17.02.2009
L'Avortement sous le règne de Christ (15 février 2009)
Psaume 139.13-18
Introduction
Le nombre d’Interruptions Volontaires de Grossesse (IVG) en France est d’environ 200,000 par an, soit à peu près un avortement pour toutes les trois naissances. Ce n’est donc pas un phénomène rare ou marginal. L’avortement a été, et continue d’être, au cœur de violentes polémiques. Les mentalités et les lois concernant l’IVG ont évolué de façon spectaculaire au cours des 35 dernières années. Jusqu’en 1975, l’avortement était considéré par la loi française comme un crime. En 1975, l’avortement volontaire est devenu légal à condition qu’il soit pratiqué dans un délai de 10 semaines. Ce délai a été allongé à 12 semaines en 2001, et entre-temps, les conditions d’accès à l’avortement ont été considérablement assouplies pour les jeunes filles mineures, qui n’ont même plus l’obligation d’informer leurs parents. Dans d’autres pays d’Europe, comme aux Pays-Bas, en Espagne et en Grande Bretagne, le délai légal de recours à l’IVG a déjà été allongé à 22 semaines de grossesse. Face à cette évolution rapide des lois, on entend de temps à autre des voix qui s’élèvent en protestation, notamment celle de l’Église catholique qui, au cours des années, a continué de condamner fermement la légalisation de l’IVG, puis l’assouplissement des lois sur l’avortement, parlant d’états « tyrans » qui « violent le droit à la vie », et dénonçant dans ces lois « un déni d’humanité » et une « culture de mort » (Source). Et vous, comment vous situez-vous au milieu de tout ça ? Qu’est-ce qui détermine votre opinion sur l’IVG, et qu’est-ce qui déterminera votre choix le jour où vous ferez face à une grossesse non désirée ? Si vous croyez qu’il y a un Dieu, cela veut dire que vous reconnaissez que c’est Dieu qui, par définition, a défini le but et les règles de votre vie, puisque c’est lui le concepteur et le créateur de tout ce qui existe. C’est en reconnaissant cette vérité, certes politiquement incorrecte, que je vous invite à tourner votre attention vers ce que la Bible a à dire au sujet de l’enfantement, et c’est dans cette perspective-là que nous pourrons avoir, sur l’avortement, le regard que Dieu veut que nous ayons.
1. « C’est toi qui as formé mes reins », v. 13, 14
a) L’être humain est la création de Dieu
Ce psaume parle de l’omnipotence, de l’omniprésence, et de l’omniscience de Dieu. Le psalmiste évoque ce que ça veut dire que de croire qu’il y a un Dieu. Dans cette troisième strophe, il s’émerveille particulièrement de la création de l’être humain. Il proclame haut et fort que c’est bien Dieu qui a créé l’être humain : C’est toi qui as formé mes reins (v. 13). Il se regarde dans la glace, pour ainsi dire, et il rend gloire à Dieu !
b) Le tableau, le peintre et le musée
Aujourd’hui, bien sûr, cette vérité est contestée. Bien des gens ne croient pas qu’il y a un Dieu, et d’autres gens croient qu’il y a un Dieu mais ne s’intéressent pas à lui, et ne pensent pas au fait que les êtres humains sont des créations de Dieu. C’est comme si on allait au musée du Louvre et qu’on s’extasiait devant le tableau de La Joconde, et qu’on se tournait vers le conservateur du musée pour lui dire, « Je vous félicite ! Quelle œuvre magnifique ! Vraiment, vous êtes très, très fort ! ». Oubliant que le peintre, c’est Léonard De Vinci.
c) L’humanisme théocentrique
De la même façon, bien des gens aujourd’hui regardent l’homme et se disent, « C’est magnifique », en oubliant que l’homme a un créateur. Les humanistes sont d’accord avec la Bible pour dire que l’être humain est merveilleux ; mais ils oublient ce mot extrêmement important de créature. L’être humain est une créature merveilleuse. C’est Dieu qui a formé ses reins ; c’est Dieu qui a assemblé les morceaux dans le ventre de la maman.
