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27/03/2006

Le Besoin crée l'idole (26 mars 2006)

Actes 12 : 20 – 26


Introduction

Il y a un sentiment profond d’insatisfaction enfoui dans le cœur de chaque être humain. Une espèce de trou que l’on cherche toute notre vie à remplir. Je ne suis jamais tout à fait satisfait, et c’est ce qui me fait tout le temps désirer quelque chose de plus. Je me dis peut-être que ça irait mieux si j’avais assez d’argent pour m’acheter à manger sans me soucier de la fin du mois. Je me dis que ça irait mieux si je vivais dans une plus grande maison, ou si j’avais une plus grosse voiture. Je me dis que ça irait mieux si je changeais de métier, ou de pays, ou de conjoint. Je me dis que ça irait mieux si Sarkozy était élu président en 2007, ou si Villepin retirait son projet sur le CPE, et ainsi de suite. On a toujours « faim » de quelque chose, et ce quelque chose, c’est la subsistance qui pourra, pense-t-on, satisfaire le trou qu’il semble toujours y avoir à l’intérieur de nous-mêmes. Nous sommes toujours dans le besoin, en tant qu’êtres humains, et c’est cela qui conduit notre vie. La mauvaise nouvelle, c’est que la Bible, et ce texte en particulier, nous montre que cette insatisfaction dont nous semblons ne pas pouvoir nous débarrasser, est normale, certes, mais très dangereuse. La bonne nouvelle, en revanche, c’est que la Bible nous montre aussi qu’on n’est pas obligé de continuer à vivre ainsi, et qu’il y a une subsistance qui saura pleinement et définitivement nous satisfaire.


1. Notre recherche de la paix

a)L’exemple des Tyriens et des Sidoniens (v. 20)
Tyr et Sidon sont deux grandes villes, plutôt importantes et prospères, pourtant leurs habitants sont insatisfaits : leur subsistance est compromise du fait qu’ils ne s’entendent pas très bien avec Hérode. Ils sont dans le besoin, et leur raisonnement est simple : « puisque notre subsistance vient d’Hérode, on va solliciter la paix auprès de lui, on va s’assujettir à lui, on va placer en lui tous nos espoirs ». Le besoin des Tyriens et des Sidoniens les pousse à rechercher la paix auprès de celui dont dépend leur subsistance.

b)Notre besoin de subsistance
Nous aussi nous vivons dans un pays assez prospère, pourtant nous sommes insatisfaits, nous avons encore faim, nous avons encore besoin de subsistance, parce que le trou à l’intérieur n’est toujours pas rempli. Cette subsistance, pour certains d’entre nous, c’est peut-être de l’argent, ou du repos, ou la santé, ou de la compagnie, ou de l’amour, ou de l’utilité, ou du sens…

c)La paix que nous sollicitons
Et ce besoin de subsistance que nous continuons d’avoir nous pousse à placer nos espoirs dans ce qui, semble-t-il, pourra peut-être nous satisfaire : un travail, un conjoint, une maison, des vacances, des amis, un psychologue, un médicament, un parti politique, un syndicat, un sport, une religion…

Vous voyez que de la même façon que les Tyriens et les Sidoniens ont sollicité la paix auprès d’Hérode, nous aussi nous sollicitons la paix auprès de ce dont notre subsistance semble dépendre : je place mon espoir d’argent dans un travail, je place mon espoir de repos dans des vacances, je place mon espoir de santé dans un médecin et dans des médicaments, je place mon espoir d’amour dans un conjoint, je place mon espoir de sécurité dans tel ou tel parti politique, je place mon espoir d’utilité dans un syndicat, je place mon espoir de gros muscles ou de ligne parfaite dans un club de sport, je place mon espoir de sens dans une religion… Tout cela est bien naturel ! Mais voyons ce que le texte raconte ensuite.


2. Le destin de nos idoles

a)L’exemple d’Hérode (v. 21, 22)
Sollicité par les habitants de Tyr et de Sidon comme source de leur subsistance, Hérode s’est présenté à eux, revêtu de ses habits royaux, il s’est assis à une tribune et il s’est mis à les haranguer (leur faire de beaux discours). Et le peuple ne s’est pas contenté d’applaudir, et il l’a élevé au statut non d’un grand homme, non d’un bienfaiteur, non d’un roi, mais d’un dieu. Hérode a été élevé en idole par le peuple parce que le peuple avait placé en lui tous ses espoirs, et avait sollicité auprès de lui la paix, pour obtenir de lui leur subsistance.

b)Attribuer à d’autres ce que Dieu seul peut donner
Voilà exactement le danger qui nous guette à cause de l’insatisfaction profonde qui est en chacun de nous. La société séculariste dans laquelle nous vivons nous fait miroiter dans de beaux habits royaux des tas de choses, des tas de choses placées dans des tribunes publiques et médiatiques, des tas de choses sensées être la source de notre satisfaction, des tas de choses à l’exception d’une seule : Dieu lui-même. Et le danger est là : celui d’attribuer à autre chose ce que Dieu seul peut nous donner (comme dans Exode 32, Voici tes dieux qui…).

c)L’impasse de l’idolâtrie (v. 23)
Le texte montre bien quel est le destin de ce qu’on élève à la place de Dieu. Hérode est instantanément frappé par l’ange du Seigneur. Les vers qui le rongent suggèrent qu’il est devenu un « cadavre » à ce moment précis, même s’il n’est pas mort tout de suite. Une idole, c’est quelque chose qui est déjà mort, dont on n’a rien à attendre. Les idoles sont vouées à l’échec et à la destruction, comme le veau d’or qui a été réduit à la poussière (Ex 32 : 20).

