer son auditoire dans la bonne perspective, à partir d’un rappel de comment Dieu est. Nous allons voir en effet, qu’avoir une idée juste de Dieu, de ce à quoi il ressemble, c’est la première étape vers une religion qui soit pertinente, vers un culte qui soit vivant, et surtout, vers une vie qui ait du sens.


1. Dieu est saint (v. 2, 3)

a) Il resplendit de pureté et l’imperfection ne supporte pas sa présence
Le poète aborde son sujet en exprimant une première chose concernant la nature de Dieu. Dieu est immense, par définition (voir l’insistance : Dieu, Dieu, l’Éternel, v. 1), il est parfait, il est pur, sa sainteté dépasse tout ce qu’on pourrait imaginer. Dieu resplendit (v. 2) ; Devant lui est un feu dévorant, autour de lui une violente tempête (v. 3). Pourquoi un feu dévorant, pourquoi une violente tempête ? Car aucune impureté ne peut supporter la présence de Dieu. Aucune imperfection ne peut subsister dans la sainte présence de Dieu.

b) Illustration : le soleil
medium_soleil.gifNous avons tous les jours, à disposition, une représentation de la sainteté de Dieu. Le soleil fait environ 15 millions de degrés en son noyau. À 1 millions de km de la surface du soleil il fait encore 1 million de degrés. Sur terre (à 150 millions de km du soleil), sans l’atmosphère pour nous protéger de son rayonnement, la vie serait impossible. Le soleil est tellement éclatant qu’on ne peut ni s’en approcher, ni le regarder en face sans se faire mal. L’Éternel Dieu est un soleil (Ps 84 : 12). Ce n’est pas par hasard que le psalmiste commence son poème avec ces noms de Dieu : Dieu, Dieu, Yahweh, soit, Dieu, Dieu, celui qui porte le nom très saint, et qui a révélé ce nom à Moïse depuis un feu (Ex 3 : 5 – 14). Ce nom que les Juifs n’osent pas prononcer tellement ils le considèrent comme saint.

c) Application : nous ne pourrions pas nous tenir en sa présence
Nous ne sommes même pas dignes de prononcer le nom de Dieu ! Moïse sur le Mont Horeb dut rester à une certaine distance du buisson ardent, enlever les sandales de ses pieds, et se cacher le visage. Il avait une compréhension de la parfaite sainteté de Dieu et il savait qu’il ne supporterait pas de regarder Dieu, encore moins de s’approcher de lui. Moïse voulut voir la face de Dieu, mais Dieu lui répondit : L’homme ne peut me voir et vivre (Ex 33 : 20).

Je n’ai pas besoin de vous convaincre que l’homme n’est pas parfait, que notre cœur à chacun est rempli de mauvais penchants. La Bible appelle cela le péché, le péché qui est à l’intérieur de chacun de nous et qui nous prive, nous coupe, de la gloire de Dieu (Rm 3 : 23). C’est à cause du mal qui est en nous, que Dieu a dit que l’homme ne pouvait le voir et vivre. Si nous étions exposés à l’éclat intense de la parfaite sainteté de Dieu, nous serions consumés instantanément. Quelle perspective cela devrait-il donner à notre vie et à notre culte ? Est-ce qu’on ne devrait pas aborder la question avec un peu plus d’attention et de crainte ? Mais le psalmiste ne s’arrête pas là, et son discours nous en dit plus au sujet de Dieu.


2. Dieu est proche (v. 1, 3, 5)

a) Dieu s’intéresse à tous les hommes, et à toute sa création
Le psalmiste dit que Dieu parle et convoque la terre, depuis le soleil levant jusqu’au couchant (v. 1). a) Dieu n’est pas silencieux, secret, retiré dans un coin du cosmos, b) mais il s’intéresse à toute la terre, à tous les hommes, c) et pas juste à un moment donné de l’histoire, de façon ponctuelle, mais en permanence. Non seulement cela, mais Dieu vient, il ne reste pas en silence (v. 3). Dieu n’est ni silencieux, ni lointain. Il est engagé de toute sa personne dans une relation avec sa création, et avec l’humanité en particulier.

b) Contre-exemple : l’horloge
Dieu n’a pas créé la terre, et l’humanité, pour s’en désintéresser ensuite. Voltaire et d’autres ont mis en avant cette idée que Dieu était un grand horloger qui, une fois son travail terminé, laisse l’horloge tourner sans medium_horloge.jpgintervenir. Mais la Bible dit que Dieu s’intéresse aux hommes et à ce qui se passe sur terre. Même en dépit de nos imperfections, et peut-être à plus forte raison à cause d’elles, Dieu se préoccupe de nous et de ce qui se passe ici-bas. Une horloge qui tourne mal nécessite encore plus l’attention de l’horloger.

c) Application : Dieu s’intéresse à nous, mais sommes-nous à son écoute ?
Même en France où 1 personne sur 3 se dit athée et a tourné le dos à Dieu, Dieu n’a pas tourné le dos aux français et continue de s’intéresser à nous. Dieu nous parle, Dieu nous appelle (nous convoque, v. 1). Est-ce que nous sommes à son écoute ? Peut-être que nous ne nous étions jamais imaginé que Dieu pouvait s’intéresser personnellement à nous et donc, nous n’avons jamais vraiment tendu l’oreille. Peut-être que Dieu est beaucoup plus proche de sa création que vous ne le croyez, et peut-être qu’il a le désir d’être beaucoup plus impliqué dans votre vie que vous ne le pensez.

Il s’agit toujours de ce Dieu parfait, pur, trois fois saint, plus resplendissant que nous ne pourrions le supporter. C’est ce Dieu-là, le créateur tout-puissant, infini, omniscient, qui s’intéresse à nous. Et nous ne nous intéresserions pas à lui ? Si vous croyez que Dieu existe ce matin, ou si vous admettez au moins la possibilité qu’il existe, quelle folie serait-ce de ne pas chercher à savoir ce que Dieu veut vous dire, et quelle folie serait-ce de ne pas répondre à son appel ? Mais voici le problème, et l’inquiétude : Dieu est tellement engagé dans sa relation avec la création et avec l’humanité, qu’il ne parle pas seulement, et ne convoque pas seulement, mais la Bible dit aussi qu’il vient. Il veut se révéler entièrement ; il veut être au plus proche de nous. Mais qui sera capable de supporter la venue du Dieu saint, de ce feu dévorant en présence duquel tout ce qui est empreint de mal sera consumé, de ce juge parfait (v. 6) qui ne tiendra pas le coupable pour innocent ?


3. Dieu est juge (v. 4, 6)

a) Dieu va éprouver l’humanité
Dieu est saint, et Dieu est proche, et le résultat de cette combinaison, c’est qu’il est aussi juge (v. 4, 6). « Sainteté + proximité = jugement ». En métallurgie on pratique l’affinage : on met dans le feu un métal brut, medium_affinage.jpget le feu agit comme un « juge », qui départage le métal de la saleté. C’est inévitable. De même en présence du Dieu saint et parfait : seulement ce qui est juste pourra supporter sa présence. Mais on l’a dit : les hommes sont tous empreints de mal (L’Éternel, du haut des cieux, se penche sur les êtres humains… il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul, Ps. 14 : 2, 3). Serons-nous donc tous déclarés coupables ?

b) Le sacrifice nécessaire : Christ le parfait sacrifice
Mais le psaume parle de certains comme étant les « fidèles » de Dieu. L’humanité en présence de Dieu est départagée entre ceux qui sont les fidèles de Dieu et ceux qui ne le sont pas. Et voici en effet le verset-clef de ce passage : Rassemblez-moi mes fidèles, ceux qui concluent une alliance avec moi par le sacrifice (v. 5). Qu’est-ce qui assure le statut des fidèles, et leur relation avec Dieu ? Un sacrifice. En alpinisme ou en escalade, on est parfois amené à sacrifier du matériel afin de se sortir d’une situation medium_rappel.jpgproblématique ; une corde, par exemple. Il y a des situations désespérées qui exigent qu’un prix soit payé, que quelque chose soit perdu. Notre situation devant la sainteté absolue de Dieu est telle que nous ne pouvons pas nous en sortir tous seuls. Cette situation exige qu’un prix soit payé pour satisfaire la parfaite justice de Dieu. Mais quel sacrifice serait suffisant ? Pour satisfaire la perfection de Dieu, il faudrait un sacrifice parfait, un sacrifice dont la valeur serait à la mesure de la sainteté éblouissante de Dieu ! Mais quelle corde serait assez longue pour nous sortir de là ?