Regardez-vous dans la glace, regardez votre voisin : vous êtes des chefs-d’œuvre du plus grand artiste de tous les temps ! Mais qu’est-ce que ça change de reconnaître que chaque être humain est la création de Dieu ? Ca change tout, car dire que l’être humain est la création de Dieu, c’est reconnaître que nous sommes la « propriété intellectuelle » de Dieu. Ca veut dire que non seulement tout le mérite de ce que nous sommes lui revient exclusivement, mais aussi que Dieu a l’autorité sur notre vie, dès le moment où il nous conçoit et nous façonne. Ca veut dire que le bébé qui est en train d’être formé dans le ventre de sa maman n’appartient pas à sa maman mais il appartient à Dieu. Ce bébé, ce n’est pas l’œuvre de la maman mais l’œuvre de Dieu, car la maman elle-même est l’œuvre de Dieu, et tous les mécanismes de son corps le sont aussi. Beaucoup de féministes, au sujet de l’avortement, réclament le droit de faire ce qu’elles veulent de « leur corps » ; mais vous voyez déjà que cette affirmation s’inscrit dans une perspective qui n’est pas celle de la Bible. Et les versets suivants vont nous montrer, de surcroît, que ce genre d’affirmation porte atteinte à la véritable dignité de l’être humain.
2. « Tes yeux me voyaient », v. 15, 16
a) L’être humain compte pour Dieu, même avant de naître
Que dit le psalmiste ? Que son corps n’était pas caché devant Dieu lorsqu’il était encore dans le ventre de sa mère (v. 15), et que lorsqu’il n’était qu’une masse informe, les yeux de Dieu le voyaient, et que toute sa vie était déjà écrite dans le livre de Dieu (v. 16). Ce que le psalmiste est en train de dire, c’est que même avant sa naissance, il était l’objet de l’attention et de l’affection de Dieu. L’être humain qui n’est pas encore né, et qui n’est qu’un minuscule agrégat de cellules, et que personne d’autre ne peut voir, compte pour Dieu.
b) Le livre et le disque dur
Imaginez que vous soyez un écrivain de best-sellers. Tous les ans, vous publiez un nouveau roman, qui a exigé de votre part des heures et des heures de travail, de concentration, d’effort intellectuel. Ce jour-là, vous venez de finir de taper votre texte à l’ordinateur et vous vous apprêtez à l’envoyer à l’éditeur. Catastrophe ! Vous renversez votre tasse de café sur l’ordi : court-circuit, ordinateur HS, perte irrémédiable de votre texte. Est-ce que vous vous dites, « Bah, c’est pas grave, c’est pas vraiment une perte puisque le livre n’était pas imprimé encore » ? Bien sûr que non. Même avant sa sortie, ce roman comptait pour vous.
c) Traiter son enfant comme un service à Dieu
Dès le moment de la conception, nos enfants existent, car ils comptent aux yeux de Dieu, ils ont une dignité aux yeux de Dieu. Dieu les voit, Dieu s’occupe d’eux, Dieu est en train de tisser ensemble les fibres de leur corps, et tous les jours de leur vie sont déjà inscrits dans le livre de Dieu. Ca veut dire que l’enfant que vous portez, en tant que mère, et par extension, en tant que couple, ne vous a pas été donné, à proprement parler, mais il vous a été confié. Votre responsabilité, c’est de prendre soin de lui comme de la propriété même de Dieu, précieuse à ses yeux même pendant les neufs mois de gestation.
d) Quel dieu servons-nous ?
L’enfantement, c’est un culte rendu à quelqu’un. La façon dont nous enfantons, au sens large (c’est-à-dire à partir de la conception d’un bébé jusqu’à l’éducation qu’on peut donner à un enfant au cours de sa croissance), s’inscrit dans un culte que nous rendons à quelqu’un. La question est de savoir qui. Est-ce le culte de soi-même ? De l’enfant ? D’une politique ? D’une philosophie ? Ou de quelque autre idole ? Sur quel autel offrons-nous nos enfants aujourd’hui, à l’image des Cananéens qui brûlaient leurs enfants en l’honneur de Moloc et de Baal, les faux dieux de l’époque (Lv 18.21, 2R 17.17) ? Quelles sont les motivations des femmes ou des parents qui, volontairement et sans raison médicale sérieuse et véritable, choisissent de faire périr leur enfant alors qu’il grandit paisiblement dans le ventre de sa mère ? Quel dieu sont-ils en train de servir ?
