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30/10/2008

Jérémie 18

Dieu emploie ici l’illustration du vase et du potier pour rappeler à Jérémie, et par son biais, au peuple, sa toute-puissance (v. 1 – 10). Si le potier peut agir comme il le souhaite avec l’argile, à combien plus forte raison Dieu avec les hommes qui sont ses créatures. Seulement, Dieu rappelle qu’il agit toujours en conformité avec sa justice et sa bonté. C’est pourquoi, face à l’ingratitude du peuple, Dieu l’invite à se tourner de nouveau vers lui, sans quoi le châtiment serait terrible (v. 11 – 17). Mais le châtiment, semble-t-il, est inéluctable car le peuple est obstiné. En référant de nouveau le peuple d’Israël aux nations étrangères (v.13), Dieu lui montre la folie de son attitude, mais suggère aussi que cette attitude est une disgrâce publique (v. 16) et du coup, un affront particulièrement grave à l’encontre de Dieu.

Jérémie prend la parole à son tour pour dénoncer un complot contre sa personne, et invoque Dieu pour qu’il châtie ses persécuteurs (v. 18 – 23). On peut s’étonner du châtiment particulièrement horrible que Jérémie souhaite pour ses ennemis, et notamment l’appel du dernier verset à ne pas exercer de miséricorde à leur égard. Cette prière est-elle vraiment conforme au caractère de Dieu ? Mais Jérémie ne suggère pas que Dieu reste sourd à une repentance sincère, seulement qu’il ne prête pas attention à la piété hypocrite étalée par le peuple. Au-delà des apparences de rancune qu’on peut déceler dans la prière de Jérémie, celui-ci, en fin de compte, ne fait que se ranger du côté de Dieu.

Il ne faut pas forcément percevoir cette prière de Jérémie (v. 18 – 23) comme étant égocentrique. Faisant suite au mécontentement de Dieu exprimé dans la première partie du chapitre, il est juste que Jérémie, objectivement, s’offusque du mal qui est médité plus particulièrement contre le prophète de Dieu, c’est-à-dire son émissaire. Le rôle d’intercesseur que Jérémie dit avoir joué à l’égard du peuple (v. 20) n’est pas cité dans la prière pour justifier une rancune personnelle, mais plutôt pour justifier la sévérité du châtiment divin réservé à un peuple endurci. Jérémie, en tant que prophète, n’exprime pas sa propre colère mais celle de Dieu. Pour tous ceux qui assument une responsabilité spirituelle quelle qu’elle soit (pasteurs, anciens, parents, enseignants dans l’Église…), il est bon de se rappeler qu’ils sont les représentants de Dieu et non ses suppléants.

25/10/2008

Passage à l'heure d'hiver

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Heureuse nouvelle : ce weekend, dans la nuit de samedi à dimanche, nous gagnons tous une heure de sommeil. Cela veut dire que si vous oubliez de changer l'heure de vos réveils, vous arriverez une heure en avance au culte.

24/10/2008

Jérémie 12

Le prophète Jérémie ose prendre la parole et mettre en question, humblement, prudemment, la justice de Dieu. Pourquoi Dieu permet-il que les méchants prospèrent alors qu’ils ne se soucient guère de Dieu et qu’ils méritent plutôt le malheur (v. 1 – 4) ? S’ensuit un passage quelque peu déconcertant (v. 5, 6). S’agit-il de Jérémie qui continue de s’adresser à Dieu, ou bien s’adresse-t-il prophétiquement au peuple, ou bien encore est-ce Dieu qui s’adresse déjà à Jérémie en réponse à son questionnement ? Il semble que ce soit Dieu qui oppose au questionnement de Jérémie un rappel à l’ordre subtil : le prophète ne devrait pas se soucier de ces choses, car les événements futurs qu’il devra affronter sont bien plus graves. À cause de la vocation antagoniste qu’il a reçue, à l’encontre de l’ensemble du peuple, Jérémie doit trouver sa sécurité en Dieu seul et non dans un semblant de paix et de justice terrestres.

Ainsi Dieu rassure Jérémie quant à sa justice. Le pays va être ravagé ; les méchants ne resteront pas impunis. Parce que le peuple s’est retourné contre Dieu, Dieu à son tour se retourne contre le peuple, et le châtiment sera appliqué par le moyen de l’envahisseur étranger (v. 7 – 13). Toutefois, le chapitre se conclut sur une note surprenante. Dieu promet qu’à son tour l’envahisseur sera châtié pour avoir touché à son peuple, mais qu’ensuite, si ces nations étrangères le reconnaissent comme Dieu, il les rétablirait (v. 14 – 17). C’est une manifestation de la bonté débordante de Dieu, qui s’accorde avec le rôle attribué à Israël d’être une lumière pour les nations et une source de bénédiction.

