29.09.2009

Suspendus au plan de Dieu (27 septembre 2009)

 

Actes 27 : 1 – 20

 

Introduction

La plupart d’entre nous avons une vie relativement confortable. Un toit au-dessus de nos têtes, des vêtements à porter, de la nourriture au quotidien. De la famille et des amis. Un revenu plus ou moins stable. Ajoutez à cela les aides et la protection du gouvernement, ainsi que les assurances privées que nous sommes nombreux à souscrire pour notre habitation, pour notre véhicule, pour nos personnes, et on peut se dire qu’on est tout-à-fait prémuni contre les difficultés de la vie. Accident, maladie, invalidité, chômage, vol, vandalisme, agression, guerre, catastrophe naturelle… on est préparé ! Avec le genre de vie qu’on a, on peut envisager l’avenir avec beaucoup de confiance et de sérénité.Tornade.jpg Nous sommes protégés contre le malheur. Au États-Unis, vous pouvez même souscrire une assurance qui vous couvre contre « tout acte de la nature ou de Dieu » ! Être couvert contre les actes de Dieu, voilà le summum d’une vie tranquille. Mais voilà aussi, peut-être, le summum de notre présomption. Le jour où le malheur nous touche vraiment, où tous nos projets s’effondrent, où les choses ne se passent pas du tout comme prévu, on se rend compte que toute cette prétendue sécurité ne fait pas tant que ça pour nous protéger. Le texte de ce matin est tout simplement un appel à la lucidité. Ce texte veut nous placer devant notre propre vulnérabilité ; il soulève un problème sans toutefois nous donner une réponse tout-à-fait satisfaisante à ce problème ! La leçon qu’on pourra retenir de ce texte, c’est la suivante : notre vie est précaire ici-bas, et rien au monde ne peut nous prémunir contre le plan parfois incompréhensible de Dieu. Et là, vous vous dites : « C’est censé m’encourager, ça ? ». Et bien regardons comment le texte en parle.

 

1. Le calme avant la tempête (v. 1 – 8)

a)      Le calme avant la tempête

Ce nouvel épisode des aventures de Paul s’ouvre sous les meilleurs auspices. Depuis un moment, on sait que c’est la volonté de Dieu que Paul se rende à Rome pour y témoigner de l’Évangile (Ac 23.11). Il est placé sous une escorte prestigieuse (v. 1), accompagné de plusieurs amis fidèles (v. 2) ; il bénéficie pendant le voyage de la bienveillance du centenier et du soin de l’Église (v. 3). Tout se passe comme sur des roulettes. Mais soudain, on apprend que les vents contraires entraînent un petit changement d’itinéraire (v. 4-5), alors le centenier doit s’adapter en improvisant un peu (v. 6). Rien de bien inquiétant. Sauf que les difficultés vont s’intensifier petit à petit (v. 7-8). L’auteur est en train de faire monter progressivement et délibérément la tension dans son récit. Il crée du suspense. Il nous aspire dans la situation pour nous faire ressentir cette fameuse boule au ventre que l’on a lorsqu’on se rend compte qu’une situation est en train de nous échapper complètement.

b)      Perdre l’équilibre à skis

Tous ceux qui ont fait au moins une fois du ski savent ce qu’on ressent lorsqu’on est en train de descendre une pente tranquillement et queSkieur.jpg tout d’un coup, on ne sait pas trop ce qui s’est passé, mais en l’espace d’une demi-seconde, la pente nous paraît beaucoup trop pentue, la neige beaucoup trop glissante, et la vitesse beaucoup trop rapide, et on sait pertinemment qu’on vient de perdre le contrôle de la situation. Il y a un pied qui part à droite, l’autre à gauche, et on ne sait pas si ça va bien se terminer. Tous ceux qui ont fait au moins une fois du ski savent très bien ce que c’est qu’une situation précaire.

c)       Nous sommes des êtres précaires et dépendants

Mais même sans faire du ski, nous savons tous ce que c’est qu’une situation précaire, car notre vie en est une. Quoi que nous en pensions, l’équilibre de notre vie est fragile, même lorsqu’on a l’impression de vivre sous les meilleurs auspices. Nous ne sommes pas maîtres des circonstances, et nous sommes soumis à des forces et à des événements qui nous échappent totalement et qui peuvent, du jour au lendemain, remettre toute notre vie en question : une crise économique, un changement climatique, un accident de la circulation, une pandémie grippale… L’équilibre de notre vie est précaire.

