31.01.2008

Convertis mais pas trop

"La raison primordiale qui fait chuter les hommes promus "disciples du Christ" est qu'ils continuent sur la même lancée qu'autrefois. Au lieu d'examiner les questions fondamentales en rapport avec leur vie et de leur trouver des réponses bibliques, ils continuent de mener une vie d'impuissance, comme si rien ne s'était produit. Il se peut que leur façon de parler se soit un peu modifiée et améliorée, mais au fond, on ne note aucun changement."

P. Morley, L'Homme dans le miroir (Editions Clé)

29.01.2008

Les étranges procédés de la critique textuelle

« On a prétendu au début que l’on ne pouvait expliquer le texte hébreu lui-même qu’au moyen de sources diverses, employant un vocabulaire spécialisé ; mais partout où le texte hébreu embarrasse la théorie en contenant le « mauvais » mot, il y a lieu de justifier la présence de ce terme importun par le biais d’une interpolation provenant d’une autre « source ». »

G. L. Archer, Introduction à l'Ancien Testament (Editions Emmaüs)

20.01.2008

La Force tranquille (20 janvier 2008)

Actes 19 : 21 - 40 (1 Corinthiens 1 : 18 – 25)


Introduction
Ce n’est pas facile d’être un chrétien. La Bible en parle parfois en termes de combat, de lutte, d’épreuve, de tentation, de persécution… Les difficultés de la vie chrétienne, et les oppositions à la vie chrétienne, ont toujours existé. La question est de savoir : qu’est-ce qu’on fait face à ces difficultés ? Qu’est-ce qu’on fait face à la critique de nos proches, de nos camarades de classe, de nos collègues ? Qu’est-ce qu’on fait face à la désinformation et la calomnie des médias qui cherchent à nous représenter comme une secte dangereuse ? Qu’est-ce qu’on fait face à notre propre paresse spirituelle, à notre découragement ou aux autres tentations, dont le chemin devant nous est inévitablement parsemé ? En fonction de notre tempérament, nous tendons vers deux directions opposées : il y a ceux qui se replient, qui baissent les bras, qui acceptent stoïquement une vie chrétienne médiocre ; il y a ceux, à l’inverse, qui contre-attaquent, dont la véhémence de l’engagement devient proportionnelle à l’opposition, quitte à devenir brutal avec leur environnement, et violent avec eux-mêmes. Mais en racontant cet épisode du livre des Actes, l’auteur veut nous conduire sur une troisième voie, une voie qui n’est ni celle de l’absence d’engagement, ni celle de l’engagement violent ; la voie d’une vie chrétienne efficace, résistante à l’opposition, mais qui n’est pas coercitive. L’Évangile est une force tranquille.


1. La colère des orfèvres (v. 21 - 28)

a) D’où vient la crainte des orfèvres
Démétrius rassemble ses artisans. Leur activité est compromise du fait de la croissance de l’Église à Éphèse. De plus en plus de personnes se convertissent, renoncent au culte des faux dieux païens, et donc, se désintéressent de ces petites statuettes du temple d’Artémis, porte-bonheur pour les uns, icône pour les autres, ou simple souvenir. L’auteur veut montrer que l’Évangile, dans la vie d’une personne et d’une société, ne reste pas sans effet.

b) Le médicament sans effet n’a pas de valeur
dbe2d79683fe1d03fd55ff1d29dcd9a5.jpgHier j’avais une migraine terrible. J’ai pris des comprimés, mais ils n’ont eu aucun effet. C’est comme si je n’avais pas pris de comprimés. Finalement, quelques heures plus tard, j’ai pris un autre genre de comprimés, qui ont marché. La valeur d’un médicament est liée à l’effet concret qu’ils ont sur les symptômes de la maladie.

c) L’Évangile change la vie dans les détails
L’auteur veut parler de l’Évangile comme d’une force tranquille. La première chose qu’il fait c’est de montrer, en effet, que l’Évangile est une force efficace : l’Évangile transforme les gens de manière radicale, jusque dans les détails de la vie quotidienne, de telle sorte que la société elle-même en ressent les effets.