L’inventeur du mensonge et de toutes les idoles, c’est le diable, dont Jésus dit qu’il a été meurtrier dès le commencement (Jn 8.44). Mais nous sommes chrétiens : celui que nous servons, c’est celui qui a fait triompher la vie ; c’est celui qui s’est offert lui-même, à la croix, sur l’autel de l’adversaire, pour que tous ceux qui se confient en lui n’aient pas à passer par là. Et il s’est relevé victorieux, triomphant, et il veut partager avec nous cette vie qu’il a acquise pour nous, cette vie qu’il veut que nous ayons, et que nous ayons en abondance (Jn 10.10). Reconnaître, et recevoir le règne de Jésus-Christ, c’est reconnaître et recevoir la vraie vie, et la vraie dignité de l’homme. C’est reconnaître que le petit fœtus en gestation dans le ventre de sa mère, c’est aussi une âme précieuse aux yeux de Dieu, aimée à un tel point que c’est Dieu qui a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle (Jn 3.16). Vous voyez que les implications éthiques du règne de Christ, et d’une perspective biblique sur le monde, sont radicales. Radicales et exigeantes, car elles compromettent notre autonomie et elles rendent difficiles, parfois, les choix qui se présentent à nous. Le psalmiste répond à ce problème.
3. « Tes pensées me semblent impénétrables », v. 17, 18
a) Dieu est infiniment sage et bon
Le psalmiste s’incline devant l’infinie sagesse de Dieu (v. 17, 18). Il confesse son inaptitude à comprendre les pensées de Dieu. Mais plutôt que d’exprimer sa confusion et son inquiétude devant l’amplitude incroyable de la sagesse de Dieu, il dit plutôt : Je m’éveille, et je suis encore avec toi (v. 18). Il associe à l’infinie sagesse de Dieu son infinie bonté. La sagesse de Dieu, dans ce que nous pouvons comprendre d’elle, nous paraît exigeante ; elle s’oppose à notre autonomie, et parfois, semble-t-il, à notre propre sagesse. Mais la Bible nous invite non seulement à nous référer à la sagesse de Dieu pour nos décisions, mais à nous appuyer en même temps sur sa bonté, ce qui nous permet d’avancer dans la paix plutôt que dans la peur.
b) L’avortement de Beethoven
On raconte l’histoire d’un professeur d’université qui, dans le cadre d’un cours, présente à ses élèves un drôle de cas médical et un véritable problème éthique : « Voici les antécédents familiaux. Le père a la syphilis et il est alcoolique. La mère a la tuberculose et elle est dépressive. Ils ont déjà eu quatre enfants. Le premier est aveugle. Le deuxième est mort. Le troisième est sourd. Le quatrième a la tuberculose. La mère est enceinte de nouveau et les parents demandent votre avis. Que leur conseillez-vous ? » Les étudiants se concertent un moment en petits groupes, et décident de préconiser l’avortement. Le professeur leur répond : « Félicitations, vous venez de supprimer Beethoven ! ».
c) S’en remettre à Dieu dans une totale confiance
Ces étudiants n’auraient pas supprimé Beethoven s’ils s’étaient référés à la sagesse de Dieu, en s’appuyant sur sa bonté. Dieu nous place souvent devant des choix difficiles. Je pense à la femme qui tombe enceinte par accident alors que sa carrière professionnelle est en plein essor. Je pense à la jeune fille qui tombe enceinte alors qu’elle est encore au lycée, et qui craint de le dire à ses parents. Je pense à la femme qui apprend qu’elle est enceinte au moment même où son conjoint vient de l’abandonner. Je pense aux parents qui apprennent que leur bébé est atteint de trisomie 21. Que faire lorsque la sagesse de Dieu semble exiger de nous des décisions que nous ne pensons pas pouvoir supporter ou assumer ? La Bible nous invite à nous en remettre à Dieu dans une totale confiance. Ses pensées sont impénétrables, mais lorsque nous nous réveillons, il est là à nos côtés, et il est resté là toute la nuit.
