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22/11/2008

Jérémie 42-44

Le peuple de Juda doit faire face à un nouveau défi. Par crainte de représailles de la part des Chaldéens, suite à un événement fâcheux (ch. 41), ils se demandent s’ils ne feraient pas mieux de se retirer en Égypte plutôt que de rester en territoire conquis par Babylone. Le ministère prophétique de Jérémie est donc sollicité à ce sujet, pour connaître le conseil de Dieu (42 : 1 – 6). La consécration du peuple, et sa détermination à suivre les ordres de Dieu, semblent sincères (v. 5, 6). Seulement, la réponse de Dieu déçoit le peuple (v. 10 – 12), et bien que le message soit extrêmement clair et précis (13 – 19), le peuple ne veut pas croire que la prophétie est authentique (42 : 20 – 22, 43 : 1 – 7). L’hypocrisie religieuse du peuple est ainsi mise à nu. Leur profession de foi n’est pas sincère.

Dieu communique alors au peuple, à travers Jérémie, le châtiment qu’ils vont subir à cause de leur refus d’écouter les prophéties. Neboukadnetsar envahira l’Égypte aussi, qui ne sera pas pour le peuple de Juda l’abri escompté (43 : 8 – 13). Il est impossible de fuir Dieu ; il ne sert à rien d’essayer d’échapper à son jugement. Il est tentant, évidemment, d’essayer de négocier les termes de la révélation de Dieu, de contourner les éléments qui nous contrarient, de raisonner avec la Parole de Dieu, même lorsqu’elle est claire et précise. C’est le signe d’un profond orgueil et d’une dangereuse hypocrisie spirituelle. Comme pour Yohanân et le peuple de Juda, la sentence de Dieu sera sévère et inévitable.

Il n’est pas question que le peuple puisse se trouver des excuses lorsque le temps du châtiment sera venu. C’est pourquoi, pour la énième fois, Dieu rappelle au peuple l’obstination dont celui-ci a fait preuve depuis longtemps, et qui a déjà attiré sur lui la correction divine, conformément aux prophéties auxquelles ils n’ont pas voulu croire (44 : 2 – 6). Jérémie leur fait comprendre qu’un tel refus obstiné de s’humilier, de reconnaître ses fautes, même sous la correction sévère de Dieu, est consternant (v. 7 – 10). C’est pourquoi le peuple est inexcusable, et Dieu annonce qu’il va exterminer presque entièrement le peuple réfugié en Égypte (v. 11 – 14). Malgré ces imprécations terribles, le peuple ne veut pas croire Jérémie, et considère ouvertement maintenant que le culte des idoles est plus avantageux que le culte de Dieu (v. 15 – 19) ! Leur égarement est total, et leur péché inexcusable ; la patience de Dieu a été remarquable, son châtiment sera terrible et juste.

18/11/2008

Jérémie 37-38

Le fil conducteur des chapitres 37 et 38, c’est le balancement du roi Sédécias entre l’influence de ses ministres et celle de Jérémie. Dès l’ouverture de cet épisode, l’indécision du roi Sédécias est illustrée par le fait que d’une part, il n’a pas voulu écouter les paroles du prophète, mais que d’autre part, il lui demande de prier en sa faveur (37 : 1 – 3). La réponse de Dieu est sans équivoque ; le peuple de Juda est condamné à perdre la bataille contre les Chaldéens, car Dieu l’a décidé ainsi (37 : 6 – 10). En fait, Dieu a déjà ordonné au peuple, à travers Jérémie, de ne pas résister à l’envahisseur, mais au contraire, de se rendre à lui (ch. 27). Seulement les ministres s’opposent fortement à cette idée. Jérémie se trouve comme tiraillé entre l’inimitié des ministres et la sympathie du roi. Ainsi, lorsque les ministres font emprisonner Jérémie sous prétexte qu’il semblait vouloir se rendre à l’envahisseur, le roi ordonna malgré tout qu’il soit bien traité (37 : 11 – 16, 21).

La réticence, ou l’incapacité, du roi à trancher entre les recommandations des ministres et celles de Jérémie devient plus évidente encore au chapitre 38. Fidèle à l’ordre de Dieu, Jérémie continue de prôner la reddition, ce qui attire sur lui la colère meurtrière des ministres (v. 1 – 4). On découvre ensuite un Sédécias pathétique, indécis, dominé et manipulé par ses propres conseillers (v. 5, 6), qui renonce à protéger le prophète. Chose étonnante et quelque peu scandaleuse, c’est un étranger, un Éthiopien, qui finit par prendre la défense de Jérémie et qui ramène le roi à la raison (v. 7 – 13).