L’Évangile agit sur les symptômes du péché dans notre vie. Ce premier paragraphe de l’histoire s’adresse à ceux qui sont tentés de croire que d’être chrétien ça ne change pas grand-chose à la vie de tous les jours. Ce texte contredit ceux qui pensent qu’on peut croire à l’Évangile, céder sa vie à Jésus, et ensuite baisser les bras, se tenir en retrait, subir les épreuves et le péché en attendant le paradis. Non : l’Évangile doit, dès maintenant, transformer notre vie jusque dans les détails. La suite du texte nous montre que cette transformation est liée à la nature même de l’Évangile.


2. La confusion des Éphésiens (v. 29 - 34)

a) Une situation vaudevillesque
Tout le monde se précipite au théâtre. Quelques chrétiens sont entraînés. Paul veut se présenter devant le peuple, mais ce sont des responsables païens qui l’en dissuadent ! La confusion règne, beaucoup de gens ne savent pas pourquoi ils sont là ! Païens, Juifs et chrétiens sont là, et les Juifs sentent qu’il y a un coup à jouer : ils14640309190c9b11afa2ef58d8e35f0d.jpg poussent en avant Alexandre, semble-t-il un Juif devenu chrétien, pour provoquer un peu plus la colère des païens contre les chrétiens, mais les païens le prennent pour un Juif, ce qu’il est d’ailleurs, et comme ils sont sur la défensive, ils redoublent d’ardeur en exaltant le nom d’Artémis, puisque les Juifs aussi sont contre le culte des idoles. Quel imbroglio ! Un vrai vaudeville.

b) La savonnette insaisissable
L’auteur veut montrer, à travers cette anecdote, que l’opposition à l’Évangile est souvent irrationnelle. Il y a une vraie confusion dans cet attroupement. On ne sait pas qui est gentil, qui est méchant, qui est contre qui, ni pourquoi. Un journaliste aurait pu demander à quelqu’un : que faites-vous ? La réponse : Heu… grande est l’Artémis des Éphésiens ! Les gens en veulent aux chrétiens, mais ils ne savent pas par quel bout les prendre. C’est comme la savonnette dont on n’arrive pas à se saisir.

c) Folie pour les uns, puissance pour les autres
L’Évangile est un peu comme cette savonnette insaisissable : on ne sait pas par quel bout l’attaquer. On pourrait tuer le leader des chrétiens ? Ca a déjà été fait, et il est ressuscité. On pourrait enfermer les chrétiens dans des prisons ? Ils y chanteraient des louanges à Dieu. On pourrait tuer les chrétiens eux-mêmes ? La mort serait pour eux un gain et leur martyre serait un témoignage irrépressible. L’Évangile n’est pas une idéologie que l’on peut étouffer ou contredire : l’Évangile, c’est la manifestation de l’amour de Dieu.

Voici comment l’amour de Dieu a été manifesté envers nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le 976ea26cdc4fa4d39f3cf80d8611c04c.jpgmonde afin que nous vivions par lui (1 Jn 4 : 9). Paul dit que la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui sommes sauvés elle est puissance de Dieu (1 Co 1 : 18). Qui a jamais entendu parler d’un Dieu qui quitte la gloire du ciel pour s’approcher des hommes et supporter à leur place le poids de leurs péchés ? Comment attaquer, comment contredire une absurdité pareille ? Mais le but de l’Évangile, pour ceux qui croient, c’est que nous vivions par Jésus. La folie de Dieu, c’est de nous transformer par la puissance de l’Évangile, à l’image de son Fils Jésus. Comment cette puissance opère-t-elle ?


