03.05.2008
Baptisé, ou juste mouillé ?
"J'ai perdu quelques-uns de mes meilleurs amis autrefois ainsi, à trois heures du matin en plein froid, au pied du couloir des Corridors de la Meije en Oisans. Un sérac, plus haut, avait cédé dans un fracas assourdissant. Cet ami
est resté enterré sous trois tonnes de glace. Dix secondes après, la montagne avait retrouvé sa paix, une paix en équilibre toujours précaire, comme l'est celle du monde où nous vivons. Ne pas sous-estimer le danger. Être toujours en éveil. En montagne, le danger c'est l'habitude. Je ne peux m'empêcher de penser en cet instant qu'il en va de même de notre vie de foi. On passe vite d'une vraie relation vivante, pleine d'amour, de spontanéité, à une piété molle et insipide, répétitive et, pour tout dire, religieuse. Les rites deviennent froids, sans chaleur, mécaniques et d'un ennui mortel si le coeur ne les anime pas. Le baptême ne suffit pas à faire de nous des chrétiens. Certains sont baptisés, d'autres simplement mouillés. Il faut encore vouloir aimer le Seigneur jusqu'aubout des ongles."
P. Martinez, Le Ciel pour seule limite (Presses de la Renaissance)
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