C’est cela que l’auteur veut nous faire mesurer dans un premier temps. Nous sommes des êtres vulnérables et dépendants, malgré le fait que nous nous complaisons dans notre confort, dans notre sécurité prétendue, dans nos beaux projets et nos belles ambitions. Mais ce texte va à l’encontre de ce genre de présomption et nous invite plutôt à regarder la réalité en face : admettez-vous la possibilité de tout perdre du jour au lendemain ? Ce genre de lucidité doit entraîner chez nous une grande modération, une grande humilité, et une grande dépendance de celui qui est le Maître de toute circonstance, Dieu lui-même (Jc 4.13-16). La suite du texte va nous montrer pourquoi cela est tellement important.

 

2. À qui la faute ? (v. 9 – 15)

a)      Lorsqu’une décision devient nécessaire

Le centenier veut poursuivre sa mission, mais la situation devient de plus en plus dangereuse. Poursuivre le voyage comporte un risque évident, renforcé par la conviction exprimée par Paul (v. 9-10). Faut-il continuer le voyage, ou attendre le printemps ? En fait, il y a de bonnes raisons de prendre le risque de continuer : le pilote, fort de sa compétence et de son expérience y est favorable (v. 11), de même que la majorité des gens sur le bateau (v. 12). En plus, le fait de ne pas continuer comporte aussi un risque (v. 12). Et pour couronner le tout, un vent favorable commence à souffler, ce qui est bon signe (v. 13) ! La décision de continuer le voyage est donc mise en œuvre, non sans une certaine prudence (v. 13). Mais sitôt partis, c’est un retournement de situation total : les éléments se déchaînent soudain, et le navire se retrouve piégé par la tempête. Le fait de partir ne constituait pourtant pas un risque inconsidéré ! Mais l’auteur nous raconte tous ces détails pour nous montrer que la souveraineté de Dieu s’exerce envers et contre tout. Son plan surpasse les meilleurs plans des hommes. Ses projets s’accomplissent en dépit de la meilleure logique et de la meilleure volonté humaines (v. 14-15).

b)      Quand j’ai perdu ma voiture

Un jour, j’ai dû décider si oui ou non j’allais dépenser une grande somme d’argent sur des réparations pour ma voiture. Étant donné que le montant des réparations était inférieur à la valeur de la voiture, j’ai opté pour la dépense, en demandant quand même au garagiste s’il pouvait prendre deux chèques et encaisser le deuxième un mois plus tard. Pas de problème. J’avais réfléchi, et pris la décision qui semblait la plus raisonnable, en ayant pesé un maximum d’enjeux et pris en considération un maximum d’éléments. Une bonne réparation, et la voiture sera repartie pour quelques années. Je récupère la voiture un mardi. Le samedi, dans un virage, un peu de gasoil sur la chaussée et ma voiture finitPerplexité.jpg à l’envers dans le fossé. Verdict : irrécupérable. Un mois plus tard, le deuxième chèque était débité de mon compte. J’ai ri jaune ! Je me suis dit : « Seigneur, je ne comprends pas trop ton sens de l’humour ».

c)       Nos meilleures décisions sont toujours faillibles

L’auteur du texte soulève le même problème : « Seigneur, pourquoi tu fais souffler un léger vent du sud, et permets-tu à l’équipage de prendre une décision semble-t-il bien fondée, si c’est pour ensuite retourner la situation contre eux ? ». Le texte nous raconte tout cela pour nous faire prendre conscience d’une idée simple : c’est que nous sommes certes appelés à exercer notre responsabilité, à peser le pour et le contre, à faire les meilleurs choix possibles, mais nous ne devons jamais nous confier en notre propre faculté de décision. Nous avons une faculté de décision, et nous devons l’exercer, mais en restant suspendus à Dieu. Pourquoi ? Parce que la souveraineté de Dieu s’exerce envers et contre tout, même nos meilleures décisions. « Le cœur de l’homme médite sa voie, mais c’est l’Éternel qui dirige ses pas » (Pr 16.9, SEG).