Le chapitre 38 se termine par un dialogue entre Sédécias et Jérémie, où la faiblesse de caractère du roi apparaît à son comble (v. 14 – 28). Jérémie lui répète qu’il faut se rendre à l’ennemi et qu’ainsi seulement il aurait la vie sauve et la ville serait épargnée. Mais Sédécias lui avoue qu’il a peur de représailles de la part de son propre peuple. La réponse de Jérémie révèle le fond du problème de Sédécias : il lui faut par-dessus tout écouter la voix de l’Éternel (v. 20). Jérémie réitère ensuite l’avertissement de Dieu. Mais le roi reste indécis, dépassé par les événements, incapable de choisir entre la parole de Dieu et le conseil de ses ministres. C’est un exemple très concret du danger de l’hypocrisie spirituelle, et du refus de s’engager volontairement et totalement dans les voies de Dieu. Qui n’est pas tenté d’essayer de plaire à tout le monde ; à Dieu comme aux hommes ? Qui, s’il veut s’assurer une bonne réputation, ne se retrouve pas à dissimuler sa relation avec Dieu, comme le fit Sédécias (37 : 17) ? Mais il n’y a pas de neutralité possible, pas de partage entre les hommes et Dieu. L’indécision spirituelle est mortelle ; la parole vivifiante de Dieu doit être écoutée, reçue et obéie tout de suite.

17/11/2008

Nouveauté sur le site

Vous trouverez dans la colonne de droite de ce site (en-dessous de "Votre existence") des liens vers les principales confessions de foi auxquelles se rattachent les églises réformées évangéliques. Bonne lecture !

Jérémie 36

Le chapitre 36 raconte comment Dieu a donné l’ordre à Jérémie de mettre par écrit toutes les prophéties qu’il lui a communiquées, celles-ci étant largement constituées d’avertissements et de sentences à l’encontre du peuple d’Israël. C’est ainsi que Jérémie dicte le contenu des prophéties à un scribe, Baruch, qui à son tour est chargé de lire ces paroles dans le cadre d’une célébration au Temple, à Jérusalem. Baruch s’exécute, et l’événement est porté à l’attention des ministres, qui le convoquent au palais. Il faut remarquer que les ministres ne se trouvent pas au Temple au moment où Baruch fait sa lecture. La Parole de Dieu est communiquée au peuple avant de l’être aux responsables du peuple. C’est un signe de la déchéance spirituelle des chefs politiques du royaume de Juda.

Les ministres découvrent avec effroi le contenu des prophéties, et anticipant avec justesse la réaction négative du roi, ils encouragent Baruch et Jérémie à se cacher pour éviter ses représailles. En effet, lorsque le roi découvre à son tour le contenu des prophéties, il détruit par le feu l’intégralité du rouleau et cherche en vain à faire prisonniers Baruch et Jérémie. Alors, Dieu ordonne à Jérémie de mettre de nouveau les prophéties par écrit, cette fois avec un ajout concernant une sentence sévère contre le roi et sa descendance, pour avoir refusé d’écouter sa parole. Il est admirable de constater dans cet incident la suprématie de la Parole de Dieu ; le roi Yéhoyaqim a détruit le rouleau des prophéties de Jérémie, qu’à cela ne tienne, il sera réécrit dans son intégralité. Le texte précise même que beaucoup d’autres paroles semblables y furent ajoutées (v. 32).

La Parole de Dieu, en effet, est puissante, ou l’on pourrait dire encore, vivante et efficace (Hé 4 : 12). Cet épisode montre que la Parole de Dieu ne laisse pas indifférent mais qu’elle suscite toujours une réaction, fusse-t-elle bonne ou mauvaise. La réaction des ministres semble mitigée ; ils ressentent un effroi sincère à l’écoute des prophéties et ils semblent même prendre parti avec Jérémie. Sans doute fut-ce des ministres qui ont prié le roi de ne pas brûler le rouleau (v. 25). Mais le roi eut quant à lui une réaction orgueilleuse à l’écoute de la Parole de Dieu et non seulement il refusa de l’écouter, mais il chercha aussi à la faire taire. Le récit montre qu’il y a un grave danger à essayer de faire cela. La Parole de Dieu doit toujours être écoutée et reçue avec humilité, dans un esprit de soumission.

Le Symbole dit d'Athanase

Voici quelle est la foi catholique [c-à-d "universelle" et fidèle au "tout" de la révélation biblique] : vénérer un seul Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'unité, sans confondre les personnes et sans diviser la substance.

