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02/03/2008

Pas de pain seulement (2 mars 2008)

Dimanche 2 mars 2008

Actes 20 : 7 – 12 (1 Rois 17 : 17 – 24)
Pas de pain seulement


Introduction
Actuellement, nous parlons beaucoup du pouvoir d’achat. Le pouvoir d’achat des français baisse, parce que les prix augmentent plus vite que les salaires. La baisse du pouvoir d’achat nous fait réfléchir sur la question de ce qui est vraiment nécessaire à la vie. Nous sommes obligés de couper les dépenses, mais il y a des choses dont on ne peut pas se passer. Notre budget est limité, alors quand on va faire les courses, on réfléchit bien, on coupe les petits « extras », et on consacre son argent au strict nécessaire. De quoi ai-je besoin, au minimum, pour vivre ? C’est cette question que nous allons nous poser aussi ce matin. La réponse nous paraît peut-être évidente : nous voici tous ici ce matin, plus ou moins en bonne santé, avec des revenus suffisants pour avoir un logement et manger à notre faim. Mais Jésus a dit : Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? (Marc 8 : 36). Le texte de ce matin nous invite à examiner la notion que nous avons de nos besoins vitaux. Est-il possible que la Bible doive corriger l’idée que nous avons de ce qui est vraiment nécessaire à la vie ? Nous allons voir à travers ce texte, d’abord le contraste étonnant entre l’enthousiasme des chrétiens de Troas et notre propre expérience chrétienne, ensuite les raisons d’une telle différence : les chrétiens de Troas ont-il compris quelque chose que nous, deux mille ans plus tard, nous avons oublié ? Enfin nous découvrirons, ou re-découvrirons, pourquoi Dieu veut nous nourrir de sa Parole, et en quoi notre besoin de la Parole de Dieu, qui est vérité, est vraiment pour nous un besoin vital.


1. Accorder de l’importance à la Parole

a) L’enthousiasme des chrétiens de Troas
Les chrétiens sont réunis pour le culte : ils se réunissent pour célébrer la Sainte Cène, manger un repas ensemble, et recevoir un enseignement (v. 7). Ils savent que Paul doit partir, alors ils profitent de sa présence, ils ont prévu de nombreuses lampes pour que le culte puisse se poursuivre jusque tard dans la nuit (v. 8). Même les jeunes sont motivés pour assister à cette réunion d’église, comme Eutychus, qui doit s’asseoir sur le bord de la fenêtre, faute de place dans la pièce (v. 9). Ces chrétiens sont enthousiastes : ils prennent même sur leur temps de sommeil pour recevoir l’enseignement de la Parole de Dieu, par la bouche de Paul.

b) Les choses qui nous enthousiasment
Ca me fait penser au match de foot de ce mardi soir, entre Manchester et Lyon. Ceux qui s’intéressent au foot, et qui soutiennent l’équipe de Lyon, vont consacrer leur mardi soir à regarder ce match à la télé. Imaginons qu’il y ait égalité à la fin du temps réglementaire, 1-1, pensez-vous que nous allons éteindre la télé et nous coucher sans regarder les prolongations ?

c) Le contraste entre les chrétiens de Troas et nous
Il y a des choses qui nous enthousiasment dans la vie. Mais comment se fait-il que notre attitude vis-à-vis de l’enseignement de la Parole de Dieu, et du culte, soit si éloignée de l’enthousiasme des chrétiens de Troas ? L’Église est souvent perçue comme ennuyeuse, et la Bible comme un livre fastidieux. Qui ici serait prêt à faire durer un culte toute la nuit ?

Vous voyez le contraste étonnant entre l’attitude des chrétiens de Troas et la nôtre, par rapport à la place que nous accordons à l’enseignement de la Parole de Dieu dans notre vie. Les chrétiens de Troas ont-ils un sérieux problème, pour être prêts à s’entasser dans une pièce le soir et à écouter quelqu’un parler de Dieu pendant des heures, au lieu de se coucher et de laisser le sommeil renouveler leur corps avant la journée de travail du lendemain ? Est-ce bien raisonnable ? Ou bien ont-ils compris quelque chose que nous, aujourd’hui, nous négligeons, ou que nous avons peut-être tout simplement oublié ?


