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17/02/2009

L'Avortement sous le règne de Christ (15 février 2009)

Psaume 139.13-18


Introduction
Le nombre d’Interruptions Volontaires de Grossesse (IVG) en France est d’environ 200,000 par an, soit à peu près un avortement pour toutes les trois naissances. Ce n’est donc pas un phénomène rare ou marginal. L’avortement a été, et continue d’être, au cœur de violentes polémiques. Les mentalités et les lois concernant l’IVG ont évolué de façon spectaculaire au cours des 35 dernières années. Jusqu’en 1975, l’avortement était considéré par la loi française comme un crime. En 1975, l’avortement volontaire est devenu légal à condition qu’il soit pratiqué dans un délai de 10 semaines. Ce délai a été allongé à 12 semaines en 2001, et entre-temps, les conditions d’accès à l’avortement ont été considérablement assouplies pour les jeunes filles mineures, qui n’ont même plus l’obligation d’informer leurs parents. Dans d’autres pays d’Europe, comme aux Pays-Bas, en Espagne et en Grande Bretagne, le délai légal de recours à l’IVG a déjà été allongé à 22 semaines de grossesse. Face à cette évolution rapide des lois, on entend de temps à autre des voix qui s’élèvent en protestation, notamment celle de l’Église catholique qui, au cours des années, a continué de condamner fermement la légalisation de l’IVG, puis l’assouplissement des lois sur l’avortement, parlant d’états « tyrans » qui « violent le droit à la vie », et dénonçant dans ces lois « un déni d’humanité » et une « culture de mort » (Source). Et vous, comment vous situez-vous au milieu de tout ça ? Qu’est-ce qui détermine votre opinion sur l’IVG, et qu’est-ce qui déterminera votre choix le jour où vous ferez face à une grossesse non désirée ? Si vous croyez qu’il y a un Dieu, cela veut dire que vous reconnaissez que c’est Dieu qui, par définition, a défini le but et les règles de votre vie, puisque c’est lui le concepteur et le créateur de tout ce qui existe. C’est en reconnaissant cette vérité, certes politiquement incorrecte, que je vous invite à tourner votre attention vers ce que la Bible a à dire au sujet de l’enfantement, et c’est dans cette perspective-là que nous pourrons avoir, sur l’avortement, le regard que Dieu veut que nous ayons.


1. « C’est toi qui as formé mes reins », v. 13, 14

a) L’être humain est la création de Dieu
Ce psaume parle de l’omnipotence, de l’omniprésence, et de l’omniscience de Dieu. Le psalmiste évoque ce que ça veut dire que de croire qu’il y a un Dieu. Dans cette troisième strophe, il s’émerveille particulièrement de la création de l’être humain. Il proclame haut et fort que c’est bien Dieu qui a créé l’être humain : C’est toi qui as formé mes reins (v. 13). Il se regarde dans la glace, pour ainsi dire, et il rend gloire à Dieu !

b) Le tableau, le peintre et le musée
Aujourd’hui, bien sûr, cette vérité est contestée. Bien des gens ne croient pas qu’il y a un Dieu, et d’autres gens croient qu’il y a un Dieu mais ne s’intéressent pas à lui, et ne pensent pas au fait que les êtres humains sont des créations de Dieu. C’est comme si on allait au musée du Louvre et qu’on s’extasiait devant le tableau de La Joconde, et qu’on se tournait vers le conservateur du musée pour lui dire, « Je vous félicite ! Quelle œuvre magnifique ! Vraiment, vous êtes très, très fort ! ». Oubliant que le peintre, c’est Léonard De Vinci.

c) L’humanisme théocentrique
De la même façon, bien des gens aujourd’hui regardent l’homme et se disent, « C’est magnifique », en oubliant que l’homme a un créateur. Les humanistes sont d’accord avec la Bible pour dire que l’être humain est merveilleux ; mais ils oublient ce mot extrêmement important de créature. L’être humain est une créature merveilleuse. C’est Dieu qui a formé ses reins ; c’est Dieu qui a assemblé les morceaux dans le ventre de la maman.

Regardez-vous dans la glace, regardez votre voisin : vous êtes des chefs-d’œuvre du plus grand artiste de tous les temps ! Mais qu’est-ce que ça change de reconnaître que chaque être humain est la création de Dieu ? Ca change tout, car dire que l’être humain est la création de Dieu, c’est reconnaître que nous sommes la « propriété intellectuelle » de Dieu. Ca veut dire que non seulement tout le mérite de ce que nous sommes lui revient exclusivement, mais aussi que Dieu a l’autorité sur notre vie, dès le moment où il nous conçoit et nous façonne. Ca veut dire que le bébé qui est en train d’être formé dans le ventre de sa maman n’appartient pas à sa maman mais il appartient à Dieu. Ce bébé, ce n’est pas l’œuvre de la maman mais l’œuvre de Dieu, car la maman elle-même est l’œuvre de Dieu, et tous les mécanismes de son corps le sont aussi. Beaucoup de féministes, au sujet de l’avortement, réclament le droit de faire ce qu’elles veulent de « leur corps » ; mais vous voyez déjà que cette affirmation s’inscrit dans une perspective qui n’est pas celle de la Bible. Et les versets suivants vont nous montrer, de surcroît, que ce genre d’affirmation porte atteinte à la véritable dignité de l’être humain.