Imaginez la désillusion des Tyriens et des Sidoniens à la déchéance de leur dieu Hérode. C’est la même désillusion aujourd’hui dans notre société face à l’échec du matérialisme, de la science, de la politique, de toutes ces choses en lesquelles on avait placé tous nos espoirs de satisfaction. Et c’est dans nos pays, les plus riches et les plus développés du monde, que le taux de dépressions nerveuses et de suicides est le plus grand. Combien il est dangereux pour nous d’ériger en idoles tout ce que nous considérons pouvoir être la source de notre satisfaction, comme un travail, comme un conjoint, comme un loisir, comme une maison… L’idolâtrie est une impasse, comme l’atteste le fait que nous continuons d’être dans le besoin, et qu’aucune de nos idoles n’est jamais devenu pour aucun d’entre nous la source d’une subsistance pleinement et définitivement satisfaisante. Alors où est-elle, cette subsistance ?


3. Notre satisfaction en Christ

a)L’opposition entre Hérode et le Seigneur (v. 24, 25)
Le texte nous montre ce qui est plus fort, et plus efficace que les idoles. D’un côté, Hérode, resplendissant sans sa tribune, élevé comme un dieu… mais qui se désintègre, qui se décompose lamentablement, rongé de l’intérieur par de misérables vers. Rongé par des vers, il expira (v. 23). De l’autre côté, Cependant la parole du Seigneur se répandait et progressait. Et les chrétiens de Jérusalem sont satisfaits de l’aide matérielle qui découle de ce progrès (v. 25, et voir 11 : 27 – 30). Quelle opposition entre les beaux discours du prétendu dieu Hérode et la parole du Seigneur !

b)Notre subsistance provient de Dieu
Le texte nous montre, ou nous rappelle, qu’il y a une source sûre de subsistance pour nous, bien supérieure à toutes les idoles qu’on pourrait s’inventer. En fait, c’est la seule, véritable, efficace et intarissable source de satisfaction contre le vide qui est en nous, et cette source ce n’est pas Hérode, ni un travail, ni un conjoint, ni un sport, ni un psychologue, ni quoi que ce soit d’autre, mais c’est Dieu et Dieu seul. C’est Dieu qui nous a créés, dans une relation de dépendance bienheureuse de lui, lui dont nous recevions à chaque instant notre parfaite subsistance. Mais nous avons choisi l’indépendance. Et depuis ce jour, il manque quelque chose. Il y a un trou que nous cherchons à combler de toutes les manières possibles, mais que nous n’arriverons jamais à combler puisque nous attendons de nos idoles quelque chose que Dieu seul peut nous donner.

c)Notre satisfaction est en Christ
Et Dieu nous l’a donnée, et cette chose, ou plutôt cette personne, c’est Jésus-Christ. Le texte dit que la parole du Seigneur se répandait et progressait ; la parole de Dieu est irrépressible ; par opposition à la subsistance éphémère et décevante proposée par ce piètre dieu Hérode, la parole de Dieu, elle, est une subsistance qui subsiste, et qui se répand, et qui progresse ! La Bible explique par ailleurs que la Parole de Dieu a été faite chair, et qu’elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique, venu du Père (Jn 1 : 14). Jésus-Christ est l’incarnation de cette parole irrépressible, de cette parfaite et suffisante subsistance qui seule peut combler le vide à l’intérieur de nous.


Conclusion

Vous voyez quel est le problème de notre insatisfaction profonde : c’est que dans notre vie, nous accordons à d’autres choses la place que seul Jésus peut parfaitement occuper. Nous cherchons la satisfaction ailleurs qu’en Jésus, alors qu’il devrait être lui-même notre seule, pleine et véritable satisfaction. Alors il faut se poser honnêtement la question : en quoi, vraiment, face à notre insatisfaction, plaçons-nous nos espoirs ? Lorsque quelque chose prend le dessus sur Jésus dans ma vie (un travail, un congé, une maison, un loisir, un parti politique, un psychiatre, ou même un conjoint), cette chose devient alors une idole. Et non seulement cette idole ne pourra jamais me donner la satisfaction que j’attends d’elle, mais en plus, je peux être certain que Dieu va chercher à la détruire. Hérode a été frappé par un ange du Seigneur parce qu’il n’avait pas rendu gloire à Dieu ; ma vie non plus ne rend pas gloire à Dieu si elle ne lui est pas à 100% dédiée, à travers une foi personnelle et totale en Jésus-Christ. Donner à quelque chose dans ma vie plus de place qu’à Jésus, c’est non seulement idiot mais c’est aussi une insulte à Dieu, étant donné ce texte biblique qui dit qu’en Jésus tout a été créé dans les cieux et sur la terre, ce qui est visible et ce qui est invisible, trônes, souverainetés, principautés, pouvoirs. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et tout subsiste en lui (Co 1 : 16, 17). Et un peu plus loin : vous avez tout pleinement en lui (Co 2 : 10). La subsistance qui peut pleinement nous satisfaire est disponible. Est-ce que nous y sommes suffisamment attentifs ?

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