29.03.2008
Courir vers le but
(Philippiens 3 : 7 – 16)
De toutes les règles du foot, s’il y avait une seule règle à retenir, qui permette de comprendre le principe du jeu et de gagner un match, quelle serait-elle ? « Tu vois la cage, là-bas ? Il faut mettre le ballon dedans ». Voilà le sens-même du foot, le présupposé qui va orienter tous nos choix une fois sur le terrain. Imaginez que pour corser le jeu, on mette dans chaque équipe une personne qui ne connaît absolument rien au foot – vous imaginez bien que pendant le match, c’est LA personne à qui on ne va jamais faire la passe. Cette personne sera sur le terrain, il va se passer des tas de choses autour d’elle, mais elle ne sera que spectatrice d’un enchaînement d’événements qui la dépassent.
Dans la vie, est-ce que vous n’avez pas parfois l’impression d’être dans la situation de cette personne ? Les événements s’enchaînent autour de vous, on vous oblige à faire des choix, mais vous ne savez pas, au fond, quelle est la règle de base qui doit orienter votre vie.
Puisqu’il est question de Bible et de sport aujourd’hui, je vous propose une parole de la Bible qui parle de football. C’est une des personnes les plus influentes de l’histoire du christianisme, après Jésus, qui l’a écrite. Saint Paul résume sa philosophie de la vie en utilisant cette expression : Je cours vers le but (Ph 3 : 14). Combien d’entre nous pouvons, avec autant de conviction, en dire autant au sujet de notre propre vie ? Je crois que le monde peut être divisé en trois catégories : ceux qui courent vers le but, ceux qui courent vers le mauvais but, et ceux qui ne savent pas qu’il y a un but.
Saint Paul n’a pas toujours été un saint. En fait, il a commencé sa carrière en persécutant les chrétiens (Ph 3 : 6). Il dit lui-même qu’il était zélé pour persécuter les chrétiens, c’est-à-dire pour les faire arrêter et les mettre à mort. Il avait un but dans la vie, et pourtant, à un moment donné, il a fait volte-face. Il s’est rendu compte que le but vers lequel il se dirigeait, en dribblant l’adversaire avec beaucoup de talent et de détermination, n’était pas le bon ! Et quelques années plus tard, il peut écrire : maintenant, je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et tendant vers ce qui est en avant, je cours vers le but (Ph 3 : 13, 14). « J’ai enfin découvert où se trouvait le vrai but de ma vie ! »
Si les étudiants du GBU et d’Agapé Campus cherchent à connaître et à faire connaître le message de la Bible, c’est parce que la Bible nous parle du vrai but de la vie. La Bible nous présente la règle de base, sans laquelle on ne peut ni comprendre, ni gagner le match. Le message central de la Bible est relativement simple, en définitive. Il peut se résumer en quatre affirmations.
1. Dieu m’aime et il s’intéresse à moi personnellement (il m’a créé, et il me connaît mieux que personne).
2. Je suis séparé de Dieu parce que je choisis de vivre indépendamment de lui (ma relation avec Dieu est brisée, par ma faute, et je ne peux pas la réparer de moi-même).
3. Dieu a pourvu à un moyen pour moi d’être réconcilié avec lui : ce moyen, c’est Jésus (qui est mort pour payer mes fautes à ma place, et ressuscité pour m’ouvrir le chemin vers Dieu).
4. Je peux connaître Dieu et son amour personnellement, si je remets ma vie entre les mains de Jésus (c’est une démarche de foi ; Jésus se tient à la porte et il frappe, si quelqu’un entend sa voix et ouvre la porte, il entrera chez lui).
Saint Paul a entendu ce message, et c’est ça qui a changé le cours de sa vie. Il pensait savoir où se trouvait le but. Beaucoup pensent savoir où se trouve le but. D’autres ne savent même pas qu’il y a un but ! Mais en comprenant, et en acceptant ce que Jésus a dit de lui-même lorsqu’il a dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie, Saint Paul a pu écrire, tout simplement, Mon but est de le connaître (Ph 3 : 10). Connaître Jésus. S’il y a une seule règle à retenir dans la vie, pour comprendre le principe du jeu et pour gagner le match, c’est celle-ci.