3. Le calme du secrétaire (v. 35 - 40)

a) Le raisonnement du secrétaire
Voilà que quelqu’un intervient, c’est un dignitaire païen. Il calme tout le monde en leur rappelant que les chrétiens n’ont fait de mal à personne. Il n’y a rien à leur reprocher, en fait. Par contre, s’il y a des reproches qui faac71e0bcc3bb45577a96079b99324b.jpgpeuvent être faits, c’est à l’encontre de cet attroupement injustifié. Les autorités romaines pourraient même les accuser de sédition, un crime méritant la peine de mort. À travers la bouche du secrétaire, l’auteur fait contraster l’énervement et la violence des incroyants, et le régime coercitif des romains, avec la sérénité des chrétiens.

b) Les deux façons de travailler
Observons le monde du travail aujourd’hui : il y a deux façons de travailler. Ceux qui travaillent sous la contrainte, avec la peur du licenciement : ils comptent leurs heures, n’en font pas une de plus, font le strict nécessaire, ne pensent qu’à une chose, finir la semaine. Ceux, à l’inverse, qui ont la chance d’avoir un travail qui les passionne, pour lequel ils sont faits, et un patron tendre, patient, compréhensif : ils font des heures sup sans s’en rendre compte, ils se donnent à fond dans leur travail et ne se fatiguent même pas.

c) L’Évangile transforme de bas en haut
L’auteur veut montrer que l’Évangile n’est pas un régime coercitif ; c’est un régime d’amour. L’Evangile, c’est la solution de Dieu pour nous réconcilier avec lui-même et nous permettre s’assumer ce que nous sommes sensés être : des hommes et des femmes à son image. Dieu est un patron tendre, patient, compatissant, et il nous confie le travail pour lequel on est fait. Mais sans amour, ce travail est impossible.

Je crois qu’il y a des gens qui cherchent à avancer sur le chemin de la vie chrétienne, mais sans amour. Il y a des gens qui cherchent à conformer leur vie aux exigences de l’Écriture, quitte à se faire violence parfois, mais ils ont oublié l’amour pour Dieu. Il y a des gens qui cherchent à évangéliser le monde, à transformer les sociétés, en utilisant la manipulation ou la contrainte parce qu’il n’y a pas, ou peu, d’amour pour Dieu. Mais le message de ce texte, c’est que l’Évangile agit du bas vers le haut. La transformation opérée par l’Évangile commence dans l’intimité de notre cœur, par une relation authentique de confiance et d’amour avec Dieu.


Conclusion
En introduction, on s’était posé la question de savoir quoi faire, comment réagir, face aux obstacles à la vie et à la mission chrétiennes. On avait vu qu’il y avait deux tendances : l’une vers le désengagement, l’autre vers l’excès d’engagement, c’est-à-dire vers un engagement parfois brutal et coercitif. Mais si l’on peut résumer le message de ce texte, on a vu que l’auteur nous présentait la voie authentique. On a vu que l’Évangile était censé agir sur les symptômes du péché dans notre vie de façon manifeste, à un tel point que même les détails de notre vie quotidienne en seraient transformés, et la société qui nous entoure finirait par en mesurer les effets. On a vu ensuite que cette transformation radicale était liée à la nature même de l’Évangile, qui est une solution sans pareil, offerte par Dieu pour nous réconcilier avec lui-même et nous transformer à l’image de son Fils Jésus : folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui sommes sauvés, puissance de Dieu. Enfin on a vu que cette puissance de Dieu dans notre vie, pour nous faire progresser dans la foi et dans la mission qui nous est confiée, s’opérait sous le régime de l’amour et non de la coercition ou de la contrainte ; la transformation de notre vie, comme la transformation de la société, s’opère du bas vers le haut, ou elle ne s’opère pas. La notion de l’Évangile comme force tranquille doit nous remplir d’assurance et de sobriété en même temps. De l’assurance et du courage face aux épreuves et aux tentations, sachant que le but de l’Évangile ce n’est pas le statut quo mais de nous faire surmonter ces obstacles par la puissance de Dieu ; de la sobriété et de la retenue face à la tentation de lutter par nos propres forces et d’abandonner notre premier amour. La transformation se fait de bas en haut : Éphésiens 4 : 20 – 24.