2. « Tes yeux me voyaient », v. 15, 16

a) L’être humain compte pour Dieu, même avant de naître
Que dit le psalmiste ? Que son corps n’était pas caché devant Dieu lorsqu’il était encore dans le ventre de sa mère (v. 15), et que lorsqu’il n’était qu’une masse informe, les yeux de Dieu le voyaient, et que toute sa vie était déjà écrite dans le livre de Dieu (v. 16). Ce que le psalmiste est en train de dire, c’est que même avant sa naissance, il était l’objet de l’attention et de l’affection de Dieu. L’être humain qui n’est pas encore né, et qui n’est qu’un minuscule agrégat de cellules, et que personne d’autre ne peut voir, compte pour Dieu.

b) Le livre et le disque dur
Imaginez que vous soyez un écrivain de best-sellers. Tous les ans, vous publiez un nouveau roman, qui a exigé de votre part des heures et des heures de travail, de concentration, d’effort intellectuel. Ce jour-là, vous venez de finir de taper votre texte à l’ordinateur et vous vous apprêtez à l’envoyer à l’éditeur. Catastrophe ! Vous renversez votre tasse de café sur l’ordi : court-circuit, ordinateur HS, perte irrémédiable de votre texte. Est-ce que vous vous dites, « Bah, c’est pas grave, c’est pas vraiment une perte puisque le livre n’était pas imprimé encore » ? Bien sûr que non. Même avant sa sortie, ce roman comptait pour vous.

c) Traiter son enfant comme un service à Dieu
Dès le moment de la conception, nos enfants existent, car ils comptent aux yeux de Dieu, ils ont une dignité aux yeux de Dieu. Dieu les voit, Dieu s’occupe d’eux, Dieu est en train de tisser ensemble les fibres de leur corps, et tous les jours de leur vie sont déjà inscrits dans le livre de Dieu. Ca veut dire que l’enfant que vous portez, en tant que mère, et par extension, en tant que couple, ne vous a pas été donné, à proprement parler, mais il vous a été confié. Votre responsabilité, c’est de prendre soin de lui comme de la propriété même de Dieu, précieuse à ses yeux même pendant les neufs mois de gestation.

d) Quel dieu servons-nous ?
L’enfantement, c’est un culte rendu à quelqu’un. La façon dont nous enfantons, au sens large (c’est-à-dire à partir de la conception d’un bébé jusqu’à l’éducation qu’on peut donner à un enfant au cours de sa croissance), s’inscrit dans un culte que nous rendons à quelqu’un. La question est de savoir qui. Est-ce le culte de soi-même ? De l’enfant ? D’une politique ? D’une philosophie ? Ou de quelque autre idole ? Sur quel autel offrons-nous nos enfants aujourd’hui, à l’image des Cananéens qui brûlaient leurs enfants en l’honneur de Moloc et de Baal, les faux dieux de l’époque (Lv 18.21, 2R 17.17) ? Quelles sont les motivations des femmes ou des parents qui, volontairement et sans raison médicale sérieuse et véritable, choisissent de faire périr leur enfant alors qu’il grandit paisiblement dans le ventre de sa mère ? Quel dieu sont-ils en train de servir ?

L’inventeur du mensonge et de toutes les idoles, c’est le diable, dont Jésus dit qu’il a été meurtrier dès le commencement (Jn 8.44). Mais nous sommes chrétiens : celui que nous servons, c’est celui qui a fait triompher la vie ; c’est celui qui s’est offert lui-même, à la croix, sur l’autel de l’adversaire, pour que tous ceux qui se confient en lui n’aient pas à passer par là. Et il s’est relevé victorieux, triomphant, et il veut partager avec nous cette vie qu’il a acquise pour nous, cette vie qu’il veut que nous ayons, et que nous ayons en abondance (Jn 10.10). Reconnaître, et recevoir le règne de Jésus-Christ, c’est reconnaître et recevoir la vraie vie, et la vraie dignité de l’homme. C’est reconnaître que le petit fœtus en gestation dans le ventre de sa mère, c’est aussi une âme précieuse aux yeux de Dieu, aimée à un tel point que c’est Dieu qui a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle (Jn 3.16). Vous voyez que les implications éthiques du règne de Christ, et d’une perspective biblique sur le monde, sont radicales. Radicales et exigeantes, car elles compromettent notre autonomie et elles rendent difficiles, parfois, les choix qui se présentent à nous. Le psalmiste répond à ce problème.