Je sais bien que tout cela peut vous sembler bien étrange. Mais je voudrais juste terminer en vous invitant, tout simplement, à réfléchir à l’orientation de votre vie. Est-ce que vous courez dans le bon sens ? Savez-vous au moins qu’il y a un but ? Avez-vous déjà pris le temps de réfléchir aux affirmations de la Bible ?
Mon souhait, et celui de beaucoup d’étudiants chrétiens à Lyon, c’est que nous soyons nombreux à pouvoir dire la même chose que Saint Paul : J’oublie ce qui est derrière moi, je tends vers ce qui est devant moi, et je cours vers le but pour obtenir le prix de l’appel que Dieu m’adresse depuis le ciel en Jésus Christ (Ph 3 : 13, 14).
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22.03.2008
Joyeuses Pâques !
J'espère vous voir nombreux ce dimanche 23 mars pour notre culte de Pâques.
Mais pourquoi donc le dimanche de Pâques tombe-t-il aussi tôt cette année ?
"Le dimanche de Pâques correspond au premier dimanche suivant la première pleine lune après l'équinoxe du printemps (vernale). Telle est la règle actuelle. L'équinoxe vernale est la date à laquelle le Soleil traverse l'équateur céleste, à son retour vers le nord. Cette année, il le fait le 19 mars dans le fuseau horaire de l'heure avancée du Pacifique et le lendemain, dans celui de l'Est. La pleine lune luira le 21 mars, un vendredi, de sorte que le dimanche de Pâques tombera le 23 mars. La fête pascale arrive rarement plus tôt et ne le fera de nouveau qu'en 2228. La dernière fois où la chose s'est produite remonte à 1913. Pour que Pâques survienne plus tôt, il faudrait que la pleine lune coïncide avec l'équinoxe vernale et que les deux événements tombent un dimanche. La date la plus tardive survient quand la Lune est pleine la veille de l'équinoxe et que la pleine lune subséquente arrive un lundi. Cette règle étrange remonte au premier concile de Nicée, qui eut lieu en l'an 325. Il y fut décidé que les Chrétiens célèbreraient Pâques un dimanche. Après une foule d'ajustements qui se poursuivirent loin dans le Moyen-âge, on finit par instaurer le bizarre système encore en usage aujourd'hui."
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09.03.2008
Le Testament de Paul (9 mars 2008)
Dimanche 9 mars 2008
Actes 20 : 13 – 38
Le Testament de Paul
Introduction
Nous avons tous un point commun ce matin, c’est que nous sommes venus au culte. Nous avons chanté ensemble, prié ensemble, lu la Bible ensemble, mais Dieu seul sait le sens que ce culte a pour vous, dans le secret de votre cœur. La question que nous devons tous nous poser ce matin, c’est : quel est le rapport entre cette petite heure et demie du dimanche matin et le reste de ma semaine ? C’est facile d’être un chrétien, ou de ressembler à un chrétien, quand on est à l’église, le dimanche matin entre 10 h 30 et 12 h. Mais à quoi ressemble votre vie du lundi matin au samedi soir ? À quoi ressemble votre vie quand les amis de l’église ne sont pas là, quand vous êtes seul en famille, ou seul avec les collègues, ou seul avec les camarades de classe ? Le texte que nous avons lu est particulièrement poignant car il s’agit des adieux de Paul aux anciens de l’église d’Éphèse. Paul sait qu’il ne va plus les revoir, alors il les convoque pour leur donner ses dernières instructions. C’est le moment où l’église va devoir se débrouiller sans lui. Paul leur livre en quelque sorte son testament, ses dernières volontés. Et la question qui anime Paul à ce moment-là, c’est : à quoi va ressembler la vie de ces chrétiens éphésiens maintenant qu’ils vont être livrés à eux-mêmes ? Ces chrétiens vont-ils retenir fidèlement l’enseignement que Paul leur a transmis, ou bien vont-ils l’assaisonner à leur goût, le modifier à leur convenance pour pouvoir continuer à vivre comme ils le souhaitent maintenant que l’apôtre n’est plus là pour les surveiller et les gronder lorsqu’ils s’écartent du chemin ? Ce texte va nous montrer, à nous aussi, ce que nous devons retenir, en quittant ces lieux tout à l’heure, pour que cette heure et demie le dimanche matin ne soit pas juste une parenthèse dans une vie qui, le reste de la semaine, risque de ne pas avoir grand-chose de chrétien. Dans son testament, Paul va nous parler de l’héritage qui nous est destiné : un héritage transmis péniblement, à assumer difficilement, et à protéger absolument.