Cet état d’esprit nous permet d’éviter deux écueils. Premier écueil : la réticence à prendre la moindre décision, a avoir le moindre projet, par crainte que ça tombe à l’eau. Au contraire, croire que la souveraineté de Dieu s’exerce envers et contre tout devrait nous libérer dans l’exercice de nos responsabilités. C’est une sécurité, qui ne doit pas pour autant dévaloriser l’importance de bien fonder nos décisions. Le deuxième écueil que cela nous permet d’éviter, c’est la culpabilité et le désespoir qui pourraient nous assaillir quand les choses se passent mal. « Je ne comprends pas ! Cette décision me paraissait pourtant bonne. Est-ce que j’ai péché ? C’est ma faute ! ». Pas du tout : une décision bonne et juste peut très bien aboutir à un malheur, du point de vue de notre expérience. Regardez la vie de Job. La souveraineté de Dieu s’exerce envers et contre tout. Mais comment se fait-il que Dieu permette de telles difficultés dans nos vies, de telles catastrophes même, au point où on a l’impression, parfois, que Dieu agit en contradiction avec son propre plan ?

 

3. Quand ça va de mal en pis (v. 16 – 20)

a)      Quand ça va de mal en pis

Je ne suis pas sûr que le texte nous donne une réponse pleinement satisfaisante à cette question. Mais voyons ce qui se passe. La tempête fait rage, alors des dispositions sont prises dans l’urgence pour limiter les dégâts (v. 16-17). Mais les circonstances ne font qu’empirer de jour en jour, au point où il faut commencer à jeter une partie de la cargaison et de l’équipement du navire (v. 18-19). L’équipage se retrouve de plus en plus démuni, jusqu’à ce terrible verset 20 qui décrit froidement la perdition et le désespoir des gens sur le bateau. Il ne fait aucun doute dans l’esprit de l’auteur que Dieu est souverain, qu’il est le Maître de la tempête et que c’est lui qui commande les vents. Mais comme si le lecteur n’était déjà pas assez perplexe face aux événements de ce récit, l’auteur est en train de surenchérir : on sait que Dieu avait prévu que Paul témoigne de l’Évangile à Rome, mais voilà que Dieu semble réaliser tout le contraire de son plan !

b)      Christ sur la croix

Le texte ne nous explique pas pourquoi il en est ainsi ; il dresse seulement un constat. Il nous rappelle simplement que le plan incompréhensible de Dieu ressemble à cela, parfois. Les disciples de Jésus ont dû ressentir la même perplexité, peut-être le même désespoir, lorsqu’ils ont vu mourir celui qu’ils croyaient être le Messie tant attendu. Ils ont vu le triomphe de Jésus lorsqu’il est entré dans Jérusalem (Lc 19.38), mais quelques jours plus tard, retournement de situation : Jésus est trahi, livré entre les mains de ses ennemis, abandonné des siens,Croix sombre.jpg humilié en public, et crucifié entre deux brigands (Lc 22-23). Quelle défaite ! Jésus lui-même, au cœur de la tourmente, s’écrie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mc 15.34). On n’y comprend plus rien. « Seigneur, qu’est-ce que tu es en train de faire ? » Par moments, le plan de Dieu est incompréhensible. Mais son plan est bon et parfait. Un jour, cela nous apparaîtra pleinement. Les disciples en ont fait l’expérience, lorsque, quelques jours après la crucifixion, Jésus leur est apparu vivant de nouveau, et leur a expliqué qu’il devait souffrir de la sorte et mourir pour prendre sur lui les péchés de tous ceux qui se confieraient en lui (Lc 24.46-47), et que par sa résurrection et son ascension auprès du Père, le Messie était bel et bien entré dans son règne suprême et glorieux (Mt 28.18).

c)       Nous sommes suspendus au plan parfois incompréhensible de Dieu

Un jour, mais peut-être pas ici-bas, nous serons absolument éblouis de voir combiens les plans de Dieu sont bons et parfaits, et nous pourrons mesurer toute la portée des paroles du prophète Ésaïe : « Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant [les voies de Dieu] sont élevées au-dessus de [nos] voies et [ses] pensées au-dessus de [nos] pensées » (És 55.9). En attenant, il nous faut reconnaître, et accepter, que par moments, le plan de Dieu est incompréhensible. Notre vie est subordonnée à sa souveraineté ; nous vivons comme suspendus à son plan ; mais ce plan est bon et parfait. « Que tes pensées, ô Dieu, me semblent impénétrables ! Que la somme en est grande ! Si je les compte, elles sont plus nombreuses que les grains de sable. Je m’éveille, et je suis encore avec toi » (Ps 139.17-18).