c) Application : Christ, notre justification
La Bible dit que Dieu a pourvu lui-même à ce sacrifice ; un sacrifice d’une valeur parfaite, suffisant pour régler, selon les exigences de sa parfaite sainteté, la dette d’une multitude innombrable d’hommes et de femmes imparfaits, dont le cœur est empreint de mal. Il ne pouvait y avoir d’autre sacrifice que Jésus-Christ, non seulement le seul homme à avoir vécu sans commettre le mal, mais encore Dieu lui-même fait homme, Dieu le Fils, dont la Bible dit qu’il est le rayonnement même de la gloire de Dieu le Père (voir Colossiens 1 : 15 – 20). Voici bien le message central de la Bible. Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier (1 Jn 2 : 1, 2). Il est le seul sacrifice suffisant, qui puisse satisfaire à notre place la parfaite sainteté de Dieu.


Conclusion

Le psalmiste voulait montrer à son auditoire qu’il manquait à leur culte et à leur religion quelque chose de primordial. La première chose qu’il a voulu leur rappeler, c’est comment est Dieu. Toute pratique religieuse, en effet, n’a de sens qu’à partir d’une idée juste de qui est Dieu et de ce à quoi il ressemble. Ce psaume nous a rappelé que Dieu est parfaitement saint. Il nous a rappelé que Dieu est proche et qu’il veut avoir une relation avec les êtres humains. Il nous a montré enfin que cette relation n’est possible que grâce au seul sacrifice de medium_couronne.jpgJésus à la croix, le seul sacrifice qui peut satisfaire à notre place les exigences de la parfaite justice de Dieu, face à laquelle nous ne pourrions subsister. Cela nous fait dire que le point de départ d’une religion pertinente, d’un culte vivant, et d’une vie qui ait du sens, c’est Jésus-Christ. En-dehors de Jésus-Christ, notre religion est vaine. En-dehors de lui, notre culte est mort. En-dehors de lui, notre vie est dépourvue de sens. Alors la question la plus importante que l’on puisse se poser ce matin, c’est : quelle est ma relation à Jésus ? Est-ce que j’ai reçu de la part de Dieu le pardon et le salut qu’il m’offre à travers le sacrifice parfait et suffisant de Jésus à la croix ? La Bible dit que ce salut est offert gratuitement ; que nous n’avons rien à faire pour le mériter ; qu’il nous suffit de placer notre entière confiance en Jésus et de lui céder notre vie. Le premier reproche que fait le psalmiste à son auditoire, c’est que son auditoire oublie Dieu (voir v. 22). Nous aussi, n’avons-nous pas tendance à oublier comment Dieu est, et ce qu’il a fait pour nous ? Mais si nous prenons le temps, comme nous l’avons fait ce matin à travers ce psaume, de nous souvenir de Dieu, alors notre culte et notre vie ne sonneront pas creux, mais devant sa sainteté, nous aurons une crainte respectueuse, devant sa proximité, nous aurons une attention humble, et devant son jugement, nous aurons une assurance bien fondée.

27/04/2006

Incroyable mais vrai (Pâques, 16 avril 2006)

Luc 24 : 1 – 12


Introduction

Vous y croyez, vous, à la résurrection de Jésus ? Il faut être un peu demeuré pour croire qu’un mort puisse ressusciter, non ? Pourtant, c’est bien de ça qu’il s’agit tous les ans, à Pâques. Même les médias nous le rappellent, à la télé et dans les journaux. Pâques pour les chrétiens, c’est la commémoration, au moins en théorie, de la résurrection de Jésus. Je dis « en théorie », parce que cette semaine, en entendant Françoise Laborde ou Claire Chazal parler sans sourciller de la résurrection du Christ, je me suis dit, c’est quand même medium_resurrection.3.jpgbizarre. Ces gens parlent de la résurrection d’un mort, et ça semble leur faire ni chaud ni froid. J’ai entendu un présentateur à la télé parler d’un grand pas en avant dans la recherche contre le cancer, en expliquant que des scientifiques américains avaient réussi, de façon expérimentale, à inverser le processus de multiplication d’une cellule cancéreuse ; visiblement, le présentateur était enthousiaste par rapport à cette nouvelle. Mais la résurrection de Jésus ? Bof. Visiblement, les présentateurs sont habitués à en parler tous les ans à la même période, et ça se voit que pour eux, ce n’est guère plus qu’une tradition sympa. La problème, c’est que je constate que chez les chrétiens aussi, en dépit de tout le tralala que l’on fait tous les ans à Pâques, la résurrection de Jésus n’est souvent guère plus qu’une tradition sympa. Et ce texte va nous montrer que l’on peut, en effet, en tant que chrétiens, avoir une consécration religieuse mal orientée, à cause du fait que la résurrection du Seigneur n’est pas pour nous, au fond, une réalité. Mais la Bible présente la résurrection de Jésus comme quelque chose d’incroyable certes, mais vrai, et qui ne peut pas nous laisser indifférents.


1. Une consécration mal orientée (v. 1 – 5)

a)Des femmes très dévouées au Seigneur (v. 1)
Ces femmes sont présentées comme étant très consacrées. Elles ont accompagné Jésus pendant son ministère (23 : 49), elles ont assisté à sa crucifixion, puis à son ensevelissement (23 : 55), et maintenant elles vont s’occuper d’embaumer le corps. Elles ont préparé avec amour des aromates et des parfums (coûteux), et dans leur consécration, elles se lèvent très tôt, dès le premier jour de la semaine, pour se rendre à la tombe (v. 1). On peut dire que ces femmes sont très dévouées au Seigneur Jésus (une dévotion et un zèle exemplaires).

b)Leur dévotion leur apporte perplexité (v. 3, 4)
Toutes prêtes qu’elles sont pour accomplir leur service, elle arrivent à la tombe et ne trouvent pas leur Seigneur Jésus (v. 3). Elles ne comprennent pas. Elles sont perplexes (v. 4), mais plus que ça, elles sont frustrées : à quoi vont servir ces aromates et ces parfums coûteux qu’elles ont préparés avec soin ? Leur dévotion au Seigneur Jésus ne leur apporte rien sinon de la perplexité et de l’insatisfaction. Pourtant, elles sont zélées pour le Seigneur !

c)Leur consécration est mal orientée (v. 5)
Comment ça se fait ? La réponse leur est donnée par les messagers en habits resplendissants : pourquoi cherchez-vous parmi les morts quelqu’un qui est vivant (v. 5) ? Ils ne reprochent pas aux femmes leur consécration, ni l’objet de leur consécration, mais l’orientation de leur consécration : elles cherchent Jésus au mauvais endroit (dans une tombe). Elles cherchent à servir Jésus, mais de la mauvaise manière (avec des aromates et des parfums pour l’embaumer). Leur consécration ne risque pas de porter des fruits en étant mal orientée.

Vous savez, la relation des chrétiens à Jésus n’est parfois pas très différente de la relation des fans d’Elvis Presley à Elvis Presley. On peut avoir beaucoup d’estime et d’admiration pour le personnage d’Elvis, aimer le message de ses textes, tout faire pour promouvoir la diffusion de ses disques, apprendre par cœur ses chansons, être fascinés par sa biographie, apprendre beaucoup de détails concernant sa vie, et même célébrer tous les ans medium_elvis.jpgl’anniversaire de sa naissance et l’anniversaire de sa mort. Remplacez Elvis par Jésus, et vous avez une description de ce qu’est la religion chrétienne pour beaucoup de gens. Souvent, une grande consécration religieuse. Mais souvent aussi, une grande perplexité, parce que cette consécration ne semble pas très utile. On va à l’église, on lit la Bible, on dit des prières, mais on a l’impression que c’est dans le vent. Ce texte nous fait poser la question : est-il possible que nous cherchions à servir le Seigneur au mauvais endroit et de la mauvaise manière ?