1. Un héritage péniblement, mais soigneusement transmis
a) Le mal que Paul s’est donné
Le texte nous présente Paul comme étant fatigué de son travail missionnaire. Bien que pressé (v. 16), il choisit de faire une partie du chemin à pied, seul (v. 13), puis il enchaîne les voyages, jour après jour : Assos, Mytilène, Chio, Samos, Milet (v. 14, 15)… Puis il convoque les anciens d’Éphèse, et la première chose qu’il leur dit, c’est combien il a souffert pour leur transmettre le message de l’Évangile : humilité, larmes, épreuves (v. 19), et pourtant, il a continué de le faire, sans rien dissimuler, en toute transparence, afin qu’ils reçoivent tout ce qui leur soit utile (v. 20). En plus, il l’a fait à ses propres frais (v. 33 – 35). Le texte nous parle ici d’un héritage que Paul a transmis avec grand’ peine, mais avec grand soin.
b) Le tableau hérité d’une valeur inouïe, rangé au grenier
Imaginez qu’un jour vous héritiez d’un tableau d’une valeur inouïe. C’est un tableau mythique, convoité par les plus grands musées. Il a été trouvé, à la fin du 19ème siècle, dans l’épave d’un bateau au fond de l’océan indien, et rapatrié en France au prix de beaucoup d’efforts et d’argent, tout en prenant le plus grand soin pour le protéger. Votre grande tante décède, et vous héritez de cet objet. Qu’allez-vous faire avec ?
c) Considérer la valeur de l’Évangile
Paul sait que le message de l’Évangile est tellement précieux, que les chrétiens sont comme les héritiers de ce tableau inestimable. Le problème, c’est que nous trouvons ce tableau encombrant et que nous préférons le ranger dans la poussière du grenier plutôt que de le suspendre au mur de la salle à manger. Ce texte, en premier lieu, veut nous rappeler la valeur inouïe de l’héritage qui nous a été transmis, et à quel prix cet héritage nous est parvenu. Le message de l’Évangile, c’est la bonne nouvelle du pardon offert aux hommes pour leur péchés, au prix du sang du Fils de Dieu, Jésus-Christ. Ce pardon est offert à tous, sans discrimination, si les hommes se repentent devant Dieu et placent leur foi en Jésus (v. 21).
Est-ce que nous mesurons vraiment la chance que nous avons d’avoir la liberté de lire la Bible, la liberté de nous rendre au culte, la liberté de nous renseigner concernant le message de l’Évangile, alors que dans le monde, il y a des endroits où l’on est mis à mort pour ces mêmes choses ? La Bible que nous tenons dans nos mains est entachée du sang des martyres qui nous ont précédés, en France même. Le message de l’Évangile nous a été rendu accessible au prix de beaucoup de vies. Et nous voudrions y consacrer qu’une heure et demie le dimanche matin, et encore, quand ça nous arrange ? Ou pire, nous ne voudrions jamais même nous intéresser à ce précieux message alors qu’il est là pour nous, en libre accès ? Mais le texte continue, au sujet de cet héritage qui nous est destiné ; après nous avoir rappelé combien péniblement cet héritage nous a été rendu accessible, il veut nous parler de la difficulté, mais de la nécessité, à assumer cet héritage.