 

Conclusion

Que peut-on dire pour conclure ? À travers tout ce qu’on a vu dans ce texte, la leçon à retenir est simple : notre vie est précaire ici-bas, et rien au monde ne peut nous prémunir contre le plan parfois incompréhensible de Dieu. Si vous croyez à cette affirmation, il n’y a que deux conséquences possibles : soit cela vous terrifie, soit cela vous rassure. Cela doit vous terrifier, si vous n’êtes pas sûr d’avoir la faveur de ce Dieu souverain. Dieu est le Maître du vent, le Maître de toutes les circonstances de votre vie, et son plan est bon et parfait ; mais quelle place avez-vous dans ce plan ? Quelles sont vos garanties dans l’éternité ? Dieu vous propose une assurance éternelle, c’est le sang de son Fils versé à la croix pour le pardon de vos péchés. Si vous vous confiez en Jésus pour le pardon de vos péchés, vous pouvez être certain d’une chose, c’est que vous êtes l’objet éternel de l’amour de Dieu. Vous êtes l’ami du Maître du vent, l’enfant chéri du Maître de toute circonstance. Face à la souveraineté absolue de Dieu, c’est cela qui change notre terreur en assurance. Notre vie est précaire ici-bas, et rien au monde ne peut nous prémunir contre le plan parfois incompréhensible de Dieu, mais Dieu nous aime éternellement, et il a scellé cet amour à la croix. Il a signé ce « contrat d’assurance » avec le sang de Jésus-Christ son propre Fils. « Toutes choses coopèrent [concourent] au bien de ceux qui aiment Dieu […]. Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi tout avec lui, par grâce ? […] Qui nous séparera de l’amour de Christ ? La tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou le dénuement, ou le péril, ou l’épée ? […] Mais dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car je suis persuadé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les êtres d’en-haut, ni ceux d’en-bas, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Christ-Jésus notre Seigneur » (Rm 8.28, 32, 35, 37-39).

 

08.09.2009

Des paroles de bon sens (6 septembre 2009)

 

Actes 26 : 21 – 32

 

Introduction

Sérieusement, vous croyez vraiment à la Bible ? Vous croyez vraiment que Marie a eu un bébé alors qu’elle était vierge ? Vous croyez vraiment que Jésus est redevenu vivant alors qu’il était mort ? Vous croyez vraiment qu’il y a un Dieu et qu’il y a une vie dans l’au-delà ? Vous êtes bizarre, vous. Il doit vous manquer une case, pour que vous puissiez croire à de telles sornettes… N’est-ce pas là le regard que notre société, globalement, porte sur le message de l’Évangile ? Lorsqu’il m’arrive de distribuer dans la rue des brochures qui présentent le message de la Bible, les gens me regardent de travers à un tel point que parfois j’ai l’impression de porter une grande pancarte sur moi, où il est écrit :Obscurantiste.jpg « Je suis un obscurantiste » ! La marginalisation du message de la Bible, et de l’Évangile, n’est pas un phénomène nouveau. Si vous êtes chrétien, et complexé de l’être parce que vous avez l’impression d’être en décalage avec ce qui est censé être normal aujourd’hui, ou si vous n’êtes pas croyant, et que vous trouvez que les chrétiens devraient sortir un peu plus le dimanche, sachez que ce type d’impression existait déjà au premier siècle ! Mais sachez aussi que le texte que nous avons lu prend cette idée à contre-pied. On va voir que Luc nous raconte cette histoire pour nous rappeler quelque chose de très simple, c’est que le message de l’Évangile, en réalité, consiste en des paroles de bon sens. Si toutefois vous avez le courage de vous y intéresser, de vous pencher sur la question, de vous informer en mettant de côté les préjugés, vous découvrirez que le message de l’Évangile est raisonnable et cohérent, et que l’on peut croire sans complexe tout ce qui est écrit dans la Bible.