Conclusion
Il faut bien conclure. Nous avons voulu savoir quel regard la Bible portait sur l’enfantement, pour que cela nous aide à savoir quelle position nous devions avoir, sous le règne de Jésus-Christ, par rapport à l’avortement. Nous avons vu dans ce texte que les êtres humains ne sont pas la création de leurs parents, mais de Dieu. Nous avons vu que les êtres humains comptent et sont précieux aux yeux de Dieu même avant leur naissance. Nous avons vu que Dieu nous invitait, face à des décisions parfois difficiles, à nous en remettre à sa parfaite sagesse, et à sa parfaite bonté. La question de fond, comme souvent, c’est de savoir quelle est notre vision du monde. La vision biblique du monde nous impose de considérer les bébés qui ne sont pas encore nés comme des êtres humains, possédant une dignité égale à la nôtre, objets de l’attention et de l’affection de Dieu. Le fœtus est un être humain. C’est là précisément tout l’enjeu du débat sur l’avortement. C’est cette considération qui change tout. C’est cette vérité qui fait que notre approche de la question de l’avortement ne peut pas être juste pragmatique ; c’est un enjeu de la plus haute importance puisqu’on parle de vies humaines, et les lois qui sont votées ici ou là sont aussi de la plus haute importance. La France a perdu 600,000 vies pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais pendant les trente dernières années, c’est 6,000,000 de français qui ont été tués en toute légalité depuis que l’Interruption Volontaire de Grossesse est autorisée dans notre pays. Il ne nous reste qu’à prier pour que Dieu nous aide à rester convaincus de ce que sa Parole nous enseigne concernant la vie et la dignité de l’être humain, à prier pour que Dieu vienne accroître autour de nous les fruits de l’Évangile qui transforme des vies, et à prier pour que Dieu avance doucement mais sûrement son royaume de paix, et le triomphe de la vie, jusqu’au jour où tout genou fléchira au nom de Jésus et toute langue confessera que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père (Ph 2.10, 11).
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03.02.2009
Un peu d'optimisme (18 janvier 2009)
Ésaïe 11 : 1 – 9 (Luc 4 : 16 – 21)
Introduction
Pour être sûr d’avoir votre attention ce matin, je vais parler d’un sujet qui fâche : la guerre à Gaza. Et pour être sûr que vous écouterez jusqu’au bout, je vais même vous dire tout de suite qu’avant la fin de ma prédication, je vous dirai comment je me positionne par rapport à ce conflit. Et tenez-vous bien, je vous dirai même ce que vous pouvez faire dès aujourd’hui pour contribuer à la résolution de ce conflit. Mais d’abord, quelques questions. Est-ce que vous ne vous sentez pas un peu découragés quand vous voyez ces images à la télé et que vous constatez que l’humanité est vraiment, et bien… déchue ? Est-ce que ça ne vous donne pas envie, en tant que chrétien, de vivre votre vie et votre foi dans votre petit coin sans rien demander à personne en attendant patiemment de rejoindre Jésus au ciel ? Il y a beaucoup de chrétiens qui vivent comme ça : face à la violence du monde, une violence qui ne semble pas diminuer avec le temps, ils sortent de leur poche leur ticket pour le ciel et ils le regardent en se disant : « heureusement qu’un jour, Jésus va mettre un terme à tout cela ; mais rien ne va changer jusqu’au jour où Jésus reviendra ». De l’autre côté, il y a des activistes, des gens qui participent aux manifestations pro-palestiniennes ou pro-israéliennes, voire même qui vont sur place pour essayer de contribuer leur pierre à la résolution du conflit. Mais avec le recul, ça ne semble pas très bien marcher. Alors elles sont où, les raisons d’être optimistes ? Elles sont dans notre texte. Le prophète va nous montrer que nous avons déjà tout ce qu’il nous faut pour faire une différence notable dans le monde ; il va nous inspirer un véritable optimisme face aux conflits dans le monde, mais pas un optimisme basé sur un événement futur à attendre, plutôt un optimisme basé sur quelque chose à faire dès aujourd’hui.