2. Un héritage à assumer difficilement, mais nécessairement
a) Paul témoigne de son ministère
Paul a parlé du mal qu’il s’est donné à transmettre aux éphésiens le message de l’Évangile. Maintenant, il témoigne de ce que sa vocation chrétienne a entraîné dans sa propre vie. Et le tableau n’est pas tout rose. Il dit que des liens et des tribulations l’attendent (v. 23). Il sait que sa vie même est en danger (v. 24). Paul dit en quelque sorte : voilà, j’ai porté cet héritage pendant tant d’années, je vous l’ai transmis péniblement mais soigneusement, maintenant je vous ai remis le flambeau ; quant à moi, je dois achever ma course et mon ministère. La balle est dans votre camp : allez-vous aussi assumer cet héritage ?
b) Le témoin numéro un
Paul dit que sa vocation était de rendre témoignage à la bonne nouvelle de la grâce de Dieu (v. 24). Parfois, dans des affaires judiciaires, on entend parler d’un « témoin numéro un », une personne dont le témoignage est absolument capital. Pour les uns, ce témoin est la personne la plus précieuse, pour les autres, la plus dangereuse. Les uns veulent la protéger, les autres l’éliminer. Paul a conscience qu’en tant que chrétien, il est dans cette situation.
c) La vocation du chrétien
Ce texte nous dit que l’héritage qui nous a été transmis, c’est un élément capital dans l’affaire judiciaire qui concerne l’humanité. Et nous sommes, en tant que légataires de ces informations, les témoins numéro un dans cette affaire. Le message de l’Évangile est une bonne nouvelle à accueillir dans sa propre vie, et à partager, même si la vérité de l’Évangile est une vérité qui dérange. C’est nous, d’abord, qu’elle dérange, parce qu’elle exige de notre part une vie radicalement transformée, une vie de dépendance de Dieu par la foi en Jésus. C’est le monde, ensuite, qu’elle dérange, parce qu’elle parle du péché et de l’impuissance des êtres humains, qui ne peuvent être sauvés sans renoncer à leur autonomie et se confier en Jésus-Christ.
Évidemment, lorsque l’on accueille la bonne nouvelle de l’Évangile, et que l’on commence à assumer l’héritage qui nous a été transmis, on se rend compte qu’il y a des difficultés. Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés (2 Tm 3 : 12). Mais nous avons reçu un héritage d’une valeur inouïe ; allons-nous le ranger au grenier, quitte à le sortir une fois par semaine, ou bien allons-nous le suspendre au mur de notre salle à manger, là où tout le monde peut le voir, chaque jour de la semaine ? Mais le texte ne s’arrête pas là, et après nous avoir parlé de cet héritage qui a été transmis péniblement mais soigneusement, et qui doit être assumé difficilement mais nécessairement, il va nous montrer que cet héritage doit aussi être protégé absolument.
3. Un héritage à protéger absolument
a) Le danger des loups
Paul annonce aux éphésiens qu’ils ne le verront plus (v. 25). Il coupe officiellement le cordon, en annonçant qu’il leur a transmis tout ce qu’ils avaient à recevoir (v. 26, 27). Et tout de suite, il les met en garde contre des « loups » qui s’attaqueront à l’église, des hommes qui annonceront des choses contraires à la Parole de Dieu (v. 29, 30). Paul leur dit : voyez ce que je vous ai donné, péniblement (v. 31), et que vous devez assumer ; maintenant prenez-en soin, protégez cet héritage qui vous a été remis.
b) Le paquet dont on a volé la moitié du contenu
Il y a quelque temps, nous avons envoyé un paquet à la sœur de Suzanne qui habite aux USA. Nous avons pris soin de bien l’emballer pour le protéger, et nous l’avons envoyé en prioritaire, en ayant rempli toutes sortes de papiers pour les douanes, parce que le contenu était relativement précieux. Quelle ne fut pas notre tristesse d’apprendre que le colis était arrivé dans un emballage différent, avec la moitié du contenu qui manquait !