13.01.2008

La Victoire sur l'occultisme (13 janvier 2008)

Actes 19 : 8 – 20 (Deutéronome 18 : 9 -14, Éphésiens 6 : 10 – 13)


Introduction
L’astrologie, la cartomancie, la divination, la magie blanche, la nécromancie, le spiritisme, vous connaissez ? Ce ne sont que quelques exemples de ce qu’on pourrait appeler les sciences occultes. Occultisme vient du mot occultus en latin, qui signifie secret, ou caché. On pourrait définir l’occultisme comme étant 7a6aba8c2cb1406988cd907cca4f991a.jpgl’ensemble des idéologies et des pratiques qui cherchent à mettre en mouvement des puissances invisibles. On estime le nombre de voyants en France à 400 000, c’est-à-dire le double du nombre de médecins. Vous voyez que l’occultisme, ce n’est pas juste quelque chose qui appartient au paganisme du monde antique. La question qui se pose, c’est de savoir quelle doit être notre attitude en tant que chrétiens vis-à-vis de ce phénomène. Et c’est précisément à cette question que l’auteur veut répondre au travers de ce texte. Si le sujet est abordé dans ce passage, tandis que l’auteur raconte l’expansion de l’Église dans la ville d’Éphèse, c’est non seulement par un souci historique, mais aussi parce qu’Éphèse était connue pour être un centre de l’occultisme dans le monde antique. C’est l’occasion pour l’auteur de présenter une vision chrétienne de cette idéologie et de ces pratiques, et c’est peut-être aussi l’occasion pour nous d’apprendre quelle est la perspective biblique sur ces choses, nous qui vivons dans une ville qui est réputée, elle aussi, pour son activité occulte. Et nous allons voir que l’occultisme, ce n’est pas quelque chose d’anodin, et que vis-à-vis de toute forme d’occultisme, c’est une position radicale qui s’impose à nous.


1. La suprématie de Jésus (v. 8 – 12)

a) Une expansion irrépressible
L’auteur commence par nous raconter les efforts d’évangélisation de Paul à Éphèse. Ce n’est pas n’importe quel message : c’est l’annonce du royaume de Dieu (v. 8). C’est l’annonce de la venue de ce royaume par le règne de Jésus. Certains Juifs s’opposent à ce message, mais qu’à cela ne tienne, Paul s’arrange pour continuer son travail, de sorte que tout le monde entend le message, qui est appuyé par des signes extraordinaires. L’auteur est en train de montrer l’expansion irrépressible du Royaume de Dieu à travers la prédication de l’Évangile. Rien ne résiste à cette expansion ; le règne suprême de Jésus est manifesté à travers des guérisons miraculeuses, et des mauvais esprits qui quittent des personnes possédées (v. 11, 12).

b) Le torrent et les obstacles
115aab2c74455c29a93a340565f3869a.jpgVous avez peut-être déjà joué dans un torrent à la montagne, à aligner des pierres pour constituer un barrage. Lorsque vous posez une pierre dans le lit du torrent, l’eau la contourne aussitôt sous l’effet de son propre courant. Impossible d’y changer quoi que ce soit, et pourtant, une pierre ça paraît bien plus solide que de l’eau. Et plus vous mettez de pierres, plus le lit du torrent va s’élargir pour permettre à l’eau de passer.

c) Les forces occultes sont dominées par Jésus
Il se passe la même chose dans ce texte. Les obstacles sont là : opposition des Juifs, maladies, démons, mais comme l’eau du torrent, l’expansion du royaume de Jésus est irrépressible. Il n’y a aucun obstacle qui puisse dominer sur Jésus, même des forces démoniaques, car son règne est suprême. La Bible dit qu’au moment de son ascension, Jésus s’est assis à la droite de Dieu dans les lieux célestes, au-dessus de toute principauté, autorité, puissance, souveraineté, au-dessus de tout nom qui peut se nommer (Ép 1 : 20, 21).