2. Incroyable, et pourtant vrai ! (v. 6 – 8)

a)Il n’est pas ici, il est ressuscité (v. 6)
Les anges disent aux femmes ce qui aurait dû leur paraître comme une évidence : il n’est pas ici (v. 6). Ça ne sert à rien de chercher un peu plus fort, il n’est pas ici. Non seulement vous cherchez au mauvais endroit, mais vous cherchez de la mauvaise manière, parce que non seulement il n’est pas ici, mais il est ressuscité (v. 6). Tant que vous chercherez dans la tombe, vous ne le trouverez pas, et tant que vous chercherez un cadavre, vous ne le trouverez pas.

b)Selon le plan de Dieu (v. 7)
Ces femmes ont vite oublié quel était le plan de Dieu : que le Fils de l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu’il soit crucifié (jusqu’ici on est d’accord) et qu’il ressuscite le troisième jour (v. 7). Elles étaient au courant ! Comment ça se fait qu’elles n’y ont pas pensé ? Sans doute qu’elles trouvaient ça tellement incroyable qu’elles se sont dit que c’était juste une façon de parler. Elles en avaient entendu parler, et bien sûr elles croyaient que Dieu en était capable, mais elles n’y croyaient pas vraiment au fond.

c)Il faut se souvenir de la Parole de Dieu (v. 6, 8)
Il a fallu que Dieu leur certifie que c’était vrai, jusqu’à leur envoyer des anges pour le leur dire ! « Vous pouvez être bien certaines que Jésus est vraiment ressuscité ! » Mais les anges ne leur disent pas, « on a un scoop pour vous », ils leur disent plutôt, souvenez-vous de quelle manière il vous a parlé (v. 6). Le culte de ces femmes aurait été orienté bien différemment si elles s’étaient souvenu de la Parole du Seigneur. Et en effet, elles se souviennent (v. 8).

Au moment où ces femmes se souviennent que la résurrection de Jésus était prévue par Dieu, et maintenant véritablement accomplie par Dieu, elles oublient leurs aromates et leurs parfums et elles s’en vont du tombeau. Elles arrêtent de chercher Jésus au mauvais endroit et de la mauvaise manière. Leur dévotion au Seigneur est orientée différemment maintenant. Pourquoi ? Parce qu’elles se souviennent des paroles de Jésus. Elles se souviennent que dans les Écritures, la résurrection de Jésus n’est pas juste une figure de style, une façon de parler, un symbole. Ce n’est pas juste une tradition sympa. C’est une réalité. Il faut s’en souvenir, pour que notre consécration et notre culte ne deviennent pas mal orientés et stériles.


3. Répondre à la résurrection (v. 9 – 12)

a)Le danger des préjugés (v. 10, 11)
Bien sûr, avec une telle nouvelle, les femmes s’empressent d’aller tout raconter aux autres disciples (v. 9). Mais on ne les croit pas. Et il y a deux termes qui expliquent cette réaction : niaiserie et femmes (v. 11). C’est une illustration du danger des préjugés : non seulement ces apôtres ne sont pas très disposés à croire qu’un mort soit ressuscité et que des anges soient apparus miraculeusement, mais en plus, cette histoire leur est racontée par des femmes. Fantaisies et affabulations ! Mais attention de ne pas se laisser piéger par ses préjugés.

b)L’incrédulité, normale (v. 11)
Personne n’est très disposé à croire qu’un mort ait pu ressusciter. L’incrédulité des apôtres, comme l’incrédulité des femmes au début, est normale. L’incrédulité de Françoise Laborde et de Claire Chazal est normale. medium_claire_chazal.jpgL’incrédulité des mes voisins, de mes collègues et des membres de ma famille est normale. C’est vrai : un mort, normalement, ne ressuscite pas. Dans la vie courante, des anges n’apparaissent pas. Mais ce n’est pas suffisant pour croire que ça ne s’est jamais produit. Si Dieu existe, il est largement capable d’accomplir des choses qui nous apparaîtraient comme des miracles. Pourtant on n’y croit pas trop au fond.

c)Le doute positif (v. 12)
Mais il y a une personne qui a une réaction complètement différente : Pierre. Il se dit, mince, si ça se trouve, c’est vrai. Il comprend tout de suite les implications. Si Jésus est ressuscité, s’il est vivant aujourd’hui, ça va donner à son culte une orientation complètement différente ! Il va pouvoir continuer à avoir avec son Seigneur une relation vivante et personnelle ! S’il y a la moindre possibilité que ce soit vrai, il veut en avoir le cœur net, alors il se lève et court au tombeau sans s’arrêter. Il n’y a rien de plus important pour lui. Malgré le poids de ses préjugés, il y a une petite voix qui souffle à Pierre, du plus profond de son cœur : et si c’était vrai ? Si c’était vrai, sa vie tout entière prendrait un autre sens.


Conclusion

Vous voyez que la résurrection de Jésus, dans la Bible, est présentée comme un événement historique réel, concret, véritable, qui ne peut pas nous laisser indifférents. On ne peut pas juste se dire, « peut-être que ça s’est passé, et peut-être pas ». On est obligé de se positionner par rapport à la résurrection de Jésus, parce que les implications sont trop grandes. Soit on y croit, soit on n’y croit pas. Mais si, en dépit de nos préjugés, on se rend compte qu’il y a même une toute petite possibilité que ce soit vrai, on a intérêt à se renseigner bien vite, parce que si c’est vrai, ça va bouleverser toute notre vie. On est souvent comme ces femmes, pleins de consécration religieuse et de bonnes intentions pour Dieu. Pourtant on reste insatisfaits, perplexes, nos mains pleines d’aromates et de parfums inutiles, parce que la résurrection de Jésus n’est pas vraiment, au fond, une réalité dans notre vie. Parfois, dans notre culte, on pourrait remplacer Jésus par Elvis ou par Napoléon et ça ne changerait pas grand’ chose. Pourquoi ? Parce qu’on ne se souvient pas de ce qui est unique à Jésus : sa résurrection. Mais si on se souvient que la résurrection de Jésus est une réalité concrète, prévue par Dieu et accomplie par lui, on comprendra qu’on ne peut pas trouver Jésus en le cherchant parmi les morts, en l’évoquant comme un bon souvenir, en le représentant sur une croix, en empruntant chaque année le chemin de la passion pieds nus et en se flagellant, mais qu’on le trouvera seulement à travers une relation personnelle et vivante avec lui. C’est uniquement à partir de cette relation personnelle et vivante avec le Sauveur ressuscité que notre consécration religieuse va être bien orientée et fructueuse.

20/04/2006

Amour et dépendance (23 octobre 2005)

Luc 7 : 36 – 50


Introduction

On a souvent eu l’occasion de parler de l’importance de vivre dans la dépendance de Dieu. On entend souvent parler de cette dépendance, mais on ne sait pas forcément ce que ça veut dire concrètement. Si je veux revenir sur cette question, c’est parce que c’est une question cruciale qui concerne non seulement le développement de notre propre vie spirituelle, mais aussi la viabilité de l’Église. Peu avant de quitter ses disciples, Jésus leur a dit : Moi, je suis le cep ; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruit, car sans moi, vous ne pouvez rien faire (Jn 15 : 5). Il ne s’agit pas d’un coup de pouce à notre vie spirituelle, ou une façon de favoriser la croissance de l’église ; il s’agit plutôt de la condition sine qua non de la production du moindre fruit, dans notre vie personnelle ou dans l’Église. Sans moi, vous ne pouvez rien faire ! Si j’ai choisi ce texte de Luc, c’est parce que c’est une superbe illustration, ou plutôt, un exemple réel, d’une attitude vis-à-vis du Seigneur, qui fait terriblement défaut dans notre vie personnelle et dans celle de notre église. Les maîtres mots de ce passage sont amour et dépendance, et nous allons voir ce matin de quoi il s’agit précisément ; d’où cette attitude peut-elle venir ; et ce qu’elle entraînera concrètement dans notre vie et dans la vie de notre église.