La personne du Père est une, celle du Fils est une, celle du Saint-Esprit est une ; mais le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne forment qu'un seul Dieu. Ils ont une gloire égale et une majesté coéternelle ; tel est le Père, tel est le Fils, tel est le Saint-Esprit.

Le Père est incréé, le Fils est incréé, le Saint-Esprit est incréé. Le Père est immense, le Fils est immense, le Saint-Esprit est immense. Le Père est éternel, le Fils est éternel, le Saint-Esprit est éternel : et cependant il n'y a pas trois éternels, mais un seul éternel ; de même il n'y a pas trois incréés, ni trois immenses, mais un seul incréé et un seul immense. De même, le Père est tout-puissant ; tout-puissant est le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ; et, cependant, il n'y a pas trois tout-puissants, mais un seul tout-puissant. De même le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; et, cependant, il n'y a pas trois Dieux mais un seul Dieu, parce que de même que la vérité chrétienne nous oblige de confesser que chaque Personne séparément est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique [voir plus haut] nous défend de dire trois Dieux ou trois Seigneurs.

Le Père ne tient son existence d'aucun être ; il n'a été ni créé, ni engendré. Le Fils tient son existence du Père seul ; il n'a été ni fait, ni créé, mais engendré. Le Saint-Esprit n'a été fait, ni créé, ni engendré par le Père et le Fils, mais il procède du Père et du Fils. Il y a donc un seul Père, non trois Pères, un seul Fils, non trois Fils, un seul Esprit saint, non trois Esprits saints. Et dans cette Trinité, il n'y a ni passé, ni futur, ni plus grand, ni moins grand ; mais les trois personnes tout entières sont coéternelles et coégales ; de sorte qu'en tout, comme il a été dit déjà, on doit adorer l'unité dans la Trinité et la Trinité dans l'unité.

Celui donc qui veut être sauvé doit avoir cette croyance de la Trinité.

Mais il est encore nécessaire pour le salut éternel de croire fidèlement l'incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. La foi exacte consiste donc à croire et à confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme. Il est Dieu, étant engendré de la substance du Père avant tous les temps ; il est homme, étant né dans le temps de la substance de sa mère ; Dieu parfait et homme parfait, composé d'une âme raisonnable et d'une chair humaine ; égal au Père selon la divinité ; inférieur au Père selon l'humanité. Et bien qu'il soit Dieu et homme, il n'est pas néanmoins deux personnes mais un seul Christ ; il est un, non que la divinité ait été changée en humanité, mais parce qu'il a pris l'humanité pour l'unir à la divinité ; un enfin, non par confusion de substance, mais par unité de personne ; car comme l'âme raisonnable et le corps sont un seul homme, de même Dieu et l'homme sont un seul Christ qui a souffert pour notre salut, est descendu aux enfers, est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts.

A son avènement, tous les hommes doivent ressusciter avec leurs corps et ils rendront compte de leurs propres actions. Et ceux qui auront fait le bien iront dans la vie éternelle ; ceux qui auront fait le mal, dans le feu éternel.

Telle est la foi catholique [voir plus haut] : quiconque ne la croit pas fidèlement ne pourra être sauvé.

Les plus anciens manuscrits de ce symbole remontent au VIIIe et IXe siècles. Un psautier de Cambridge, du IXe siècle, l'attribue à saint Athanase, bien à tort. Il s'agit d'un parrainage moral. Il n'est pas dit que les deux parties (la première sur la doctrine trinitaire, la seconde sur la doctrine christologique) soient de la même main. Dans sa rédaction fondamentale, la première daterait du Ve siècle; l'origine de la seconde est complètement obscure. Le texte n'atteignit sa forme actuelle et définitive que vers 850 d'après certains critiques, dès le VIe siècle d'après Harnack, entre 430 et 500 d'après d'autres. Ce symbole est d'origine latine et gauloise.

Nous avons donné la traduction de M. Louis Prunel, vice-recteur de l'Institut catholique de Paris.

Le Symbole de Nicée

Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles.

Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père, avant tous les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non crée, d'une même substance que le Père et par qui tout a été fait, qui, pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux et s'est incarné par le Saint-Esprit dans la vierge Marie et a été fait homme. Il a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate, il a souffert et il a été enseveli, il est ressuscité des morts le troisième jour, d'après les Ecritures, il est monté aux cieux, il s'est assis à la droite du Père. De là, il reviendra avec gloire pour juger les vivants et les morts. Son Règne n'aura pas de fin.