Toute puissance invisible, toute force occulte, aussi puissante et efficace qu’elle puisse paraître, est elle-même dominée par Jésus ; c’est la première leçon de ce texte. La suprématie de Jésus sur l’univers tout entier, le monde visible et le monde invisible, doit orienter toute notre perspective de la vie. La Bible présente les forces occultes comme une réalité : le monde invisible existe. Mais ce ne sont pas des forces qui peuvent, d’aucune manière que ce soit, résister à la domination de Jésus. Est-ce que ça veut dire que ces forces sont inoffensives ?


2. Appartenir à Jésus, et au royaume (v. 13 – 16)

a) Ce que la domination de Jésus ne veut pas dire
Il y a des gens qui ont constaté la domination de Jésus sur les forces occultes. Quelques exorcistes ambulants, venus à Éphèse sachant qu’il y avait là une part de marché importante pour leur activité. Ils invoquent le nom de Jésus, comme une formule magique, et se prennent une raclée phénoménale, bien qu’ils étaient sept contre un. Qu’est-ce qui s’est passé ? Ils ont invoqué le nom suprême de Jésus, et pourtant le démon leur a résisté !

b) La différence entre un policier et un civil
Parfois je vois des gens qui conduisent comme des cochons ; j’ai envie de sortir mon sifflet, de les arrêter et de cea6d5ccad0655425a9c9c6b057dfcde.jpgleur coller une amende. Imaginez que je le fasse : « Au nom de la loi, je vous arrête pour excès de vitesse ! ». Vous imaginez bien qu’on me rira au nez. La loi ne les condamne-t-elle pas, pourtant ? Ne sont-ils pas en infraction ? Mais j’ai beau invoquer l’autorité de la loi, si je ne suis pas son représentant légitime, c’est-à-dire un policier, avec une carte en bonne et due forme, je ne peut rien contre les chauffards.

c) La nécessité de la foi
C’est la même chose dans ce texte. Les exorcistes invoquent le nom de Jésus, mais sans être son représentant légitime. Ils invoquent son nom comme une formule magique, mais sans le connaître vraiment, personnellement, à l’inverse de l’apôtre Paul qui est disciple de Jésus. L’auteur raconte cette anecdote, pour nous montrer la nécessité d’une foi personnelle en Jésus. Il a montré que Jésus régnait de façon suprême sur toute la création, monde visible et invisible. Mais moi, est-ce que je suis à l’intérieur, ou à l’extérieur des portes de ce royaume ? Cette question est absolument essentielle. Paul, dans une lettre, a rappelé aux chrétiens d’Éphèse ce qu’ils étaient sans la foi en Jésus : Vous étiez morts par vos fautes et par vos péchés dans lesquels vous marchiez autrefois selon le cours de ce monde (Ép 2 : 1, 2). Mais ensuite il leur rappelle ce qu’ils sont, avec la foi en Jésus : Nous qui étions morts par nos fautes, Dieu nous a rendus à la vie avec le Christ – c’est par grâce que vous êtes sauvés – il nous a ressuscités ensemble et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ-Jésus (Ép 2 : 5, 6).

Faut-il craindre l’occultisme ? Oui, sauf si nous avons placé notre foi en Jésus-Christ, qui est le moyen pour lui de nous accueillir dans son royaume et de nous revêtir de son uniforme, faisant de nous ses représentants légitimes. Est-ce que ça veut dire que les chrétiens peuvent donc s’adonner à des pratiques occultes, aux médecines parallèles ou à la magie blanche, par exemple, en toute confiance et sécurité ? Le texte va nous montrer que non, essentiellement pour une raison toute simple : c’est que Dieu nous l’interdit, et que la foi authentique est une foi obéissante.