3. « Tes pensées me semblent impénétrables », v. 17, 18

a) Dieu est infiniment sage et bon
Le psalmiste s’incline devant l’infinie sagesse de Dieu (v. 17, 18). Il confesse son inaptitude à comprendre les pensées de Dieu. Mais plutôt que d’exprimer sa confusion et son inquiétude devant l’amplitude incroyable de la sagesse de Dieu, il dit plutôt : Je m’éveille, et je suis encore avec toi (v. 18). Il associe à l’infinie sagesse de Dieu son infinie bonté. La sagesse de Dieu, dans ce que nous pouvons comprendre d’elle, nous paraît exigeante ; elle s’oppose à notre autonomie, et parfois, semble-t-il, à notre propre sagesse. Mais la Bible nous invite non seulement à nous référer à la sagesse de Dieu pour nos décisions, mais à nous appuyer en même temps sur sa bonté, ce qui nous permet d’avancer dans la paix plutôt que dans la peur.

b) L’avortement de Beethoven
On raconte l’histoire d’un professeur d’université qui, dans le cadre d’un cours, présente à ses élèves un drôle de cas médical et un véritable problème éthique : « Voici les antécédents familiaux. Le père a la syphilis et il est alcoolique. La mère a la tuberculose et elle est dépressive. Ils ont déjà eu quatre enfants. Le premier est aveugle. Le deuxième est mort. Le troisième est sourd. Le quatrième a la tuberculose. La mère est enceinte de nouveau et les parents demandent votre avis. Que leur conseillez-vous ? » Les étudiants se concertent un moment en petits groupes, et décident de préconiser l’avortement. Le professeur leur répond : « Félicitations, vous venez de supprimer Beethoven ! ».

c) S’en remettre à Dieu dans une totale confiance
Ces étudiants n’auraient pas supprimé Beethoven s’ils s’étaient référés à la sagesse de Dieu, en s’appuyant sur sa bonté. Dieu nous place souvent devant des choix difficiles. Je pense à la femme qui tombe enceinte par accident alors que sa carrière professionnelle est en plein essor. Je pense à la jeune fille qui tombe enceinte alors qu’elle est encore au lycée, et qui craint de le dire à ses parents. Je pense à la femme qui apprend qu’elle est enceinte au moment même où son conjoint vient de l’abandonner. Je pense aux parents qui apprennent que leur bébé est atteint de trisomie 21. Que faire lorsque la sagesse de Dieu semble exiger de nous des décisions que nous ne pensons pas pouvoir supporter ou assumer ? La Bible nous invite à nous en remettre à Dieu dans une totale confiance. Ses pensées sont impénétrables, mais lorsque nous nous réveillons, il est là à nos côtés, et il est resté là toute la nuit.


Conclusion
Il faut bien conclure. Nous avons voulu savoir quel regard la Bible portait sur l’enfantement, pour que cela nous aide à savoir quelle position nous devions avoir, sous le règne de Jésus-Christ, par rapport à l’avortement. Nous avons vu dans ce texte que les êtres humains ne sont pas la création de leurs parents, mais de Dieu. Nous avons vu que les êtres humains comptent et sont précieux aux yeux de Dieu même avant leur naissance. Nous avons vu que Dieu nous invitait, face à des décisions parfois difficiles, à nous en remettre à sa parfaite sagesse, et à sa parfaite bonté. La question de fond, comme souvent, c’est de savoir quelle est notre vision du monde. La vision biblique du monde nous impose de considérer les bébés qui ne sont pas encore nés comme des êtres humains, possédant une dignité égale à la nôtre, objets de l’attention et de l’affection de Dieu. Le fœtus est un être humain. C’est là précisément tout l’enjeu du débat sur l’avortement. C’est cette considération qui change tout. C’est cette vérité qui fait que notre approche de la question de l’avortement ne peut pas être juste pragmatique ; c’est un enjeu de la plus haute importance puisqu’on parle de vies humaines, et les lois qui sont votées ici ou là sont aussi de la plus haute importance. La France a perdu 600,000 vies pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais pendant les trente dernières années, c’est 6,000,000 de français qui ont été tués en toute légalité depuis que l’Interruption Volontaire de Grossesse est autorisée dans notre pays. Il ne nous reste qu’à prier pour que Dieu nous aide à rester convaincus de ce que sa Parole nous enseigne concernant la vie et la dignité de l’être humain, à prier pour que Dieu vienne accroître autour de nous les fruits de l’Évangile qui transforme des vies, et à prier pour que Dieu avance doucement mais sûrement son royaume de paix, et le triomphe de la vie, jusqu’au jour où tout genou fléchira au nom de Jésus et toute langue confessera que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père (Ph 2.10, 11).

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