Nous croyons en l'Esprit saint, qui règne et donne la vie, qui procède du Père et du Fils, qui a parlé par les prophètes, qui avec le Père et avec le Fils est adoré et glorifié. Nous croyons une seule Eglise sainte, universelle et apostolique. Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés, nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen.

Le texte ci-dessus est la traduction du texte latin, reçu dans les Eglises d'Occident. Le texte latin est celui de Denys-le-Petit, qui l'a lui-même traduit du grec. Le Concile de Nicée a été convoqué en 324-325 pour régler la controverse dogmatique soulevée par Arius.

Le Symbole des Apôtres

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre.

Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit et qui est né de la vierge Marie ; il a souffert sous Ponce-Pilate ; il a été crucifié, il est mort, il a été enseveli, il est descendu aux enfers ; le troisième jour, il est ressusscité des morts ; il est monté au Ciel ; il siège à la droite de Dieu le Père tout-puissant ; il viendra de là pour juger les vivants et les morts.

Je crois en l'Esprit saint ; je crois la sainte Eglise universelle, la communion des saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair et la vie éternelle.

14/11/2008

Jérémie 32

Il arrive à Dieu de communiquer avec son peuple par des moyens matériels et visuels. Dieu sait de quoi les hommes sont formés, et il sait que parfois, les yeux, le toucher, et même l’odorat et le goût, sont plus capables de retenir un message que les oreilles. Ainsi Dieu ordonne à Jérémie d’acheter un champ et d’entreposer les documents relatifs à cet achat, aux yeux de tous, dans un vase de terre scellé, afin qu’ils puissent être conservés longtemps (v. 6 - 15). Cette mise en scène est accompagnée d’une promesse toute simple de Dieu, suggérant le futur rétablissement d’Israël dans son pays (v. 15).

Cet épisode a lieu au moment même où Jérusalem est assiégée par le roi de Babylone, et où les prophéties que Jérémie avait faites, concernant le châtiment d’Israël, semblent être sur le point de se réaliser. Le texte précise que Jérémie est alors emprisonné à Jérusalem, sur l’ordre du roi Sédécias qui n’a pas voulu croire à ces prophéties (v. 2 – 5). Et voilà que Dieu communique à son peuple une promesse qui va à l’encontre, semble-t-il, du châtiment prédit, et qui pourrait étayer l’opinion du roi. On peut comprendre l’incompréhension de Jérémie, qui se croit confronté à une contradiction de Dieu. Sa confusion est d’autant plus grande qu’il croit avoir été fidèle aux ordres de Dieu, jusqu’à le payer de sa personne en étant emprisonné.

C’est ainsi que Jérémie adresse une prière à Dieu, où il invoque ses attributs de puissance, de sagesse et d’ordre (v. 17 – 19), où il rappelle ses grandes œuvres à l’égard du peuple d’Israël (v. 20 – 22), et où il répète les raisons du châtiment qu’il a eu ordre d’annoncer (v. 23, 24). Enfin, Jérémie exprime sa confusion suscitée par le message du champ, qui ne semble pas aller dans le même sens (v. 25). Mais la sagesse de Dieu est tellement supérieure à celle des hommes qu’il est capable d’accomplir beaucoup de choses qui peuvent sembler étonnantes voire contradictoires à leurs yeux. Dieu explique en effet à Jérémie que le châtiment est toujours valable (v. 28 – 30), qu’il sera terrible à cause du péché et de l’obstination du peuple (v. 31 – 35), mais qu’il précède un rétablissement à venir pour le peuple d’Israël, une rédemption totale et définitive (v. 36 – 44), ce qui justifie la mise en scène avec l’achat du champ. Les documents conservés soigneusement dans le vase de terre scellé représentent la garantie qu’en dépit du châtiment sévère, il y a une bénédiction inédite et exceptionnelle à venir. À chaque instant, Dieu est en train d’accomplir son plan, et si les hommes sont tentés de s’arrêter à ce qui leur paraît incompréhensible, Dieu quant à lui possède une sagesse infinie, et même le plus improbable des événements est déjà intégré dans son plan souverain et rédempteur.

12/11/2008

Jérémie 30-31

L’exil ayant eu lieu, le peuple d’Israël étant asservi par Babylone, Jérémie transmet maintenant au peuple de Dieu des promesses de délivrance et de rétablissement. C’est un rétablissement qui se fera dans la douleur (30 : 3 – 11, 31 : 15 – 21), comme l’épreuve qui conduit à la paix, et l’humiliation au pardon. Dieu rappelle à son peuple que le châtiment qu’ils subissent est juste, du fait de leur péché (30 : 11 – 15). Dieu précise également que le rétablissement d’Israël sera public et visible ; c’est une rédemption que Dieu va accomplir aux yeux des nations, et par laquelle celles-ci seront humiliées d’une part, et seront amenées à reconnaître le lien qui unit Israël à son Dieu d’autre part (30 : 16 – 20, 31 : 1 – 9).