c) Garder le bon dépôt
Dieu aussi nous a envoyé un paquet. Mais au cours du temps, dans l’histoire de l’Église, comme dans notre propre vie, est-ce qu’on n’en a pas volé la moitié du contenu ? Nous volons le contenu du paquet, et nous abîmons l’héritage que Dieu nous a transmis, lorsque nous choisissons les éléments de sa Parole que nous recevons, et ceux que nous ne voulons pas recevoir. Nous abîmons l’héritage que Dieu nous a transmis lorsque nous assaisonnons à notre goût les paroles de Dieu qui nous sont difficiles à accepter, lorsque nous disons amen le dimanche matin, et le contraire le dimanche soir. Plutôt que cela, la Bible nous exhorte au discernement et à l’humilité devant la Parole de Dieu.
Conclusion
Nous nous posions la question au début de savoir quel était le rapport entre cette petite heure et demie le dimanche matin et le reste de notre semaine, et ce que nous devions retenir pour que cette heure et demie ne soit pas juste une parenthèse dans une vie qui, par ailleurs, court le risque de ne pas avoir grand-chose de chrétien. Posons-nous donc ces quelques questions : à quel point est-ce que je m’intéresse à l’héritage qui m’a été rendu accessible au prix de beaucoup d’efforts et de souffrances ? À quel point cet héritage a-t-il transformé ma vie et continue-t-il de transformer ma vie, si du moins je l’ai reçu ? À quel point est-ce que je protège, jour après jour, l’intégrité de cet héritage, plutôt que de l’assaisonner à mon goût, ou au goût du jour, de sorte que ma vie ait moins besoin d’être transformée ? Vous avez hérité de ce tableau d’une valeur inouïe, récupéré à grand prix au 19ème siècle au fond de l’océan Indien : est-il actuellement rangé dans la poussière du grenier ? Il n’est pas trop tard pour le dépoussiérer et le suspendre au mur de la salle à manger. L’avez-vous quelque peu recoloré, parce que vous trouviez qu’il n’était pas suffisamment assorti aux rideaux ? Il n’est pas trop tard pour le faire restaurer, et pour changer les rideaux. L’Évangile rangé au grenier, c’est un évangile qui n’a pas été reçu. L’Évangile reçu, mais modifié, c’est un faux évangile. La Parole de Dieu doit être reçue dans son intégralité, et dans son intégrité. C’est la le testament de Paul aux éphésiens, ce sont là ses dernières volontés. Paul écrira à Timothée, son jeune « apprenti » : 2 Timothée 1 : 8 – 14.
Et pour finir, les paroles de Paul lui-même aux anciens d'Ephèse : Et maintenant, je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce, qui a la puissance d’édifier et de donner l’héritage parmi tous ceux qui sont sanctifiés (v. 32).
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02.03.2008
Pas de pain seulement (2 mars 2008)
Dimanche 2 mars 2008
Actes 20 : 7 – 12 (1 Rois 17 : 17 – 24)
Pas de pain seulement
Introduction
Actuellement, nous parlons beaucoup du pouvoir d’achat. Le pouvoir d’achat des français baisse, parce que les prix augmentent plus vite que les salaires. La baisse du pouvoir d’achat nous fait réfléchir sur la question de ce qui est vraiment nécessaire à la vie. Nous sommes obligés de couper les dépenses, mais il y a des choses dont on ne peut pas se passer. Notre budget est limité, alors quand on va faire les courses, on réfléchit bien, on coupe les petits « extras », et on consacre son argent au strict nécessaire. De quoi ai-je besoin, au minimum, pour vivre ? C’est cette question que nous allons nous poser aussi ce matin. La réponse nous paraît peut-être évidente : nous voici tous ici ce matin, plus ou moins en bonne santé, avec des revenus suffisants pour avoir un logement et manger à notre faim. Mais Jésus a dit : Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? (Marc 8 : 36). Le texte de ce matin nous invite à examiner la notion que nous avons de nos besoins vitaux. Est-il possible que la Bible doive corriger l’idée que nous avons de ce qui est vraiment nécessaire à la vie ? Nous allons voir à travers ce texte, d’abord le contraste étonnant entre l’enthousiasme des chrétiens de Troas et notre propre expérience chrétienne, ensuite les raisons d’une telle différence : les chrétiens de Troas ont-il compris quelque chose que nous, deux mille ans plus tard, nous avons oublié ? Enfin nous découvrirons, ou re-découvrirons, pourquoi Dieu veut nous nourrir de sa Parole, et en quoi notre besoin de la Parole de Dieu, qui est vérité, est vraiment pour nous un besoin vital.