1. Quelle est cette attitude ?

a) Une attitude bizarre
Quelle est cette attitude ? La première chose qu’on peut dire, c’est que c’est une attitude bizarre. Le Pharisien se dit sans doute « Qu’est-ce qu’elle a encore fumé, celle-là ? ». Elle pleure, elle essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux, elle embrasse ses pieds, et elle verse un vase plein de parfum sur eux. Elle n’est pas dans un état « normal ».

b) Une attitude d’affliction / tristesse
Elle ne peut pas se contrôler. Elle est submergée par les émotions qui l’habitent. Et c’est une tristesse, une affliction extrême. Elle pleure, tellement que ses larmes mouillent les pieds de Jésus et qu’ils ont besoin d’être essuyés. Elle est affligée car elle connaît son péché, et elle déteste son péché.

c) Une attitude de repentance
Elle est tellement submergée par l’horreur de son péché, qu’elle ne se tient plus debout, mais elle est aux pieds de Jésus, désespérée. Elle n’ose même pas le regarder, mais elle garde ses joues contre ses pieds, ses cheveux traînent par terre, et elle sanglote. Cette attitude a un nom : c’est la repentance. La repentance, c’est connaître son péché, détester son péché, et reconnaître qu’on ne peut rien faire pour se racheter de son péché.

L’attitude extravagante, très malpolie de cette femme, c’est une attitude de repentance. Remarquez que la repentance, ce n’est pas une action que l’on fait, mais c’est une position que l’on prend. C’est la position de la dépendance absolue. Cette femme est aux pieds de Jésus comme un toxicomane gravement en manque serait aux pieds de son dealer. Cette position de dépendance est la seule position dans laquelle l’amour pour Dieu peut s’exprimer véritablement. Il est inutile de chercher des moyens pour adorer Dieu, pour le servir, pour grandir dans notre foi, pour bâtir cette église, si nous ne le faisons pas dans cette position de repentance, ou de dépendance absolue. Ayant dit cela, il faut maintenant se demander d’où une attitude semblable peut venir.


2. D’où vient cette attitude ?

a) Comprendre l’étendue du péché
Il est impossible de connaître une telle repentance si nous ne comprenons pas ce que c’est que le péché, et quelle est l’horreur du péché. Le péché, c’est tout ce qui n’est pas conforme au caractère de Dieu, autrement dit, tout ce qu’on fait, dit, pense qui est contraire à sa volonté, et tout ce qu'on ne fait pas, ne dit pas et ne pense pas qu'on devrait faire, dire, et penser ! Ca fait beaucoup de choses ; en fait, à la lumière de la volonté révélée de Dieu, ça fait énormément de choses !

b) Comprendre l’horreur du péché
Maintenant, pensez à la personne qui vous a le plus fait du mal dans votre vie (cambriolage, agression, infidélité, paroles blessantes...). Comment vous sentez-vous par rapport à cette personne ? Aimeriez-vous l’inviter à manger chez vous, ou plutôt, lui mettre votre poing dans la figure ? Voire un couteau dans le ventre ? Maintenant, considérez ceci : l’offense dont vous êtes coupable envers Dieu est bien pire que celle dont cette personne est coupable envers vous. La blessure que vous avez causée à Dieu par votre péché, est bien plus profonde que celle que cette personne vous a causée. En fait, vous êtes plus coupable aux yeux de Dieu que ne pourrait jamais l’être à vos propres yeux le pire des meurtriers, des violeurs, des terroristes ou des pédophiles.

c) La repentance, c’est la compréhension de l’Évangile
C’est pourquoi j’en viens à cette affirmation : la repentance, c’est une position qui s’impose à nous lorsque nous comprenons vraiment l’Évangile. Parce que l’Évangile, c’est une personne infiniment blessée, qui accepte de prendre sur elle. C’est Dieu, qui nous aime tellement, malgré notre infinie culpabilité, qu’il a préféré sacrifier son Fils plutôt que de nous laisser subir un châtiment juste. C’est un père qui invite à dîner le meurtrier de son enfant.

Jésus dit que l’attitude de la femme vient du fait qu’elle a été pardonnée de beaucoup de péchés. Mais cela ne veut pas dire que le Pharisien est moins coupable aux yeux de Dieu que la femme. Cela veut dire plutôt que la femme avait beaucoup plus conscience de sa culpabilité devant Dieu que le Pharisien. Ayant conscience de l’étendue de son péché, et de l’horreur de son péché aux yeux de Dieu, la femme ne peut pas s’empêcher de s’aplatir aux pieds de Jésus, dans une position de dépendance absolue, consciente qu’il n’y a que lui qui peut l’aider. On l’a dit ; cette position est la seule position dans laquelle l’amour de Dieu peut vraiment s’exprimer et se vivre. Concrètement, comment cela va-t-il se traduire ?


3. Qu’entraîne cette attitude ?

a) L’humilité
Une des plus importantes applications concrètes de la repentance, c’est l’humilité. L’humilité vient du fait de croire véritablement qu’on ne mérite pas d’être bien traité par notre prochain. Nous n’avons aucun droit à revendiquer d’être bien traité par notre prochain. Ce que nous méritons, au fond, c’est la condamnation éternelle. Qui sommes-nous pour oser nous offusquer d’une parole maladroite, d’une critique, d’un regard de travers ?? En fait, si on vit dans cette position de repentance, on est amené, dans nos relations avec d’autres, à se considérer comme étant le pire des pécheurs. Dans l’humilité, estimez les autres supérieurs à vous-mêmes (Ph 2 : 3). Quand on est par terre, à serrer la joue contre les pieds de Jésus, et qu’on regarde autour de soi, les gens sont tous plus grands. Remarquez que la femme, dans l’histoire, n’ouvre pas la bouche. Elle est indifférente au jugement des autres. Elle s’écrase.

b) La disponibilité
Une autre application concrète de la repentance, c’est la disponibilité pour Dieu. Un toxicomane ne regarde pas à la dépense ; il est prêt à tout donner pour se procurer son petit rail de coke. De même, quand on comprend vraiment l’Évangile, son besoin désespéré de Jésus-Christ, on est prêt à tout céder entre ses mains. La femme lui verse un vase de parfum sur les pieds. La disponibilité pour Dieu, c’est le désir de faire tout ce qu’on peut, sans regarder à la dépense, pour l’honorer : à travers notre obéissance, à travers notre adoration, à travers notre engagement à son service, à travers le temps passé dans la prière, à travers l’argent que l’on contribue pour le travail de l’Église, à travers le mal que l’on se donne pour persévérer dans notre engagement malgré les inconvénients pratiques parfois... Et c’est ainsi, précisément, que notre amour pour Dieu se manifeste, dans cette position de dépendance.

c) L’action de Dieu
Cette position de dépendance absolue entraîne une attitude d’humilité et de disponibilité manifeste chez le chrétien, mais elle a aussi pour conséquence l’action de Dieu dans notre vie et dans celle de l’Église. La conséquence de l’humilité, de la crainte de l’Éternel, c’est la richesse, la gloire et la vie (Pr 22 : 4). Il n’y a pas un réveil dans l’histoire de l’Église qui ne se soit pas produit dans la prière et la repentance.