Ces prophéties sont données avec une certaine solennité, exprimée notamment par l’image de l’orage qui se concentre et qui tournoie dans le ciel, comme en préparation d’événements d’une ampleur extraordinaire (30 : 23, 24). Comme si Dieu se préparait à accomplir une étape décisive de son plan, vaste et incompréhensible. Le peuple est invité à s’en remettre à Dieu par la foi, même s’ils ne comprennent pas tout ce qui va arriver (v. 24). L’ampleur des événements à venir se traduit aussi par le fait que le rétablissement promis semble devoir être général et définitif (31 : 1 – 9, 38 – 40). C’est une rédemption sans précédent qui semble promise, octroyant force, prospérité et fertilité (31 : 23 – 30), mais traduite aussi, chose curieuse, par un rapport nouveau entre le peuple élu et son Dieu (31 : 29 – 34). La prophétie l’appelle une alliance nouvelle (v. 31). Cette alliance nouvelle est caractérisée notamment par un rapport beaucoup plus intime et personnel avec Dieu. Le rapport individuel de Dieu avec ses enfants sera en effet très manifeste (v. 29, 30, 33, 34), alors qu’il ne semble pas l’avoir été jusqu’alors.

Pour avoir osé parler en termes d’alliance nouvelle, il est évident que Dieu prépare un bouleversement important dans sa relation avec son peuple. Sous-tendue à cette révélation se trouve d’ailleurs la promesse d’un chef, d’un Messie suscité par Dieu lui-même (30 : 9, 21). Et pour appuyer encore plus l’importance de ces promesses, Dieu conclut en « jurant » par lui-même et par sa création que ces prophéties se réaliseront (31 : 35 – 37). La rédemption promise a un caractère universel, messianique, mystérieux, définitif, inédit, spirituel et inéluctable. Il est impossible que de telles promesses se satisfassent d’une réalisation purement terrestre. C’est en Jésus-Christ qu’elles trouvent leur plein accomplissement, comme l’auteur aux Hébreux l’expliquera plus tard (Hé 8).

04/11/2008

Jérémie 27

Jérémie conseille aux futures victimes de l’invasion babylonienne d’accepter la soumission au roi Neboukadnetsar ainsi qu’à ses successeurs (v. 2 – 7). C’est plus qu’un conseil ; c’est un ordre divin, accompagné d’un avertissement. Dieu promet qu’il exterminera la nation qui refuse de se soumettre à l’envahisseur (v. 8 – 11). Il met aussi les peuples en garde contre des messages prétendument prophétiques qui viendraient contredire celui-ci. Pour appuyer la véracité de ce message, Dieu explique aux royaumes voisin de Juda, toujours par la bouche de Jérémie, qu’il a donné le même avertissement à son propre peuple (v. 12).

Dieu lance comme un défi à quiconque encouragerait le peuple de Juda à résister au joug de Babylone (v. 18 – 22). Si des prophètes se prétendent de Dieu mais annoncent un message différent, qu’ils prient pour que le temple, le palais et l’ensemble de la ville de Jérusalem ne soient pas pillés. Si Dieu n’exauce pas la prière, c’est qu’il n’est pas avec ces autres prophètes mais bien avec Jérémie. L’Écriture sainte, en tant que Parole de Dieu, présente ainsi régulièrement, et avec une grande assurance, sa propre authenticité et sa véracité. La Bible peut être mise à l’épreuve ; elle en sortira toujours victorieuse. Ce n’est pas à cause d’un aléa de l’histoire si aujourd’hui, en dépit de ce qu’on peut en penser, la Bible reste un document de référence.

Il est intéressant également de remarquer dans ce texte combien le sort des nations païennes et celui du peuple de Juda sont liés. Sans distinction, le peuple saint et les nations environnantes vont être également châtiés, sous l’invasion babylonienne. Jérémie lui-même, le prophète, est envoyé auprès de tous et non seulement du peuple de Dieu. Ceci s’explique peut-être par le fait que les habitants du royaume d’Israël, qui a été renversé, sont encore dans les terres bien que les chefs aient changé. Mais on peut aussi constater comme un débordement de l’alliance, qui s’étend aux nations voisines du peuple de Dieu, un rayonnement qui associe ces nations, dans une certaine mesure, au peuple de Dieu, dans la bénédiction comme dans la malédiction.

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