1. Accorder de l’importance à la Parole
a) L’enthousiasme des chrétiens de Troas
Les chrétiens sont réunis pour le culte : ils se réunissent pour célébrer la Sainte Cène, manger un repas ensemble, et recevoir un enseignement (v. 7). Ils savent que Paul doit partir, alors ils profitent de sa présence, ils ont prévu de nombreuses lampes pour que le culte puisse se poursuivre jusque tard dans la nuit (v. 8). Même les jeunes sont motivés pour assister à cette réunion d’église, comme Eutychus, qui doit s’asseoir sur le bord de la fenêtre, faute de place dans la pièce (v. 9). Ces chrétiens sont enthousiastes : ils prennent même sur leur temps de sommeil pour recevoir l’enseignement de la Parole de Dieu, par la bouche de Paul.
b) Les choses qui nous enthousiasment
Ca me fait penser au match de foot de ce mardi soir, entre Manchester et Lyon. Ceux qui s’intéressent au foot, et qui soutiennent l’équipe de Lyon, vont consacrer leur mardi soir à regarder ce match à la télé. Imaginons qu’il y ait égalité à la fin du temps réglementaire, 1-1, pensez-vous que nous allons éteindre la télé et nous coucher sans regarder les prolongations ?
c) Le contraste entre les chrétiens de Troas et nous
Il y a des choses qui nous enthousiasment dans la vie. Mais comment se fait-il que notre attitude vis-à-vis de l’enseignement de la Parole de Dieu, et du culte, soit si éloignée de l’enthousiasme des chrétiens de Troas ? L’Église est souvent perçue comme ennuyeuse, et la Bible comme un livre fastidieux. Qui ici serait prêt à faire durer un culte toute la nuit ?
Vous voyez le contraste étonnant entre l’attitude des chrétiens de Troas et la nôtre, par rapport à la place que nous accordons à l’enseignement de la Parole de Dieu dans notre vie. Les chrétiens de Troas ont-ils un sérieux problème, pour être prêts à s’entasser dans une pièce le soir et à écouter quelqu’un parler de Dieu pendant des heures, au lieu de se coucher et de laisser le sommeil renouveler leur corps avant la journée de travail du lendemain ? Est-ce bien raisonnable ? Ou bien ont-ils compris quelque chose que nous, aujourd’hui, nous négligeons, ou que nous avons peut-être tout simplement oublié ?
2. Dieu nous révèle la vérité
a) La résurrection d’Eutychus
Le texte nous raconte un miracle surprenant. Eutychus tombe du troisième étage et meurt, mais Paul descend, se penche sur lui, le prend dans ses bras, et voilà Eutychus qui a repris vie (v. 9, 10, 12). Ce genre de miracle n’est pas anodin, c’est la résurrection d’un mort. Ca n’arrive pas très souvent dans la Bible ; en fait, c’est très rare. Dans le livre des Actes, on se souvient de Pierre qui a fait quelque chose de similaire (Tabitha, ch. 9). On se souvient aussi de l’histoire d’Élie et de la veuve de Sarepta, dont les détails ressemblent beaucoup à l’histoire de Paul et d’Eutychus (1 Rois 17).