Conclusion

Alors il faut terminer avec cette question : quelle va être, à partir d’aujourd’hui, notre relation à Jésus ? Sera-t-elle la même que pour le Pharisien ? Jésus va-t-il être pour nous un luxe, un gadget, une philosophie sympathique qui peut aider dans les mauvais jours, un gars gentil qu’on inviterait bien à dîner un soir pour discuter ? Ou bien notre relation à Jésus va-t-elle plutôt être la même que pour la femme pécheresse ? Allons-nous nous effondrer à ses pieds, submergés par la conscience de notre culpabilité devant Dieu et de notre besoin désespéré d’un pardon que lui seul peut nous donner, dans sa grâce ? Allons-nous vivre chaque jour dans cette position de dépendance absolue, allons-nous déposer aux pieds de Jésus ce que nous avons de plus cher, allons-nous chercher à lui exprimer notre amour par tous les moyens à notre disposition, allons-nous enfin arrêter de regarder à ce que cela nous coûte ? Il n’y a pas de secret ; Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne sa grâce aux humbles (Jc 4 : 6). Nous voulons voir des transformations dans notre vie ; nous voulons voir des œuvres magnifiques dans cette Église ; il n’y en aura pas, si nous ne vivons pas dans cette position de repentance. Si nous avons du mal à connaître cette repentance, alors prions Dieu pour qu’il ouvre nos yeux un peu plus à l’Évangile, à combien le péché nous rend détestables à ses yeux et pourtant, à combien il nous aime malgré tout et à comment il a bien voulu prendre sur lui cette offense infinie dont nous sommes coupables, et à comment il a préféré sacrifier son Fils bien-aimé plutôt que de nous laisser subir un châtiment parfaitement mérité. Alors, amour et dépendance pourront commencer à devenir les maîtres mots de notre relation à Dieu, en Jésus-Christ notre Sauveur.

27/03/2006

Le Besoin crée l'idole (26 mars 2006)

Actes 12 : 20 – 26


Introduction

Il y a un sentiment profond d’insatisfaction enfoui dans le cœur de chaque être humain. Une espèce de trou que l’on cherche toute notre vie à remplir. Je ne suis jamais tout à fait satisfait, et c’est ce qui me fait tout le temps désirer quelque chose de plus. Je me dis peut-être que ça irait mieux si j’avais assez d’argent pour m’acheter à manger sans me soucier de la fin du mois. Je me dis que ça irait mieux si je vivais dans une plus grande maison, ou si j’avais une plus grosse voiture. Je me dis que ça irait mieux si je changeais de métier, ou de pays, ou de conjoint. Je me dis que ça irait mieux si Sarkozy était élu président en 2007, ou si Villepin retirait son projet sur le CPE, et ainsi de suite. On a toujours « faim » de quelque chose, et ce quelque chose, c’est la subsistance qui pourra, pense-t-on, satisfaire le trou qu’il semble toujours y avoir à l’intérieur de nous-mêmes. Nous sommes toujours dans le besoin, en tant qu’êtres humains, et c’est cela qui conduit notre vie. La mauvaise nouvelle, c’est que la Bible, et ce texte en particulier, nous montre que cette insatisfaction dont nous semblons ne pas pouvoir nous débarrasser, est normale, certes, mais très dangereuse. La bonne nouvelle, en revanche, c’est que la Bible nous montre aussi qu’on n’est pas obligé de continuer à vivre ainsi, et qu’il y a une subsistance qui saura pleinement et définitivement nous satisfaire.


1. Notre recherche de la paix

a)L’exemple des Tyriens et des Sidoniens (v. 20)
Tyr et Sidon sont deux grandes villes, plutôt importantes et prospères, pourtant leurs habitants sont insatisfaits : leur subsistance est compromise du fait qu’ils ne s’entendent pas très bien avec Hérode. Ils sont dans le besoin, et leur raisonnement est simple : « puisque notre subsistance vient d’Hérode, on va solliciter la paix auprès de lui, on va s’assujettir à lui, on va placer en lui tous nos espoirs ». Le besoin des Tyriens et des Sidoniens les pousse à rechercher la paix auprès de celui dont dépend leur subsistance.

b)Notre besoin de subsistance
Nous aussi nous vivons dans un pays assez prospère, pourtant nous sommes insatisfaits, nous avons encore faim, nous avons encore besoin de subsistance, parce que le trou à l’intérieur n’est toujours pas rempli. Cette subsistance, pour certains d’entre nous, c’est peut-être de l’argent, ou du repos, ou la santé, ou de la compagnie, ou de l’amour, ou de l’utilité, ou du sens…

c)La paix que nous sollicitons
Et ce besoin de subsistance que nous continuons d’avoir nous pousse à placer nos espoirs dans ce qui, semble-t-il, pourra peut-être nous satisfaire : un travail, un conjoint, une maison, des vacances, des amis, un psychologue, un médicament, un parti politique, un syndicat, un sport, une religion…

Vous voyez que de la même façon que les Tyriens et les Sidoniens ont sollicité la paix auprès d’Hérode, nous aussi nous sollicitons la paix auprès de ce dont notre subsistance semble dépendre : je place mon espoir d’argent dans un travail, je place mon espoir de repos dans des vacances, je place mon espoir de santé dans un médecin et dans des médicaments, je place mon espoir d’amour dans un conjoint, je place mon espoir de sécurité dans tel ou tel parti politique, je place mon espoir d’utilité dans un syndicat, je place mon espoir de gros muscles ou de ligne parfaite dans un club de sport, je place mon espoir de sens dans une religion… Tout cela est bien naturel ! Mais voyons ce que le texte raconte ensuite.


2. Le destin de nos idoles

a)L’exemple d’Hérode (v. 21, 22)
Sollicité par les habitants de Tyr et de Sidon comme source de leur subsistance, Hérode s’est présenté à eux, revêtu de ses habits royaux, il s’est assis à une tribune et il s’est mis à les haranguer (leur faire de beaux discours). Et le peuple ne s’est pas contenté d’applaudir, et il l’a élevé au statut non d’un grand homme, non d’un bienfaiteur, non d’un roi, mais d’un dieu. Hérode a été élevé en idole par le peuple parce que le peuple avait placé en lui tous ses espoirs, et avait sollicité auprès de lui la paix, pour obtenir de lui leur subsistance.

b)Attribuer à d’autres ce que Dieu seul peut donner
Voilà exactement le danger qui nous guette à cause de l’insatisfaction profonde qui est en chacun de nous. La société séculariste dans laquelle nous vivons nous fait miroiter dans de beaux habits royaux des tas de choses, des tas de choses placées dans des tribunes publiques et médiatiques, des tas de choses sensées être la source de notre satisfaction, des tas de choses à l’exception d’une seule : Dieu lui-même. Et le danger est là : celui d’attribuer à autre chose ce que Dieu seul peut nous donner (comme dans Exode 32, Voici tes dieux qui…).

c)L’impasse de l’idolâtrie (v. 23)
Le texte montre bien quel est le destin de ce qu’on élève à la place de Dieu. Hérode est instantanément frappé par l’ange du Seigneur. Les vers qui le rongent suggèrent qu’il est devenu un « cadavre » à ce moment précis, même s’il n’est pas mort tout de suite. Une idole, c’est quelque chose qui est déjà mort, dont on n’a rien à attendre. Les idoles sont vouées à l’échec et à la destruction, comme le veau d’or qui a été réduit à la poussière (Ex 32 : 20).

Imaginez la désillusion des Tyriens et des Sidoniens à la déchéance de leur dieu Hérode. C’est la même désillusion aujourd’hui dans notre société face à l’échec du matérialisme, de la science, de la politique, de toutes ces choses en lesquelles on avait placé tous nos espoirs de satisfaction. Et c’est dans nos pays, les plus riches et les plus développés du monde, que le taux de dépressions nerveuses et de suicides est le plus grand. Combien il est dangereux pour nous d’ériger en idoles tout ce que nous considérons pouvoir être la source de notre satisfaction, comme un travail, comme un conjoint, comme un loisir, comme une maison… L’idolâtrie est une impasse, comme l’atteste le fait que nous continuons d’être dans le besoin, et qu’aucune de nos idoles n’est jamais devenu pour aucun d’entre nous la source d’une subsistance pleinement et définitivement satisfaisante. Alors où est-elle, cette subsistance ?