3. Étendre le royaume (v. 17 – 20)

a) Le rejet de l’occultisme doit être total
Le texte raconte que cette anecdote avec les sept exorcistes a servi de témoignage dans toute la ville, pour montrer l’autorité et la puissance de Jésus. Le résultat, c’est la crainte (v. 17) due au Roi suprême, et l’exaltation de son nom. Voyant l’antagonisme entre Jésus et les démons, ils comprennent que leurs pratiques occultes ne sont pas anodines : ces pratiques sont démoniaques et anti-Dieu. Spontanément, ils viennent confesser et déclarer, publiquement semble-t-il, leurs pratiques, avant de brûler leurs livres de sorcellerie (v. 18, 19).

b) Destruction publique des saisies
L’auteur veut montrer que le rejet de l’occultisme doit être radical. C’est un peu comme quand les douanes saisissent du caviar de contrebande : malgré sa valeur commerciale, ce caviar est illégal et il doit être officiellement détruit, en présence de la personne fautive.

c) Les signes d’une vraie repentance
La radicalité des mesures présentées dans le texte montre l’importance d’une position radicale vis-à-vis de l’occultisme. Le texte de Deutéronome 18 : 9 – 14 a montré que Dieu excluait totalement toute pratique occulte de la vie de son peuple. Pourquoi ? Le texte le dit : Tu seras entièrement consacré à l’Éternel, ton Dieu (Dt 18 : 13). La foi authentique est une foi radicale, une « entière consécration », une relation de dépendance absolue de Jésus. Toute pratique occulte doit être absolument rejetée, et des mesures concrètes doivent être prises pour éloigner de nous ces pratiques, non par superstition, ni par peur, mais par obéissance.


Conclusion
On se demandait en introduction quelle doit être notre attitude en tant que chrétiens vis-à-vis des idéologies et des pratiques occultes. Ce texte nous a enseigné tout d’abord à garder sur notre vie la perspective du règne suprême de Jésus sur toute la création, le monde visible et le monde invisible. Jésus domine sur toute force occulte. Puis, le texte nous a montré l’absolue nécessité d’une foi personnelle en Jésus pour être du bon côté de la porte de son royaume, sous le règne bienfaisant du Roi des rois, face au danger bien réel des forces occultes auxquelles, de nous-mêmes, nous serions bien incapables de résister. Enfin le texte nous a montré que la foi authentique est une foi obéissante, que le royaume de Jésus devait s’incarner dans notre vie, et que toute pratique occulte devait être rejetée de façon radicale, notre consécration devant être entièrement à Dieu. Les Éphésiens ont brûlé leurs livres de sorcellerie, pour une valeur totale équivalente de nos jours à 2 millions d’euros ; quelles mesures prendrons-nous dans notre vie quotidienne pour rejeter toutes ces formes d’occultisme, de façon aussi radicale et manifeste ? Je vous suggère d’éteindre la radio lorsque l’horoscope est présenté ; de jeter à la poubelle les pages de vos magazines qui vous proposent les services de médiums ; de a5100bde14c5beac312764b91d032c58.jpgne jamais consulter les parapsychologues et de ne pas fréquenter les cabinets de médecine parallèle tels que radiesthésistes, acupuncteurs, hypnotiseurs, sophrologues, etc. ; de vous méfier des jeux, des films, de la musique qui mettent en avant des idéologies ou des pratiques occultes ; de supprimer de votre vocabulaire et de vos habitudes tout ce qui pourrait relever de la superstition, par exemple, faire un vœu lorsque vous voyez une étoile filante ; enfin d’user d’un extrême discernement pour reconnaître les idéologies qui sous-tendent bon nombre de nouveaux loisirs qui se sont installé dans notre culture, par exemple la méditation zen, le yoga, la fascination avec le paranormal, certains massages où il est question d’énergie, de chakras, etc. Au lieu de tout cela, la Bible nous invite à nous confier en Jésus et à cultiver notre relation personnelle avec lui. Paul l’explique mieux que moi, comme il l’a fait aux Éphésiens : Éphésiens 6 : 10 – 13.

02.01.2008

Suivre la bonne étoile !

Une méditation de Matthieu 2 : 1 – 12.