1. Nous sommes équipés
a) Jésus est le Messie idéal (v. 1, 2)
Le prophète vient de parler au peuple de terribles conflits entre le peuple de Dieu et ses ennemis. Il a placé ses lecteurs devant la violence du monde, devant le péché de l’humanité, devant nos besoins les plus profonds, et il va introduire un nouveau personnage, le Messie. Et par la façon dont il le présente, il veut montrer que ce Messie sera le Chef parfait ; il y aura en lui exactement tout ce dont nous avons besoin. Nous avons besoin d’un prophète digne de confiance, qui peut discerner parfaitement la vérité de l’erreur ; nous avons besoin d’un Roi conquérant, d’un fin stratège capable d’étendre son règne de paix ; nous avons besoin d’un prêtre entièrement consacré à Dieu, capable d’être le médiateur parfait pour nous réconcilier avec Dieu et maintenir cette relation pour toujours.
b) L’ouvrier polyvalent
Imaginez que vous venez d’hériter d’un terrain vague, et que vous comptez y construire votre maison. Vous ne pouvez pas le faire tout seul ; vous avez besoin d’un terrassier, d’un maçon, d’un plaquiste, d’un plombier, d’un électricien, d’un charpentier, d’un menuisier, d’un couvreur, d’un carreleur, d’un façadier, voire même d’un peintre, d’un paysagiste, d’un installateur de cheminée, et des déménageurs ! Imaginez maintenant que vous rencontriez quelqu’un qui vous dise : je suis le spécialiste dans tous ces domaines !
c) Reconnaître la suffisance de Jésus
Nous sommes devant ce terrain vague, en tant qu’êtres humains. Nous regardons les informations à la télé, et la guerre à Gaza, et nous mesurons tout ce dont nous avons besoin. Nous avons besoin qu’on nous dise ce qui est vrai et ce qui est faux ; nous avons besoin de quelqu’un qui soit plus puissant que l’injustice, capable de vaincre le mal ; et nous avons besoin de quelqu’un qui puisse nous faire connaître Dieu et rétablir avec lui la relation pour laquelle nous avons été créés. Et dans ce texte Jésus se présente à nous et nous dit : voilà, c’est moi, je suis le spécialiste dans tous ces domaines ; je suis la réponse à tous ces besoins.
La première chose qu’affirme ce texte, c’est la parfaite suffisance du Messie : il est le Prophète dont nous avons besoin, le Roi idéal et le Prêtre parfait (v. 2). Alors la première question qu’on peut se poser, c’est : est-ce que c’est lui que vous avez embauché pour la construction de votre maison ou est-ce que vous en êtes encore à essayer de faire ça tout seul ou éventuellement à l’aide d’ouvriers incompétents ? S’il y a autre chose que Jésus au centre de votre vie, vous allez découvrir que vous êtes encore dans le besoin. Si vous essayez de résoudre les conflits dans votre existence indépendamment de Jésus, vous découvrirez que cela est insuffisant. Et plus généralement encore, tout remède qu’on essaye d’apporter au conflit de Gaza indépendamment de Jésus se révélera insuffisant. Vous dites OK, mais Jésus est au ciel, non ? Qu’est-ce qu’il peut faire pour nous aujourd’hui ?
2. Notre Chef est en activité
a) Un Chef en activité (v. 3 – 5)
Nous imaginons parfois que Jésus n’est pas vraiment impliqué dans les affaires du monde aujourd’hui. Il a accompli son œuvre à la croix, et il est monté au ciel et il va revenir un jour. En attendant, on doit essayer de sauver un maximum d’âmes. Ce n’est pas faux, mais l’œuvre du Messie est décrite en des termes un peu différents dans ce texte. Le Messie doit venir, et en tant que Roi, il doit occuper le rôle d’un Juge parfaitement juste. Il doit arbitrer la terre (v. 4). C’est ainsi qu’un roi exerce son règne. Les Évangiles racontent que Jésus est venu inaugurer ce royaume (le royaume des cieux, dans Matthieu). Il a vaincu tous ses ennemis et il s’est assis sur le trône de l’univers (voir Philippiens 2.8, 9).