3. Notre satisfaction en Christ

a)L’opposition entre Hérode et le Seigneur (v. 24, 25)
Le texte nous montre ce qui est plus fort, et plus efficace que les idoles. D’un côté, Hérode, resplendissant sans sa tribune, élevé comme un dieu… mais qui se désintègre, qui se décompose lamentablement, rongé de l’intérieur par de misérables vers. Rongé par des vers, il expira (v. 23). De l’autre côté, Cependant la parole du Seigneur se répandait et progressait. Et les chrétiens de Jérusalem sont satisfaits de l’aide matérielle qui découle de ce progrès (v. 25, et voir 11 : 27 – 30). Quelle opposition entre les beaux discours du prétendu dieu Hérode et la parole du Seigneur !

b)Notre subsistance provient de Dieu
Le texte nous montre, ou nous rappelle, qu’il y a une source sûre de subsistance pour nous, bien supérieure à toutes les idoles qu’on pourrait s’inventer. En fait, c’est la seule, véritable, efficace et intarissable source de satisfaction contre le vide qui est en nous, et cette source ce n’est pas Hérode, ni un travail, ni un conjoint, ni un sport, ni un psychologue, ni quoi que ce soit d’autre, mais c’est Dieu et Dieu seul. C’est Dieu qui nous a créés, dans une relation de dépendance bienheureuse de lui, lui dont nous recevions à chaque instant notre parfaite subsistance. Mais nous avons choisi l’indépendance. Et depuis ce jour, il manque quelque chose. Il y a un trou que nous cherchons à combler de toutes les manières possibles, mais que nous n’arriverons jamais à combler puisque nous attendons de nos idoles quelque chose que Dieu seul peut nous donner.

c)Notre satisfaction est en Christ
Et Dieu nous l’a donnée, et cette chose, ou plutôt cette personne, c’est Jésus-Christ. Le texte dit que la parole du Seigneur se répandait et progressait ; la parole de Dieu est irrépressible ; par opposition à la subsistance éphémère et décevante proposée par ce piètre dieu Hérode, la parole de Dieu, elle, est une subsistance qui subsiste, et qui se répand, et qui progresse ! La Bible explique par ailleurs que la Parole de Dieu a été faite chair, et qu’elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique, venu du Père (Jn 1 : 14). Jésus-Christ est l’incarnation de cette parole irrépressible, de cette parfaite et suffisante subsistance qui seule peut combler le vide à l’intérieur de nous.


Conclusion

Vous voyez quel est le problème de notre insatisfaction profonde : c’est que dans notre vie, nous accordons à d’autres choses la place que seul Jésus peut parfaitement occuper. Nous cherchons la satisfaction ailleurs qu’en Jésus, alors qu’il devrait être lui-même notre seule, pleine et véritable satisfaction. Alors il faut se poser honnêtement la question : en quoi, vraiment, face à notre insatisfaction, plaçons-nous nos espoirs ? Lorsque quelque chose prend le dessus sur Jésus dans ma vie (un travail, un congé, une maison, un loisir, un parti politique, un psychiatre, ou même un conjoint), cette chose devient alors une idole. Et non seulement cette idole ne pourra jamais me donner la satisfaction que j’attends d’elle, mais en plus, je peux être certain que Dieu va chercher à la détruire. Hérode a été frappé par un ange du Seigneur parce qu’il n’avait pas rendu gloire à Dieu ; ma vie non plus ne rend pas gloire à Dieu si elle ne lui est pas à 100% dédiée, à travers une foi personnelle et totale en Jésus-Christ. Donner à quelque chose dans ma vie plus de place qu’à Jésus, c’est non seulement idiot mais c’est aussi une insulte à Dieu, étant donné ce texte biblique qui dit qu’en Jésus tout a été créé dans les cieux et sur la terre, ce qui est visible et ce qui est invisible, trônes, souverainetés, principautés, pouvoirs. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et tout subsiste en lui (Co 1 : 16, 17). Et un peu plus loin : vous avez tout pleinement en lui (Co 2 : 10). La subsistance qui peut pleinement nous satisfaire est disponible. Est-ce que nous y sommes suffisamment attentifs ?

02/01/2005

Dieu est-il injuste ? (2 janvier 2005)

Job 34 : 10 - 19


Introduction
medium_tsunami.jpgComme moi, vous avez regardé pendant la semaine les bilans s’alourdir jour après jour suite au terrible cataclysme qui a frappé le sud-est de l’Asie dimanche dernier. 10 000, 20 000, 40 000, 80 000, 120 000, 150 000 morts… 50 fois le bilan des attentats du 11 septembre. Des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards, de toutes races, de toutes langues, de toutes religions, qui ont perdu la vie en quelques instants. Autochtones et touristes, hindous, bouddhistes, musulmans, juifs et chrétiens, la catastrophe n’a pas fait de discrimination. Et aujourd’hui, le monde entier est rassemblé et il observe.
Je ne sais pas quel genre de questions un bouddhiste ou un musulman se pose face à un tel événement. Mais je sais qu’il y a une question qui sonne dans l’esprit de beaucoup de gens : comment Dieu a-t-il pu permettre une chose pareille ? La terre a tremblé, quelque part dans l’océan indien, et avec la terre, c’est notre foi, peut-être, qui a tremblé. Si Dieu existe, et qu’il est bien Dieu, c’est-à-dire tout-puissant, comment ne pas croire qu’il est injuste ou cruel, en permettant que des dizaines de milliers de personnes périssent à cause d’une catastrophe naturelle plus meurtrière que l’explosion de la bombe atomique à Hiroshima en 1945 ?
La terre a tremblé dans l’océan indien, mais c’est chaque personne qui suit un peu les informations qui a été secouée. Mais que penser en tant que chrétien ? Qu’est-ce que la Bible a à nous dire au sujet de cette catastrophe sans précédent ? Comment tenir ferme dans la foi face à un tel drame ? Job est un homme qui a souffert terriblement et de manière semble-t-il injuste. Mais en réponse à son questionnement, le jeune Élihou nous montre que la Bible prend à contre-pied le raisonnement des hommes. Non seulement Dieu n’est pas injuste en permettant de telles catastrophes, mais il connaît parfaitement la souffrance des hommes, et il a pourvu à leur délivrance.


1. Les hommes méritent de souffrir

a)Les hommes sont tous pécheurs
Revenons au b-a, ba de la foi chrétienne. Les hommes sont tous pécheurs, c’est-à-dire coupables de désobéissance à Dieu.
L’Éternel, du haut des cieux, se penche sur les êtres humains, pour voir s’il y a quelqu’un qui ait du bon sens, qui cherche Dieu. Tous sont égarés, ensemble ils sont pervertis ; il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul (Ps. 14 : 2, 3).
Il n’y a sur la terre point d’homme juste qui fasse le bien et qui ne pèche pas (Éc. 7 : 20).
Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu (Rm 3 : 23).

b)Aucun homme ne mérite de vivre
La réalité biblique est assez brutale : l’homme n’a pas le « droit » de vivre, 1. parce qu’il est une créature, 2. parce qu’il est une créature ingrate et désobéissante sous un Dieu trois fois saint, pur et JUSTE, qui ne tiendra pas le coupable pour innocent.medium_potier.jpg
Qui es-tu pour discuter avec Dieu ? Le vase modelé dira-t-il au modeleur : pourquoi m’as-tu fait ainsi ? Le potier n’est-il pas maître de l’argile (Rm 9 : 20, 21) ?

c)Les hommes vivent, et sont épargnés, par grâce
La question qu’il faut se poser, ce n’est pas Comment Dieu a-t-il permis que des dizaines de milliers de gens meurent dans cette catastrophe, mais plutôt, comment Dieu permet-il que nous soyons en vie aujourd’hui ?
Si Dieu ne pensait qu’à lui-même, s’il ramenait à lui son Esprit et son souffle, toute chair périrait en même temps, et l’homme retournerait dans la poussière (Jb 34 : 14).

La Bible dit que l’homme est déchu, c’est-à-dire qu’il vit dans le péché et la culpabilité envers Dieu, et dans un monde imparfait, une création infectée par la souffrance et par la mort. La souffrance, c’est le lot normal de l’homme, et la mort, c’est ce que nous méritons tous. Il n’y a aucune injustice là-dedans. Au contraire, il y a la grâce qui est faite à nous autres qui ne souffrons pas au quotidien, qui ne périssons pas dans un raz-de-marée, et qui, peut-être, n’avons jamais perdu de proche, mais qui pourtant, sommes tout autant coupables envers Dieu. La catastrophe qui a frappé l’Asie doit nous rappeler, non à une prétendue injustice de Dieu, mais bien plutôt à sa grâce. Et pas seulement à sa grâce, mais aussi à sa compassion.