b) Paul et Élie : leur autorité attestée
Dans tous ces cas, Dieu redonne vie à quelqu’un qui vient de mourir, par la main de quelqu’un de particulier, qui est un ministre de la Parole (un prophète), afin d’appuyer le témoignage de cette personne, et d’attester la véracité de l’enseignement donné. Maintenant, je reconnais que tu es un homme de Dieu, et que la parole de l’Éternel dans ta bouche est vérité (1 Rois 17 : 24). En redonnant vie à Eutychus, à travers Paul, Dieu veut montrer au sujet de Paul que celui-ci est un homme de Dieu, et que la parole de l’Éternel dans [sa] bouche est vérité. En voyant un tel miracle, les gens savaient qu’il n’y avait que Dieu pour faire une chose pareille, et c’est cela qui donnait une importance sans pareil au témoignage de Paul, comme pour Élie et pour Pierre et pour Jésus dans les Évangiles.
c) L’unicité des météorites
Ca me fait penser aux chasseurs de météorites, pour qui certains petits cailloux ont une valeur inouïe, parce qu’ils sont constitués de choses qu’on ne trouve normalement pas sur terre. Ici de même, Dieu accomplit quelque chose qu’on ne voit pas normalement se passer sur terre, parce qu’il veut que nous sachions qu’il parle, que c’est bien lui qui parle, et il veut que nous nous intéressions à ce qu’il dit.
Dieu parle. Voilà une réalité souvent négligée, au profit de l’idée que Dieu est lointain et qu’il ne s’intéresse pas vraiment à nous. La Bible dit tout le contraire. Au 3ème verset de la Bible, nous avons l’affirmation, Dieu dit (Gn 1 : 3). Et lorsque Adam et Ève ont péché et se cherchent à se cacher, Dieu va les chercher et les appelle (Gn 3 : 9). Dieu parle et convoque la terre… Il vient, notre Dieu, il ne reste pas en silence (Ps 50 : 1, 3). Dieu cherche à établir la communication, il veut se faire connaître, il veut nous dire des choses, des choses que nous ne pourrions jamais savoir autrement que s’il nous les révélait. Les chrétiens de Troas ont compris que Dieu voulait se faire connaître, qu’il avait des choses à leur dire, et que ces choses, parce qu’elles venaient de Dieu, étaient plus dignes de confiance qu’aucune autre information dans le monde. Saviez-vous que Dieu avait de telles choses à vous dire ? Mais pourquoi est-ce important de reconnaître que Dieu veut nous parler ?
3. La vérité est une nourriture vitale
a) Réactions au miracle de Paul
D’abord remarquons l’étrangeté de ce qui se passe dans le texte. Vers minuit un jeune homme meurt, en plein culte. Paul va le voir et rassure tout le monde ; toutefois, le jeune homme reste inconscient, semble-t-il (v. 10). Paul invite les gens à ne pas s’inquiéter, à ne pas se laisser distraire par cet événement : l’assemblée remonte dans la pièce et ils poursuivent le culte, Paul préside la Sainte-Cène, puis ils mangent, et le culte se poursuit jusqu’à l’aube. Enfin, comme si c’était un détail, l’auteur précise que le garçon refait son apparition, bien vivant. Rien ne semble avoir détourné l’attention de ces chrétiens de leur priorité ce soir-là : recevoir l’enseignement de la Parole de Dieu. L’auteur veut nous montrer quelque chose au sujet de notre besoin de recevoir la Parole de Dieu.
b) Cinq fruits et légumes par jour
Vous savez qu’il faut manger environ cinq fruits et légumes par jour pour avoir une alimentation relativement équilibrée. Imaginez que je décide de me nourrir exclusivement de saucisson. Vous pensez que je réduirais de combien mon espérance de vie ? Après une semaine de saucisson, je vais commencer à rêver d’oranges, de pommes, de bananes, de carottes, de courgettes, de tomates, etc. toutes les nuits. Mon corps va réclamer ces fruits et légumes, qui seront devenus pour moi un besoin vital.