b) La parole, sceptre de Jésus
Depuis son ascension, Jésus est en campagne, il est en activité. Dans l’introduction au livre des Actes, Luc écrit : je vous ai parlé de tout ce que Jésus a commencé de faire… (Ac 1.1). Comment Jésus exerce-t-il son règne aujourd’hui ? Ésaïe nous dit qu’il frappe la terre du sceptre de sa parole, et que du souffle de ses lèvres il fait mourir le méchant (v. 4). Je vous présente le sceptre de Jésus : la Bible. Le souffle de ses lèvres : la Bible. Jésus exerce son rôle de Roi et de Juge, depuis son ascension, par le moyen de sa Parole. Hé 4.12 : la parole de Dieu est vivante et efficace, plus acérée qu’aucune épée à double tranchant ; elle pénètre jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle est juge des sentiments et des pensées du cœur. Voir aussi Ép 6.17, « l’épée de l’Esprit ».
Vous voyez que Jésus est impliqué dans le monde aujourd’hui, en tout cas il compte l’être, par le moyen de sa parole. C’est le sécateur du vigneron (Jn 15.3). Et Ésaïe nous certifie que tout ce que Jésus accomplit par le moyen de sa parole est parfaitement juste (v. 5). Vous reconnaissez peut-être en Jésus l’ouvrier polyvalent, spécialiste de tous les domaines dans lesquels vous avez des besoins, mais pour accueillir son œuvre, il faut placer votre confiance en lui, et placer votre confiance en lui, c’est aussi recevoir avec confiance tout ce qu’il dit. C’est pour cela qu’étudier la Bible, écouter les prédications, aller à l’étude biblique, mais aussi diffuser le message biblique, est très important ; c’est comme ça que Jésus agit ici-bas. Mais est-ce que vous êtes prêts, à l’écoute de cette Parole, à modifier votre perspective sur le monde afin de la conformer à la perspective de Jésus ? C’est lui l’Arbitre de tous les domaines de la vie, du plus petit détail de votre vie jusqu’aux enjeux planétaires d’un conflit comme celui à Gaza, et il a quelque chose à dire ! Mais il reste encore une question : on a dit que Jésus était le Messie idéal, capable d’apporter la réponse à tous nos besoins, et qu’il a déjà inauguré son royaume et qu’il est déjà en train d’exercer son règne par le moyen de sa parole. Mais concrètement, qu’est-ce qu’il compte faire et comment cela se passe-t-il ?
3. La mission du Chef commence ici
a) La description du royaume (v. 6 – 9)
Ayant établi ces principes, Ésaïe se met à décrire le royaume : tous ces êtres ennemis seront ensemble, en parfaite harmonie. Cette communion des animaux se réalisera sans doute pleinement sur la nouvelle terre, mais dès aujourd’hui, cette description s’applique au royaume que Jésus a inauguré, et dont l’Église est l’expression ici-bas. Vous savez combien les animaux sont des images, dans la Bible, de différents types de personnes. Ce qu’Ésaïe est en train de dire, c’est que dans l’Église (la montagne sainte, v. 9), Jésus compte instaurer ce genre d’harmonie. Le Roi Jésus va réunir dans son royaume des gens qui étaient ennemis en-dehors. L’exemple récurrent dans le NT c’est celui des Juifs et des païens, mais aujourd’hui on pourrait citer toutes ces situations de conflits qui opposent des gens les uns aux autres, et dont la seule résolution durable se trouve en Jésus : socialistes et capitalistes, écologistes et industriels, riches et pauvres, jeunes et vieux, hommes et femmes, supporters de l’OL et supporters de St Etienne, et bien sûr, Palestiniens et Israéliens.
b) Changer le monde, ça commence chez soi
Mais où cette réconciliation doit-elle commencer ? Elle doit commencer ici, à l’endroit même du royaume où Dieu m’a placé. Le premier conflit que Jésus veut résoudre, c’est celui qui m’oppose à Dieu ; il m’offre le pardon grâce à son œuvre à la croix. Puis Jésus veut résoudre les conflits dans ma propre maison ; il veut que là déjà, la vache et l’ourse aient un même pâturage (v. 7, etc.) ! Puis il veut que l’Église devienne l’expression de l’harmonie du royaume, où il ne se fait ni tort ni dommage sur sa montagne sainte (v. 9).
c) Le masque à oxygène
Le problème, c’est que parfois nous nous préoccupons de l’état du monde aux dépens de l’état du royaume. Quand on prend l’avion, je suis toujours frappé par les instructions de sécurité : dans l’éventualité d’une dépressurisation de la cabine, des masques à oxygène doivent tomber du plafond, et il nous est dit qu’il faut impérativement mettre le sien avant d’aider les autres à mettre le leur, même les enfants. C’est parce que sinon, on risque de s’évanouir et de ne pouvoir aider personne !