 

1. Pourquoi l’Évangile est légitime (v. 21-23)

a)      Paul rappelle la légitimité de son témoignage

Pour étayer cette idée, la première chose que fait l’auteur dans ce texte, c’est de rappeler quelle est la légitimité du message de l’Évangile. Ici, Paul explique que la persécution qu’il a subie de la part de certains Juifs est totalement injustifiée, car son ministère ne consistait qu’à dire des choses qui étaient totalement alignées avec les Écritures de l’Ancien Testament (v. 22). Pourquoi le message de l’Évangile est-ilParchemin.jpg légitime d’après Paul ? Parce qu’il s’aligne avec, s’appuie sur, et s’ancre dans le document le plus précieux de tout le patrimoine de l’humanité : les Écritures saintes, dont les premiers textes écrits remontent à plus de 13 siècles avant la venue de Jésus et avant cet épisode du livre des Actes.

b)      Les revues scientifiques

L’auteur veut juste nous rappeler, dans un premier temps, que le message de l’Évangile n’est pas tombé comme un cheveu sur la soupe. Vous connaissez ces revues scientifiques où les chercheurs publient leurs théories, leurs travaux et leurs découvertes. Tous les trimestres, une nouvelle trouvaille, une nouvelle hypothèse, une nouvelle avancée. Le message de l’Évangile n’est pas arrivé comme ça ; l’Évangile n’est pas une découverte du 1er siècle, ni une invention, ni un accident, ni une lubie, ni un « buzz » qui se serait propagé par accident. L’espérance chrétienne n’est pas basée sur un article original dans une revue trimestrielle, mais elle est profondément ancrée dans une révélation que Dieu a pris soin de livrer aux hommes, depuis les temps les plus reculés de l’humanité.

c)       L’Évangile est incontournable

À travers ces paroles de Paul, l’auteur veut donc dans un premier temps asseoir la légitimité du message qu’il annonce. Jésus est l’envoyé de Dieu pour le salut de l’humanité qui est séparée de Dieu à cause du péché. Ce salut, Jésus l’a rendu possible en vivant une vie parfaite, sansCroix.jpg péché, et en mourant sur la croix à notre place pour payer la dette de tous ceux qui veulent se confier en lui. Ayant payé pour nos péchés, Jésus est ressuscité pour manifester sa victoire complète sur le mal et pour garantir notre future résurrection. Maintenant, le pardon des péchés par la foi en lui, et la promesse de la vie éternelle sont annoncés à tous les êtres humains, comme Paul vient de l’expliquer (v. 20, 23).

Ce message, le message de l’Évangile, n’est pas comme une théorie scientifique farfelue publiée dans une revue trimestrielle, qu’on pourrait soit ignorer, soit tourner en dérision. Le message de l’Évangile est une information absolument incontournable, parce qu’elle provient des saintes Écritures, dans la continuité de textes précieux et uniques dont les plus anciens remontent pour nous à plus de trois millénaires. Comparez ça avec les écrits de Joseph Smith, fondateur de la secte des mormons. Ou avec les articles dans les journaux gratuits distribués à la sortie du métro. Ou même avec le Coran ou avec Wikipédia. Le message de l’Évangile peut se targuer d’une ancienneté, d’une universalité et d’une assise historique et littéraire absolument hors du commun. L’Évangile n’est pas une lubie, mais un message légitime ; c’est ce que dit ce texte dans un premier temps, pour nous décomplexer, ou peut-être pour susciter une attention que nous n’avons jamais sérieusement prêtée à ce message. Mais une deuxième question se pose : si l’Évangile est un message dont la légitimité est tellement bien fondée, pourquoi ce message nous paraît-il tellement invraisemblable ?

 

2. Pourquoi l’Évangile paraît invraisemblable (v. 24-26)

a)      L’intervention de Festus et la réponse de Paul

C’est le texte lui-même qui soulève cette question, à travers la réaction de Festus, qui est représentative d’une attitude normale vis-à-vis du témoignage chrétien, depuis des siècles (v. 24). Festus pense que le message de l’Évangile est irrationnel. Paul s’en défend (v. 25), et avec beaucoup de tact, il explique pourquoi Festus réagit ainsi, en lui opposant la situation du roi qui, quant à lui, « est instruit de ces faits » (v. 26). Ce que le texte est en train de nous montrer ici, c’est qu’il est normal de trouver invraisemblable, voire absurde, le message de l’Évangile, si l’on ne prend pas le temps de vraiment s’y intéresser. Pourquoi ? Parce que notre mentalité, que nous le voulions ou non, est conditionnée.