Encore une fois, on peut relever le fait que le châtiment de Dieu est bien plus qu’une simple et sévère punition ; c’est une correction, destinée à rétablir la relation entre Dieu et le peuple. La finalité est positive. Ce qui est étonnant, c’est qu’il est question ici des peuples étrangers et non du peuple d’Israël. Bien sûr, Jérémie a déjà eu dans son ministère de multiples occasions de transmettre des promesses de grâce et de pardon au peuple d’Israël. Ce qui est frappant ici, c’est que le moyen de l'extension des promesses aux peuples environnants, c’est la correction d’Israël. De la même façon, bien que dans un contexte différent, l’apôtre Paul explique que par la désobéissance d’Israël les païens ont maintenant obtenu miséricorde (Rm 11 : 30). C’est comme un schéma de rédemption qui se répète, ou encore une figure prophétique du plan général de Dieu pour la rédemption des hommes.

23/10/2008

Jérémie 7

Dieu poursuit ses menaces à l’encontre du peuple de Juda. Ici, le discours développe davantage le genre de péché dont s’est rendu coupable le peuple. Dieu lui reproche notamment son hypocrisie. Le peuple cache son péché sous des semblants de piété, une espèce de religiosité perverse qui couvre les pires ignominies (v. 2 – 11). Plus loin, Dieu rappelle à son peuple le fondement de la relation qui les lie, depuis la libération d’Égypte ; il ne s’agit pas de rites mais de foi (Écoutez ma voix, v. 23), une foi qui, si elle est authentique, se traduit naturellement par l’obéissance (Marchez dans toutes les voies que je vous commande). Mais le peuple a préféré la religion à la relation.

Pour appuyer le sérieux de la menace, Dieu invite le peuple de Juda à considérer le sort de leurs frères du royaume d’Israël. Bien qu’ils furent un peuple saint, dans une terre sainte, à cause de leur désobéissance, Dieu ne les a pas épargnés (v. 12 – 15). Il n’y a pas de piété suffisante pour couvrir le péché. Aux versets 16 à 20, on peut être étonné de l’inéluctabilité du jugement, qui ne laisse, semble-t-il, pas de place à la repentance et au pardon, comme si Juda avait atteint dans son péché un point de non-retour. Mais le discours l’explique un peu plus loin ; si le pardon n’est pas une possibilité, c’est parce que la repentance ne l’est pas non plus, à cause de l’endurcissement des cœurs (v. 24 – 28). Dieu sait d’avance que l’exhortation exprimée dans les premiers versets du chapitre (Réformez vos voies, v. 3) restera sans effet. Le chapitre se termine avec un exemple précis de péché (v. 29 – 31) et du châtiment qui est réservé au peuple (v. 32 – 34).

Il faut rester particulièrement sensible au reproche que Dieu fait à son peuple d’être hypocrite. Combien il est facile de tomber dans le travers de la religiosité et de négliger, sinon d’abandonner, le sens véritable du rapport entre Dieu et son peuple, aujourd’hui l’Église. Ce n’est pas un ensemble de rites, mais c’est la foi, une foi complète, une foi en mouvement. Dès que l’Église commence à s’attacher à l’expérience sentimentalo-religieuse, à l’information théologique ou à la discipline de vie aux dépens de la personne vivante de Jésus-Christ par qui cette relation de foi est possible, elle corrompt l’alliance faite par Dieu avec son peuple. Voilà pourquoi il est impératif de maintenir une prédication et un enseignement christocentriques dans nos églises. Et pourquoi il est important pour chacun d’entretenir avant tout autre chose une relation personnelle et vivante avec Jésus.

22/10/2008

Jérémie 2

Dans ce deuxième chapitre, Dieu confie à Jérémie un long réquisitoire contre son peuple. Au cœur du reproche fait à Israël, il y a le culte des idoles. Le discours est empreint d’un ton fervent, presque passionné. Ce sont les paroles d’un époux trompé, et les références faites à la prostitution et à la décadence sexuelle ne sont pas anodines (v. 20, 23, 24). Néanmoins, on peut déceler dans cette allocution sévère la profonde affection de Dieu pour son peuple, certes blessée par le péché de celui-ci. Dieu n’omet pas de rappeler, en introduction à son réquisitoire, la relation d’amour privilégiée qu’il entretenait auparavant avec Israël, ce qui place la suite du discours dans une lumière particulière.