Il y a en général deux types de personnes dans le monde. Il y a les chrétiens très convaincus de leur salut, qui sont confrontés aux conflits dans le monde et qui voient le masque à oxygène tomber et qui se disent, plutôt que de mettre le masque à oxygène je vais témoigner à mon voisin pour qu’il y ait une chance au moins que son âme soit sauvée. Malheureusement, vous risquez de vous évanouir avant d’avoir pu témoigner, et vous n’aurez aidé personne, d’autant que le pilote de l’avion c’est Jésus lui-même et que c’était sa voix dans le haut parleur qui disait aux passagers de mettre leur masque à oxygène. Le deuxième type de personnes c’est celui qui est confronté aux conflits dans le monde et qui voit les masques à oxygène tomber, et qui se lève de son siège avec beaucoup d’abnégation pour aider tous les autres passagers à mettre leur masque. Malheureusement, il va s’évanouir aussi avant d’avoir pu aider quiconque, notamment son voisin qui a les bras trop courts pour attraper le masque à oxygène tout seul. Quelle est la meilleure façon de venir en aide aux autres gens dans l’avion ? Mets ton masque d’abord !
Conclusion
Ce texte nous a parlé du Messie que Dieu nous a envoyé pour résoudre nos problèmes et satisfaire nos besoins les plus profonds. Ce Messie incarne exactement tout ce dont nous avions besoin. Il est venu, il a vu, et il a vaincu et il a inauguré son royaume et il s’est assis sur un trône, et toutes choses lui ont été soumises, et il est en train d’exercer son règne par le moyen de son sceptre et du souffle de ses lèvres qui est sa Parole. Il compte instaurer dans son royaume une pleine harmonie, une paix durable, tout cela dans le cadre de sa justice parfaite. Petit à petit Jésus accomplit son plan pour le monde, il déploie progressivement son règne et son autorité, jusqu’au jour où la connaissance de l’Éternel remplira la terre, comme les eaux recouvrent le fond de la mer (v. 9). Alors je vous avais promis que je vous dirais comment je me positionne par rapport au conflit à Gaza. Et bien j’affirme qu’il n’y aura jamais de paix durable entre Israéliens et Palestiniens tant qu’ils ne recevront pas, les uns comme les autres, Jésus comme le Prophète infaillible, comme le Roi de justice et de paix, et comme l’unique Prêtre et médiateur entre les hommes et Dieu. Je vous avais aussi promis de vous dire ce que vous pouvez faire dès aujourd’hui pour contribuer à la résolution de ce conflit. Et bien mettez votre masque à oxygène. Ne vous préoccupez pas de Gaza si vous n’êtes pas réconcilié déjà vous-même avec Dieu, si vous n’avez pas reçu vous-même le Messie Jésus-Christ comme votre prophète, votre Roi et votre médiateur. Et si vous avez reçu Jésus dans votre vie, alors accueillez aussi son autorité, exercée par le moyen de sa Parole, et recevez l’harmonie du royaume dans votre propre vie, dans votre famille, et dans l’Église. Vivez ici cette harmonie décrite par Ésaïe, incarnez-la là où Dieu vous a placés dans ce monde, et ce sera la meilleure contribution que vous pourrez apporter à la résolution du conflit à Gaza. Face à la violence du journal télévisé, ou celle du coin de la rue, la Bible veut remplacer notre découragement par un véritable optimisme, une espérance robuste et concrète. Cet optimisme n’est pas seulement basé sur le retour futur de Jésus-Christ, qui abolira toute souffrance et toute injustice, mais cet optimisme est déjà basé sur l’accueil que nous réservons dès aujourd’hui à Jésus-Christ et à l’œuvre qu’il compte accomplir, dès aujourd’hui, et dès ici-bas, en commençant dans ma propre vie.
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