Il y a des étoiles lumineuses dans la rue, suspendues aux lampadaires, des étoiles en argent ou en or, accrochées aux branches des sapins, des étoiles en aluminium collées aux vitrines ou aux fenêtres, des étoiles dessinées sur les papiers cadeaux et sur les cartes de vœux et sur les emballages de papillotes. Il y a aussi toutes ces guirlandes lumineuses accrochées aux balcons et aux arbres, qui sont autant de petites étoiles qui se mettent à scintiller un peu partout dès que la nuit commence à tomber. Et comment ignorer cette usine à étoiles que l’on appelle la Star Academy, qui propose un nouveau modèle, tous les ans, autour de Noël. Sans oublier, bien sûr, l’étoile des rois mages, qui domine la crèche et les santons.

Ces mages qui ont dû discerner l’étoile du roi Jésus parmi des milliards d’autres dans le ciel, et qui l’ont suivie depuis l’Orient jusqu’en Palestine et enfin jusqu’à Bethléhem. Combien facile il eût été de se tromper d’étoile, et de finir à l’autre bout du monde plutôt qu’en cet endroit incongru où reposait le Fils de Dieu ! Et dans notre monde, qui brille de toutes sortes d’étoiles d’intensités et de couleurs différentes, ne faut-il pas aussi s’assurer de suivre la bonne étoile pour ne pas s’égarer et se retrouver ailleurs, en cette saison de fêtes, qu’aux pieds du Roi Jésus ?

Bien étrange en effet, l’éclat dont brillent les étoiles du monde à Noël. Noël, ou la célébration de la richesse et le moment pour beaucoup de se frotter les mains : enfants réjouis par les cadeaux en grand nombre, commerçants aux anges devant un chiffre d’affaires record. Noël, ou la célébration du plaisir et le moment pour beaucoup de se lécher les babines devant le foie gras, le saumon fumé, le champagne et les chocolats. Noël enfin, ou la célébration de toutes choses glorieuses et le moment pour les yeux d’être éblouis par la profusion de paillettes et de décorations extravagantes, boules, guirlandes, papiers étincelants, nœuds papillon et autres clochettes en or.

Est-ce de cet éclat que l’étoile du roi des Juifs a brillé pour les mages ? Arrivant à Jérusalem, ces mages-ci ne savent plus où aller et sont obligés de demander leur chemin. Ils ont perdu de vue l’étoile ; logique, puisque Jérusalem ne se trouve pas sur le chemin de Bethléhem lorsque l’on vient de l’Est. Les mages se sont-ils imaginé être plus sages que leur céleste GPS, supposant que leur destination était Jérusalem alors qu’elle était plus au Sud, plus à gauche ? Ont-ils confondu l’étoile du Christ avec une autre, pour se retrouver ainsi au mauvais endroit, perplexes et désorientés ?

Apprenant que le Christ devait naître à Bethléhem, les mages reprennent la route, et ô surprise, voici, l’étoile qu’ils avaient vue en en Orient les précédait. Cette étoile, la bonne étoile, les éloigne de Jérusalem, la grande, pour les mener vers la petite parmi les milliers de Juda ; elle leur fait tourner le dos aux richesses de la capitale et contempler la pauvreté de cette bourgade réputée moindre. La bonne étoile s’arrête au-dessus d’une petite maison modeste (était-ce encore l’étable ?), contrastant avec le confort et le luxe du palais royal de Jérusalem où les mages avaient d’abord pensé trouver le rejeton de David. Le chemin de l’étoile les a menés loin des plaisirs mais près de la privation. Ils entrent. Disparu le puissant roi Hérode, vêtu de sa tunique superbe, orné de sa couronne et de ses pierres précieuses ; ici, c’est un petit enfant, accompagné de sa mère, qui reçoit leurs hommages.