2. Dieu connaît la souffrance des hommes

a)Dieu sait ce que c’est que d’être un homme
Car Dieu sait ce que c’est que d’être un homme.
C’est l’incarnation, que nous fêtons à Noël. Jésus a vécu en tout comme un homme, à l’exception du péché. Il connaît les contraintes de notre humanité. Il sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière (Ps. 103 : 14).

b)Dieu sait ce que c’est que de souffrir, et de toutes les manières
medium_chemin_de_croix.jpgDieu sait aussi ce que c’est que de souffrir, et de toutes les manières : à Gethsémané, on voit un Jésus pris d’angoisse, de tristesse, de solitude, de détresse spirituelle. Sur le chemin de la croix, on voit un Jésus humilié, battu, ridiculisé. Sur la croix on voit un Jésus qui agonise, qui meurt et qui est transpercé d’un coup de lance. On voit aussi le Père céleste qui assiste à la mort de son enfant.

c)Dieu est capable de compatir comme nul autre
Il n’y a pas un genre de souffrance que Dieu n’ait pas connu ; il est ainsi capable de compatir parfaitement à nos souffrances. Il est le seul qui puisse réellement comprendre notre souffrance : celle des parents qui ont perdu leurs enfants dans le raz-de-marée ; celle des familles qui ont perdu leur maison et tous leurs biens ; celle du jeune homme qui souffre de multiples fractures ; celle des enfants qui n’ont plus à boire ou à manger.

La Bible dit que Dieu s’est fait homme et qu’il a pris la condition d’esclave (Phil. 2 : 7). Jésus a connu toutes nos tentations, sans jamais pécher, mais il a aussi connu toutes nos souffrances. Il est correct de dire que personne n’a jamais autant souffert que Jésus-Christ. Ainsi, Dieu est capable de compatir aux souffrances des hommes comme nul autre. Dieu ne se désintéresse pas de ce qui s’est passé en Asie ; au contraire, s’il y a quelqu’un qui comprend ce que traversent toutes ces victimes et leurs familles, c’est lui ! Si quelqu’un dans le malheur demande : où est Dieu ? La réponse est : Il est là, au cœur de la tourmente. Il est suspendu à une croix sanglante. Il est l’homme de douleur, habitué à la souffrance (És. 53 : 3). Mais si Dieu s’est rendu semblable à nous, ce n’est pas seulement pour pouvoir compatir à nos souffrances ; c’est aussi pour pouvoir nous en délivrer.


3. Dieu a vaincu le mal – et propose une issue

a)Dieu nous a délivré du péché
Jésus n’est pas resté sur la croix ou dans le tombeau ; il est ressuscité, manifestant ainsi sa victoire sur la mort et sur le péché et pour proposer une solution à notre problème.
Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ Jésus (Rm 3 : 23).
Il n’y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Christ-Jésus. En effet, la loi de l’Esprit de vie en Christ-Jésus m’a libéré de la loi du péché et de la mort (Rm 8 : 1, 2).

b)Dieu nous promet un monde meilleur
Si nous continuons à souffrir ici-bas, puisque nous continuons à pécher, et nous continuons à vivre dans un monde imparfait, nous vivons néanmoins dans l’espérance d’un monde meilleur, où il n’y aura plus du tout de souffrance.
En décrivant le nouveau ciel et la nouvelle terre, Jean écrit : Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort de sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu (Ap. 21 : 4).
Face à la souffrance, le chrétien a cette assurance : Il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire à venir qui sera révélée pour nous (Rm 8 : 18).

c)Aux hommes maintenant de recevoir la délivrance
Face à la souffrance, le monde propose le désespoir, la colère, la résignation, la diversion, mais les chrétiens proposent des promesses de délivrance. Aux hommes maintenant de recevoir ces promesses avant qu’il ne soit trop tard.

La Bible dit que Dieu a vaincu le mal, par le moyen de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, et que tous ceux qui placent leur foi en lui sont libérés du poids de leur culpabilité envers Dieu, sont réconciliés avec Dieu, et peuvent vivre dans l’espérance d’un monde meilleur où toute souffrance aura disparu. Non seulement les chrétiens sont les mieux équipés pour faire face à la souffrance ici-bas, mais en plus, ils proposent au monde le seul message porteur d’une vraie délivrance.


Conclusion
Alors Dieu est-il injuste en permettant que se produisent de telles catastrophes ? La Bible nous montre exactement le contraire. Dieu n’est pas injuste de permettre à certains hommes de souffrir, mais il est gracieux de permettre aux autres de ne pas souffrir. Dieu est aussi infiniment compatissant à notre égard, car il sait ce que c’est que d’être un homme et de souffrir nos souffrances. Dieu enfin ne nous abandonne pas à nos medium_croix_vide.jpgsouffrances mais il a pourvu une issue en vainquant pour nous le mal et en promettant à ceux qui veulent bien l’entendre, un monde à venir où la souffrance ne sera plus.
La catastrophe en Asie doit nous rappeler à la grâce de Dieu, à sa compassion et à son salut, mais aussi à notre fragilité. Du jour au lendemain, notre vie sur terre peut s’achever. Là-bas, c’est un raz-de-marée, ici cela peut être une tornade, ou bien un attentat dans le métro, ou bien un été exceptionnellement chaud, ou bien un accident de la route. Voici maintenant le temps vraiment favorable, voici maintenant le jour du salut (2 Co 6 : 2). Ce serait de la folie que de se dire que l’on va prendre le temps de réfléchir à si l’on veut recevoir ou non le don de Dieu. C’est aujourd’hui le moment de céder sa vie à Dieu, par la foi en Jésus-Christ, et de commencer à se conformer à sa volonté. Demain il sera peut-être trop tard.

01/01/2005

Prédications

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Toutes les prédications, classées par références bibliques

Genèse 1.1-2.3 Le Dieu qui crée
(Jonathan Chaintrier)
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Genèse 2.4-25 Le Dieu qui donne
(Jonathan Chaintrier)
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Genèse 3.1-24 Le Dieu qui juge et qui fait grâce
(Jonathan Chaintrier)
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Genèse 6.5-22 "Une espérance insubmersible"
(Michaël DiGena)
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Genèse 25-28 Une semence bénie en dépit de la tromperie
(Michaël DiGena)
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1 Samuel 25 "Abigaïl"
(Michaël DiGena)
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2 Rois 4.38-41 Une bonne soupe pas très digeste
(François Krieger)
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Job 1.1-2.10 "Mais qu'est-ce que Dieu est en train de faire ?"
(Jonathan Chaintrier)
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Job 4-27 Les Amis de Job
(Jonathan Chaintrier)
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Job 28 La Voie de la sagesse
(Jonathan Chaintrier)
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Job 32-37 Que penser d'Élihou ?
(Jonathan Chaintrier)
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Job 34.10-19 Dieu est-il injuste ?

Job 38-42 La réponse de Dieu
(Jonathan Chaintrier)
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Psaume 2 Chose promise, chose due

Psaumes 8 et 14 La Condition humaine
(Jonah Haddad)
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Psaume 50.1-6 Se souvenir de Dieu
Psaume 84.1-5 La Destination du pélerin
Psaume 84.6-9 La Détermination du pélerin
Psaume 84.10-13 La Direction du pélerin
Psaume 139.13-18 L'Avortement sous le règne de Christ

Cantique des cantiques 8.5-7 L'amour est une force
(Jonathan Chaintrier)
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Ésaïe 6.1-8 Aujourd'hui seulement
(Hugues Wessel)
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Ésaïe 11.1-9 Un peu d'optimisme