2. Dieu nous révèle la vérité

a) La résurrection d’Eutychus
Le texte nous raconte un miracle surprenant. Eutychus tombe du troisième étage et meurt, mais Paul descend, se penche sur lui, le prend dans ses bras, et voilà Eutychus qui a repris vie (v. 9, 10, 12). Ce genre de miracle n’est pas anodin, c’est la résurrection d’un mort. Ca n’arrive pas très souvent dans la Bible ; en fait, c’est très rare. Dans le livre des Actes, on se souvient de Pierre qui a fait quelque chose de similaire (Tabitha, ch. 9). On se souvient aussi de l’histoire d’Élie et de la veuve de Sarepta, dont les détails ressemblent beaucoup à l’histoire de Paul et d’Eutychus (1 Rois 17).

b) Paul et Élie : leur autorité attestée
Dans tous ces cas, Dieu redonne vie à quelqu’un qui vient de mourir, par la main de quelqu’un de particulier, qui est un ministre de la Parole (un prophète), afin d’appuyer le témoignage de cette personne, et d’attester la véracité de l’enseignement donné. Maintenant, je reconnais que tu es un homme de Dieu, et que la parole de l’Éternel dans ta bouche est vérité (1 Rois 17 : 24). En redonnant vie à Eutychus, à travers Paul, Dieu veut montrer au sujet de Paul que celui-ci est un homme de Dieu, et que la parole de l’Éternel dans [sa] bouche est vérité. En voyant un tel miracle, les gens savaient qu’il n’y avait que Dieu pour faire une chose pareille, et c’est cela qui donnait une importance sans pareil au témoignage de Paul, comme pour Élie et pour Pierre et pour Jésus dans les Évangiles.

c) L’unicité des météorites
Ca me fait penser aux chasseurs de météorites, pour qui certains petits cailloux ont une valeur inouïe, parce qu’ils sont constitués de choses qu’on ne trouve normalement pas sur terre. Ici de même, Dieu accomplit quelque chose qu’on ne voit pas normalement se passer sur terre, parce qu’il veut que nous sachions qu’il parle, que c’est bien lui qui parle, et il veut que nous nous intéressions à ce qu’il dit.

Dieu parle. Voilà une réalité souvent négligée, au profit de l’idée que Dieu est lointain et qu’il ne s’intéresse pas vraiment à nous. La Bible dit tout le contraire. Au 3ème verset de la Bible, nous avons l’affirmation, Dieu dit (Gn 1 : 3). Et lorsque Adam et Ève ont péché et se cherchent à se cacher, Dieu va les chercher et les appelle (Gn 3 : 9). Dieu parle et convoque la terre… Il vient, notre Dieu, il ne reste pas en silence (Ps 50 : 1, 3). Dieu cherche à établir la communication, il veut se faire connaître, il veut nous dire des choses, des choses que nous ne pourrions jamais savoir autrement que s’il nous les révélait. Les chrétiens de Troas ont compris que Dieu voulait se faire connaître, qu’il avait des choses à leur dire, et que ces choses, parce qu’elles venaient de Dieu, étaient plus dignes de confiance qu’aucune autre information dans le monde. Saviez-vous que Dieu avait de telles choses à vous dire ? Mais pourquoi est-ce important de reconnaître que Dieu veut nous parler ?


3. La vérité est une nourriture vitale

a) Réactions au miracle de Paul
D’abord remarquons l’étrangeté de ce qui se passe dans le texte. Vers minuit un jeune homme meurt, en plein culte. Paul va le voir et rassure tout le monde ; toutefois, le jeune homme reste inconscient, semble-t-il (v. 10). Paul invite les gens à ne pas s’inquiéter, à ne pas se laisser distraire par cet événement : l’assemblée remonte dans la pièce et ils poursuivent le culte, Paul préside la Sainte-Cène, puis ils mangent, et le culte se poursuit jusqu’à l’aube. Enfin, comme si c’était un détail, l’auteur précise que le garçon refait son apparition, bien vivant. Rien ne semble avoir détourné l’attention de ces chrétiens de leur priorité ce soir-là : recevoir l’enseignement de la Parole de Dieu. L’auteur veut nous montrer quelque chose au sujet de notre besoin de recevoir la Parole de Dieu.