b)      La marche de l’empereur

Empereurs.jpgVous avez peut-être déjà vu cette publicité à la télé, où un homme tout enthousiaste raconte à une collègue le film qu’il a vu la veille. « J’ai vu un super film, hier soir, ça s’appelle La Marche de l’empereur ! » (un genre de film-documentaire sur les pingouins). Alors la femme s’imagine un Napoléon en train de marcher dans la campagne. « En fait, ça se passe sur la banquise, et il y a des centaines d’empereurs qui se déplacent, parfois en glissant sur leur ventre ». Et la femme d’imaginer des centaines de Napoléons allongés sur le ventre dans la neige… « Y’a un moment super émouvant, c’est quand ils s’échangent les œufs… » Et bien sûr, la femme regarde son collègue de plus en plus bizarrement.

c)       Sagesse et folie

Quand on parle de péché, de justice de Dieu, de la naissance virginale de Jésus, de la résurrection… les gens nous regardent de la même façon. « Qu’est-ce que c’est que ces absurdités ! » Pourquoi ? Parce que leur mentalité est conditionnée. Parce qu’ils ont des présupposés, pour ne pas dire des préjugés, hérités de la télé, des copains, et du prof de philo. En fait, notre mentalité à tous est conditionnée en contradiction avec le message de l’Évangile, parce que nous sommes animés d’un profond désir d’autonomie, et nous voulons bien des références pour notre vie à condition que ce soit celles qui nous conviennent.

Le message de l’Évangile nous paraît invraisemblable, et c’est normal, parce que notre instruction (v. 26) vient davantage de notre expérience personnelle et subjective, de la télé, de l’école, d’internet, de nos cercles d’amis et globalement, d’une culture et d’une société profondément séculière, plutôt que d’une révélation objective de Dieu, une révélation universelle, unique, ancienne, qui nous parle de la relation de Dieu avec l’humanité depuis que l’humanité existe. On entend parler de Jésus et ça ne rentre pas dans nos catégories, parce que notre mentalité est conditionnée par le péché. « Dieu a frappé de folie la sagesse du monde… Nous prêchons Christ crucifié, … folie pour les païens » (1 Co 1.20, 23). On comprend donc pourquoi Festus réagit comme il le fait, et pourquoi le message de l’Évangile nous paraît naturellement invraisemblable. Mais regardons la suite.

 

3. Comment découvrir la cohérence de l’Évangile (v. 27-32)

a)      Le virus d’Agrippa !

À la réaction de Festus, le texte oppose la réaction du roi, justement. Paul a répondu à Festus en lui disant que le roi, lui, était au courant de ce dont il parlait (v. 26) et donc, qu’il en parlait ouvertement. Il interpelle ensuite Agrippa au sujet des prophètes (v. 27) : c’est une question rhétorique pour rappeler à la mémoire du roi les choses qu’il connaît concernant les Écritures. Tout cela a un effet remarquable ; plutôt que d’accuser Paul d’être malveillant ou d’être fou, le roi va exprimer sa sympathie à Paul, et même son intérêt pour l’Évangile (v. 28), et tout le monde va quitter les lieux en se disant que Paul est quelqu’un de bien (v. 28-32). Pourquoi une telle réaction de la part du roi ? Tout bonnement parce qu’il s’est intéressé à la question. Le texte veut simplement nous montrer que la cohérence de l’Évangile apparaît à ceux qui, sincèrement, veulent se pencher sur son message.

b)      La cohérence des Légos

Légo.jpgMon fils aime bien jouer avec les Légos. Quand quelqu’un lui offre une boîte de Légos, il pourrait sortir le sac avec tous les petits morceaux de formes et de couleurs différentes, le regarder et se dire : « c’est nul, ce jouet, ça ne ressemble à rien ! » et le jeter à la poubelle. Ou sinon, il pourrait s’y intéresser, y passer un peu de temps, se pencher sur les instructions, demander de l’aide à papa, et au bout du compte, il découvrira l’incroyable cohérence de ce sachet de morceaux de plastique. Aucun morceau ne s’y trouve par hasard.

c)       Avoir le courage de poser des questions

Il y a tellement de gens qui entendent parler de l’Évangile, et qui ne voient rien d’autre qu’un sachet de morceaux de plastique totalement incohérent et inutile. Festus par exemple. Mais le roi Agrippa s’est penché sur la question, il y a passé du temps, il a voulu interroger Paul, et le résultat, c’est qu’il voit très bien la cohérence du message de l’Évangile. Agrippa ne se convertit pas ; Paul invoque Dieu lui-même pour qu’il touche le cœur d’Agrippa et de toutes les personnes présentes dans l’auditoire (v. 29), « pour un peu ou pour beaucoup », car il sait que ce n’est pas par la persuasion intellectuelle que les gens se convertissent mais seulement par l’intervention souveraine de Dieu, par le Saint-Esprit, dans la vie de ces gens. Malgré tout, Paul est totalement innocenté (v. 31-32), et tout le monde est parti avec l’impression que le message de l’Évangile n’est pas si invraisemblable qu’on le croit.