Ésaïe 40.25-28 "Je crois en Dieu"
(Jonah Haddad)
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Ésaïe 53 Le Prix de la vie
(Francis Foucachon)
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Joël 2.15-17 Même les nourrissons à la mamelle
(Alexandre Sarran)
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Amos 1.1-2 Le Rugissement du Lion
(Alexandre Sarran)
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Amos 1.3-12 Un Juge suprême et redoutable
(Alexandre Sarran)
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Amos 1.13-2.5 Un crime contre l'humanité
(Alexandre Sarran)
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Amos 2.6-16 Le Souvenir de ses bienfaits
(Alexandre Sarran)
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Amos 3.1-8 Le Devoir d'écouter
(Alexandre Sarran)
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Amos 3.9-11 Le Devant de la scène
(Alexandre Sarran)
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Amos 3.12-15 Sur la corde raide
(Alexandre Sarran)
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Amos 4.1-3 La Vie rêvée des vaches
(Alexandre Sarran)
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Amos 4.4-13 Le Caractère vital de la repentance
(Alexandre Sarran)
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Amos 5.1-15 Chercher le "bon" Dieu
(Alexandre Sarran)
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Amos 5.16-27 L'Authenticité de la foi
(Alexandre Sarran)
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Amos 6.1-7 Le Sens des responsabilités
(Alexandre Sarran)
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Amos 6.8-14 Gare à l'orgueil
(Alexandre Sarran)
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Amos 7.1-8.3 Prendre Dieu au sérieux
(Alexandre Sarran)
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Amos 8.4-14 Éviter la désillusion
(Alexandre Sarran)
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Amos 9.1-6 L'Avantage du désespoir
(Alexandre Sarran)
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Amos 9.7-15 La Magnitude de la grâce de Dieu
(Alexandre Sarran)
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Matthieu 1.1-17 Quelqu'un d'incontournable
(Alexandre Sarran)
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Matthieu 1.18-25 "Dieu avec nous"
(Alexandre Sarran)
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Matthieu 5.4 Heureux ceux qui pleurent
(Francis Foucachon)
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Matthieu 11.25-30 "Venez à moi"
(Michaël DiGena)
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Matthieu 16.13-20 Je bâtirai mon Eglise

Matthieu 28.1-10 Avoir peur de Jésus
(Alexandre Sarran)
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Luc 1.26-35 "Je crois en Jésus-Christ"
(Alexandre Sarran)
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Luc 3.21-38 Quelqu'un de bien placé
(Alexandre Sarran)
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Luc 7.36-50 Amour et dépendance

Luc 7.36-50 Jésus et la femme pécheresse
(Jonah Haddad)
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Luc 12.22-33 Vivre sans crainte la nouvelle année
(Pierre Mitchell)
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Luc 16.1-13 Passer le présent au futur
(Jonathan Chaintrier)
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Luc 16.19-31 Où est votre cœur ?
(Jonathan Chaintrier)
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Luc 24.1-12 Incroyable mais vrai

Jean 1.1-18 Jésus : la Parole de Dieu
(Jonah Haddad)
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Jean 1.29-39 Jésus : l'Agneau de Dieu
(Jonah Haddad)
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Jean 1.35-39 "Venez et vous verrez"
(Michaël DiGena)
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Jean 2.13-25 Jésus : le Temple de Dieu
(Jonah Haddad)
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Jean 4.4-26 Jésus : l'Eau vive
(Jonah Haddad)
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Jean 4.25-26 Le Christ prééminent
(Francis Foucachon)
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Jean 4.46-52 Crise de foi
(Francis Foucachon)
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Jean 5.19-30 Jésus : le Fils de Dieu
(Jonah Haddad)
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Jean 5.31-47 Jésus : le Témoin de Dieu
(Jonah Haddad)
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Jean 6.35-40 Jésus : le Pain de vie
(Jonah Haddad)
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Jean 6.38-40 La Volonté du Père
(Jonathan Chaintrier)
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Jean 7.14-18 Jésus : l'Enseignant divin
(Jonah Haddad)
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Jean 8.30-47 Jésus et les enfants d'Abraham
(Jonah Haddad)
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Jean 9.1-41 Jésus : la Vue pour les aveugles
(Jonah Haddad)
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Jean 10.1-30 Jésus : le Bon Berger
(Jonah Haddad)
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Jean 10.1-15 Jésus et les dangers qui menacent les brebis
(Jonah Haddad)
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Jean 11.1-44 Jésus : la Résurrection et la vie
(Jonah Haddad)
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Jean 12.12-19 Un roi pas comme les autres
(Francis Foucachon)
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Jean 16.5-15 Le Saint-Esprit à l'oeuvre
(Jonathan Chaintrier)
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Actes 1.1-14 "Le troisième jour, il est ressuscité des morts"
(Alexandre Sarran)
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Actes 12.20-25 Le Besoin crée l'idole
Actes 13.44-52 Le Christianisme "light"
Actes 14.21-28 L'Eglise locale : est-ce important ?
Actes 16.16-40 Une foi courageuse et pertinente
Actes 18.1-11 Combattre l'indifférence
Actes 18.18-23 Piété et priorités
Actes 19.8-20 La Victoire sur l'occultisme
Actes 19.21-40 La Force tranquille
Actes 20.1-6 Une vision pour l'Eglise
Actes 20.7-12 Pas de pain seulement
Actes 20.13-38 Le Testament de Paul
Actes 24.24-27 S'intéresser en vain à l'Evangile
Actes 25.1-12 Des enjeux de la plus haute importance
Actes 25.13-27 Le Syndrome de Festus
Actes 26.1-8 "La Promesse faite par Dieu à nos pères"
Actes 26.9-20 Qui c'est qui commande ?
Actes 26.21-32 Des paroles de bon sens
Actes 27.1-20 Suspendus au plan de Dieu
Actes 27.21-44 La Sortie du tunnel
Actes 28.1-10 Dieu conforte l'appel de son Apôtre
Actes 28.11-16 Dieu décide, Dieu exécute

Actes 28.17-31 Certifié conforme
(Alexandre Sarran)
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Romains 1.16-27 L'Homosexualité sous le règne de Christ

Romains 6.3-11 Un nouveau départ
(Alexandre Sarran)
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Romains 7 L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde
(Hugues Wessel)
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1 Corinthiens 2.6-10 "Il a souffert sous Ponce-Pilate"
(Jonah Haddad)
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1 Corinthiens 7.25-35 Marié à tout prix ?
(Jonathan Chaintrier)
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1 Corinthiens 11.2-16 La Parité des sexes sous le règne de Christ
(Alexandre Sarran)
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1 Corinthiens 12 L'Esprit de corps à cœur
(Jonathan Chaintrier)
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1 Corinthiens 15.17-28 "Je crois... la rémission des péchés"
(Alexandre Sarran)
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Galates 5.16-26 Vivez selon l'Esprit
(Jonah Haddad)
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Éphésiens 4.1-6 "Je crois en l'Esprit-Saint"
(Jonah Haddad)
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Colossiens 3.18-4.1 Tout pour Christ, de tout coeur
(Michaël DiGena)
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Colossiens 3.17-4.6 Quelle est ma vocation ?
(Alexandre Sarran)
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Colossiens 4.2-18 Le Fruit de l'Évangile
(Michaël DiGena)
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1 Timothée 1.1-4 La Règle très certaine de notre foi
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 1.5-11 L'Usage légitime de la loi de Dieu
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 1.12-17 L’Évangile selon Saint Paul
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 1.18-20 La Gravité du christianisme
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 2.1-8 Le Devoir de prier
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 2.9-15 Un peu de tenue
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 3.1-7 Une belle activité
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 3.8-13 Une autre belle activité
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 3.14-16 Un secret pour personne
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 4.1-5 Des doctrines de démons
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 4.6-10 Un bon serviteur du Christ-Jésus
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 4.11-16 Le Métier le plus important du monde
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 5.1-8 Charité bien ordonnée
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 5.9-16 Une éminente vocation
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 5.17-25 Investir dans l'ancien
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 6.1-2 "L'honneur à qui vous devez l'honneur"
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 6.3-10 Le Piège de l'ambition personnelle
(Alexandre Sarran)
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1 Timothée 6.11-16 Le Bon Combat de la foi
(Alexandre Sarran)
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2 Pierre 1.12-21 Jésus et la réalité
(Jonah Haddad)
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Apocalypse 1.9-20 La Prééminence de Christ
(Alexandre Sarran)
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Apocalypse 22.1-5 Une vision de l'au-delà
(Francis Foucachon)
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Apocalypse 22.17-21 Viens, Seigneur Jésus !
(Michaël DiGena)
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