c) La vérité : un besoin vital
La Bible explique qu’à cause de notre péché, la communication a été rompue entre Dieu et nous. Nous avons voulu nous cacher loin de Dieu, mais pour cela, il a fallu que nous nous dissimulions dans l’obscurité où il nous est impossible de voir quoi que ce soit. Notre cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres (Rm 1 : 21). Nous avons cherché à vivre sans Dieu, et en quelque sorte, c’est comme si nous avions commencé à ne nous nourrir que de saucisson, et notre santé n’a fait que se dégrader. Mais Dieu ne nous a pas abandonné, à cause de son amour pour nous, et il est venu nous chercher, et ce qu’il a à nous offrir est comme un panier rempli de fruits et légumes.
Nous avons, plus que tout autre chose, besoin de la vérité, que Dieu seul peut nous offrir. Jésus a dit : Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres (Jean 8 : 32). Il a dit aussi, Si donc le Fils vous rend libres, vous serez réellement libres (Jn 8 : 36). Il a dit aussi, Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au père que par moi (Jn 14 : 6). Nous avons un besoin vital, c’est le besoin de la vérité que Dieu veut nous offrir, et cette vérité vient à nous par la Parole de Dieu écrite, enseignée, mais avant tout par la Parole de Dieu incarnée, Jésus-Christ lui-même, le Fils de Dieu, qui est l’objet du témoignage de toute la loi, des prophètes et des apôtres. Jésus est venu payer le poids de nos fautes à notre place pour rétablir la communication avec Dieu ; il s’est offert pour nous, et il s’offre à nous, ce qui permet à Paul de dire, plus tard, au sujet de la foi qu’il a placée en Jésus : Je suis crucifié avec Christ, et ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ, qui vit en moi (Galates 2 : 20).
Conclusion
Nous avons parlé au début de la baisse de notre pouvoir d’achat, et de la nécessité qui s’imposait à nous de discerner quelles étaient les choses dont nous avions vraiment besoin pour vivre. Notre budget est limité ; plus généralement, nos ressources sont limitées, et notre temps est limité. Les chrétiens de Troas le savaient aussi bien que nous ; ils étaient même probablement plus pauvres que nous, et les journées n’étaient pas plus longues à l’époque. Ils ont décidé de consacrer du temps, des efforts, des ressources, à recevoir, en priorité, l’enseignement de la Parole de Dieu. Ils avaient conscience de leur besoin vital de rétablir la communication avec Dieu, car c’est de Dieu seul que vient la vérité. Jésus dit qu’en dehors d’une relation personnelle de foi en lui, nous avons pour père le diable… qui est menteur et le père du mensonge (Jn 8 : 44). Lorsque le diable a tenté Jésus, il a essayé de le tromper, de le faire tomber dans l’illusion, en lui suggérant qu’il avait des besoins vitaux plus importants que le besoin de vérité, mais la première réponse de Jésus au diable a été : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Mt 4 : 4). Jésus a aussi dit : Mon Père vous donne le vrai pain venu du ciel ; car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde… Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif (Jn 6 : 32 – 35). Jésus est ce panier de fruits et de légumes frais dont nous avons tant besoin ; il s’est offert pour nous et à nous ; par la foi en lui, il nous nourrit de lui-même par le moyen de sa Parole vivifiante, et c’est lui qui grandit en nous. C’est pourquoi la Sainte-Cène est un signe si fort, qui accompagne la Parole de Dieu prêchée. Combien de temps, de ressources, d’énergie, consacrons-nous chaque semaine, et chaque jour, à recevoir l’enseignement de la Parole de Dieu, à nous intéresser à ce Dieu qui n’est ni silencieux, ni lointain, et qui veut se faire connaître à nous ? Que Dieu nous aide donc à discerner toujours mieux quels sont nos véritables besoins, et qu’il augmente en nous le désir de le connaître et de recevoir de sa part ce qu’il a à nous offrir, dimanche après dimanche, et jour après jour.
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