Peut-être que des gens dans l’auditoire ont été poussés à une recherche plus approfondie. Peut-être que certains préjugés sont tombés. Peut-être que quelques-uns ont voulu en avoir le cœur net, et ont passé du temps, ensuite, à sonder les Écritures, à demander de l’aide à des gens mieux instruits qu’eux, et qui sait, peut-être aussi à prier Dieu de les éclairer. Penchez-vous sur le message de l’Évangile, étudiez-le, passez-y du temps, ayez le courage de poser des questions sincères, soyez lucides concernant vos préjugés, et les préjugés des gens qui vous entourent, sondez les Écritures, et si vous le voulez, priez Dieu qu’il vous instruise… et je vous assure que vous découvrirez la cohérence incroyable du message de l’Évangile.

 

Conclusion

Alors est-ce que les chrétiens évangéliques sont vraiment des obscurantistes ? Ce texte a argumenté pour une idée simple, c’est que le message de l’Évangile, le témoignage chrétien fidèle aux Écritures, ne consiste qu’en des paroles de bon sens. Le problème, c’est que même les chrétiens n’en sont pas si sûrs. Nous sommes souvent complexés, et on le comprend bien quand on considère le regard que notre société, globalement, porte sur ceux qui croient à tout ce qui est écrit dans la Bible ! Mais ce texte nous a rappelé combien la légitimité du message de l’Évangile dépasse de loin tout autre message : l’Évangile est de toute façon un message incontournable. Le texte nous a aussi rappelé qu’il est normal de trouver invraisemblable ce message, puisque notre mentalité, touchée par le péché, est conditionnée par toutes sortes d’autres choses qui sont en contradiction avec la révélation objective de Dieu, rapportée dans les saintes Écritures. Enfin, nous avons vu que ce texte nous encourageait à plonger sincèrement notre regard et notre attention dans ces Écritures, justement, pour découvrir que l’Évangile est un message absolument cohérent, pas du tout irrationnel mais très vraisemblable, et qu’on peut croire sans complexe que Jésus est vraiment né d’une vierge, qu’il est vraiment ressuscité après avoir vraiment été mort, que tous ceux qui se confient en lui reçoivent vraiment le pardon des péchés et la promesse véritable d’une vraie vie éternelle. Cela peut encore vous sembler bizarre. S’il vous plaît, quel que soit votre rapport àQuestion.jpg l’Évangile, n’hésitez pas à poser vos questions et à chercher les réponses. Soyez courageux : mettez vos préjugés de côté, n’anticipez pas les réponses mais prenez le temps de vraiment vous informer. Ne vous sentez pas gênés de poser des questions qui, d’après vous, pourraient mettre en difficulté la Parole de Dieu ! Dieu ne recule pas devant la difficulté. Je prie que Dieu nous donne à tous cet esprit de sagesse et de révélation qui, pour un peu ou pour beaucoup, nous le fasse connaître, et nous fasse voir la cohérence et la beauté de l’Évangile, de mieux en mieux, et de jour en jour (Ép 1.17).

 

03.09.2009

Reprise des études bibliques

Bonne nouvelle : les études bibliques en semaine reprennent !

Parmi les participants à l'étude, plusieurs personnes ont proposé que nous nous réunissions le jeudi soir au lieu du mercredi. Cela m'arrange également, et il semble que cela ne constitue un obstacle insurmontable pour personne. J'ai donc le plaisir de vous dire que la première étude biblique en semaine de cette nouvelle année scolaire aura lieu le jeudi 10 septembre, de 18h30 à 20h, à l'église.

Nous poursuivrons le "survol de l'Ancien Testament", que nous avons débuté avant l'été. Même si vous ne veniez pas auparavant, sentez-vous libres de vous joindre à nous pour ces moments passionnants d'étude et d'échange autour de la Bible.

Le pasteur.

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