Infidèle malgré tout ce que Dieu a accompli pour elle, Israël manifeste son ingratitude (v. 4 8). Le discours de Dieu est particulièrement véhément puisqu’il insinue qu’Israël est devenue pire même que les peuples païens. Eux au moins ne changent pas de dieux ; mais en échangeant le Dieu trois fois saint pour des idoles, le Dieu d’Israël a été déshonoré publiquement (v. 9 – 14). Dieu explique pourquoi son jugement va tomber sur son peuple ; ce n’est pas seulement une rétribution, mais c’est une correction. Dieu veut qu’Israël reconnaisse son péché (v. 14 – 19). Suivent plusieurs illustrations, particulièrement choquantes, de la déchéance d’Israël, comme pour souligner l’ignominie de son péché (v. 20 – 28). Dieu rappelle encore une fois l’affection et la patience dont il a fait preuve à l’égard de son peuple dans le passé, alors qu’Israël s’obstine à se détourner de lui (v. 29 – 34). Enfin Dieu annonce l’inéluctabilité du jugement qui va tomber (v. 35 – 37).

De tels discours sont de puissants rappels de l’infinie sainteté de Dieu et de la crainte dans laquelle son peuple devrait le servir. Pour le chrétien, bien sûr, la grâce vient résoudre le paradoxe entre la justice et l’affection de Dieu, mais elle n’affaiblit en rien son caractère ! Face à une telle illustration de la sainteté de Dieu, et de son intolérance à l’égard du péché, c’est avec d’autant plus de reconnaissance que le salut gratuit en Jésus-Christ doit être reçu. Et l’amour que nous portons pour Dieu en Jésus-Christ doit être empreint d’un respect et d’une humilité immenses. Sans doute devrions-nous aussi réfléchir à la relation que nous entretenons avec nos « idoles », et comment les reproches sévères faits ici à l’encontre d’Israël s’appliquent aussi à notre propre situation.

21/10/2008

Jérémie 1

Le premier chapitre du livre de Jérémie raconte la manière dont ce prophète reçut sa vocation. Étant principalement composé des paroles que Dieu lui adressa, ce passage révèle la tonalité particulière de cet appel divin. Dieu déclare tout d’abord avoir souverainement choisi Jérémie pour être son prophète, tout en lui affirmant son affection et sa protection paternelles. Puis, sur un ton sévère, Dieu lui révèle le jugement qu’il réserve à son peuple dans le pays de Juda. Enfin, avec autant de sévérité, Dieu répète à Jérémie son imposante vocation, cette fois avec une mise en garde (v. 17).

Souveraineté de Dieu, affection, protection, mais aussi sainteté, sévérité, voilà ce que le serviteur de Dieu doit garder à l’esprit en accomplissant son ministère, face aux dangers du découragement et de la paresse. Être appelé par Dieu n’est pas une mince affaire ; souvent, c’est pour s’opposer à des puissances humainement insurmontables. Mais le courage se trouve dans la certitude d’être dans le même camp que Dieu. Ainsi, Jérémie entend par deux fois la promesse : Je suis avec toi pour te délivrer (v. 8, 19). De même, une certaine intimidation face à l’ampleur de la tâche ne doit pas se traduire par de la passivité, rapidement transformée en paresse, car c’est à un engagement total dans la bataille que le serviteur est appelé, sous le regard du Dieu saint, entre les mains du Dieu tout-puissant.

Il faut noter toutefois que Jérémie n’est pas appelé à accomplir des choses surhumaines, mais seulement à parler, ou plus précisément, à transmettre la parole de Dieu. L’appel de Jérémie, c’est un appel à écouter et à répéter. Combien il est facile de corrompre un ministère lorsque l’on s’écarte de cette responsabilité première, celle de diffuser la Parole de Dieu ! À l’inverse, le pasteur peut être soulagé d’un lourd fardeau s’il considère que son travail, lorsqu’il prêche, lorsqu’il console, lorsqu’il éduque, lorsqu’il corrige aussi, ce n’est pas de changer les cœurs ou de transformer les vies, mais c’est, fondamentalement, et seulement, de communiquer la Parole de Dieu le plus fidèlement possible, et dans son intégralité.

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