b) Cinq fruits et légumes par jour
Vous savez qu’il faut manger environ cinq fruits et légumes par jour pour avoir une alimentation relativement équilibrée. Imaginez que je décide de me nourrir exclusivement de saucisson. Vous pensez que je réduirais de combien mon espérance de vie ? Après une semaine de saucisson, je vais commencer à rêver d’oranges, de pommes, de bananes, de carottes, de courgettes, de tomates, etc. toutes les nuits. Mon corps va réclamer ces fruits et légumes, qui seront devenus pour moi un besoin vital.

c) La vérité : un besoin vital
La Bible explique qu’à cause de notre péché, la communication a été rompue entre Dieu et nous. Nous avons voulu nous cacher loin de Dieu, mais pour cela, il a fallu que nous nous dissimulions dans l’obscurité où il nous est impossible de voir quoi que ce soit. Notre cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres (Rm 1 : 21). Nous avons cherché à vivre sans Dieu, et en quelque sorte, c’est comme si nous avions commencé à ne nous nourrir que de saucisson, et notre santé n’a fait que se dégrader. Mais Dieu ne nous a pas abandonné, à cause de son amour pour nous, et il est venu nous chercher, et ce qu’il a à nous offrir est comme un panier rempli de fruits et légumes.

Nous avons, plus que tout autre chose, besoin de la vérité, que Dieu seul peut nous offrir. Jésus a dit : Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres (Jean 8 : 32). Il a dit aussi, Si donc le Fils vous rend libres, vous serez réellement libres (Jn 8 : 36). Il a dit aussi, Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au père que par moi (Jn 14 : 6). Nous avons un besoin vital, c’est le besoin de la vérité que Dieu veut nous offrir, et cette vérité vient à nous par la Parole de Dieu écrite, enseignée, mais avant tout par la Parole de Dieu incarnée, Jésus-Christ lui-même, le Fils de Dieu, qui est l’objet du témoignage de toute la loi, des prophètes et des apôtres. Jésus est venu payer le poids de nos fautes à notre place pour rétablir la communication avec Dieu ; il s’est offert pour nous, et il s’offre à nous, ce qui permet à Paul de dire, plus tard, au sujet de la foi qu’il a placée en Jésus : Je suis crucifié avec Christ, et ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ, qui vit en moi (Galates 2 : 20).


Conclusion
Nous avons parlé au début de la baisse de notre pouvoir d’achat, et de la nécessité qui s’imposait à nous de discerner quelles étaient les choses dont nous avions vraiment besoin pour vivre. Notre budget est limité ; plus généralement, nos ressources sont limitées, et notre temps est limité. Les chrétiens de Troas le savaient aussi bien que nous ; ils étaient même probablement plus pauvres que nous, et les journées n’étaient pas plus longues à l’époque. Ils ont décidé de consacrer du temps, des efforts, des ressources, à recevoir, en priorité, l’enseignement de la Parole de Dieu. Ils avaient conscience de leur besoin vital de rétablir la communication avec Dieu, car c’est de Dieu seul que vient la vérité. Jésus dit qu’en dehors d’une relation personnelle de foi en lui, nous avons pour père le diable… qui est menteur et le père du mensonge (Jn 8 : 44). Lorsque le diable a tenté Jésus, il a essayé de le tromper, de le faire tomber dans l’illusion, en lui suggérant qu’il avait des besoins vitaux plus importants que le besoin de vérité, mais la première réponse de Jésus au diable a été : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Mt 4 : 4). Jésus a aussi dit : Mon Père vous donne le vrai pain venu du ciel ; car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde… Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif (Jn 6 : 32 – 35). Jésus est ce panier de fruits et de légumes frais dont nous avons tant besoin ; il s’est offert pour nous et à nous ; par la foi en lui, il nous nourrit de lui-même par le moyen de sa Parole vivifiante, et c’est lui qui grandit en nous. C’est pourquoi la Sainte-Cène est un signe si fort, qui accompagne la Parole de Dieu prêchée. Combien de temps, de ressources, d’énergie, consacrons-nous chaque semaine, et chaque jour, à recevoir l’enseignement de la Parole de Dieu, à nous intéresser à ce Dieu qui n’est ni silencieux, ni lointain, et qui veut se faire connaître à nous ? Que Dieu nous aide donc à discerner toujours mieux quels sont nos véritables besoins, et qu’il augmente en nous le désir de le connaître et de recevoir de sa part ce qu’il a à nous offrir, dimanche après dimanche, et jour après jour.

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