L’étoile de Noël, l’étoile du Christ, n’a pas brillé, pour les mages, d’un éclat qui s’appelle richesse, plaisir et gloire ; elle brille plutôt de pauvreté, de privation et d’humilité. L’étoile de Noël, qu’ils avaient un temps perdu de vue, ne les a pas menés là où ils avaient, un temps, supposé trouver le roi des Juifs. L’éclat de Noël, c’est celui de la parole de l’apôtre : Le Christ-Jésus, lui dont la condition était celle de Dieu, n’a pas estimé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave. Ce n’était pas la douce nuit ce soir-là, ni pour Marie, ni pour Joseph, ni pour Jésus. Les ténèbres n’ont pas accueilli la lumière.

Faut-il donc renoncer aux cadeaux, aux bons repas et aux décorations pour retrouver aujourd’hui l’éclat authentique de Noël ? Faut-il rejeter cette fausse culture de Noël, qui entretient richesse, plaisir et gloire, au profit d’une fête dépouillée, qui reflète mieux l’éclat de la bonne étoile parmi toutes les autres ? Lorsque les mages, ayant quitté Jérusalem, prennent conscience de leur méprise, et trouvent ce petit enfant dans cette petite maison de cette petite bourgade, ils ne repartent pas aussitôt, tout gênés de ce cérémonial semble-t-il inapproprié et des trésors honteusement précieux qu’ils avaient apportés. Mais là, dans l’intimité du lieu, ils expriment à Jésus toute la solennité due au Roi des rois.

Prosternés, adorant le petit enfant, les mages ouvrent leurs trésors. D’abord c’est de l’or, le cadeau digne d’un roi, digne du roi Hérode, mais que Jésus reçoit, car il est écrit que le Christ devait régner en roi et prospérer. Puis c’est de l’encens, le parfum réservé aux prêtres et à leur service dans le Temple, digne des principaux sacrificateurs de Jérusalem, mais que Jésus reçoit également, car il est écrit que le Christ devait être un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple.

Enfin c’est de la myrrhe. Précieuse substance elle aussi, destinée à embaumer les cadavres, digne de ces centaines de bébés massacrés un peu plus tard sur l’ordre de Hérode. Mais la myrrhe revient à Jésus, car il est écrit que le Christ s’est livré lui-même à la mort, et qu’il a été compté parmi les coupables, parce qu’il a porté le péché de beaucoup et qu’il a intercédé pour les coupables.

Malgré le contexte de pauvreté, de privation et d’humilité dans lequel les mages trouvent le roi des Juifs, ceux-ci lui rendent quand même des hommages dignes de toute richesse, de tout plaisir, et de toute gloire, car ces trésors d’apparence disproportionnée annoncent le chemin de sa messianité. La myrrhe parce qu’il doit souffrir et mourir à la croix pour porter les péchés d’une multitude d’hommes. L’encens parce qu’il doit ressusciter pour devenir prêtre auprès de Dieu et intercéder en faveur du peuple. L’or parce qu’il doit s’asseoir à la droite de Dieu le Père et régner sur la création jusqu’à ce que Dieu fasse de ses ennemis son marchepied.

Il ne faut pas se laisser leurrer par les étoiles du monde, mais suivre la bonne étoile, l’Étoile du matin, le Christ-même, qui seul peut donner aux fêtes de Noël leur sens ultime. Alors cadeaux, bons plats et décorations, qui sont des types de richesse, de plaisir et de gloire, annonceront encore le Christ aujourd’hui. Car Noël c’est la promesse, en Christ, d’une richesse céleste : l’espérance du salut, et de toute bénédiction spirituelle. D’un plaisir céleste : celui de s’asseoir au ciel à la table du banquet où, à l’occasion de cette incroyable réunion de famille, les élus savoureront les meilleurs plats en célébrant le nom du Créateur. Enfin, d’une gloire céleste : celle d’entrer un jour dans la présence de Dieu et de se présenter devant lui sans honte, vêtus de robes blanches immaculées, dans un endroit dont l’éclat, dit l’Écriture, est semblable à celui d’une pierre de jaspe transparente comme du cristal.

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